Conférence de presse : Une levée de boucliers contre le développement éolien antidémocratique

29 janvier 2025

Face à la multiplication des projets éoliens au Québec, des dizaines de comités citoyens ont vu le jour et s’allient aujourd’hui à plusieurs organisations et experts pour réclamer un changement de cap majeur dans le développement de la filière.

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Réf.: https://youtu.be/V-B1AmajQBQ



Les référendums municipaux : une véritable acceptabilité sociale


Hydro-Québec, la population québécoise, les politiciens, les organismes environnementaux croient à tort que les communautés ont été consultées lorsque la MRC concernée est partie prenante du projet ou ne s’oppose pas au projet. C’est faux ! Dans la grande majorité des cas, les maires qui siègent au Conseil des MRC ne consultent même pas leur propre conseil municipal. Ils adoptent des nouveaux Schémas d’aménagement ou des Règlements de contrôle intérimaire (RCI) sans que les conseillers de leur municipalité soient partie prenante. De toute manière, ils n’en ont pas l’obligation.

Portrait de la situation :

  • Aucune ou peu de rencontre d’information organisée par les élus à propos du projet;
  • Rencontres de promotion organisée par les promoteurs et parfois promotion du projet dans le journal local;
  • Les élus deviennent ainsi les promoteurs du projet au nom de la transition énergétique pour pouvoir toucher les redevances;
  • Aucune rencontre d’information avec des experts indépendants afin de déterminer les avantages et les inconvénients du projet;
  • Absence de connaissance appropriée chez les élus pour répondre aux questions des citoyens, utilisation d’un argumentaire superficiel basé sur les clichés de la transition énergétique;
  • Le projet éolien n’apparaît pas à l’ordre du jour des conseils municipaux et les conseils des maires;
  • Ou le projet éolien apparaît à l’ordre du jour lorsque les travaux sont bien avancés;
  • Aucune intention de mesurer l’acceptabilité sociale.

Ce qui amène les citoyens à prendre d’assaut la période de questions pour avoir de l’information, signaler leurs préoccupations et pour savoir comment le conseil municipal compte mesurer l’acceptabilité sociale. En réalité, rien n’est fait pour favoriser une bonne compréhension du dossier ainsi que la qualité des échanges. Les craintes et les préoccupations des citoyens sont considérées comme des mythes et sont totalement évincées.

Et qu’est-ce que la Fédération québécoise des municipalités a proposé pour répondre à cette opposition de plus en plus soutenue aux projets éoliens : un modèle de règlement pour réduire significativement la période de questions et un encouragement auprès des municipalités à participer aux appels d’offres d’Hydro-Québec dans le but de profiter de cette manne financière. Belle manière de promouvoir l’acceptabilité sociale !

Et même notre superministre, madame Fréchette, s’est mise de la partie sur les ondes de Radio-Canada Mauricie en définissant l’acceptabilité sociale comme « une trame de fond en faveur du projet » [1]. Comment mesure-t-on une trame de fond en faveur d’un projet ?

Par ailleurs, lorsque les élus décident un tant soit peu de protéger leur territoire en adoptant un règlement un peu plus restrictif, le ministère de l’Économie s’ingère dans le dossier et en refuse l’approbation.

Ces projets de parcs éoliens menés en catimini par nos élus, sous le sceau de la confidentialité par les promoteurs mènent inévitablement à la confrontation, au déchirement du tissu social et à la création d’un climat toxique au sein de la communauté, car il y a les bénéficiaires des avantages financiers et les victimes des nuisances.

Comment ne pas empoisonner le débat et promouvoir un développement éolien respectueux du territoire et des communautés ?

  1. Une tribune pour permettre aux citoyens de s’exprimer ;
  2. Des élus qui s’investissement de manière approfondie dans l’analyse du projet de concert avec un comité citoyen;
  3. Des suivis serrés à l’ordre du jour des conseils municipaux ou des conseils des maires;
  4. L’organisation de plusieurs rencontres d’informations avec des experts indépendants;
  5. Une géolocalisation du territoire reliée à une connaissance fine des réalités environnementales et géographiques.

Les référendums municipaux auraient pour effet d’obliger les élus à établir un parcours de consultation des citoyens comme partie prenante pour en arriver à terme à une véritable acceptabilité sociale, soit un projet respectueux des réalités locales et une adhésion au projet qui se donne en toute connaissance de cause.


Portrait résumé de l’éolien au Québec[1]


Dressons un portrait rapide des parcs éoliens au Québec afin de bien contextualiser ce que nous dénonçons.

Nous avons 46 parcs éoliens en activité et 15 parcs éoliens qui sont en attente d’autorisation.

En 2029,  nous aurons 71 parcs éoliens pour 6 700 MW avec 3 000 éoliennes qui tapisseront le Québec.

Il manque à ce portrait sur le site Web du MEIE le projet de TES Canada en Mauricie où le plus gros parc éolien privé de 800 MW composé de 130 à 140 éoliennes de 200 mètres de hauteur serait implanté dans les MRC de Mékinac et Des Chenaux en plein milieu d’un territoire habité.  Aucune mention dans leur tableau et pourtant, Hydro-Québec a reçu le mandat de raccorder le parc éolien de TES Canada à son propre réseau d’électricité.

Il faut savoir aussi que l’on retrouve dans les 8 derniers projets de parc éolien en attente d’autorisation des éoliennes de 200 mètres de hauteur, de 6 à 8 MW de puissance.  Ce sont donc des éoliennes plus puissantes, plus hautes que l’on implante en suivant les mêmes distances séparatrices avec les habitations que celles utilisées pour les éoliennes de 2MW.  Ces normes sont désuètes pour les méga-éoliennes industrielles.

Vers un Québec décarboné et prospère

Plan d’action 2035-Hydro-Québec

En novembre 2023, avec son plan d’action 2035, Hydro-Québec annonce qu’elle a besoin de 10 000  MW supplémentaires provenant du secteur éolien.

Je récapitule : en 2029 nous aurons 71 parcs éoliens pour 6 700 MW. Bien qu’aux yeux de plusieurs experts, la transition énergétique du gouvernement et d’Hydro-Québec n’a été ni définie ni planifiée et laisse place à l’arbitraire, Hydro-Québec veut rajouter 10 000 MW .

En mai 2024, coup de théâtre de la part de Michael Sabia affirmant que« développer des projets à droite à gauche et all over the place », comme on l’a fait jusqu’à maintenant, ne permettra pas à Hydro-Québec d’atteindre son objectif de 10 000 mégawatts »[2]. « Le Québec a besoin d’une stratégie beaucoup mieux intégrée.»[3]

C’est pourquoi Hydro-Québec veut reprendre le contrôle de l’éolien en implantant des mégaparcs industriels de 1 000 MW et plus avec  des centaines d’éoliennes de 200 mètres de hauteur dans le nord du Québec « pour s’éviter la contestation des zones habitées, dans le sud du Québec, car il dit avoir entendu la grogne des québécois»[4]

À titre d’exemple, le mégaparc éolien industriel situé au Nord-Ouest du Lac-St-Jean couvrirait une superficie d’au moins 10 fois l’Ile de Montréal. C’est d’ailleurs au nord du Québec que se situent les plus gros gisements éoliens.

Mais en même temps, Michael Sabia affirme que les petits et les moyens parcs éoliens vont continuer à s’implanter et la Fédération québécoise des municipalités continue à en faire la promotion.


[1] Site Web du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie mis à jour en juillet 2024.

[2] Stéphane Bordeleau, Hydro-Québec prend le contrôle de la filière éolienne, Radio-Canada, 30 mai 2024.

[3] Hélène Baril, Hydro-Québec prend le contrôle de l’éolien, La Presse, 30 mai 2024.

[4] Thomas Gerbet, Voici où les «mégaparcs» éoliens d’Hydro-Québec sont attendus, Radio-Canada, 19 juin 2024.

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