Auteur/autrice : Gaston

  • Le projet de loi 57 annonce-t-il la judiciarisation des débats et des luttes sociales?

    Le projet de loi 57 annonce-t-il la judiciarisation des débats et des luttes sociales?

    Richard Langelier

    Le 11 avril dernier, le gouvernement du Québec déposait le projet de loi 57, qui porte le titre de Loi visant à protéger les élus et à favoriser l’exercice sans entraves de leurs fonctions.

    Mon collègue, le professeur Pierre Trudel, a présenté un aperçu des conséquences de telles dispositions législatives (Le Devoir du 14 mai 2024). Les éditeurs de journaux et les médias ont aussi exposé les dangers pour la liberté d’expression de ces dispositions législatives (voir La Presse du 15 mai 2024).

    Mais il importe de souligner d’autres enjeux liés à l’existence de cette loi.

    Le but officiel du projet : protéger les élus locaux de menaces, de harcèlement et autres conduites rendant quasi impossible l’exécution de leur mandat. Noble mobile, auquel on ne peut que souscrire. Mais se peut-il cependant que, ce faisant, le difficile équilibre entre la liberté d’expression et la protection des institutions ait été rompu ?

    À cet égard, il convient de se rappeler que les élus locaux comme toutes les personnalités publiques doivent pouvoir faire l’objet de critiques qui ne seraient peut-être pas admissibles pour des personnes « ordinaires ». Ils doivent accepter de vivre « sous l’oeil vigilant du public », pour citer les juges du plus haut tribunal canadien.

    Il y a finalement lieu de rappeler que la liberté d’expression protège aussi le droit du public à l’information, la protection constitutionnelle ne touchant pas que le locuteur, mais aussi l’auditeur qui, surtout dans l’élaboration des politiques publiques, doit disposer des informations suffisantes pour pouvoir participer au jeu démocratique.

    De fait, ce projet de loi s’inscrit dans une longue séquence de mesures où la violence symbolique (la force de la loi, l’autorité des tribunaux) tente d’imposer une certaine vision du développement de la société.

    Ainsi, quand le gouvernement Legault octroie aux deux unions municipales une subvention de 1 million de dollars chacune pour soutenir les élus prétendument diffamés ou harcelés alors que lesdites unions sont devenues au même moment de chaudes défenderesses du développement éolien en territoire agricole ou habité et alors que les débats sociaux sont, sur ce point, intenses, bruyants, incommodes pour les zélateurs de tels projets.

    Les « affinités électives » qui semblent se dessiner entre ce projet de loi et les objectifs énergétiques du gouvernement Legault sont donc troublantes.

    La logique du pompier pyromane ?

    Pour avoir personnellement goûté à cette médecine, je peux témoigner des raccourcis dangereux auxquels se livrent certains élus qui associent toute critique publique à de la diffamation en détournant le sens ordinaire des mots ou en s’en prenant aux inférences allégoriques ou à la verdeur du langage de l’intervenant. Ce jeu de mise en demeure comme moyen d’intimidation est bien connu et fut utilisé contre une citoyenne de Trois-Rivières qui avait critiqué la compétence d’un fonctionnaire ou contre des citoyens de Sainte-Pétronille qui avaient osé signer une pétition contre l’engagement d’un fonctionnaire. La loi risque donc de créer une « atmosphère » défavorable à tout débat démocratique véritable. C’est sans doute l’effet inhibiteur que souhaitent les auteurs de cette loi.

    Quand s’y ajoute la violence économique des promoteurs de parcs éoliens qui tentent de briser l’usage d’actions collectives en réclamant, dix ans après le fait, un million de dollars aux citoyens qui avaient contesté un tel projet, il y a lieu de s’interroger. En effet, cette synchronie des moyens juridiques et économiques fait émerger d’autres mobiles justifiant un tel projet de loi.

    Ce n’est d’ailleurs pas en faisant d’une simple algarade avec un élu un délit passible d’amende salée qu’on fait progresser le débat démocratique…

    Faire un examen des pratiques démocratiques dans les municipalités locales

    Dans tout le débat entourant l’implantation de milliers d’éoliennes près des résidences dans la vallée du Saint-Laurent, ce qui a profondément choqué les populations a été sans contredit l’absence de transparence, la confidentialité extrême maintenue par les élus locaux sur tous les aspects de ce projet. Cette démocratie, malade de ce manque de transparence, n’affecte malheureusement pas que les projets énergétiques.

    Pour n’en mentionner qu’un, abordons ces fameux caucus où les élus prennent véritablement les décisions alors que les assemblées publiques sont bâclées souvent en moins d’une heure et où l’on voit les conseillers et conseillères se transformer en robots votants, sans explications, sans discussions, sans possibilités pour les citoyens d’intervenir sinon à une brève période de questions à la fin de la rencontre et alors que les décisions ont déjà été prises.

    Mentionnons encore le cas de cette municipalité refusant la publication dans son bulletin municipal d’une annonce payée à propos de la tenue d’une assemblée publique sur un projet de développement, celle de ce maire offrant à un citoyen qui posait trop de questions d’aller « régler ça dans le parking », celle de ces MRC qui s’approprient de plus en plus des compétences des municipalités locales, mais qui tiennent leurs rencontres la plupart du temps devant des salles vides et qui ne font aucun effort pour rendre leurs décisions compréhensibles ou travailler à stimuler la participation des citoyennes et citoyens.

    Ne voit-on pas derrière ces comportements le triomphe de la logique bureaucratique ?

    N’est-ce pas cette même logique qui explique la peur de tout référendum ou de quelque exercice que ce soit de démocratie directe ?

    Ces lacunes dans la vie démocratique de nos communautés seraient-elles sans lien avec la radicalisation du discours public ? Utiliser la justice pour tenter de définir les contours d’un discours acceptable aux élus est une tentative illusoire, sinon grotesque.

    Les élus locaux méritent le respect, car ils représentent un élément essentiel de la légitimité démocratique. Mas ils ne représentent pas, à eux seuls, toute la légitimité démocratique, surtout quand des enjeux locaux fondamentaux sont en cause. Ainsi en faire les parangons de la vertu démocratique ne correspond à aucune lecture raisonnable de la réalité.

    Il me semble donc que cette loi ne correspond pas aux standards constitutionnels en matière de liberté d’expression : les objectifs prévus par la loi sont confus, bien qu’en apparence logiques, mais les moyens qu’elle met en forme sont trop larges et ses effets délétères l’emportent de loin sur ses mérites.

    Cette lettre est paru dans le Nouvelliste : https://www.ledevoir.com/opinion/idees/813285/idees-projet-loi-57-annonce-il-judiciarisation-debats-luttes-sociales

  • Le grand saccage de notre territoire habité!

    Le grand saccage de notre territoire habité!

    Claude Rochon

    Il est déconcertant d’être témoin de nombreuses décisions politiques qui semblent prises avec une vision du siècle passé et qui ont le pouvoir de dévaster en quelques années une grande partie de notre patrimoine collectif. 

    Il n’est pas très visionnaire d’imiter l’époque où les gouvernements cherchaient par tous les moyens à attirer de grosses industries. Les dirigeants actuels réalisent ce but en vendant notre énergie à un prix de beaucoup inférieur à celui qu’il paie aux nouveaux promoteurs d’énergie.

    Il refilera ensuite la facture aux citoyens et aux petites entreprises. Ces grosses compagnies réduiront bientôt leurs emplois en utilisant de plus en plus de robots. Nous aurons alors tous les inconvénients de ces entreprises énergivores et polluantes sans en retirer beaucoup d’avantages.

    Qualité de vie

    La construction de gigantesques éoliennes industrielles, qui défigureront nos paysages, entraînera également une dégradation importante de notre qualité de vie. Il est vraiment malheureux que les nombreux témoignages reliés aux problèmes de santé de plus en plus répertoriés autour de la planète ne soient pas examinés sérieusement. Les slogans verts de cette industrie lucrative sonnent de plus en plus faux.

    Par ailleurs, on peut déplorer le fait que l’INSPQ aborde à peine le problème des ultrasons alors qu’il semble provoquer tant de perturbations sur la santé et représente clairement l’éléphant dans la pièce.

    Actuellement, le gouvernement fait la sourde oreille face aux inquiétudes des citoyens et cherche à imposer ses décisions. Il est très pressé. Le principe de l’acceptabilité sociale est tellement dilué qu’il est devenu un leurre.

    Face aux changements climatiques, comment ne pas s’opposer à un gouvernement qui affiche une vision affairiste plutôt que de consulter la population et des experts indépendants pour concevoir un choix collectif de société? Ces dirigeants ne semblent pas conscients de saccager à toute vitesse notre qualité de vie, notre environnement, la gestion de notre territoire et aussi de compromettre la santé humaine et animale.

    Zones moins habitées

    La majorité de la population réside dans une très petite portion du territoire québécois alors que sa plus grande partie est très peu habitée. Notre espace agricole ne peut compter que sur 2 % de sa superficie. Pourquoi ne pas essayer de planifier un réseau énergétique mieux structuré dans des zones qui affecteraient beaucoup moins de citoyens et où il serait plus facile de dédommager généreusement les quelques résidents?

    Ça éviterait de construire de nombreuses lignes de transport en territoire très habité, avec tous les inconvénients que ça comporte pour la population. Des études ont déjà aussi démontré que nous pourrions, en plus de profiter de son corridor de transport, produire autour des bassins hydroélectriques neuf fois plus d’électricité que ce dont le Québec aurait besoin dans les dix prochaines années.

    L’obligation de protéger notre territoire agricole a déjà eu comme conséquence de priver nos régions rurales d’un grand potentiel humain. Le résultat a été la fermeture de plusieurs écoles et commerces dans les petites municipalités. Le choix d‘envahir ces mêmes territoires avec de gigantesques éoliennes créera encore plus d’obstacles au développement futur de nos régions. De nombreuses zones devenant des lieux inhabitables ou peu convoités se multiplieront entrainant des conflits entre voisins et nuiront à l’arrivée de nouveaux arrivants.

    Le principe de précaution nous conseille de ralentir et d’imaginer un choix de société beaucoup moins basé sur la consommation et la production excessives. Cessons de saccager notre territoire!

    Claude Rochon

    Résident de la MRC de Mékinac

    Cette lettre est parue également ici : https://www.journaldemontreal.com/2024/06/17/le-grand-saccage-de-notre-territoire-habite

  • Conférence de Charles-Félix Ross : « Éoliennes en milieu agricole : le jeu en vaut-il la chandelle ? »

    Conférence de Charles-Félix Ross : « Éoliennes en milieu agricole : le jeu en vaut-il la chandelle ? »

    14 juin 2024

    Organisé par Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska

    Troisième et dernière d’une série de trois conférences organisées par PCENY et Vent d’élus portant sur la transition énergétique.

    Si vous avez manqué les 2 premières conférences, c’est par ici :

    1ère conférence – l’IRÉC :

    2e conférence – Martine Ouellet :

    Monsieur Ross est le directeur général de l’UPA. Il détient une maîtrise en économie rurale, analyse des politiques agroalimentaires de la Cornell University et un baccalauréat en agronomie de l’Université Laval. Il est également membre de l’Ordre des agronomes.

    Il est reconnu pour sa grande expertise en tant qu’économiste, plus particulièrement dans les domaines de l’agriculture, de l’agroalimentaire et du commerce international.

    Réf.: https://www.youtube.com/watch?v=W25QbWd9rFM

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  • TES Canada, les élus et les citoyens : la difficile rencontre

    TES Canada, les élus et les citoyens : la difficile rencontre

    Gaston Rivard

    Il semble que la fracture ne cesse de croître entre les élus et les citoyens. Quant à TES Canada, il est l’épine dans le pied des uns et le caillou dans la chaussure des autres.

    La neutralité ou l’impartialité?

    Il fut entendu lors du dernier conseil des maires de Mékinac que la neutralité « ce n’est pas une loi, ce n’est pas un règlement, c’est un front commun de rester neutres ». Que faut-il comprendre de cette affirmation? Que la neutralité est seulement une attitude, ou bien que la neutralité est le véritable état d’esprit de nos maires? J’ose espérer qu’elle n’est ni l’une ni l’autre. La première hypothèse réduit toute assemblée publique à un vain jeu du paraître car il s’avère impossible de connaître ce qui se cache derrière l’attitude. Cette hypothèse nie tout dialogue véritable, car comment pouvons-nous confronter des points vue, des idées avec quelqu’un qui se cache derrière une attitude et ne révèle jamais sa pensée? Comment dénouer un litige si ce qui est entendu n’est pas débattu? Il y a là un véritable paradoxe.

    Quant à la deuxième hypothèse, celle où il s’agit d’une neutralité de l’esprit, elle fait peur parce qu’elle a pour corollaire immédiat celle de la neutralisation de la volonté. La neutralité de l’esprit inhibe tout velléité d’agir. Elle laisse le champ libre aux puissants : des interlocuteurs comme TES Canada. Elle entérine l’absence presque complète de résistance à toute force venant interagir, elle cède par son refus de réaction. La neutralité de l’esprit, même lorsqu’elle ne se traduit pas par une absence complète d’esprit critique, est une concession à la plus grande des forces en présence. La neutralité consiste à plier les genoux devant le plus fort.

    La neutralité n’appelle pas la réaction, elle accepte aussi bien, et sans nuance, les maux et l’argent. Elle obéit ainsi à sa nature passive. Comment pourrait-elle déboucher sur une prise de décision? La neutralité conduit les élus à l’abdication de leurs responsabilités.

    On peut faire preuve de neutralité lorsqu’une situation ne nous concerne pas, ne nous affecte pas, n’a aucune incidence sur notre être et notre avoir, lorsque nous évoluons en marge d’un débat ou d’un conflit. Mais cette position est indéfendable lorsqu’on peut être à la fois l’agent, et le bénéficiaire ou la victime, d’une décision. Que l’on soit partie prenante, ou que l’on soit pris à partie, oblige à sortir de la neutralité. Les élus ne sont pas les spectateurs impassibles d’une opposition entre TES Canada et les citoyens, bien au contraire ils en sont les arbitres, et les arbitres font respecter les règles. Plus, ils sont les représentants des citoyens et à ce titre mandater pour les défendre.

    La confusion entre neutralité et impartialité est ici manifeste? La neutralité ne réfléchit pas, n’agit pas et subit; l’impartialité consulte, enquête, réfléchit, dialogue, informe et oriente.

    Espérons qu’il ne s’agit que d’une erreur de terminologie de la part de nos élus et que dans les faits ils essaient d’être impartiaux, car une autorité qui revendique la neutralité se résume à une autorité sans pouvoir?

    Au-delà de cette terminologie qui a peut-être le malencontreux effet d’envenimer le débat par la confusion qu’elle engendre, il n’en demeure néanmoins un fait : le dialogue passe mal entre les élus et la population.

    Nos  maires s’expriment

    Tout récemment 3 maires se sont exprimés par des écrits publics. Des papiers dont le témoignage est d’inégale valeur. Un nous révèle pour la première fois, le travail accompli, les orientations de ce travail et une certaine perspective des actions à venir. Un second interroge l’État, interpelle les ministres et veut des réponses. Un troisième, sans révéler rien des enjeux en cours, se lance indistinctement dans un procès à charge contre les citoyens. Ces derniers seraient en grande partie responsables du climat insalubre du dialogue entre les élus et eux. Sans doute parce que les citoyens n’écoutent pas la bonne parole qui leur est prodiguée à chacune des rencontres mensuelles et cela depuis le mois de janvier 2024. Le ton se fait parfois acrimonieux. Ces accusations gagneraient à être nuancées.

    On laisse entendre que si tout va mal, les citoyens en sont responsables. Faudrait-il que ces derniers aient une confiance aveugle en nos élus municipaux dont le mutisme est éloquent, en TES Canada qui ne nous veut que du bien parce qu’il va sauver la planète et le genre humain, et enfin en la CAQ, qui par son bras armé Fitzgibbon, dénigre tout compétence à nos spécialistes de l’énergie pour l’attribuer aux entrepreneurs privés dont la réussite financière devient gage de vérité. Est-ce donc là la marche à suivre qu’on propose aux citoyens? Tout un programme : bandez-vous les yeux, bouchez-vous les oreilles, le temps arrange les choses.

    Les élus ne peuvent simultanément dire que le temps presse et qu’il faut leur donner du temps. Ne serait-il pas plus exact de dire qu’il est urgent qu’ils se donnent du temps. Telle est la fonction du RCI « Le règlement de contrôle intérimaire est donc un outil préventif instaurant un contrôle susceptible d’être ajusté, par une modification ultérieure, à l’issue de la démarche de planification ou de l’examen d’un projet concret »[1]. Le RCI est donc là pour stopper l’action intrusive de TES Canada susceptible d’engager la MRC de manière irréversible, afin que la MRC se dote du temps nécessaire à sa compréhension, une compréhension acquise sans précipitation. Il me semble que ce bout de phrase «  à l’issue de la démarche de planification ou de l’examen d’un projet concret » indique clairement que les mesures permissibles, si elles ont lieu d’être, viennent au terme de l’étude du projet. L’élaboration d’un RCI n’a nullement besoin de connaître « les emplacements exacts des éoliennes », ni d’attendre « l’étude d’impact environnemental complète » comme on l’entend parfois.  Le RCI est une règlementation préventive qui vient en amont de tout projet.

    Pas ou peu de dialogue

    Selon les dires de M. Labranche, maire de Saint-Adelphe, plusieurs des élus sont « usés par les séances du conseil, par les questions répétitives, les accusations gratuites et souvent, le mépris des opposants au projet de TES qui font des amalgames et qui affirment que «tout le monde» pense comme eux ». Nous aussi nous sommes présent à ces séances et croyez bien que le mutisme auquel nous somme confronté nous use également. Si les questions sont répétitives – du fait que les points cruciaux ne sont pas si nombreux – les réponses sont, elles, répétitives, évasives, éludant les questions. Il est tout de même curieux que le projet de TES Canada n’ait jamais été à l’ordre du jour! Si nous n’avions posé aucune question, il est fort probable que nous n’en n’aurions pas entendu parler. Si l’acceptabilité sociale, selon les recommandations du gouvernement provincial, s’acquière lorsque les élus informent et écoutent la population, travaille de concert avec elle, et cela en amont des projets, il faut croire que les citoyens ne peuvent être tenus responsables de cette absence de dialogue.

    Les opposants n’ont pas de mépris pour le projet de TES Canada, ils s’inquiètent à juste titre d’un projet de 130 éoliennes de 200 mètres en zone habitée, et tout particulièrement dans la municipalité de Saint-Adelphe où l’on prévoit entre 20 et 29 éoliennes, voire plus de 45 si on inclut les zones limitrophes des municipalités avoisinantes. Et tout cela avec un RCI répondant plus à la description du projet de TES Canada qu’aux exigences minimales pour la protection de la population dont ce devrait être la principale préoccupation. À titre d’exemple, une distance de 700 à 800 mètres entre ces éoliennes monstres et une résidence est tout simplement indécente.

    Enfin, les opposants n’ont jamais affirmé que « tout le monde pense comme eux », ils portent témoignage toutefois que plusieurs pensent comme eux, et ils enquêtent pour savoir combien pensent comme eux.  Je crois par contre que M. le maire présuppose que plusieurs pense comme lui.

    Les opposants ne croient pas que « les parcs éoliens représentent le mal incarné », par contre ils croient qu’il est mal de les établir dans un milieu habité et qu’il est fou de croire que les nuisances engendrées n’auront pas d’impacts.

    Il y a bien un point toutefois sur lequel nous sommes d’accord avec M. Labranche : « si on se contente de parler sans jamais écouter, on ne s’entendra pas » 

    Pour en finir avec cette neutralité qui dore le blason de la majorité de nos élus, laissez-nous vous dire que pour un regard extérieur – puisque tout est secret sous le couvert de la neutralité –  il semblerait qu’elle « neutralise » avec moins de succès la marche effrénée de TES Canada qui veut s’emparer de notre territoire que celle des citoyens.  Cette neutralité, tout à coup, par une curieuse alchimie, paraît se polariser au contact de TES Canada et irradier dans le même sens?

    Dans le débat social il est intolérable que l’élu tergiverse. Sa fonction exige qu’il prenne position. C’est la raison d’être de sa fonction.

    Gaston Rivard Saint-Adelphe

    Cette lettre est parue également ici :

  • TES Canada: un politicien doit être prudent, mais pas neutre

    TES Canada: un politicien doit être prudent, mais pas neutre

    11 juin 2024 à 04h00

    POINT DE VUE / Lettre de Dany Janvier en réplique à la lettre du maire de Saint-Adelphe, Paul Labranche


    Monsieur Labranche, vous êtes maire de Saint-Adelphe depuis longtemps et vice-président du C.A. d’Énercycle. Dans votre lettre, vous abordez les difficultés que rencontrent les élus municipaux pour tenir des débats constructifs sur des sujets majeurs et sensibles. Vous vous demandez si cela est dû aux réseaux sociaux ou à des institutions municipales inadaptées. Sur ce point, nous sommes d’accord: ces difficultés sont bien réelles, mais admettez que vous y contribuez pour beaucoup. Votre exposé n’est qu’une projection des dysfonctionnements observés dans les rencontres du conseil depuis que le projet de TES Canada menace notre précieux et patrimonial milieu de vie.

    Depuis près de six mois, chaque mois, nous nous rendons au conseil municipal pour nous informer, vous questionner, et même vous proposer des pistes de solutions légales qui seraient facilement applicables, car la production d’énergie sur notre territoire est de compétence municipale. Nous avons fait nos recherches auprès d’experts indépendants, et non seulement auprès du promoteur privé d’une usine à gaz prétendument verte, qui n’est pas du tout rentable sans subventions et crédits d’impôt. Vous semblez aveuglés par ce projet de 4 milliards de dollars, et il semble que la présence de citoyens informés vous dérange. Vous êtes ceux qui délivrent les permis de construction et les changements de zonage ou d’aménagement du territoire. Mais au lieu de vouloir collaborer, vous vous braquez. Les citoyens qui osent se présenter au conseil se sentent infantilisés, ignorés, même méprisés.

    Les séances du conseil sont presque toujours vides, et c’est normal: la population inquiète ne se sent pas représentée par vous. C’est votre show et c’est vous qui décidez. Chaque fois qu’on pose une question à un conseiller, il vous regarde avant de timidement prendre la parole, soumis. C’est honteux. Durant un conseil, on devrait entendre autant sinon plus les conseillers que vous. Vous ne devriez être là qu’en cas de situation à départager ou problématique.

    Vous semblez vouloir tout contrôler: à la période de questions, qui est un temps alloué pour le questionnement des citoyens, vous monopolisez le temps pour tenter de répondre à votre façon à toutes les questions que nous pourrions vous poser au sujet des éoliennes et du projet de TES Canada. Vous démontrez ainsi votre incapacité à écouter les citoyens. Comment pouvez-vous ensuite oser dire que certains citoyens sont arrogants et parlent fort. Miroir, miroir…

    Depuis des mois, je vous pose la même question: «D’après Éric Gauthier, DG de TES Canada, Pierre Fitzgibbon, Michael Sabia et plusieurs autres, le projet ne se fera pas sans l’acceptabilité sociale. Alors comment comptez-vous mesurer cette acceptabilité sociale?» Nous attendons toujours la réponse, car votre réponse est toujours la même: «Nous ne sommes pas assez informés sur le sujet, il y a beaucoup d’étapes avant, nous nous devons de respecter ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Il y a le BAPE (qui est non coercitif, en passant) et la CPTAQ (qui accepte 98 % des projets éoliens), etc.» Nous ne nous sentons pas du tout rassurés avec cette attitude de laisser-aller et de laisser-faire.

    Pourtant, de notre côté, des juristes chevronnés nous expliquent que les municipalités ont tous les mécanismes pour faire des référendums et consulter vraiment la population. La production d’énergie locale est de compétence municipale. Alors pourquoi ne voulez-vous pas faire un référendum?

    Même Guy Veillette, préfet de la MRC voisine, qui est elle aussi concernée par le projet de TES CANADA, l’a déclaré à la rencontre de consultation de la MRC des Chenaux le 5 juin 2024: «On souhaite qu’il y ait des référendums.» Voici un extrait du Nouvelliste: «Une fois les normes minimales établies par une MRC, la balle est dans la cour des municipalités, qui doivent alors déterminer dans quelles zones et de quelle manière les éoliennes peuvent être implantées. Les citoyens des zones touchées et des zones adjacentes peuvent alors se mobiliser pour signer un registre, lequel pave la voie à la tenue d’un référendum si le nombre de signataires est suffisant.»

    Monsieur Labranche, je vous repose la question: pourquoi vous obstinez-vous, sans raison valable, à refuser de prendre le pouls de votre population par un référendum consultatif ou même un véritable sondage mené par une firme indépendante, comme nous vous le demandons depuis des mois ? Pourquoi ce déni total de démocratie? Pourquoi le sujet TES Canada n’a-t-il jamais été mis à l’ordre du jour du conseil municipal?

    Vous vous parez d’une fausse neutralité. Un politicien doit être prudent, mais pas neutre. Depuis que la politique existe, l’un des rôles premiers d’un politicien est d’avoir une vision pour l’avenir, de partager ses idées, ses valeurs, ses orientations. Et là, vous me dites que vous devez être neutre? Quelle blague! C’est d’un ridicule consommé. Je vous ai même demandé lors du dernier conseil, si vous étiez en campagne électorale demain et qu’un citoyen vous demandait ce que vous allez faire avec les éoliennes et TES Canada, eh bien vous avez encore eu l’odieux de répondre: «Je serais neutre, rien de plus, et si on ne veut pas voter pour moi, tant pis…» Voyons donc! Nous croyez-vous dupes? Et là, je vous entends dire: «Si tu n’aimes pas ma réponse, pourquoi me la poser?» C’est grotesque. Vous semblez même vous croire tellement vous jouez bien votre jeu… De là, je réponds: «Êtes-vous vraiment stratégique à ce point ou simplement inconscient?»

    Tout au long de votre lettre au Nouvelliste, vous jouez sans cesse à la victime, quand pourtant c’est vous qui nous agressez. Nous essayons de collaborer avec vous depuis le début, mais tout ce qu’on vous apporte est ridiculisé ou rejeté.

    Vous êtes bien drôle aussi quand vous dites: «Je suis maire de Saint-Adelphe depuis 2001 et jamais auparavant je n’ai assisté à un tel engouement pour un dossier comme celui du projet éolien de TES Canada.» La réponse est simple, monsieur Labranche: c’est normal, même tout à fait normal, car personne n’a jamais vu de projet aussi controversé et potentiellement dévastateur que celui-ci en milieu habité, en plus pour alimenter une usine à gaz privé faussement verte. C’est clairement du jamais vu, et même sur la planète entière, le Québec devrait décarboner si on vous écoute.

    Monsieur Labranche, par votre inaction et votre prétendue neutralité, vous semblez prêt à accepter 29 éoliennes de 7 à 10 MW de 700 pieds de haut sur votre territoire pour que votre municipalité puisse recevoir des chèques de redevance à la pelle. Bien entendu, après cette rentrée de fonds, le reste du développement agro-touristique, agro-économique, la population rurale aussi, etc. sera relégué au second plan. Vous n’imaginez pas une seconde les impacts que ce projet pourrait avoir ici si votre proposition passe. Ne me dites pas que ce n’est pas votre projet, sinon vous auriez un minimum d’écoute, ce que vous n’avez pas. La seule chose que vous semblez avoir pour vos citoyens, c’est du mépris.

    En outre, il est crucial de rappeler que vous et vos collègues n’avez pas été élus sur la base d’un projet d’une telle envergure, qui transformera à jamais notre belle région. Si les plus hautes instances du gouvernement vous dictent une façon de faire, pourquoi ne pas vous appuyer sur votre population qui souhaite participer et soutenir des élus qui les soutiennent en retour? C’est précisément ce que nous demandons depuis le début. Au lieu d’aider une entreprise et une poignée de citoyens en conflit d’intérêts, vous devriez soutenir la population qui se sent menacée par ce projet destructeur et inconsidéré. Si vous nous écoutez et travaillez avec nous, nous serions à vos côtés.

    Cordialement,

    Dany Janvier

    Contre la privatisation du vent et du Soleil dans Mékinac Des Chenaux, RVÉQ

    La lettre a paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/point-de-vue/2024/06/11/tes-canada-un-politicien-doit-etre-prudent-mais-pas-neutre-ZLZOBIOEVNFPJALGZSVOJDJQUI/

  • TES Canada: sacrifier notre environnement au profit d’intérêts privés

    TES Canada: sacrifier notre environnement au profit d’intérêts privés

    Gaston Rivard

    Dans une lettre ouverte intitulée «TES Canada: un projet nécessaire pour le Québec», parue dans Le Nouvelliste du 29 avril 2024, le ministre Pierre Fitzgibbon insiste sur la pertinence du projet de TES Canada, axé sur la production d’hydrogène vert et de gaz de synthèse à l’aide d’énergies solaire et éolienne. Or, certains propos tenus par M. Fitzgibbon sont fort préoccupants.


    M. Fitzgibbon déplore les réserves émises par des universitaires à l’égard du projet. Il rejette du revers de la main toute opinion discordante de la part d’experts dans le domaine et estime que seule l’évaluation réalisée par TES Canada est crédible à ses yeux. À quoi servent alors les analyses indépendantes réalisées par des chercheurs qualifiés? Un projet de cette envergure ne mérite-t-il pas de faire l’objet d’un examen objectif rigoureux?

    En effet, selon une étude sur le projet réalisée par Johanne Whitmore, chercheuse principale à la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal, et Paul Martin, ingénieur chimiste et cofondateur de Hydrogen Science Coalition, le projet est une aberration sur le plan énergétique et un non-sens économique («Le projet de TES Canada durement critiqué», paru dans La Presse le 12 avril 2024). Ces constats sont accablants et trouvent écho auprès d’une trentaine de chercheurs qui se sont exprimés avec éloquence dans une lettre ouverte «La place de la science dans la transition énergétique du Québec» (Le Nouvelliste, 4 mai 2024).

    La chercheuse Johanne Whitmore déplore notamment le manque de transparence et de données probantes pour justifier la pertinence du projet de décarbonation tel que préconisé par TES Canada.

    Par ailleurs, rappelons que, dès l’annonce du projet de TES Canada, M. Fitzgibbon avait insisté sur l’importance de l’acceptabilité sociale. Le projet consiste notamment en l’installation d’environ 130 éoliennes sur des terres en Mauricie. Or, face aux vives réactions observées lors de rencontres municipales et dans des lettres d’opinion, le gouvernement se montre peu sensible aux préoccupations légitimes des citoyens qui subiront les conséquences néfastes liées à l’installation massive d’éoliennes.

    Plusieurs citoyens déplorent entre autres l’opacité qui entoure le projet et l’empressement du promoteur pour faire avancer les choses. Un projet de cette envergure basé sur des ententes conclues à la pièce avec des propriétaires terriens, moyennant une rétribution alléchante, est pour le moins discutable. En fait, une telle démarche consiste essentiellement à «acheter» l’acceptabilité sociale. Source de discorde, cette campagne de promotion bien rodée ne justifie pas pour autant le bien-fondé du projet mis de l’avant.

    Dans l’article intitulé «Jusqu’à 35 km de lignes à construire», paru dans La Presse du 4 mai 2024, on apprend que 13 municipalités (12 selon les données les plus récentes) ont été ciblées pour accueillir les éoliennes et que la zone touchée par le projet s’étend sur plus de 1300 km carrés. De plus, TES Canada devra construire l’équivalent de 35 km de ligne de transport pour permettre à son parc d’éoliennes d’alimenter son complexe d’hydrogène vert et de gaz synthétique à Shawinigan.

    On apprend aussi que Grandes-Piles s’est ajoutée à la liste des municipalités visées initialement. Joyau de la Mauricie, le village de Grandes-Piles est reconnu pour sa route panoramique montagneuse qui longe la magnifique rivière Saint-Maurice. Ainsi, les falaises majestueuses surplombant ce village pittoresque risquent-elles d’être défigurées par la présence d’éoliennes géantes?

    L’atteinte au paysage ne constitue qu’un exemple parmi tant d’autres de l’impact environnemental néfaste de ce projet pour toutes les municipalités de notre région (bruit, proximité des éoliennes, dévaluation des terrains, déforestation, portions de terres publiques et privées sacrifiées, travaux majeurs d’infrastructures, circulation de camions lourds, etc.).

    Selon les experts dans le domaine, les éoliennes ont une durée de vie d’environ 20 à 25 ans. Dans sa lettre ouverte du 29 avril, M. Fitzgibbon a déclaré que le gouvernement pourra exiger la création d’un fonds dédié advenant le démantèlement des éoliennes. Mais dans les faits, si le passé est garant de l’avenir relativement à l’héritage laissé par les entreprises privées, le gouvernement ne sera-t-il pas, malgré tout, mis à contribution pour la réalisation des travaux de démantèlement et, le cas échéant, la remise en état des terres? À qui reviendra la responsabilité ultime compte tenu de tous les impondérables?

    Les instances gouvernementales, désireuses de promouvoir à tout prix l’implantation de divers projets, ne doivent pas perdre de vue les incidences non seulement à court terme, mais aussi pour les années à venir, et ce, pour une vaste portion de notre territoire. Rappelons que les scientifiques œuvrant dans le domaine s’entendent tous pour dire que le processus préconisé par TES Canada est fortement énergivore et est loin d’avoir fait ses preuves. Combien de fois, par le passé, a-t-on déploré les conséquences de décisions d’envergure, lesquelles ont été prises à la hâte et sans tenir compte des impacts négatifs potentiellement importants?

    Le gouvernement est en train de sacrifier nos ressources et notre environnement au profit d’intérêts privés. On ne parle pas ici d’un projet collectif générateur d’énergie renouvelable géré par Hydro-Québec. Le fait de recourir à un argument « vendeur » tel que la décarbonation est un exercice trompeur qui ne vise qu’à jeter de la poudre aux yeux. Le réveil risque d’être brutal au cours des prochaines années.

    Gaston Rivard

    Saint-Adelphe

    Cette lettre est parue également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/point-de-vue/2024/06/07/tes-canada-sacrifier-notre-environnement-au-profit-dinterets-prives-FN6MZ3AMSZFZ5GX5CEL45G57IQ/

  • Arrêtons de confondre prudence et neutralité !

    Arrêtons de confondre prudence et neutralité !

    Isabelle Clément

    Je voudrais réagir aux propos de Caroline Clément Mairesse de Grandes-Piles et préfète de Mékinac et d’Eric Blouin, maire de Sainte-Thècle.

    Tout d’abord, ça fait du bien de lire des élus dire enfin quelque chose. C’est la première fois que ça arrive depuis le début de ce projet. Mieux vaut tard que jamais!

    Je retiens de l’intervention de Caroline Clément sur sa page Facebook et d’Éric Blouin dans son mot du Maire qu’ils reconnaissent que le dossier TES Canada n’a pas été amené à la population de la meilleure façon qui soit et qu’ils se sont sentis coincés. J’entends qu’ils souhaitent un meilleur projet pour leur communauté. Je lis aussi que Caroline Clément trouve difficile de se faire prêter des intentions et que les élus se sentent dans une position difficile. Enfin, je suis heureuse de lire que tous les maires de Mékinac sont contre la privatisation d’Hydro-Québec.

    Je reste en désaccord sur le point de la neutralité. Les élus n’ont pas de devoir de neutralité. Au contraire, ils sont appelés à se prononcer sans cesse sur tous les sujets. Ils vont d’ailleurs bientôt voter sur un nouveau projet de RCI (règlement de contrôle intérimaire). Un vote est une prise de position.

    Chaque résolution prise chaque mois dans nos conseils est une prise de position. Nous agissons toujours dans ce que nous pensons être l’intérêt commun d’une majorité.

    Pourquoi tout d’un coup avec le projet de TES Canada, faudrait-il changer cette manière de faire ?

    Il ne faut pas confondre neutralité et prudence. Or le devoir de prudence, lui, est écrit noir sur blanc dans le code d’éthique des élus municipaux. Avec un projet gigantesque comme celui de TES Canada, on doit errer dans le sens de la prudence. Et la prudence, ce n’est pas la neutralité. Si je suis sur l’autoroute et que je vois un accident au loin, la prudence n’est pas de me mettre au neutre, de lâcher le volant et de fermer les yeux. La prudence, c’est de m’arrêter le plus tôt possible et de me ranger sur le côté de la route. C’est faux de prétendre que la neutralité permet d’avoir une vision équilibrée. La neutralité, c’est l’inaction. C’est donc laisser les autres agir. Et en laissant TES Canada et le gouvernement du Québec agir, on sait exactement ce qui va se passer. La neutralité place les maires et la préfète en position de victimes. Victime des opposants, victime du gouvernement, victime de l’entrepreneur. Mais dans la réalité, ce sont les citoyens qui se retrouvent en position de victimes.

    Les élus parlent par résolution. Quelles résolutions ces élus ont-ils fait passer pour démontrer leurs inquiétudes et défendre leur territoire? Est-ce que le dernier projet de RCI de la MRC fait preuve de prudence ou est-ce qu’il ouvre plutôt toute grande la porte au promoteur ?

    Peut-on dans ces conditions en vouloir aux citoyens de leur prêter des intentions ?

    Les citoyens ont besoin de les entendre, mais surtout de voir que des actions sont posées.

    J’ai été sidérée d’entendre Caroline Clément dire en entrevue à Radio-Canada que même si la population se prononçait par référendum à 100% contre le projet, ça ne servirait à rien contre un gouvernement qui ne veut rien entendre. Comment est-ce qu’on peut être une élue et ne pas reconnaître la légitimité d’un processus démocratique?

    Si le gouvernement de la CAQ veut continuer de piétiner la démocratie pour jouer au valet des grandes entreprises, il faut lui en laisser l’odieux. Le devoir de l’élu est de défendre la démocratie coûte que coûte et de mettre en place des mesures pour la favoriser. Je ne travaille pas pour le gouvernement du Québec : je travaille pour les citoyens.

    Et si le gouvernement continue de se moquer des citoyens, il en paiera le prix bien assez vite.

    En attendant, est-ce que les élus peuvent travailler avec les citoyens ?

    Est-ce qu’ils peuvent sortir de la position de victime ?

    Est-ce qu’ils peuvent cesser d’attendre que tout soit décidé pour eux ?

    Est-ce qu’il est possible de passer à l’action en posant des actions concrètes ?

    Que se passerait-il si tous les élus décidaient de faire front commun non pas pour la neutralité, mais pour défendre les intérêts réels des citoyens ? Dans quel monde vit-on pour qu’une telle évidence ressemble soudain à une utopie ?

    Isabelle Clément

  • Le déni de l’acceptabilité sociale!

    Le déni de l’acceptabilité sociale!

    Claude Rochon

    Compte tenu que, dans l’esprit des citoyens, les maires et les conseillers municipaux ont d’abord été élus pour gérer les responsabilités habituelles de leur municipalité locale et régionale et que selon la FQM «Le rôle premier de l’élu·e est de représenter la volonté des citoyens au sein du conseil municipal tout en agissant dans l’intérêt de la municipalité.»;(1)

    compte tenu qu’en rapport avec l’implantation de gigantesques éoliennes, plusieurs citoyens estiment que la décision des élus dépasserait considérablement le rôle pour lequel ils ont été élus surtout que cette décision pourrait transformer pour plusieurs générations la qualité de vie et constituer des risques importants pour la santé et l’environnement;

    compte tenu que les MRC n’ont confié à aucun expert indépendant la tâche d’informer adéquatement la population sur les enjeux reliés à ce projet et ont délégué ce devoir au seul promoteur;

    compte tenu qu’une grande partie des conseillers et des maires n’ont pas daigné assister aux rencontres organisées par les citoyens pour avoir l’avis d’experts indépendants;

    compte tenu que ce projet compromettrait de façon sérieuse la gestion de notre territoire, tout en dévalorisant nos propriétés et notre immense potentiel récréotouristique;

    compte tenu que la création d’Hydro-Québec a permis d’électrifier les régions éloignées et les rangs peu peuplés à un coût équitable pour tous les citoyens, qu’elle a fait reconnaître notre expertise internationalement et que ce fleuron a nourri notre fierté en plus de nous enrichir;

    compte tenu que, selon plusieurs experts, l’électricité produite par les entreprises privées nous coûte plus cher et que nous, les contribuables, leur payons en plus de généreuses subventions qui, par le biais des profits en découlant, sont souvent exportées à l’étranger alors que ces capitaux pourraient servir à aider directement les municipalités et les agriculteurs; (2)

    compte tenu que ce projet privatiserait nos ressources énergétiques et grignoterait l’infime 2% de notre territoire agricole québécois;

    compte tenu que de confier des projets aux entreprises privées, dans les zones les plus faciles d’accès pour celles-ci, dévaste la minuscule zone habitée du Québec;

    compte tenu que cette façon de procéder nécessiterait la multiplication de lignes de transport dans les zones les plus habitées avec tout ce que ça entraînerait comme inconvénients et mécontentements au niveau des présences de champs électromagnétiques et de la destruction du paysage;

    compte tenu que le Québec possède un immense territoire nordique où il serait possible d’aménager un plan mieux structuré qui éviterait la multiplication de lignes de transport de l’énergie;

    compte tenu que deux éminents spécialistes, Réal Reid et Bernard Saulnier, établissent à plus de 900 TW l’énergie éolienne qu’on peut présentement produire autour et dans les réservoirs actuels d’Hydro-Québec, soit neuf fois plus que les 100 TW dont Québec prétend avoir besoin dans la prochaine décennie; (3) 

    compte tenu que durant les périodes de l’année où nous sommes en surplus d’électricité, nous devons continuer à payer l’électricité inutile à des entreprises privées alors que, si nous étions les propriétaires des éoliennes, nous pourrions les arrêter au besoin tout en prolongeant leur durée de vie;

    compte tenu qu’à chaque fois que notre gouvernement attire de nouvelles compagnies en leur fournissant d’immenses blocs énergétiques à un prix beaucoup moindre que le coût de production de la nouvelle électricité requise, il transfère la facture aux citoyens;

    compte tenu qu’une grande partie de l’hydrogène produite par TES (avec d’immenses pertes d’énergie électrique) servirait à reconstituer, à un prix beaucoup moins compétitif, un gaz qui pollue d’une façon comparable aux énergies fossiles

    compte tenu que ce projet ne tient pas compte du principe de précaution face aux études de plus en plus nombreuses répertoriant de sérieux problèmes de santé humaine et animale reliés en particulier aux infrasons présents jusqu’à plus de 15 kilomètres des éoliennes;

    compte tenu que nos MRC refusent de consulter adéquatement la population en s’appuyant sur une loi disant qu’ils n’ont pas l’obligation de le faire lors de l’adoption d’un RCI (Règlement de contrôle intérimaire);

    compte tenu que ce RCI outrepasse considérablement un changement peu complexe d’un schéma d’aménagement et implique une transformation majeure de la qualité de vie et un risque important de dégradation de la santé de plusieurs générations de citoyens;

    compte tenu que de rassembler environ 300 personnes (2,36 % de la population) pour leur présenter leur projet de RCI et écouter leurs commentaires représente selon notre MRC une consultation publique qui semble suffire à remplir leurs critères d’acceptabilité sociale;

    compte tenu que nos élus préfèrent coopérer avec un gouvernement qui souhaite nous imposer à toute vitesse un projet dénoncé ou peu appuyé par plusieurs experts scientifiques plutôt que d’écouter ceux qu’ils sont censé représenter;

    compte tenu qu’en affirmant que les citoyens pourront s’exprimer lors du BAPE, qui est non décisionnel, nos MRC oublient tous ceux qui ne pourront pas se faire  entendre devant le BAPE et que, par ailleurs, une conclusion d’un BAPE antérieur suggérant à une MRC de faire un référendum n’a pas été entendue;

    compte tenu que les citoyens devraient avoir le droit de se prononcer par le biais d’un référendum pour savoir s’ils souhaitent ou refusent l’implantation d’un projet aussi compromettant pour leur environnement et leur santé;

    nous affirmons que nos MRC n’ont pas respecté un principe minimal d’acceptabilité sociale, qu’elles agissent de façon possiblement légale mais non légitime, ce que nous pouvons qualifier d’abus de pouvoir.

    Cosignataires par ordre alphabétique :

    René Beaudoin, citoyen de Sainte-Geneviève-de-Batiscan

    Bruce Cauchon, citoyen de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ

    Denis Champoux, citoyen de Saint-Adelphe

    Manon Charlebois, citoyenne de Saint-Tite

    Claude Charron, citoyen de Saint-Ferdinand-d’Halifax, Comité des riverains du projet éolien de L’Érable

    Cynthia Cliche, citoyenne de Saint-Maurice

    Jean-Claude Cyr, citoyen de Sainte-Thècle

    Chantal Desaulniers, citoyenne de Saint-Tite

    Robert Desfonds, citoyen d’Hérouxville

    Lina De Rossi, citoyenne de Saint-Stanislas

    Marie Dessureault, citoyenne de Sainte-Thècle

    Bruno Detuncq, professeur retraité de Polytechnique Montréal

    Jean Guilbert, citoyen de Sainte-Maurice, RVÉQ

    Dany Janvier, citoyen de Saint-Adelphe, CPVSMDC, RVÉQ

    Frédéric Krebs, citoyen de Saint-Prosper-de-Champlain

    Jean-Pierre Labbé, citoyen de Saint-Adelphe

    France Laliberté, citoyenne de Sainte-Thècle

    Richard E. Langelier, juriste et sociologue

    Nathalie Lefebvre, citoyenne de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ

    Yves Maurais, citoyen de Saint-Tite

    Louise Morand, membre du RVÉQ

    Lucie Morissette, citoyenne de Saint-Adelphe

    Martine Ouellet, pour Climat Québec

    Mylène Perron, citoyenne de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ

    Claudette Piché, citoyenne de Sainte-Thècle

    Olivier Pouliot, citoyen de Saint-Maurice

    Pierre Pouliot, citoyen de Notre-Dame-de-Mont-Carmel

    Gaston Rivard, citoyen de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ

    Claude Rochon, citoyen de Lac-aux-Sables

    Manon Soulard, citoyenne de Saint-Adelphe

    Alexandre Vaillancourt, citoyen de Saint-Maurice, membre du comité éoliennes St-Luc

    Michèle Verheyden, citoyenne de Lac-aux-Sables

    Références :

    (1) https://fqm.ca/lois-et-obligations-municipales/les-roles-et-responsabilites-des-elus%C2%B7es-et-les-outils-a-leur-disposition/

    (2) https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2024-04-12/production-d-hydrogene-vert/le-projet-de-tes-canada-durement-critique.php

    (3) https://www.ledevoir.com/opinion/idees/807901/idees-developper-production-hybride-reservoirs-hydroquebecois

  • Conférence de Martine Ouellet : « Le détournement de la transition énergétique »

    Conférence de Martine Ouellet : « Le détournement de la transition énergétique »

    4 juin 2024

    Organisé par Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska et Vent d’Élus

    Deuxième d’une série de trois conférences organisées par PCENY et Vent d’élus portant sur la transition énergétique.

    Si vous avez manqué la 1ère conférence de l’IRÉC, c’est par ici :

    À qui profite la privatisation de la filière éolienne ? – Conférence de l’IRÉC – 25 avril 2024

    Cette fois, nous accueillons Martine Ouellet, ingénieure mécanique de formation et détentrice d’un MBA.

    Mme Ouellet a été ministre des Ressources naturelles, députée et cheffe du Bloc québécois. Elle a aussi travaillé à Hydro-Québec pendant près de vingt ans, surtout auprès des grands consommateurs et clients industriels. Martine Ouellet est présentement cheffe de Climat Québec.

    Réf.: https://www.youtube.com/watch?v=L6SsbFe2Ea0

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  • Est-ce que le projet de TES Canada est un bon projet pour notre communauté ?

    Est-ce que le projet de TES Canada est un bon projet pour notre communauté ?

    IMPORTANT

    Par Isabelle Clément et Yvan Bordeleau, conseillers municipaux

    Le projet de TES Canada est un projet complexe qui ne peut pas être réduit à : « est-ce que c’est beau une éolienne ou pas ? »

    Le projet de TES Canada n’est pas un projet comme les autres.

    C’est en effet la première fois au Québec qu’une entreprise privée tente de faire installer des éoliennes en milieu habité sans le faire en partenariat avec sa communauté d’accueil. Un partenariat, comme le mot l’indique, c’est faire des affaires ensemble. C’est connaitre tous les aboutissants et partager les profits.

    Ici, ce n’est pas le cas. Nous sommes plutôt devant une entreprise qui veut amadouer des gens et des municipalités avec des redevances tout en se gardant bien de dévoiler les profits prévus. Les redevances offertes ici sont d’ailleurs largement en-dessous des montants qu’Hydro-Québec offre ailleurs.

    C’est aussi la première fois que de si grandes éoliennes seraient installées au Québec : on parle d’éoliennes de 200 mètres, soit un peu plus que la hauteur de la place Ville-Marie ou plus de trois fois la hauteur de la Place Royale, le plus grand immeuble de Trois-Rivières. Nous n’avons donc aucune idée de l’impact réel de ces éoliennes, car à ce jour, il n’existe pas d’études sur des éoliennes de cette taille. Nous n’avons que la parole de TES Canada qui nous promet que la technologie a évolué et qu’il faut lui faire confiance.

    Mais pourquoi des éoliennes aussi hautes ?

    Parce que nous sommes dans une région qui a été reconnue pour son faible potentiel éolien et qu’il faut donc compenser la faiblesse du vent par des éoliennes plus grandes. Quand on consulte la carte du potentiel éolien publiée sur le site du gouvernement, il est clair que nous n’habitons pas dans une région très venteuse.

    Pourquoi l’entreprise veut-elle construire un parc éolien dans une région habitée qui se distingue pour son manque de potentiel éolien ?

    Changer les lois pour accommoder l’entreprise privée.

    L’entreprise a besoin d’énergie pour faire fonctionner un des plus gros électrolyseurs d’hydrogène au monde. Hydro-Québec a apparemment réservé une tranche de 150 mégawattheures à TES Canada, mais ce n’est pas suffisant pour les projets de l’entreprise.

    Pour répondre à ses besoins, TES Canada s’est dit, pourquoi ne produirions-nous pas nous-mêmes de l’électricité? Les règles actuelles ne permettent pas cela et pour de très bonnes raisons. Tout le monde sait que la nationalisation de l’électricité et la création d’Hydro-Québec ont représenté un moteur essentiel de toute l’économie québécoise depuis le début des années 1960. Or sous le couvert de produire de l’hydrogène « vert » et d’aider à la soi-disant « décarbonation » du Québec, c’est le très lucratif monopole d’Hydro-Québec qui est en train d’être menacé, avec la complicité du gouvernement Legault qui propose de changer la loi. À qui cela profitera-t-il? Pas aux citoyens. Pas à la société québécoise dans son ensemble, mais encore et toujours à des entreprises privées et à des milliardaires.

    Ce projet allume beaucoup de lumières rouges et il est vraiment difficile de les ignorer.

    Il y a eu de nombreux articles publiés par des scientifiques qui ne comprennent pas comment ce projet pourrait être rentable aux prix actuels du marché et sans subventions.

    De plus, une récente étude de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) a démontré que le récent développement de l’éolien a coûté des milliards de dollars aux contribuables et que ce développement est directement responsable de la hausse sur nos comptes d’électricité.

    Il ne faut pas se laisser berner par des mots comme « décarbonation » ou « hydrogène vert ». Ces mots sont destinés à essayer de nous faire avaler ce qui n’est pas acceptable. Ce projet n’est pas « vert ». Il faut savoir qu’en fait la moitié de la production d’hydrogène sera transformé en méthane destiné au réseau d’Énergir et l’autre moitié à une flotte de camions encore inexistante.

    Sous le couvert de l’écologie, des industriels essaient de nous faire accepter un projet qui n’est destiné qu’à les enrichir encore plus. Et vous pouvez être assurés que lorsque des grands industriels s’enrichissent, c’est toujours sur le dos des contribuables.

    Voici un extrait des impacts décrits à la page 27 de l’avis de projet de TES Canada : risque de contamination des sols et de l’eau associée en cas de déversement accidentel lors de la réalisation des travaux de construction; empiétements temporaires et permanents en milieux humides et hydriques; perte localisée de superficies en territoire agricole protégé dans le cadre de l’aménagement du parc éolien; perturbation de la qualité de vie des utilisateurs du territoire lors des travaux attribuables notamment à la circulation, aux poussières, aux vibrations et au bruit de la machinerie; impacts sur les activités récréotouristiques (chasse, villégiature, VTT, motoneige, etc.) …»

    Bonne réflexion et au plaisir de vous rencontrer lors de notre prochain conseil.

    Isabelle Clément et Yvan Bordeleau, conseillers municipaux

    Si vous souhaitez communiquer avec nous, vous pouvez le faire via la page Facebook de « Isabelle Clément, conseillère municipale Hérouxville ».

     *Veuillez noter que cette lettre est le reflet de notre opinion personnelle et n’engage que nous. Nous ne parlons ni au nom du conseil ni au nom de nos collègues.

    Cette publication n’a pas non plus été payée par la municipalité.

  • Entrevue avec Pierre-Olivier Pineau : Projet de loi sur l’énergie

    Entrevue avec Pierre-Olivier Pineau : Projet de loi sur l’énergie

    30 mai 2024

    Rattrapage du 6 juin 2024

    Entrevue de Matthieur Dugal avec Pierre-Olivier Pineau : Projet de loi sur l’énergie

    Écouter le segment débutant à 8 h 16

    Réf.: https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/tout-un-matin/episodes/738201/rattrapage-jeudi-6-juin-2024


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  • La stratégie éolienne d’Hydro-Québec. Avec Jean-Pierre Finet

    La stratégie éolienne d’Hydro-Québec. Avec Jean-Pierre Finet

    30 mai 2024

    Rattrapage du 30 mai 2024

    Entrevue de Alec Castonguay avec M. Jean-Pierre Finet.

    Écouter le segment débutant à 12 h 10

    Réf.: https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/midi-info/episodes/790865/rattrapage-jeudi-30-mai-2024


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  • Projet Mauricie: comment peut-on se faire entendre de nos élus?

    Projet Mauricie: comment peut-on se faire entendre de nos élus?

    Pierre Germain

    Une pétition signée par plus de 900 personnes à Sainte-Thècle est-elle suffisante pour trouver une oreille attentive auprès de nos élus municipaux?

    Enfin un peu de transparence à la réunion mensuelle de la MRC de Mékinac qui est démontrée par la nouvelle préfète, Caroline Clément. Tout en limitant le droit de parole des citoyens en indiquant que certains sujets étaient proscrits pour la période des questions, elle a indiqué très clairement que les dix maires qui siègent au conseil de la MRC avaient décidé de faire front commun en adoptant une neutralité en ce qui concerne le dossier des éoliennes. Même si ce n’est pas avoué publiquement, il est facile de constater le même engagement pour les élus municipaux.

    Pourquoi un front commun et une neutralité pour un tel projet?

    Le Projet Mauricie de TES Canada pourrait avoir une incidence telle sur la région qu’il ne peut être de la seule responsabilité des dix maires en fonction. Ceux-ci seront appelés à voter pour un règlement qui encadrera l’implantation des éoliennes dans la MRC de Mékinac.

    Puisqu’aucun élu n’a reçu un mandat pour la gestion et l’encadrement d’un tel projet, n’aurait-il pas été judicieux de suivre un processus rigoureux d’information de la population par des experts indépendants? Face à cette absence d’information pilotée pas nos élus, les citoyens se sont organisés pour collecter l’information pertinente auprès d’experts indépendants, d’universitaires et de citoyens ayant une expérience concrète sur le sujet.

    Bien sûr que la population est inquiète, très inquiète. Ce qui peut mener à des débordements émotifs. Toutefois, plusieurs citoyens ont la tête froide, sont articulés, respectueux, mais ils se voient refuser l’accès à leurs élus, ce qui ne peut qu’envenimer le climat. Quand les gens sont inquiets, la meilleure façon d’empirer la situation est d’agir comme les élus le font.

    Depuis plusieurs mois maintenant, des citoyens détenant une expertise diversifiée, demandent et offrent une saine collaboration avec les élus. Des citoyens ont déposé trois projets de règlement de contrôle intérimaire (RCI) auprès de la MRC, démontrant clairement leur volonté de collaborer avec les élus afin de trouver la bonne réglementation spécifique à notre région. Une telle approche a déjà été réalisé par d’autres régions.

    De plus, à la dernière réunion du conseil de la MRC de Mékinac, une pétition contre le Projet Mauricie contenant 900 signatures (sur 2241 électeurs) de citoyens de Sainte-Thècle, enfants et amis des résidents et personnes intéressées à la municipalité a été déposée. La collecte de signatures se poursuivra encore quelques semaines, soit auprès des personnes absentes lors de notre passage ou avec l’arrivée des villégiateurs. Nous pouvons affirmer que la très grande majorité des gens contactés ont signé la pétition pour manifester leur opposition à l’implantation d’éoliennes privées et gigantesques sur leur territoire.

    Est-ce que ces actions justifient de maintenir un front commun de neutralité ou bien elles démontrent une grande ouverture à la collaboration afin d’éviter qu’une décision hâtive aux conséquences irréversibles ne soit prise à l’encontre de la volonté des citoyens.

    La volonté exprimée par les citoyens respecte l’encadrement disponible, que ce soit notamment les orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT), le principe de précaution de la Loi sur le développement durable ou la protection des terres agricoles édictée dans la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles.

    À défaut de procéder à une consultation exhaustive de la population par un référendum, il est essentiel que le conseil de la MRC respecte les principes de prudence et de précaution en adoptant un RCI plus contraignant afin d’éviter les conséquences néfastes pour la santé des citoyens, des animaux de ferme et de la faune, tout en protégeant adéquatement les terres agricoles.

    Est-ce que les maires qui auront à décider pour le RCI vont se donner les moyens de connaître la volonté de la majorité de leurs concitoyens au regard de ce projet?

    Est-ce que notre maire va entendre l’opinion de la majorité de ses concitoyens?

    Ou bien, est-ce que la neutralité permettra l’adoption d’un RCI permissif à l’avantage du promoteur pour lequel nous, les citoyens, aurons à subir les conséquences irréversibles en se disant: j’aurais donc dû…

    Pierre GermainSainte-Thècle

    La lettre a paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/05/25/projet-mauricie-comment-peut-on-se-faire-entendre-de-nos-elus-2FGTYI7RDZAXJFOPLNUCDEJE3I/

  • Malartic

    Malartic

    24 mai 2024

    Dix ans après l’ouverture de l’énorme mine d’or à ciel ouvert de Malartic, le miracle économique attendu n’est plus que mirage. Constatant l’écart criant entre le déclin de la ville et la richesse de la compagnie minière, le réalisateur Nicolas Paquet révèle les rouages d’un système décisionnel opaque où la population citoyenne n’a pas voix au chapitre. Entre étude anthropologique et enquête au cœur du pouvoir, Malartic pose la question universelle de la gestion démocratique du territoire.

    Durée: 1h28

    Réf.: Malartic


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  • Un nouveau concept: l’acceptabilité sociale, mais sans consulter la population

    Un nouveau concept: l’acceptabilité sociale, mais sans consulter la population

    Gaston Rivard

    Le référendum est l’outil par excellence dont use la démocratie pour sonder la population lorsqu’une question d’intérêt public ne fait pas consensus. Plus les conséquences de l’objet du vote sont grandes, plus le recours au référendum s’avère nécessaire pour véritablement connaître le choix de la population. On détermine ainsi si la population a conscience de ces conséquences et si elle est prête à y faire face.

    Ce ne sont pas les enjeux climatiques dont l’urgence et l’importance ne peuvent être niées, et sont donc reconnus par tous, qui font problème. Non, ce qu’il faut incriminer c’est la vision apocalyptique du changement climatique dont use le politique pour valider l’empressement avec lequel il cherche à accomplir, sans concertation et sans mandat, une transition énergétique mal planifiée, sacrifiant sa population sur l’autel de l’industrialisation. Voilà pourquoi tout est mis en œuvre pour brouiller le débat et refuser le recours au vote. Seul un référendum serait capable de définir le mandat réel de nos élus face au projet de TES Canada.

    Contrairement à ce que prétend TES Canada, il est loin «d’améliorer le projet en collaboration avec la population». Il serait plus honnête de sa part de dire que la complicité tacite et silencieuse de la majorité de nos élus est un terreau favorable à l’acceptation de son projet tel qu’il l’a conçu au départ. Quelles sont les différences marquantes entre sa présentation du projet en novembre dernier et celle d’aujourd’hui? Rien. Ou si peu. Il a augmenté de 225 mètres la distance séparatrice entre une éolienne et une résidence, la faisant passer de 500 à 725 mètres. Mais il faut beaucoup plus pour éliminer tous les désagréments. Ce 725 mètres, TES Canada l’annonce parce que la surface qu’il a acquise lui permet de le faire, aucunement parce qu’il a écouté la population qui exige beaucoup plus que cela. Il a la générosité de l’opulence. Si nous osions faire une prédiction, nous soutiendrions que 725 mètres comme distance séparatrice entre l’éolienne et une maison sera la norme du futur RCI dans Mékinac.

    Mais revenons au vote. Il semblerait que plusieurs, bien qu’ils admettent le principe démocratique de notre société, craignent que l’usage du vote, dans certain cas, ne le soit plus. Ils craignent que le résultat du vote ne soit plus, en réalité, conforme à l’opinion publique. Curieusement, cette crainte est variable: selon eux elle ne concerne que certains sujets particuliers. Il apparaîtrait que le projet de TES Canada, avec son parc éolien de 130 éoliennes industrielles d’approximativement 220 mètres, couvrant deux MRC, entre justement dans cette catégorie. La majorité silencieuse serait, selon leurs dires, non seulement silencieuse mais favorable à ce projet. L’usage du référendum dans ce cas précis nous donnerait donc une fausse image de ce que la population désire réellement.

    Pourquoi? Toujours selon eux, deux raisons majeures sont évoquées : les opposants au projet, pas vraiment nombreux mais très militants, pas très bien informés mais verbeux, plutôt émotifs donc irrationnels, voteront massivement, alors que ceux qui sont pour, des gens paisibles, raisonnables, informés, bien intentionnés, conscients des bienfaits de la transition énergétique, de l’urgence de la décarbonation et de la menace écologique, ne se déplaceront pas pour aller voter.

    Il est tout de même curieux que la deuxième catégorie, si vertueuse, soit la moins encline à voter. Ce paradoxe ne semble pas ébranler les partisans de cette théorie. Si on avait appliqué le même raisonnement pour la nomination de nos élus lors des dernières élections, il faudrait en conclure que les élus actuels furent en réalité nommés par des militants actifs mais qu’en réalité la majorité silencieuse ne voulait pas d’eux.

    Ce raisonnement est fallacieux. Les opposants ne sont pas mal informés, bien au contraire. L’illustration candide faite par TES Canada de son projet laisse dans l’ombre une réalité beaucoup plus complexe. Le vert dont il se drape, les impacts incontestables de l’érection de son parc d’éoliennes industrielles qu’il qualifie perfidement de mythes, la décarbonation dont il se targue, toutes ces ruses verbales ne résistent pas aux critiques émanant de spécialistes éminents et indépendants, voire de certaines études gouvernementales. Ce sont ces oripeaux, avec son faux éclat, que l’esprit critique de la majorité des opposants s’évertue à montrer que, si à distance ils brillent comme l’or, de près on découvre le vil métal. Un métal qui, si l’on n’y prend garde, est corrosif. Malheureusement, il semble y avoir beaucoup de clients pour cette camelote parmi nos élus.

    Combien de témoignages de victimes de parcs éoliens mal planifiés, par une absence flagrante de considération pour la population et un attrait de l’argent offert par les promoteurs, sont nécessaires pour qu’une chose aussi rudimentaire que le principe de précaution soit appliqué?

    Certes, il y a de la crainte, chez les opposants, mais comment pourrait-il en être autrement devant tant de malversations? Lorsqu’on nous cache le réel, il est légitime de s’attendre au pire.

    La vérité est que la nature et l’ampleur de ce projet débordent amplement le mandat accordé aux élus municipaux. Même parmi ces derniers, plusieurs l’admettent. Aussi intercèdent-ils auprès des différents ministères pour une aide qui tarde à venir. Dans ce cas, refuser à la population la possibilité de se prononcer par référendum sur ce projet relève de l’abus de pouvoir.

    Gaston Rivard

    Saint-Adelphe

    Cette lettre est paru dans le Nouvelliste : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/05/19/un-nouveau-concept-lacceptabilite-sociale-mais-sans-consulter-la-population-7H6BX6ELTBH6FKTJHEATDNDM6I/

  • Implantation d’éoliennes par TES Canada: un projet farfelu

    Implantation d’éoliennes par TES Canada: un projet farfelu

    Lina De Rossi

    Depuis plusieurs mois, des irréductibles de chaque village suivent avec intérêt tous les débats, les réunions et les conseils entourant le projet d’implantation d’éoliennes par TES Canada en Mauricie.

    Au conseil des maires de la MRC des Chenaux, nous apprenions, mercredi, que nous devions nous y faire : des éoliennes seront implantées que nous le voulions ou non, en arguant de la primauté du bien commun. Mais de quel bien commun s’agit-il? D’un côté, le promoteur parle de 180 signataires favorables (ce dont nous doutons puisque nous avons fait du porte-à-porte pour les pétitions et des agriculteurs nous arrachaient la feuille des mains pour s’opposer plus vite) contre environ 22 000 personnes au total. Ça fait moins de 1% de la population.

    Quelqu’un s’est-il déjà interrogé à propos du fait que l’Europe perde peu à peu ses terres agricoles et ses territoires de pêche au profit de panneaux solaires et d’éoliennes suite au démantèlement d’un gazoduc? Des promoteurs de même acabit visent également nos terres agricoles alors qu’il ne nous en reste que 2%. Pourquoi? À qui profite le fait qu’il ne nous reste plus d’endroits pour l’agriculture en Europe, au Québec et ailleurs? Quel pays aurait avantage à fournir la planète en denrées quand nous n’aurons plus rien à manger?

    Réfléchissons-y ensemble et stoppons la machine infernale.

    Lina De Rossi

    Saint-Stanislas

    Cette lettre est paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/05/18/implantation-deoliennes-par-tes-canada-un-projet-farfelu-LSTGWE4QVNF2XBFML2GEQOZITA/

  • TES Canada: les différents visages de l’intimidation

    TES Canada: les différents visages de l’intimidation

    9 mai 2024

    La CAQ et TES Canada vont récompenser financièrement les 130 personnes prêtes à sacrifier leur collectivité pour de l’argent en regard d’un projet qui risque fort d’affecter de façon négative la qualité de vie des 30 000 habitants des MRC Mékinac et Des Chenaux. C’est ça, le «oui» que TES Canada et la CAQ ont choisi d’interpréter comme un consentement. (Andrew Gustar/Université Laval)

    Le projet de TES Canada a été annoncé en grande pompe au mois de novembre 2023. Ce mégaprojet suscite beaucoup d’inquiétude au sein de la population. Cette inquiétude est plutôt normale lorsqu’on parle d’un projet qui prévoit laisser une empreinte gigantesque et indélébile sur un vaste territoire et dont les retombées présentées comme positives ne sont que des concepts abstraits et mal définis comme «décarbonation» et «transition énergétique». Depuis l’annonce, le promoteur et les différents paliers de gouvernement favorables au projet cherchent à discréditer toute inquiétude en assimilant d’abord le fait de poser des questions à une opposition au projet, et ensuite en qualifiant cette opposition comme mal informée et non représentative.

    Six mois plus tard, la très grande majorité des questions soulevées par ce mégaprojet restent sans réponse, mais on apprend que le promoteur continue d’avancer à vitesse grand V sur le terrain en faisant signer des contrats avant que le contexte régulatoire n’ait pu être établi.

    De leur côté, Hydro-Québec et le gouvernement de la CAQ ne semblent pas du tout intéressés à écouter la population touchée par le projet.

    Bref, tout se déroule comme si le projet de TES Canada est un fait accompli même si personne n’a encore été en mesure de définir ce qu’est l’acceptabilité sociale pourtant décrite comme «essentielle au projet».

    À toutes les demandes de clarification, les conseils municipaux, les MRC, le gouvernement et le promoteur opposent tantôt silence tantôt condescendance. Comment peut-on d’un même souffle reprocher aux personnes qui ne sont pas favorables au projet d’être en colère? Cette condescendance et ce mépris de la part des pouvoirs publics et privés ne sont-ils pas justement une forme de violence?

    En réalité, en l’absence de définition claire, il faut conclure que cette fameuse «acceptabilité sociale», c’est de la poudre aux yeux, c’est-à-dire une astuce marketing. On peut s’en convaincre quand on entend des arguments ridicules comme ceux du ministre Fitzgibbon qui a récemment parlé de «projet magique» dans une intervention publique d’une partialité honteuse.

    Or il faut que cette vaste entreprise de marketing cesse et qu’on écoute réellement les populations touchées par le projet au lieu de simplement vouloir passer leurs inquiétudes au rouleau compresseur.

    Au lieu de parler d’acceptabilité sociale, on devrait plutôt parler de consentement explicite et éclairé de la population. Et contrairement à la nébuleuse acceptabilité sociale, le consentement explicite et éclairé de la population est un concept facile à définir et ultimement, à mesurer. Mais pour que ce consentement soit possible, il faudrait d’abord qu’on écoute la population et qu’on réponde sincèrement à ses inquiétudes. Comme en matière de sexualité, le consentement, ce n’est pas simplement l’absence de refus clair. Le consentement, c’est un processus continu d’un «oui» enthousiaste et réaffirmé jusqu’à ce qu’un doute survienne. C’est ce qu’on devrait viser si on voulait faire du projet de TES Canada un véritable projet phare.

    En ce moment, le gouvernement de la CAQ et TES Canada sont dans la position de l’agresseur et la population de Mékinac et Des Chenaux, dans celle de la victime bousculée et dont la voix n’est pas entendue.

    D’ailleurs, les seules voix ayant fait entendre un «oui» clair au projet dans les rangs de la population proviennent toutes de personnes voulant signer un contrat avec TES Canada, c’est-à-dire de personnes prêtes à ignorer les inconvénients possibles pour leurs voisins et concitoyens en échange d’argent.

    Ainsi, la CAQ et TES Canada vont récompenser financièrement les 130 personnes prêtes à sacrifier leur collectivité pour de l’argent en regard d’un projet qui risque fort d’affecter de façon négative la qualité de vie des 30 000 habitants des MRC Mékinac et Des Chenaux. C’est ça, le «oui» que TES Canada et la CAQ ont choisi d’interpréter comme un consentement.

    Ce projet est mené comme une véritable agression.

    Et le comble, c’est que dans un exercice cynique de détournement cognitif (ou gaslighting), on qualifie les «opposants» au projet comme des intimidateurs. Balayant du revers de la main le fait que poser des questions ne signifie pas nécessairement une farouche opposition, il suffit qu’une personne autodéclarée comme opposante au projet dérape pour que toutes les personnes qui ne sont pas favorables au projet soient qualifiées de violentes ou d’intimidatrices. Or si une personne favorable au projet connaissait une telle dérive, est-ce qu’on demanderait au promoteur ou au gouvernement d’en répondre? On transforme la victime en agresseur. C’est le monde à l’envers.

    Pour s’en convaincre, il faut identifier qui a le pouvoir dans cette affaire. Or ce pouvoir est de façon évidente et disproportionnée dans les mains du gouvernement et dans celles du riche promoteur. Et dans une situation où le pouvoir est disproportionné, l’intimidation ne peut provenir que du côté qui détient le pouvoir. Toujours.

    Il faut mettre fin à cette intimidation du promoteur et du gouvernement et continuer à demander ce que la population exige depuis le début, c’est-à-dire une discussion claire et honnête à propos du projet. Il faut offrir des moyens à la population de donner son consentement. Il faut également que le gouvernement et le promoteur favorisent cette approche qui serait la marque d’un véritable processus démocratique.

    Cosignataires :

    Dany Janvier, Contre la privatisation du vent et du soleil dans Mékinac Des Chenaux (RVEQ);

    Isabelle Clément, conseillère Hérouxville;

    Yvan Bordeleau, conseiller Hérouxville;

    Chloé Germain-Thérien, conseillère Saint-Stanislas;

    Roman Pokorski, conseiller Saint-Adelphe;

    Gaston Rivard, Vent de démocratie (RVEQ), Saint-Adelphe;

    Jean Guibert, Saint-Maurice (RVEQ);

    René Beaudoin, Sainte-Geneviève-de-Batiscan;

    Denis Champoux, Saint-Adelphe;

    Claudette Piché, Sainte-Thècle;

    Nathalie Lefebvre, Saint-Adelphe;

    France Laliberté, Sainte-Thècle;

    Chantale Desaulniers, Saint-Tite;

    Yves Maurais, Saint-Tite;

    Marie Dessuro, Sainte-Thècle;

    Louise Dumas, Sainte-Thècle;

    Jean-Claude Cyr, Sainte-Thècle;

    Dany Brouillette, Sainte-Geneviève-de-Batiscan;

    Josée Tremblay, Trois-Rivières;

    Nancy Gingras, Saint-Adelphe;

    Karine Brouillette, Saint-Prosper;

    Eric Noël, Saint-Prosper;

    Yves Maurice, Sainte-Geneviève-de-Batiscan;

    Louise Côté, Sainte-Geneviève-de-Batiscan;

    Gilles Lalonde, Sainte-Thècle;

    Françoise Dufresne, Sainte-Thècle;

    Richard Legault, Sainte-Thècle;

    Jean Hémond, Québec.

    Cette lettre est parue également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/point-de-vue/2024/05/09/tes-canada-les-differents-visages-de-lintimidation-XLR5ML44FFD7JH34YL6UBHZKFE/

  • Réflexion citoyenne sur le mégaprojet de TES Canada

    Réflexion citoyenne sur le mégaprojet de TES Canada

    France Laliberté

    Je suis assise dans mon milieu de vie, dans ma ruralité. J’ai besoin d’espace, d’horizon, car je suis déconcertée. Réunion du conseil municipal de Sainte-Thècle ce lundi: la question de l’implantation éventuelle du projet TES Canada est, bien sûr, le gros dossier, du moins pour les citoyens. Pourtant il est apparu dans le varia pour la première fois. Auparavant, il apparaissait seulement lors de la période de questions. Cela en dit long.


    Pourtant, la majorité des citoyens sont contre ce projet. C’est connu de tous et nous l’avons mentionné à maintes reprises. Je peux l’affirmer, car je fais partie des citoyens qui font du porte-à-porte à Sainte-Thècle pour présenter une pétition contre l’implantation de TES et une majorité écrasante signe le document.

    Pourtant, je ne sens pas d’écoute franche, je n’ai pas de réponses claires. Nous ne connaissons pas l’orientation de notre conseil à ce sujet.

    N’est-ce pas une représentation de notre refus sans équivoque que le conseil devrait adopter? N’est-ce pas ça la démocratie?

    Je comprends très bien la pression qu’ils ou elles doivent subir, mais si nous travaillons ensemble sous les principes de la démocratie, cela pourrait être allégé.

    Du côté des déclarations de Pierre Fitzgibbon, à la suite d’une demande de soutien faite par les élus, disons qu’elles n’aident en rien puisqu’il n’y a eu en fait aucun soutien.

    Je me sens flouée par un projet démesuré qui m’agresse, qui agresse la ruralité dans son ensemble, et cela au-delà de TES Canada, par des projets qui se multiplient et que l’on nous enfonce dans la gorge à la grandeur du Québec, sans acceptabilité sociale…

    La fameuse acceptabilité sociale que TES avait promise sans quoi le projet ne verrait pas le jour.

    Je ne reviendrai pas sur tous les enjeux économiques, environnementaux, scientifiques‚ de porte ouverte à la privatisation, qui ont été maintes fois abordés et qui invalident majoritairement ce projet d’industrialisation de nos MRC par TES.

    Pourquoi pillerions-nous ce qui reste de beauté, de paysages magnifiques? Sainte-Thècle est un joyau de nature à potentiel hautement récréotouristique. N’avons-nous pas besoin de refuge pour connecter avec la beauté, en ces temps difficiles planétaires?

    Nous ne voulons pas d’éoliennes industrielles plus hautes que le stade olympique près des résidences, il me semble que le message est clair!

    Allons-nous vendre nos territoires, qui contribuent eux-mêmes très peu à la pollution, et renoncer au bien-être de la population? Sans oublier la faune qui encore une fois sera molestée et bafouée, tout ça pour les intérêts de multimilliardaires?

    Les impacts (santé, faune, nuisances sonores, environnement, paysages) sont mal documentés, mais très bien décrits par les gens qui les subissent à travers le monde.

    Nous nous devons d’appliquer le principe de précaution!

    Oui à la transition énergétique mais une transition faite avec cœur et discernement, en respect de notre environnement, et des humains qui y habitent.

    Ces gros projets devraient être faits en milieu non habité, par Hydro-Québec. Il me semble que ce n’est pas difficile à comprendre. Si cela coûte trop cher, alors c’est peut-être tout simplement trop…

    Il existe des solutions alternatives à échelle humaine pour la décarbonation, ce que TES n’a pas démontré jusqu’à présent. Les experts en ont une foule à proposer. Les gouvernements et la population doivent suivre.

    Des éoliennes industrielles ne pourront jamais remplacer la beauté intacte d’une région. Un paquet de dollars pour quelques individus n’apportera pas la paix, mais plutôt la division à jamais.

    En attendant, je regarde le ciel et les nuages. J’entends le silence et les oiseaux.

    N’oublions pas que la devise de la municipalité de Sainte-Thècle est: «Passe en semant le bien».

    France Laliberté, Sainte-Thècle

    Cette lettre est paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/05/09/reflexion-citoyenne-sur-le-megaprojet-de-tes-canada-R4JSVACLINAOZBC34UZS7R54JM/

  • Analyse énergétique du projet du TESCanada

    Analyse énergétique du projet du TESCanada


    TES annonce qu’il utilisera 60 % de sa production d’hydrogène pour produire un gaz renouvelable destiné à alimenter le réseau d’Énergir, et 40% destiné au camionnage lourd. Il prétend qu’ainsi il participe à la décarbonation.

    Aux pages 13 et 14 du présent document, on retrouve un scénario illustrant l’énorme différence d’efficacité entre l’objectif avoué du projet de TES Canada et ce que serait une utilisation maximale de l’électricité produite.

    Ce scénario compare, pour le chauffage d’une maison (eau domestique et espace), l’efficacité de l’utilisation du e-gaz produit à partir de l’hydrogène, celle d’une plinthe électrique et celle d’une pompe à chaleur.

    Scénario utilisant 60% de l’hydrogène

    Moyen de chauffageNombre de maisons
    e-gaz~34 555
    plinthe électrique~126 888
    pompe à chaleur air-air électrique~380 666

    Le e-gaz chauffe approximativement 34 555 maisons, contre 380 666 pour une pompe à chaleur air-air électrique, soit 11 fois plus de maisons.

    Puisque rien, jusqu’à maintenant, ne semble confirmer que le 40 % d’hydrogène restant sera effectivement utilisé pour la décarbonation du camionnage lourd, il est légitime de penser que le rendement de ce 40 % d’hydrogène ne sera pas maximisé. S’il advenait que son taux de rendement ne soit pas supérieur à celui du 60 % déjà consacré au e-gaz, on atteindrait alors un écart de rendement beaucoup plus élevé. Si l’on refait le calcul précédent en supposant que ce 40 % d’hydrogène est utilisé au même taux d’efficience que pour le e-gaz, nous obtenons les résultats suivants :

    Scénario utilisant 100% de l’hydrogène

    Moyen de chauffageNombre de maisons
    e-gaz~40 000
    plinthe électrique~222 200
    pompe à chaleur air-air électrique~666 000

    On chauffe donc 626 000 maisons de plus avec une pompe à chaleur qu’avec le e-gaz.




    Peu importe, parmi ces deux scénarios, celui qui sera retenu par TES Canada, peut-on sérieusement prétendre participer à la décarbonation lorsque, dans les deux cas, on aboutit à une différence de rendement de plus de 90 % ?

    Dans le contexte de la décarbonation, il est nécessaire d’évaluer l’efficacité énergétique des moyens mis en œuvre pour l’atteindre. Quelle est la meilleure utilisation de l’électricité produite pour atteindre notre objectif de décarbonation? Voilà la question. Si on ne peut démontrer que la réponse donnée est la meilleure, il faut cesser d’utiliser ce prétexte car il revient à mentir, pire à user de billevesées[1] pour masquer de l’écoblanchiment


    [1] Billevesées : des balivernes, des sornettes ou des idées chimériques. Littéralement ce terme signifie « paroles gonflées de vent ». Il est particulièrement adéquat dans le contexte de parc éolien de TES Canada


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    L’hydrogène n’est pas la réponse : 0,7 à 1,5 milliard de tonnes de CO2 en feraient une responsabilité climatique – CleanTechnica

    Réf. : Version originale sur : cleantechnica.com Michael Barnard Traduit par Google Version originale L’hydrogène n’est pas la réponse…
  • Pour une politique énergétique claire au-delà des dollars et des mégawatts

    Pour une politique énergétique claire au-delà des dollars et des mégawatts

    Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie

    Le 29 avril dernier, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, publiait une lettre1 vantant les mérites du projet de production d’hydrogène vert de TES Canada à Shawinigan. Il souhaitait « recadrer le débat » et applaudissait « les initiatives privées ». Car c’est dans un contexte de fortes tensions sociales associées au projet de TES Canada que M. Fitzgibbon tente de reprendre le contrôle d’une situation qui dérape.

    Anne-Céline Guyon Nature Québec

    Patricia Clermont Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME), et dix cosignataires*

    Nous déplorons qu’en l’absence d’une politique énergétique claire issue d’un débat public, des projets comme celui de TES Canada soient présentés à la pièce par le gouvernement, sans examen ni débat publics d’ensemble. À cause de cela, ce sont dans les communautés que se jouent ces débats clivants, dans la confusion, de manière peu structurée, au détriment du tissu social, et avec des élus laissés à eux-mêmes2.

    Nous ne pouvons non plus garder le silence face aux propos de M. Fitzgibbon, qui relèvent davantage de la défense d’intérêts privés dignes d’une époque révolue que d’une réflexion bien ancrée dans le réel à propos d’une transition énergétique respectueuse de la population et de l’environnement.

    D’autant plus que le ministre prétend que les analyses faites par des universitaires ne sont aucunement valides, et que seules les réponses de la compagnie TES Canada devraient être écoutées.

    Car faire fi de la science est une ineptie. Regardons pourquoi.

    D’emblée, M. Fitzgibbon défend un projet qui fait pourtant fi d’un consensus établi : la production d’hydrogène vert coûte de 5 à 30 fois plus cher3 que le gaz naturel et entraîne des pertes d’énergie importantes. Dans le cas de la production de gaz synthétique fabriqué à partir de l’hydrogène, le sort réservé aux deux tiers de la production de TES, les pertes sont encore plus importantes : de 57 % à 73 %3.

    C’est pourquoi il faut réserver l’hydrogène et le gaz synthétique pour des usages qui sont difficilement électrifiables, surtout dans l’industrie lourde. Or, il est prévu d’injecter le gaz synthétique produit par TES directement dans le réseau d’Énergir. Ce ne seraient donc pas seulement ces industries lourdes qui consommeraient ce gaz, ce serait l’ensemble des consommateurs d’Énergir, incluant les ménages, les commerces et les institutions. Pour chauffer des bâtiments ou cuisiner avec ce gaz hautement inefficace, il faudrait compter sur une quantité d’énergie renouvelable beaucoup plus grande que ce qui est requis par une électrification directe – cela relève clairement des fausses solutions.

    De plus, l’injection de ce gaz de « sources renouvelables » dans le réseau semble plutôt servir à justifier le prolongement de la vie des gazoducs qui, selon les objectifs gouvernementaux, distribueront encore 90 % de gaz fossile en 2030.

    Enfin, l’usage de l’hydrogène dans le transport lourd est également remis en question par plusieurs experts, puisque là aussi, une électrification directe est beaucoup plus efficace. Le projet de TES n’est donc pas une « contribution essentielle à l’atteinte de nos cibles de décarbonation », comme nous le promet M. Fitzgibbon. Il existe de meilleures solutions.

    Ajouter l’insulte à l’injure

    Par ailleurs, M. Fitzgibbon affirme qu’aucun financement du gouvernement du Québec n’est prévu, mais il admet du même souffle que des crédits d’impôt du gouvernement fédéral pourront être utilisés. Les coûts de production de l’hydrogène vert et du gaz de synthèse rendront pourtant ces carburants très peu compétitifs4 ; d’importants fonds publics devront inévitablement être injectés pour soutenir le modèle d’affaires ou la consommation de ces produits. Mais ce serait là ajouter l’insulte à l’injure que d’utiliser autant de fonds publics pour soutenir des solutions privées inefficaces.

    Finalement, M. Fitzgibbon continue de remettre en question la capacité d’Hydro-Québec à relever les défis actuels en prétextant des marges de manœuvre actuellement faibles, alors qu’​​Hydro-Québec affirme ne pas avoir assez de capacités pour à la fois chauffer le secteur résidentiel et décarboner complètement les institutions (cégeps, écoles, hôpitaux). Pourtant, notre histoire a démontré qu’avec une volonté politique clairement affichée, Hydro-Québec est capable de mener à bien des projets d’envergure.

    Surtout, le projet de TES Canada n’est pas en complémentarité avec le secteur public, il s’insère plutôt dans un démantèlement en règle de notre pouvoir d’agir collectif au profit d’intérêts privés.

    Ce processus nous apparaît comme étant amorcé avec l’abandon du laboratoire d’essais haute tension5 d’Hydro-Québec au profit d’Hitachi et le retrait du marché de la recharge électrique des voitures6 au profit des stations d’essence.

    Ce dont nous avons collectivement besoin, pour faire face au défi de sortir véritablement notre société des énergies fossiles, c’est d’une planification claire qui dépasse la lunette étroite des mégawatts et des dollars. Quels sont les usages à prioriser pour notre précieuse énergie ? Quelles sont les contributions des différentes filières énergétiques à la décarbonation ? Quels sont les culs-de-sac à éviter ?

    Nous appelons les Québécois et les Québécoises à ne pas laisser l’enthousiasme des gens d’affaires détourner ainsi le nécessaire débat collectif concernant la transition énergétique pour favoriser leurs propres intérêts au détriment du bien commun. L’avenir énergétique est l’affaire de tout le monde !

    * Cosignataires : Émilie Laurin-Dansereau, ACEF du Nord de Montréal ; Bruno Detuncq, Regroupement vigilance énergie Québec (RVEQ) ; Shirley Barnea, Pour le futur Montréal ; Dany Janvier, Contre la privatisation du vent et du soleil dans Mékinac Des Chenaux (RVEQ) ; Jean-Pierre Finet, Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEE) ; Patrick Bonin, Greenpeace Canada ; Mélanie Busby, Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville (MEAC) ; Ève Duhaime, TerraVie ; André Bélanger, Fondation Rivières ; Jean-Philippe Waaub, Collectif des scientifiques sur les enjeux énergétiques

    Cette lettre est paru également ici : https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2024-05-06/tes-canada/pour-une-politique-energetique-claire-au-dela-des-dollars-et-des-megawatts.php?utm_campaign=internal+share&utm_content=twitter&utm_medium=referral&utm_source=lpp&redirectedFrom=https%253A%252F%252Fplus.lapresse.ca%252Fscreens%252Ff2be8d1e-fc3d-4991-8ebd-1c39492f4b27__7C___0.html%253Futm_campaign%253Dinternal%252520share%2526utm_content%253Dtwitter%2526utm_medium%253Dreferral%2526utm_source%253Dlpp