Auteur/autrice : Gaston

  • Un vent d’inquiétudes…

    Un vent d’inquiétudes…

    Pierre Pouliot

    J’ai demandé officiellement, le 11 avril dernier, une étude auprès de l’INSPQ sur les conséquences des bruits audibles et inaudibles des nouvelles éoliennes de grandes envergure, hauteur et puissance installées à proximité des résidences permanentes et des milieux de vie. Quelques échanges et ma demande sera finalement transférée, le 9 mai, auprès du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, plus spécifiquement à Mme Maude-Amie Tremblay pour l’équipe de santé environnementale. Aucune collaboration ou suivi à ma demande…

    Est-on dans l’impossibilité au Québec de mener une telle étude sur la définition de nouvelles distances respectables et logiques compte tenu des attributs de ces éoliennes de nouvelle génération? Dans le contexte du développement rapide actuel et futur, de la multitude de projets éoliens annoncés dont plusieurs en développement présent mais dont chacun n’ayant encore aucune machine en service, quels pourraient être les raisons pour ne pas accepter de tenir une telle étude? Une demande semblable pourrait-elle être bloquée par nos gouvernements sous la pression de tous ces lobbyistes et partenaires profiteurs de ces projets?

    Nous devons de plus tenir compte du rapprochement de ces parcs éoliens des milieux de vie et appréhendé dans le futur par l’encadrement du projet de loi 69 qui facilite l’accessibilité directe de ces industries productrices d’énergies vers une clientèle de proximité directe.

    Comment des instances régionales et provinciales supposément renommées en santé et bien-être des citoyens peuvent-elles conclure et s’en tenir à de vieilles recensions d’études sur des dangers potentiels sur l’être humain alors que la première recherche en googlant «Infrasons Québec», nous amène à une revue documentaire très récente et complètement indépendante dont la conclusion des plus grandes instances mondiales convergent également pour dire que des études et des recherches supplémentaires doivent être entreprises.

    Aucune volonté politique pour freiner ces développements anarchiques alors qu’à la grandeur de la province, l’un des commentaires qui revient le plus souvent est celui attribuable à la proximité de ces machines du milieu humain au niveau des dangers potentiels alors que certains parlent plutôt de dérangements et nuisances. Il faut remettre en question de façon absolue le contexte des études réalisées il y a une décennie et plus qui ne représentent plus d’aucune façon les caractéristiques modernes; tout reste à modéliser à nouveau. Ne serait-ce que de parler du bruit émanant… «On peut toutefois prévoir que plus une éolienne sera grosse, plus on l’entendra de loin. Plus elle est grosse, plus le 45 décibels va être atteint un peu plus loin. Ça peut être un enjeu si des municipalités réfléchissent par rapport à des éoliennes de 1 MW d’il y a quelques années alors que maintenant, ce sont des 7 à 10 MW que les promoteurs sont en train d’imaginer. La distance ne sera peut-être pas appropriée», prévient Mathieu Gauthier de l’INSPQ (La Tribune 21 Mai 2024).

    Qu’arrive-t-il au Québec pour que nos directions sanitaires ne puissent prendre aucune initiative de vérifications sommaires de dangerosité potentielle pour le démarrage des premières mises en service?

    Oui, nos instances vont sans doute recueillir les commentaires des promoteurs de ces projets privés qui disent nous assurer divers suivis… Bien que chacune des éoliennes du projet Apuiat ne soient que d’une puissance de 6 MW avec une mise en service prévue pour décembre prochain, trouvons une raison valable pour que nos autorités sanitaires ne puissent dépêcher sur les lieux un groupe d’ingénieurs acousticiens de façon à définir les premiers constats sommaires de proximité par rapport à la dispersion, projection et propagation des sons et bruits audibles (sans égard aux études d’infrasons d’étendue généralement plus complexes à réaliser) aux distances avancées par les fabricants et gestionnaires de projets. Vérification des modulations d’intensité et de fréquences par grand vent et caractéristiques du milieu (saison, mercure, humidité, pression atmosphérique, etc.). Espérant que nous ne sommes pas rendus pauvres à ce point de ne pas être en mesure de se payer ce genre d’étude même abrégée en attendant la plus grande et récente étude mondiale jamais réalisée jusqu’à maintenant.

    Bizarre et pas juste un peu que Mme Emmanuelle Bouchard Bastien de l’INSPQ soit venue présenter le printemps dernier auprès de tous les médias sa mise à jour 2023 (recension) de «Éoliennes et santé publique» sans même faire mention du Projet PIBE en cours et de l’étude RIBEolH dont le calendrier devant s’établir du 1er janvier 2020 au 31 mars 2024 (4 ans) mais qui malheureusement lui aussi a été retardé par la COVID. Sous la gestion et coordination scientifique de Mme Anne-Sophie Evrard de l’Université Gustave Eiffel auprès de qui j’ai déjà obtenu quelques réponses, l’étude se déroule en deux phases ― Étude épidémiologique des effets du bruit éolien sur la santé humaine (qui inclura environ 1 200 riverains de parcs éoliens en France) et Étude psychoacoustique et physiologique des infrasons et sons basses fréquence

    Sous le volet présentation, nous n’avons qu’à prendre connaissance du chapitre des résultats attendus au niveau des retombées pour la santé ainsi que des retombées scientifiques, celles-ci visant à mieux définir et permettront de constituer un ensemble de données de référence fiables pour la communauté scientifique mondiale.

    Enfin une réponse sur la raison pour laquelle tous ces promoteurs de parcs éoliens sont si pressés de mettre en chantier. L’attente des résultats de cette étude est l’une des raisons même d’une demande de moratoire pour tout projet de parc éolien situé directement à proximité des habitations et des milieux de vie rapprochés.

    Pierre Pouliot

    Notre-Dame-du-Mont-Carmel

    Cet lettre est parue également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/08/17/un-vent-dinquietudes-N5JSRQOIYFEEVIOLHSE4ZSJNK4/

  • Projet de loi 69: Victoire des lobbys pour la privatisation d’Hydro-Québec

    Projet de loi 69: Victoire des lobbys pour la privatisation d’Hydro-Québec

    Sortie 19 juil. 2024

    Le controversé projet de loi 69 du tout autant controversé ministre Fitzgibbon a été déposé à l’Assemblée Nationale le 6 juin 2024.

    Est-ce que ce projet de loi va accélérer la privatisation d’Hydro-Québec?

    Est-ce que le ministre Fitzgibbon est un mercenaire économique qui a plus à coeur des intérêts privés qui souhaitent cette privatisation de ce bien commun qui appartient, pour l’instant, au peuple québécois?


    Est-ce que la sortie de Michael Sabia, PDG d’Hydro-Québec, une semaine avant le dépôt du PL 69 était une stratégie élaborée pour faire baisser la contestation sociale qui s’organisait pour la journée du dépôt du PL 69 afin de s’opposer aux processus de dépossession qu’est la privatisation partielle ou complète d’Hydro-Québec.

    Est-ce que la CAQ a menti aux québécois.se.s?

    Ancienne ministre péquiste des Ressources naturelles, Martine Ouellet expose son analyse de l’un des projets de loi les plus contestés de l’ère caquiste et met en lumière les processus de privatisation d’Hydro-Québec qui sont insérés dans ce PL 69.

    Présentateur : Michel Jetté

    Production : CRNV et GMob

    Monteurs : Louise Sabourin et Michel Jetté

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  • Éoliennes: désinformation et politique

    Éoliennes: désinformation et politique

    Jean Guilbert

    Le texte d’Hélène Baril publié le 9 juillet dans La Presse me fait grandement réagir. Si les propos qu’elle rapporte du préfet de la MRC des Chenaux sont exacts, je ne peux qu’exprimer ma stupéfaction; soit il y a de la désinformation, soit il y a de l’aveuglement volontaire de sa part.


    Je me permets de citer un passage troublant du préfet: «Si les collectivités locales avaient été impliquées dès le début dans le projet, elles auraient pu s’y associer. Ça aurait certainement fait une différence pour ce qui est de l’acceptabilité sociale.» Quoi?! Ça fait des mois que beaucoup de personnes des municipalités concernées sensibilisent les élus au sujet des impacts négatifs sur l’environnement naturel et social de ce projet et le préfet ose affirmer que le principal problème est une question de redevances monétaires pour les MRC.

    Nos craintes sont appuyées par des scientifiques de partout qui disent haut et fort que ce projet est une aberration pour les populations des MRC de Mékinac et des Chenaux.


    Lors du dernier grand rassemblement le 5 juin dernier, nous étions 300 personnes à exprimer nos doléances aux élus qui mijotent une modification au schéma d’aménagement du territoire. On nous a promis de tenir compte de nos revendications et parmi celles-ci, je n’ai jamais entendu quelqu’un se plaindre que les profits éventuels devraient être partagés avec les MRC.

    Comment pouvons-nous être en relation de confiance avec nos élus qui semblent beaucoup plus sensibles aux arguments des promoteurs qu’à ceux de la population qu’ils représentent. Des mois de travail, de luttes, de mobilisations pour se faire dire cela, c’est vraiment de la désinformation.

    Jean Guilbert, producteur laitier

    Saint-Maurice

    Cette lettre est parue également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/07/10/eoliennes-desinformation-et-politique-UKLENBXVAFAZVNDTU5WLNZVSHM/

  • Territoires saccagés, richesse collective démantelée, qualité de vie détruite

    Territoires saccagés, richesse collective démantelée, qualité de vie détruite

    Claude Rochon

    Jamais dans l’histoire passée et probablement future des territoires de nos MRC, une décision prise par quelques personnes n’aura autant d’impact sur l’environnement, la qualité de vie et même possiblement la santé des résidents.

    Nos décideurs, en implantant à toute vitesse des projets éoliens, sont maintenant en train de saccager la minuscule zone densément peuplée du Québec, principalement située de part et d’autre du fleuve St-Laurent.

    Le contrat que les promoteurs font signer aux agriculteurs, avant même d’avoir reçu une acceptabilité sociale, en est un de vingt ans renouvelable. En d’autres mots, ces projets pourraient perturber nos vies et créer d’immenses servitudes sur nos territoires pendant plusieurs fois vingt ans.

    Subventionner des compagnies privées énergivores en leur octroyant des blocs d’énergie à un tarif industriel de beaucoup inférieur au coût de la nouvelle électricité produite est-il visionnaire? Au lieu de créer réellement de l’emploi, elles robotiseront probablement leurs entreprises et exporteront nos capitaux en nous laissant surtout les inconvénients et la pollution. Est-ce également en accord avec la nécessité de bien réfléchir collectivement à des décisions importantes concernant la surproduction et la surconsommation pour faire face aux changements climatiques?

    Est-ce une bonne idée de concéder un territoire et 1150 MW d’électricité pour créer possiblement un quasi-monopole privé de la production d’hydrogène? Nous n’aurons probablement plus jamais les ressources électriques et territoriales pour soutenir un projet aussi mégalomane. Nous avons déjà à Bécancour une usine d’hydrogène qui, avec un bloc d’énergie plusieurs dizaines de fois inférieur, déclarait en 2021 être la plus grande usine de production d’hydrogène bas carbone en opération au monde. (1)

    Était-ce également une bonne idée de céder à Northvolt d’énormes concessions alors que nous aurions pu, avec les spécialistes d’Hydro-Québec et de nos universités, développer une expertise dans la conception et la production de batteries? Une usine aurait pu être installée dans une région peu développée où le flot automobile et la densité des habitations sont beaucoup moins concentrés.

    Les décideurs culpabilisent les opposants en prétendant qu’ils ne veulent pas faire d’efforts pour décarboner le Québec. Si on ne pouvait pas faire autrement, cette idée serait plausible. Selon Louis-Gilles Francoeur dans le Devoir du 26 février 2024, il serait pourtant possible de produire neuf fois plus d’électricité que le Québec en aurait besoin pour la prochaine décennie en développant des éoliennes autour des bassins hydroélectriques (2). C’est une région très venteuse, pourvue d’équipements et de personnel de surveillance en plus de corridors de transport de l’électricité produite. En prime, nous resterions toujours maîtres chez-nous!

    Les pays qui essaient de se libérer des hydrocarbures, du nucléaire et du charbon constatent, après plusieurs années, que l’éolien ne réussit pas à les décarboner. (3) Ces énergies instables doivent être secondées par des centrales souvent alimentées avec du pétrole, ce qui a pour conséquence de maintenir et parfois d’accroître la production de CO². Nous sommes un des rares pays qui peut compter sur un immense potentiel de production hybride d’énergie propre permettant d’atteindre cet objectif de décarbonation sans saccager les territoires habités.

    En encourageant les collectivités à investir elles-mêmes dans des projets éoliens, le gouvernement ne contribue-t-il pas à fractionner Hydro-Québec qui a réussi à maintenir jusqu’ici de bas tarifs et à partager avec nous ses profits? Il affaiblit en même temps la gestion efficace de nos multiples formes d’énergies.

    Après une durée de vie des éoliennes estimée à vingt ans, les communautés auront à réinvestir continuellement dans ces projets. Ces sommes colossales étrangleront-elles les autres aspects de leur développement? Les énormes subventions suivront-elles le cours de l’inflation ou seront-elles encore au rendez-vous? Le démantèlement des tours des parcs éoliens (plus hautes que les 42 étages de la Place Ville-Marie), évalué actuellement à environ $450 000. par tour, sera-t-il assumé par de possibles nouveaux propriétaires étrangers ou en faillite, par les communautés en PPP (partenariat public-privé) ou par nos impôts?

    Aujourd’hui, les changements climatiques essaient bruyamment de se faire entendre et la planète se porte mal. «Tous les moments de notre histoire récente ont partie liée avec l’avènement d’un capitalisme du désastre » (Naomi Klein). Il est opportun de lire son excellent livre «La stratégie du choc» qui décrit admirablement comment les adeptes de la théorie économique de Milton Friedman ont dépouillé plusieurs peuples de leurs biens collectifs et ont répandu le chaos ainsi que la pauvreté dans de nombreux pays. D’immenses cortèges d’immigrants ont dû quitter leur terre natale et tentent de trouver un refuge parce qu’ils ont été dépossédés de leur avoir par quelques profiteurs sans scrupules. Le nombre d’itinérants augmente dans pratiquement toutes les villes. Sans aucune compassion, des profiteurs se paient de gigantesques résidences secondaires sur des terrains de plusieurs kilomètres carrés. Est-ce le choix de société que nous voulons encourager?

    Face aux changements climatiques, l’option de décroissance n’est même pas envisagée sérieusement tellement tout le monde est assiégé par des publicités constantes qui nous encouragent à trouver notre bonheur dans la surconsommation. Notre cupidité ainsi alimentée devient insatiable.

    De plus en plus observés autour de la planète, les témoignages de problèmes de santé attribués aux éoliennes ne sont pas suffisamment considérés. On évoque des maux psychosomatiques alors que les animaux sont aussi affectés. Un principe de précaution minimale envers la santé n’est pas respecté. Notre système de santé, sans considérer ces risques majeurs, nous coûte déjà la plus grande partie de notre budget. Les slogans verts de cette industrie lucrative sonnent de plus en plus faux.

    L’obligation de protéger notre territoire agricole a déjà eu comme conséquence de priver nos régions rurales d’un grand potentiel humain. Le résultat a été la fermeture de plusieurs écoles et commerces dans les petites municipalités. Le choix d‘envahir ces mêmes territoires avec de gigantesques éoliennes créera encore plus d’obstacles au développement futur de nos régions. De nombreuses zones devenant inhabitables ou peu convoitées se multiplieront nuisant à l’arrivée d’entreprises désirables et de nouveaux arrivants.

    Les résidents de nos campagnes ayant choisi de réduire leur niveau de vie pour vivre au milieu d’une nature vivifiante se sentent maintenant dépossédés de leurs aspirations et des lieux qu’ils ont patiemment construits au cours des années. S’ils en ont les moyens, même à un âge avancé, certains songent maintenant à quitter. Sinon, ils se résignent à survivre dans un lieu devenu désolant.

    Le principe de l’acceptabilité sociale est tellement dilué qu’il est devenu un leurre. Quelques décideurs font la sourde oreille face aux inquiétudes des citoyens et cherchent à imposer trop rapidement leurs décisions sans consulter adéquatement. Partout sur la planète, pour des intérêts financiers ou la prise de possession de territoires, on sacrifie l’humain.

    C’est comme si les valeurs n’étaient plus humaines ou si la vie humaine n’avait plus de valeur.

    Claude Rochon

    résident de Mékinac

    Références :

     (1) https://www.lecourriersud.com/actualites/air-liquide-lance-a-becancour-la-plus-grande-usine-dhydrogene-bas-carbone-au-monde/

     (2) Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 26 février, Développer une production hybride des réservoirs hydroquébécois

    (3)https://www.youtube.com/watch?v=Vf9EbpzDvoY&ab_channel=DocumentaireetV%C3%A9rit%C3%A9

  • Éoliennes: les MRC doivent agir dans l’intérêt des citoyens

    Éoliennes: les MRC doivent agir dans l’intérêt des citoyens

    Michel Veilleux

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt la lettre de Mme Nathalie Lefebvre de Saint-Adelphe (MRC de Mékinac) adressée à la députée de Champlain, Mme Sonia LeBel, publiée dans Le Nouvelliste du 1er juillet dernier.

    Tout d’abord, il faut féliciter Mme Lefebvre pour cette lettre. Nous avons le devoir de nous faire entendre auprès de nos élus.

    Un passage de la lettre m’a frappé: «Pour en revenir à cette séance, vu notre mécontentement, Madame la préfète Caroline Clément ainsi que ses collègues mairesses et maires ont invité l’assistance à vous faire part de nos doléances parce qu’ils prétendent ne pas avoir le pouvoir d’intervenir pour stopper le projet auprès de votre collègue, le ministre Pierre Fitzgibbon, ni celui de présenter un RCI plus sévère parce qu’ils craignent la désapprobation des quatre ministères dont celui de l’Énergie. «Aidez-nous à vous aider», tels sont leurs mots, car selon eux, il semble que les citoyens soient mieux placés que les maires et la préfète pour demander votre soutien et intervenir auprès de M. Fitzgibbon et d’Hydro-Québec.»

    Ici, dans la MRC Nicolet-Yamaska, nous nous sommes fait servir le même argument que dans la MRC de Mékinac concernant la prétendue impossibilité de stopper les projets éoliens sous prétexte qu’il était dans les Orientations gouvernementales en aménagement du territoire ou «OGAT» de favoriser l’implantation d’éoliennes. Un juriste me faisait remarquer que les OGAT ne sont ni des lois, ni des règlements, ni des décrets et ont donc un poids très limité devant les tribunaux.

    Par ailleurs, cette OGAT en faveur des éoliennes est elle-même en contradiction avec les OGAT en faveur de la protection du territoire agricole. De plus, il existe des OGAT concernant l’implantation d’éoliennes, lesquelles n’ont pas été respectées dans la confection de notre RCI dans la MRC de Nicolet-Yamaska et ceci n’a pas empêché les autorités provinciales d’approuver ce RCI. Également et surtout, selon la Loi, un RCI est là pour empêcher rapidement une activité nuisible (d’où l’absence de référendum – ce qui fait l’affaire de bien des MRC) et non pas pour favoriser une telle activité comme le font plusieurs MRC pour les projets éoliens et ceci, n’a pas empêché l’approbation du RCI de la MRC Nicolet-Yamaska.

    Tout ça pour vous dire qu’il semble qu’il y a une volonté manifeste au gouvernement provincial d’implanter des éoliennes en territoire agricole et habité et ce, au mépris des lois, des OGAT et de l’opposition majoritaire des citoyens, opposition clairement démontrée par des pétitions dans la MRC Nicolet-Yamaska et par la présence massive de citoyens (200 à 300) à plusieurs séances du conseil des maires.

    À mon avis, une MRC pourrait très bien adopter un RCI très restrictif concernant les éoliennes et même les interdire. Normalement, en vertu des lois, des OGAT et du principe de précaution, on pourrait s’attendre à ce que le gouvernement provincial approuve un tel RCI. S’il arrivait hypothétiquement qu’il ne l’approuve pas:

    1. la MRC pourrait alors revenir avec les preuves scientifiques justifiant les distances séparatrices, ou bien justifiant son refus d’implantation d’éoliennes. Ces preuves existent;

    2. si le gouvernement maintenait son refus, elle pourrait alors aller devant les tribunaux et disposerait de beaucoup d’arguments pour défendre son RCI.

    Maintenant, est-ce qu’un gouvernement aussi impopulaire que celui de la CAQ osera aller devant les tribunaux pour s’en prendre à une MRC qui bénéficiera de l’appui de sa population pour empêcher l’implantation d’éoliennes?

    Pour justifier leur refus d’adopter un RCI restrictif ou interdisant l’implantation d’éoliennes, les MRC pourraient prétendre que si un tel RCI était refusé par le gouvernement provincial, il n’y aurait aucune réglementation sur leur territoire régissant une telle implantation et que les promoteurs pourraient alors implanter leurs monstres mécaniques n’importe comment. Mais il faut savoir que pour implanter des éoliennes, un promoteur doit avoir une résolution favorable de la MRC et des municipalités touchées. On comprendra que la MRC ayant adopté un RCI restrictif ou interdisant les éoliennes n’adoptera jamais une telle résolution favorable, ce qui bloquerait les espoirs du promoteur, sans compter qu’un promoteur ne cherchera pas à implanter des éoliennes dans une MRC qui n’en veut pas.

    En résumé, cet argument de bien des MRC à l’effet qu’elles ne peuvent stopper un projet éolien ou adopter un RCI restrictif est fallacieux et est invoqué pour cacher le fait qu’elles tiennent mordicus à avoir des éoliennes. Et si vraiment, elles n’en veulent pas et qu’elles continuent à en favoriser l’implantation afin «d’obéir» au gouvernement provincial, elles ne font pas leur devoir qui est d’agir dans l’intérêt des citoyens, et les maires concernés devraient penser à céder leur place à des gens plus courageux!

    Michel Veilleux

    Conseiller municipal

    Sainte-Monique

    Cette lettre est parue également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/07/06/eoliennes-les-mrc-doivent-agir-dans-linteret-des-citoyens-EV6UJ2DAMNATTBGSBRU3IFDXXY/

  • La convoitise monétaire reliée aux éoliennes rendrait-elle sourd?

    La convoitise monétaire reliée aux éoliennes rendrait-elle sourd?

    Claude Rochon

    Jamais dans l’histoire passée et probablement future de notre territoire, une décision prise par quelques personnes n’aura autant d’impact sur l’environnement, la qualité de vie et même possiblement la santé des résidents.

    Nos dirigeants actuels, en implantant à toute vitesse des projets éoliens, sont en train de défigurer la minuscule zone densément peuplée du Québec, principalement située de part et d’autre du fleuve Saint-Laurent.

    Les décideurs culpabilisent les opposants en prétendant qu’ils ne veulent pas faire d’efforts pour décarboner le Québec. S’il n’était pas envisageable de faire autrement, cette idée serait plausible. Des experts nous disent pourtant qu’il serait possible de produire neuf fois plus d’électricité que le Québec en aurait besoin pour la prochaine décennie en développant des éoliennes autour des bassins hydroélectriques. C’est une région très venteuse, pourvue d’équipements et de personnel de surveillance en plus de corridors de transport de l’électricité. En prime, nous resterions encore maîtres chez nous!

    Les pays qui essaient de se libérer des hydrocarbures, du nucléaire et du charbon constatent, après plusieurs années, que l’éolien ne réussit pas à les décarboner. Ces énergies trop instables doivent être secondées par des centrales souvent alimentées avec du pétrole, ce qui a pour conséquence de maintenir et parfois d’accroître la production de CO². Nous sommes un des rares pays qui a la chance de pouvoir compter sur un immense potentiel de production hybride d’énergie propre permettant d’atteindre cet objectif de décarbonation sans saccager le territoire habité.

    Aujourd’hui, les changements climatiques essaient bruyamment de se faire entendre et la planète se porte mal. «Tous les moments de notre histoire récente ont partie liée avec l’avènement d’un capitalisme du désastre » (Naomi Klein). Il est opportun de lire son excellent livre La stratégie du choc qui décrit admirablement comment les adeptes de la théorie économique de Milton Friedman ont dépouillé plusieurs peuples de leurs biens collectifs et ont répandu le chaos ainsi que la pauvreté dans de nombreux pays. D’immenses cortèges d’immigrants ont dû quitter leur terre natale et tentent de trouver un refuge parce qu’ils ont été dépossédés de leur avoir par quelques profiteurs sans scrupules. Le nombre d’itinérants augmente dans pratiquement toutes les villes. Sans aucune compassion, des profiteurs se paient de gigantesques résidences secondaires sur des terrains de plusieurs dizaines d’hectares. Est-ce le choix de société que nous voulons encourager?

    Face aux changements climatiques, l’option de décroissance n’est même pas envisagée sérieusement tellement tout le monde est assiégé par des publicités constantes qui nous encouragent à trouver notre bonheur dans la surconsommation. Notre cupidité semble insatiable.

    Est-ce une bonne idée de concéder un immense territoire et 1150 MW d’électricité pour créer possiblement un quasi-monopole privé de la production d’hydrogène? Nous n’aurons probablement plus jamais les ressources territoriales et électriques pour soutenir un projet aussi mégalomane. Nous avons déjà à Bécancour une usine d’hydrogène qui, avec un bloc d’énergie des dizaines de fois inférieur, déclarait en 2021 être la plus grande usine de production d’hydrogène bas carbone en activité dans le monde. Le contrat que le promoteur fait signer aux agriculteurs, avant même d’avoir reçu une acceptabilité sociale, en est un de vingt ans renouvelable. En d’autres mots, ce projet pourrait perturber nos vies et notre territoire pendant plusieurs fois vingt ans.

    Pour mieux se qualifier en rapport avec l’acceptabilité sociale, la MRC de Mékinac a organisé une consultation qui a rassemblé environ 2,4% de la population ainsi qu’un pourcentage indéterminé sur le web. Elle recommande ensuite au citoyen de s’exprimer en présentant un mémoire au BAPE. Est-ce vraiment une solution convenable pour le simple citoyen?

    À la dernière réunion, la MRC a avancé l’idée de faire un sondage. Dans ce type de sondage à questions multiples, il est facile de formuler les bonnes questions pour obtenir les réponses désirées. Ça permettrait encore une fois de mettre au rancart l’option du référendum qui est la seule façon de permettre à tout le monde de faire entendre sa voix.

    Durant cette même réunion, certains représentants de la MRC de Mékinac ont affirmé avoir rencontré un dirigeant d’Hydro-Québec pour faire valoir l’option de gérer eux-mêmes les parcs d’éoliennes. Plusieurs intervenants ont alors soulevé le fait qu’une majorité de citoyens s’étaient majoritairement opposés à la présence d’éoliennes en milieu habité. La convoitise monétaire reliée aux éoliennes rendrait-elle sourd?

    En encourageant les collectivités à investir elles-mêmes dans des projets éoliens, le gouvernement ne contribue-t-il pas à fractionner notre société publique qui a réussi à maintenir jusqu’ici de bas tarifs et à partager avec nous ses profits?

    Il affaiblit en même temps la gestion efficace de nos énergies multiples. Comme la durée de vie des éoliennes est évaluée à vingt ans, les communautés auront à réinvestir continuellement dans ces projets. Les énormes subventions seront-elles encore au rendez-vous?

    Selon nos élus, si le RCI n’est pas adopté rapidement, la MRC ne pourrait plus contrôler l’implantation de ces éoliennes. Elle devrait alors se pencher le plus rapidement possible sur toutes les possibilités de projets calamiteux qui ne figurent pas dans son schéma d’aménagement et qui pourraient rapidement nous envahir.

    De plus en plus présents autour de la planète, les témoignages de problèmes de santé attribués aux éoliennes ne sont pas suffisamment considérés. On évoque des maux psychosomatiques alors que les animaux sont aussi affectés. Un principe de précaution minimale envers la santé n’est pas respecté. Les slogans verts de cette industrie lucrative sonnent de plus en plus faux.

    L’obligation de protéger notre territoire agricole a déjà eu comme conséquence de priver nos régions rurales d’un grand potentiel humain. Le résultat a été la fermeture de plusieurs écoles et commerces dans les petites municipalités. Le choix d’envahir ces mêmes territoires avec de gigantesques éoliennes créera encore plus d’obstacles au développement futur de nos régions. De nombreuses zones devenant inhabitables ou peu convoitées se multiplieront nuisant à l’arrivée d’entreprises désirables et de nouveaux arrivants.

    Les résidents de nos campagnes ayant choisi de réduire leur niveau de vie pour vivre au milieu d’une nature vivifiante se sentent maintenant dépossédés de leurs aspirations et des lieux qu’ils ont patiemment construits et aménagés au cours des années. S’ils en ont les moyens, même à un âge avancé, ils songent maintenant à quitter la région. Sinon, ils se résignent à survivre dans un lieu qui maintenant les désole.

    Le principe de l’acceptabilité sociale est tellement dilué qu’il est devenu un leurre. Quelques décideurs font la sourde oreille face aux inquiétudes des citoyens et cherchent à imposer trop rapidement leurs décisions sans consulter adéquatement. Partout sur la planète, pour des intérêts financiers ou la prise de possession de territoires, on sacrifie l’humain.

    C’est comme si les valeurs n’étaient plus humaines ou si la vie humaine n’avait plus de valeur.

    Claude Rochon

    Lac-aux-Sables

    MRC de Mékinac

    Cette lettre est parue également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/06/29/la-convoitise-monetaire-reliee-aux-eoliennes-rendrait-elle-sourd-UHQYBQ7YBFEA3BRALC6VT6PCLU/

  • Éoliennes de TES Canada: aidez-nous à vous aider!

    Éoliennes de TES Canada: aidez-nous à vous aider!

    Nathalie Lefebvre

    Madame Sonia Lebel, députée de Champlain

    Aidez-nous à vous aider !

    Madame,

    Lors de la rencontre du conseil des maires de la MRC de Mékinac du mercredi 19 juin, la 3e version du Règlement de contrôle intérimaire (RCI) a été brièvement présenté.  Au grand dam de l’assistance ce RCI adopte une distance séparatrice entre les résidences et les éoliennes presqu’identique à celle annoncée par TES Canada, soit environ 800 mètres pour le RCI (4 fois la hauteur des éoliennes de 200 mètres) et 750 mètres pour TES Canada.  Il semble évident que ce RCI répond aux aspirations du projet de TES Canada voulant implanter un parc éolien de 130 éoliennes industrielles sur les territoires de Mékinac et Des Chenaux ainsi qu’aux volontés du ministère de l’Énergie et du caucus de la CAQ qui font allègrement appel au privé supposément pour la décarbonation du Québec, ce que plusieurs experts remettent en question avec démonstration à l’appui.

    Madame Lebel, vous avez été à même de constater qu’une majorité de la population exprime une grande opposition à l’égard de ce projet et ce, depuis des mois. Il ne fait aucun doute qu’il sera dévastateur de l’aveu même de l’avis de projet de TES Canada : la qualité de vie détruite par le bruit, les paysages défigurés à jamais, un chantier de 2, voire 3 ans, les pollutions et les impacts possibles de contamination des nappes phréatiques, des dommages irréparables à l’environnement, la faune et la flore (et j’en passe) lors de la construction et l’exploitation de ces éoliennes industrielles. Ajoutons la survie d’innombrables espèces d’oiseaux menacés et d’animaux présents sur un des rares territoires encore sauvages de la Vallée du St-Laurent.

    Il est fort à craindre que La MRC Mékinac, FORTE de nature selon l’ancienne image de marque, perdra sa plus grande richesse soit la NATURE! Au profit d’un territoire industriel avec des villages et zones dévitalisées, sans solidarité et ou déjà plusieurs songent à vendre ou à ne pas rénover leurs chalets pour s’y installer à demeure.  Imaginez, seulement à St-Adelphe, de 22 à 29 éoliennes y sont prévus par TES et, en les comptant toutes sur les zones adjacentes de Ste-Thècle, St-Séverin, St-Prosper et St-Stanislas, il y en aurait approximativement 50! Bref, de quoi faire prendre la fuite à plusieurs jeunes familles et repousser de futurs arrivants et touristes de nature et de chasse vous en conviendrez…

    Pour en revenir à cette séance, vu notre mécontentement, Madame la préfète Caroline Clément ainsi que ses collègues mairesses et maires ont invité l’assistance à vous faire part de nos doléances parce qu’ils prétendent ne pas avoir le pouvoir d’intervenir pour stopper le projet auprès de votre collègue, le député Fitzgibbon, ni celui de présenter un RCI plus sévère parce qu’ils craignent la désapprobation des 4 ministères dont celui de l’Énergie.  Aidez-nous à vous aider, tels sont leurs mots, car selon eux, il semble que les citoyens soient mieux placés que les maires et la préfète pour demander votre soutien et intervenir auprès de M. Fitzgibbon et à Hydro-Québec.

    Qu’à cela ne tienne, je réponds à cet appel et, comme il a été proposé lors de cette séance et à de nombreuses reprises par des citoyens et organismes depuis des mois, nous vous demandons, par principe de précaution pour la population, d’exiger un moratoire pour le projet de TES Canada auprès de Hydro Québec, du ministre de l’Énergie et de la CAQ afin d’être en mesure de réfléchir et concevoir collectivement de meilleurs projets publics à venir, et ce, pour une réelle décarbonation du Québec.  La population de Mékinac et Des chenaux à largement appuyé votre candidature aux dernières élections, il est temps pour vous de comprendre leurs inquiétudes légitimes et de respecter leurs exigences afin qu’elle puisse vivre sereinement et en harmonie avec la nature sur leur territoire ! 

    Vous savez très bien que le BAPE n’a qu’un pouvoir de recommandation, et dans deux ans, que vous soyez députée ou non, il sera de toutes façons trop tard pour reculer sur les engagements financiers de TES Canada et leurs implications juridiques.  Aujourd’hui, en tant que députée d’un territoire que nous chérissons toutes et tous, votre devoir est de porter cette exigence à la CAQ à défaut de quoi votre gouvernement et la MRC Mékinac risquent malheureusement de passer à l’histoire, pour avoir prôné et accepté ce projet qui défigurera dans tous les sens du terme, le territoire, l’environnement, la faune, la flore et le tissu social pour des dizaines d’années à venir!

    Nathalie Lefebvre, St-Adelphe

    cc Mme Caroline Clément, préfète de la MRC Mékinac

    Cette lettre est parue également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/07/01/eoliennes-de-tes-canada-aidez-nous-a-vous-aider-XR3XGTRUPBDVRPMHFYVXP6UQ2U/

  • Éoliennes : du RÊVE aux RÉALITÉS

    Éoliennes : du RÊVE aux RÉALITÉS

    Sortie le 31 mai 2021

    Les éoliennes sont en quelques années devenues le symbole de la transition écologique. Quels enseignements politiques, sociaux, économiques et environnementaux peut-on tirer de leur multiplication ? Le rêve est-il en phase avec la réalité ? Professionnels, experts et riverains nous dévoilent les envers du décor.


    INTERVENANTS :

    Cette plongée dans l’univers des éoliennes a été l’occasion de réunir quelques-uns des plus éminents experts de l’énergie, parmis lesquels :

    • Jean-Marc Jancovici : ingénieur et directeur du Shift Project
    • Hervé Machenaud : ancien directeur de la production d’EDF
    • Jacques Percebois : directeur du centre de recherche en économie et droit de l’énergie

    D’autres personnalités, comme Henri Proglio (ancien président directeur général d’EDF), Dominique Finon (directeur de Recherche honoraire au CNRS) ou bien encore Antoine Waechter (candidat des Verts à l’élection présidentielle de 1988) apportent leur éclairage aux Français

    L’ASSOCIATION :

    Le projet est porté par une association loi 1901, Documentaire et Vérité, dont l’objectif est le financement participatif de documentaires basés sur des faits vérifiables et des experts reconnus, accessibles gratuitement et diffusés en ligne.

    LE FINANCEMENT :

    Destiné à être diffusé gratuitement au plus grand nombre, ce projet d’envergure a été exclusivement financé par des citoyens par le biais d’une campagne de crowdfunding organisée sur le site de l’association. Ce financement participatif a récolté plus de 100.000€ de la part de près de 1.000 contributeurs, révélant une fois de plus l’importance du sujet éolien en France.

    L’ASSOCIATION :

    Les images et propos utilisés à 1:04:48 sont issus d’un film sur le parc éolien citoyen « La Jacterie » dans le Maine-et-Loire, où les habitants et les collectivités locales ont la pleine maîtrise du projet, tant par son financement que dans sa gouvernance. Dans cet extrait, ces démarches citoyennes et locales ont été associées à tort au financement participatif que critique Antoine Waechter dans ses propos. Nous nous excusons pour cet amalgame qui discrédite injustement les démarches territoriales. Plus d’infos sur les démarches d’énergie citoyenne sur : www.energie-partagee.org

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  • Le projet de loi 57 annonce-t-il la judiciarisation des débats et des luttes sociales?

    Le projet de loi 57 annonce-t-il la judiciarisation des débats et des luttes sociales?

    Richard Langelier

    Le 11 avril dernier, le gouvernement du Québec déposait le projet de loi 57, qui porte le titre de Loi visant à protéger les élus et à favoriser l’exercice sans entraves de leurs fonctions.

    Mon collègue, le professeur Pierre Trudel, a présenté un aperçu des conséquences de telles dispositions législatives (Le Devoir du 14 mai 2024). Les éditeurs de journaux et les médias ont aussi exposé les dangers pour la liberté d’expression de ces dispositions législatives (voir La Presse du 15 mai 2024).

    Mais il importe de souligner d’autres enjeux liés à l’existence de cette loi.

    Le but officiel du projet : protéger les élus locaux de menaces, de harcèlement et autres conduites rendant quasi impossible l’exécution de leur mandat. Noble mobile, auquel on ne peut que souscrire. Mais se peut-il cependant que, ce faisant, le difficile équilibre entre la liberté d’expression et la protection des institutions ait été rompu ?

    À cet égard, il convient de se rappeler que les élus locaux comme toutes les personnalités publiques doivent pouvoir faire l’objet de critiques qui ne seraient peut-être pas admissibles pour des personnes « ordinaires ». Ils doivent accepter de vivre « sous l’oeil vigilant du public », pour citer les juges du plus haut tribunal canadien.

    Il y a finalement lieu de rappeler que la liberté d’expression protège aussi le droit du public à l’information, la protection constitutionnelle ne touchant pas que le locuteur, mais aussi l’auditeur qui, surtout dans l’élaboration des politiques publiques, doit disposer des informations suffisantes pour pouvoir participer au jeu démocratique.

    De fait, ce projet de loi s’inscrit dans une longue séquence de mesures où la violence symbolique (la force de la loi, l’autorité des tribunaux) tente d’imposer une certaine vision du développement de la société.

    Ainsi, quand le gouvernement Legault octroie aux deux unions municipales une subvention de 1 million de dollars chacune pour soutenir les élus prétendument diffamés ou harcelés alors que lesdites unions sont devenues au même moment de chaudes défenderesses du développement éolien en territoire agricole ou habité et alors que les débats sociaux sont, sur ce point, intenses, bruyants, incommodes pour les zélateurs de tels projets.

    Les « affinités électives » qui semblent se dessiner entre ce projet de loi et les objectifs énergétiques du gouvernement Legault sont donc troublantes.

    La logique du pompier pyromane ?

    Pour avoir personnellement goûté à cette médecine, je peux témoigner des raccourcis dangereux auxquels se livrent certains élus qui associent toute critique publique à de la diffamation en détournant le sens ordinaire des mots ou en s’en prenant aux inférences allégoriques ou à la verdeur du langage de l’intervenant. Ce jeu de mise en demeure comme moyen d’intimidation est bien connu et fut utilisé contre une citoyenne de Trois-Rivières qui avait critiqué la compétence d’un fonctionnaire ou contre des citoyens de Sainte-Pétronille qui avaient osé signer une pétition contre l’engagement d’un fonctionnaire. La loi risque donc de créer une « atmosphère » défavorable à tout débat démocratique véritable. C’est sans doute l’effet inhibiteur que souhaitent les auteurs de cette loi.

    Quand s’y ajoute la violence économique des promoteurs de parcs éoliens qui tentent de briser l’usage d’actions collectives en réclamant, dix ans après le fait, un million de dollars aux citoyens qui avaient contesté un tel projet, il y a lieu de s’interroger. En effet, cette synchronie des moyens juridiques et économiques fait émerger d’autres mobiles justifiant un tel projet de loi.

    Ce n’est d’ailleurs pas en faisant d’une simple algarade avec un élu un délit passible d’amende salée qu’on fait progresser le débat démocratique…

    Faire un examen des pratiques démocratiques dans les municipalités locales

    Dans tout le débat entourant l’implantation de milliers d’éoliennes près des résidences dans la vallée du Saint-Laurent, ce qui a profondément choqué les populations a été sans contredit l’absence de transparence, la confidentialité extrême maintenue par les élus locaux sur tous les aspects de ce projet. Cette démocratie, malade de ce manque de transparence, n’affecte malheureusement pas que les projets énergétiques.

    Pour n’en mentionner qu’un, abordons ces fameux caucus où les élus prennent véritablement les décisions alors que les assemblées publiques sont bâclées souvent en moins d’une heure et où l’on voit les conseillers et conseillères se transformer en robots votants, sans explications, sans discussions, sans possibilités pour les citoyens d’intervenir sinon à une brève période de questions à la fin de la rencontre et alors que les décisions ont déjà été prises.

    Mentionnons encore le cas de cette municipalité refusant la publication dans son bulletin municipal d’une annonce payée à propos de la tenue d’une assemblée publique sur un projet de développement, celle de ce maire offrant à un citoyen qui posait trop de questions d’aller « régler ça dans le parking », celle de ces MRC qui s’approprient de plus en plus des compétences des municipalités locales, mais qui tiennent leurs rencontres la plupart du temps devant des salles vides et qui ne font aucun effort pour rendre leurs décisions compréhensibles ou travailler à stimuler la participation des citoyennes et citoyens.

    Ne voit-on pas derrière ces comportements le triomphe de la logique bureaucratique ?

    N’est-ce pas cette même logique qui explique la peur de tout référendum ou de quelque exercice que ce soit de démocratie directe ?

    Ces lacunes dans la vie démocratique de nos communautés seraient-elles sans lien avec la radicalisation du discours public ? Utiliser la justice pour tenter de définir les contours d’un discours acceptable aux élus est une tentative illusoire, sinon grotesque.

    Les élus locaux méritent le respect, car ils représentent un élément essentiel de la légitimité démocratique. Mas ils ne représentent pas, à eux seuls, toute la légitimité démocratique, surtout quand des enjeux locaux fondamentaux sont en cause. Ainsi en faire les parangons de la vertu démocratique ne correspond à aucune lecture raisonnable de la réalité.

    Il me semble donc que cette loi ne correspond pas aux standards constitutionnels en matière de liberté d’expression : les objectifs prévus par la loi sont confus, bien qu’en apparence logiques, mais les moyens qu’elle met en forme sont trop larges et ses effets délétères l’emportent de loin sur ses mérites.

    Cette lettre est paru dans le Nouvelliste : https://www.ledevoir.com/opinion/idees/813285/idees-projet-loi-57-annonce-il-judiciarisation-debats-luttes-sociales

  • Le grand saccage de notre territoire habité!

    Le grand saccage de notre territoire habité!

    Claude Rochon

    Il est déconcertant d’être témoin de nombreuses décisions politiques qui semblent prises avec une vision du siècle passé et qui ont le pouvoir de dévaster en quelques années une grande partie de notre patrimoine collectif. 

    Il n’est pas très visionnaire d’imiter l’époque où les gouvernements cherchaient par tous les moyens à attirer de grosses industries. Les dirigeants actuels réalisent ce but en vendant notre énergie à un prix de beaucoup inférieur à celui qu’il paie aux nouveaux promoteurs d’énergie.

    Il refilera ensuite la facture aux citoyens et aux petites entreprises. Ces grosses compagnies réduiront bientôt leurs emplois en utilisant de plus en plus de robots. Nous aurons alors tous les inconvénients de ces entreprises énergivores et polluantes sans en retirer beaucoup d’avantages.

    Qualité de vie

    La construction de gigantesques éoliennes industrielles, qui défigureront nos paysages, entraînera également une dégradation importante de notre qualité de vie. Il est vraiment malheureux que les nombreux témoignages reliés aux problèmes de santé de plus en plus répertoriés autour de la planète ne soient pas examinés sérieusement. Les slogans verts de cette industrie lucrative sonnent de plus en plus faux.

    Par ailleurs, on peut déplorer le fait que l’INSPQ aborde à peine le problème des ultrasons alors qu’il semble provoquer tant de perturbations sur la santé et représente clairement l’éléphant dans la pièce.

    Actuellement, le gouvernement fait la sourde oreille face aux inquiétudes des citoyens et cherche à imposer ses décisions. Il est très pressé. Le principe de l’acceptabilité sociale est tellement dilué qu’il est devenu un leurre.

    Face aux changements climatiques, comment ne pas s’opposer à un gouvernement qui affiche une vision affairiste plutôt que de consulter la population et des experts indépendants pour concevoir un choix collectif de société? Ces dirigeants ne semblent pas conscients de saccager à toute vitesse notre qualité de vie, notre environnement, la gestion de notre territoire et aussi de compromettre la santé humaine et animale.

    Zones moins habitées

    La majorité de la population réside dans une très petite portion du territoire québécois alors que sa plus grande partie est très peu habitée. Notre espace agricole ne peut compter que sur 2 % de sa superficie. Pourquoi ne pas essayer de planifier un réseau énergétique mieux structuré dans des zones qui affecteraient beaucoup moins de citoyens et où il serait plus facile de dédommager généreusement les quelques résidents?

    Ça éviterait de construire de nombreuses lignes de transport en territoire très habité, avec tous les inconvénients que ça comporte pour la population. Des études ont déjà aussi démontré que nous pourrions, en plus de profiter de son corridor de transport, produire autour des bassins hydroélectriques neuf fois plus d’électricité que ce dont le Québec aurait besoin dans les dix prochaines années.

    L’obligation de protéger notre territoire agricole a déjà eu comme conséquence de priver nos régions rurales d’un grand potentiel humain. Le résultat a été la fermeture de plusieurs écoles et commerces dans les petites municipalités. Le choix d‘envahir ces mêmes territoires avec de gigantesques éoliennes créera encore plus d’obstacles au développement futur de nos régions. De nombreuses zones devenant des lieux inhabitables ou peu convoités se multiplieront entrainant des conflits entre voisins et nuiront à l’arrivée de nouveaux arrivants.

    Le principe de précaution nous conseille de ralentir et d’imaginer un choix de société beaucoup moins basé sur la consommation et la production excessives. Cessons de saccager notre territoire!

    Claude Rochon

    Résident de la MRC de Mékinac

    Cette lettre est parue également ici : https://www.journaldemontreal.com/2024/06/17/le-grand-saccage-de-notre-territoire-habite

  • Conférence de Charles-Félix Ross : « Éoliennes en milieu agricole : le jeu en vaut-il la chandelle ? »

    Conférence de Charles-Félix Ross : « Éoliennes en milieu agricole : le jeu en vaut-il la chandelle ? »

    14 juin 2024

    Organisé par Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska

    Troisième et dernière d’une série de trois conférences organisées par PCENY et Vent d’élus portant sur la transition énergétique.

    Si vous avez manqué les 2 premières conférences, c’est par ici :

    1ère conférence – l’IRÉC :

    2e conférence – Martine Ouellet :

    Monsieur Ross est le directeur général de l’UPA. Il détient une maîtrise en économie rurale, analyse des politiques agroalimentaires de la Cornell University et un baccalauréat en agronomie de l’Université Laval. Il est également membre de l’Ordre des agronomes.

    Il est reconnu pour sa grande expertise en tant qu’économiste, plus particulièrement dans les domaines de l’agriculture, de l’agroalimentaire et du commerce international.

    Réf.: https://www.youtube.com/watch?v=W25QbWd9rFM

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  • TES Canada, les élus et les citoyens : la difficile rencontre

    TES Canada, les élus et les citoyens : la difficile rencontre

    Gaston Rivard

    Il semble que la fracture ne cesse de croître entre les élus et les citoyens. Quant à TES Canada, il est l’épine dans le pied des uns et le caillou dans la chaussure des autres.

    La neutralité ou l’impartialité?

    Il fut entendu lors du dernier conseil des maires de Mékinac que la neutralité « ce n’est pas une loi, ce n’est pas un règlement, c’est un front commun de rester neutres ». Que faut-il comprendre de cette affirmation? Que la neutralité est seulement une attitude, ou bien que la neutralité est le véritable état d’esprit de nos maires? J’ose espérer qu’elle n’est ni l’une ni l’autre. La première hypothèse réduit toute assemblée publique à un vain jeu du paraître car il s’avère impossible de connaître ce qui se cache derrière l’attitude. Cette hypothèse nie tout dialogue véritable, car comment pouvons-nous confronter des points vue, des idées avec quelqu’un qui se cache derrière une attitude et ne révèle jamais sa pensée? Comment dénouer un litige si ce qui est entendu n’est pas débattu? Il y a là un véritable paradoxe.

    Quant à la deuxième hypothèse, celle où il s’agit d’une neutralité de l’esprit, elle fait peur parce qu’elle a pour corollaire immédiat celle de la neutralisation de la volonté. La neutralité de l’esprit inhibe tout velléité d’agir. Elle laisse le champ libre aux puissants : des interlocuteurs comme TES Canada. Elle entérine l’absence presque complète de résistance à toute force venant interagir, elle cède par son refus de réaction. La neutralité de l’esprit, même lorsqu’elle ne se traduit pas par une absence complète d’esprit critique, est une concession à la plus grande des forces en présence. La neutralité consiste à plier les genoux devant le plus fort.

    La neutralité n’appelle pas la réaction, elle accepte aussi bien, et sans nuance, les maux et l’argent. Elle obéit ainsi à sa nature passive. Comment pourrait-elle déboucher sur une prise de décision? La neutralité conduit les élus à l’abdication de leurs responsabilités.

    On peut faire preuve de neutralité lorsqu’une situation ne nous concerne pas, ne nous affecte pas, n’a aucune incidence sur notre être et notre avoir, lorsque nous évoluons en marge d’un débat ou d’un conflit. Mais cette position est indéfendable lorsqu’on peut être à la fois l’agent, et le bénéficiaire ou la victime, d’une décision. Que l’on soit partie prenante, ou que l’on soit pris à partie, oblige à sortir de la neutralité. Les élus ne sont pas les spectateurs impassibles d’une opposition entre TES Canada et les citoyens, bien au contraire ils en sont les arbitres, et les arbitres font respecter les règles. Plus, ils sont les représentants des citoyens et à ce titre mandater pour les défendre.

    La confusion entre neutralité et impartialité est ici manifeste? La neutralité ne réfléchit pas, n’agit pas et subit; l’impartialité consulte, enquête, réfléchit, dialogue, informe et oriente.

    Espérons qu’il ne s’agit que d’une erreur de terminologie de la part de nos élus et que dans les faits ils essaient d’être impartiaux, car une autorité qui revendique la neutralité se résume à une autorité sans pouvoir?

    Au-delà de cette terminologie qui a peut-être le malencontreux effet d’envenimer le débat par la confusion qu’elle engendre, il n’en demeure néanmoins un fait : le dialogue passe mal entre les élus et la population.

    Nos  maires s’expriment

    Tout récemment 3 maires se sont exprimés par des écrits publics. Des papiers dont le témoignage est d’inégale valeur. Un nous révèle pour la première fois, le travail accompli, les orientations de ce travail et une certaine perspective des actions à venir. Un second interroge l’État, interpelle les ministres et veut des réponses. Un troisième, sans révéler rien des enjeux en cours, se lance indistinctement dans un procès à charge contre les citoyens. Ces derniers seraient en grande partie responsables du climat insalubre du dialogue entre les élus et eux. Sans doute parce que les citoyens n’écoutent pas la bonne parole qui leur est prodiguée à chacune des rencontres mensuelles et cela depuis le mois de janvier 2024. Le ton se fait parfois acrimonieux. Ces accusations gagneraient à être nuancées.

    On laisse entendre que si tout va mal, les citoyens en sont responsables. Faudrait-il que ces derniers aient une confiance aveugle en nos élus municipaux dont le mutisme est éloquent, en TES Canada qui ne nous veut que du bien parce qu’il va sauver la planète et le genre humain, et enfin en la CAQ, qui par son bras armé Fitzgibbon, dénigre tout compétence à nos spécialistes de l’énergie pour l’attribuer aux entrepreneurs privés dont la réussite financière devient gage de vérité. Est-ce donc là la marche à suivre qu’on propose aux citoyens? Tout un programme : bandez-vous les yeux, bouchez-vous les oreilles, le temps arrange les choses.

    Les élus ne peuvent simultanément dire que le temps presse et qu’il faut leur donner du temps. Ne serait-il pas plus exact de dire qu’il est urgent qu’ils se donnent du temps. Telle est la fonction du RCI « Le règlement de contrôle intérimaire est donc un outil préventif instaurant un contrôle susceptible d’être ajusté, par une modification ultérieure, à l’issue de la démarche de planification ou de l’examen d’un projet concret »[1]. Le RCI est donc là pour stopper l’action intrusive de TES Canada susceptible d’engager la MRC de manière irréversible, afin que la MRC se dote du temps nécessaire à sa compréhension, une compréhension acquise sans précipitation. Il me semble que ce bout de phrase «  à l’issue de la démarche de planification ou de l’examen d’un projet concret » indique clairement que les mesures permissibles, si elles ont lieu d’être, viennent au terme de l’étude du projet. L’élaboration d’un RCI n’a nullement besoin de connaître « les emplacements exacts des éoliennes », ni d’attendre « l’étude d’impact environnemental complète » comme on l’entend parfois.  Le RCI est une règlementation préventive qui vient en amont de tout projet.

    Pas ou peu de dialogue

    Selon les dires de M. Labranche, maire de Saint-Adelphe, plusieurs des élus sont « usés par les séances du conseil, par les questions répétitives, les accusations gratuites et souvent, le mépris des opposants au projet de TES qui font des amalgames et qui affirment que «tout le monde» pense comme eux ». Nous aussi nous sommes présent à ces séances et croyez bien que le mutisme auquel nous somme confronté nous use également. Si les questions sont répétitives – du fait que les points cruciaux ne sont pas si nombreux – les réponses sont, elles, répétitives, évasives, éludant les questions. Il est tout de même curieux que le projet de TES Canada n’ait jamais été à l’ordre du jour! Si nous n’avions posé aucune question, il est fort probable que nous n’en n’aurions pas entendu parler. Si l’acceptabilité sociale, selon les recommandations du gouvernement provincial, s’acquière lorsque les élus informent et écoutent la population, travaille de concert avec elle, et cela en amont des projets, il faut croire que les citoyens ne peuvent être tenus responsables de cette absence de dialogue.

    Les opposants n’ont pas de mépris pour le projet de TES Canada, ils s’inquiètent à juste titre d’un projet de 130 éoliennes de 200 mètres en zone habitée, et tout particulièrement dans la municipalité de Saint-Adelphe où l’on prévoit entre 20 et 29 éoliennes, voire plus de 45 si on inclut les zones limitrophes des municipalités avoisinantes. Et tout cela avec un RCI répondant plus à la description du projet de TES Canada qu’aux exigences minimales pour la protection de la population dont ce devrait être la principale préoccupation. À titre d’exemple, une distance de 700 à 800 mètres entre ces éoliennes monstres et une résidence est tout simplement indécente.

    Enfin, les opposants n’ont jamais affirmé que « tout le monde pense comme eux », ils portent témoignage toutefois que plusieurs pensent comme eux, et ils enquêtent pour savoir combien pensent comme eux.  Je crois par contre que M. le maire présuppose que plusieurs pense comme lui.

    Les opposants ne croient pas que « les parcs éoliens représentent le mal incarné », par contre ils croient qu’il est mal de les établir dans un milieu habité et qu’il est fou de croire que les nuisances engendrées n’auront pas d’impacts.

    Il y a bien un point toutefois sur lequel nous sommes d’accord avec M. Labranche : « si on se contente de parler sans jamais écouter, on ne s’entendra pas » 

    Pour en finir avec cette neutralité qui dore le blason de la majorité de nos élus, laissez-nous vous dire que pour un regard extérieur – puisque tout est secret sous le couvert de la neutralité –  il semblerait qu’elle « neutralise » avec moins de succès la marche effrénée de TES Canada qui veut s’emparer de notre territoire que celle des citoyens.  Cette neutralité, tout à coup, par une curieuse alchimie, paraît se polariser au contact de TES Canada et irradier dans le même sens?

    Dans le débat social il est intolérable que l’élu tergiverse. Sa fonction exige qu’il prenne position. C’est la raison d’être de sa fonction.

    Gaston Rivard Saint-Adelphe

    Cette lettre est parue également ici :

  • TES Canada: un politicien doit être prudent, mais pas neutre

    TES Canada: un politicien doit être prudent, mais pas neutre

    11 juin 2024 à 04h00

    POINT DE VUE / Lettre de Dany Janvier en réplique à la lettre du maire de Saint-Adelphe, Paul Labranche


    Monsieur Labranche, vous êtes maire de Saint-Adelphe depuis longtemps et vice-président du C.A. d’Énercycle. Dans votre lettre, vous abordez les difficultés que rencontrent les élus municipaux pour tenir des débats constructifs sur des sujets majeurs et sensibles. Vous vous demandez si cela est dû aux réseaux sociaux ou à des institutions municipales inadaptées. Sur ce point, nous sommes d’accord: ces difficultés sont bien réelles, mais admettez que vous y contribuez pour beaucoup. Votre exposé n’est qu’une projection des dysfonctionnements observés dans les rencontres du conseil depuis que le projet de TES Canada menace notre précieux et patrimonial milieu de vie.

    Depuis près de six mois, chaque mois, nous nous rendons au conseil municipal pour nous informer, vous questionner, et même vous proposer des pistes de solutions légales qui seraient facilement applicables, car la production d’énergie sur notre territoire est de compétence municipale. Nous avons fait nos recherches auprès d’experts indépendants, et non seulement auprès du promoteur privé d’une usine à gaz prétendument verte, qui n’est pas du tout rentable sans subventions et crédits d’impôt. Vous semblez aveuglés par ce projet de 4 milliards de dollars, et il semble que la présence de citoyens informés vous dérange. Vous êtes ceux qui délivrent les permis de construction et les changements de zonage ou d’aménagement du territoire. Mais au lieu de vouloir collaborer, vous vous braquez. Les citoyens qui osent se présenter au conseil se sentent infantilisés, ignorés, même méprisés.

    Les séances du conseil sont presque toujours vides, et c’est normal: la population inquiète ne se sent pas représentée par vous. C’est votre show et c’est vous qui décidez. Chaque fois qu’on pose une question à un conseiller, il vous regarde avant de timidement prendre la parole, soumis. C’est honteux. Durant un conseil, on devrait entendre autant sinon plus les conseillers que vous. Vous ne devriez être là qu’en cas de situation à départager ou problématique.

    Vous semblez vouloir tout contrôler: à la période de questions, qui est un temps alloué pour le questionnement des citoyens, vous monopolisez le temps pour tenter de répondre à votre façon à toutes les questions que nous pourrions vous poser au sujet des éoliennes et du projet de TES Canada. Vous démontrez ainsi votre incapacité à écouter les citoyens. Comment pouvez-vous ensuite oser dire que certains citoyens sont arrogants et parlent fort. Miroir, miroir…

    Depuis des mois, je vous pose la même question: «D’après Éric Gauthier, DG de TES Canada, Pierre Fitzgibbon, Michael Sabia et plusieurs autres, le projet ne se fera pas sans l’acceptabilité sociale. Alors comment comptez-vous mesurer cette acceptabilité sociale?» Nous attendons toujours la réponse, car votre réponse est toujours la même: «Nous ne sommes pas assez informés sur le sujet, il y a beaucoup d’étapes avant, nous nous devons de respecter ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Il y a le BAPE (qui est non coercitif, en passant) et la CPTAQ (qui accepte 98 % des projets éoliens), etc.» Nous ne nous sentons pas du tout rassurés avec cette attitude de laisser-aller et de laisser-faire.

    Pourtant, de notre côté, des juristes chevronnés nous expliquent que les municipalités ont tous les mécanismes pour faire des référendums et consulter vraiment la population. La production d’énergie locale est de compétence municipale. Alors pourquoi ne voulez-vous pas faire un référendum?

    Même Guy Veillette, préfet de la MRC voisine, qui est elle aussi concernée par le projet de TES CANADA, l’a déclaré à la rencontre de consultation de la MRC des Chenaux le 5 juin 2024: «On souhaite qu’il y ait des référendums.» Voici un extrait du Nouvelliste: «Une fois les normes minimales établies par une MRC, la balle est dans la cour des municipalités, qui doivent alors déterminer dans quelles zones et de quelle manière les éoliennes peuvent être implantées. Les citoyens des zones touchées et des zones adjacentes peuvent alors se mobiliser pour signer un registre, lequel pave la voie à la tenue d’un référendum si le nombre de signataires est suffisant.»

    Monsieur Labranche, je vous repose la question: pourquoi vous obstinez-vous, sans raison valable, à refuser de prendre le pouls de votre population par un référendum consultatif ou même un véritable sondage mené par une firme indépendante, comme nous vous le demandons depuis des mois ? Pourquoi ce déni total de démocratie? Pourquoi le sujet TES Canada n’a-t-il jamais été mis à l’ordre du jour du conseil municipal?

    Vous vous parez d’une fausse neutralité. Un politicien doit être prudent, mais pas neutre. Depuis que la politique existe, l’un des rôles premiers d’un politicien est d’avoir une vision pour l’avenir, de partager ses idées, ses valeurs, ses orientations. Et là, vous me dites que vous devez être neutre? Quelle blague! C’est d’un ridicule consommé. Je vous ai même demandé lors du dernier conseil, si vous étiez en campagne électorale demain et qu’un citoyen vous demandait ce que vous allez faire avec les éoliennes et TES Canada, eh bien vous avez encore eu l’odieux de répondre: «Je serais neutre, rien de plus, et si on ne veut pas voter pour moi, tant pis…» Voyons donc! Nous croyez-vous dupes? Et là, je vous entends dire: «Si tu n’aimes pas ma réponse, pourquoi me la poser?» C’est grotesque. Vous semblez même vous croire tellement vous jouez bien votre jeu… De là, je réponds: «Êtes-vous vraiment stratégique à ce point ou simplement inconscient?»

    Tout au long de votre lettre au Nouvelliste, vous jouez sans cesse à la victime, quand pourtant c’est vous qui nous agressez. Nous essayons de collaborer avec vous depuis le début, mais tout ce qu’on vous apporte est ridiculisé ou rejeté.

    Vous êtes bien drôle aussi quand vous dites: «Je suis maire de Saint-Adelphe depuis 2001 et jamais auparavant je n’ai assisté à un tel engouement pour un dossier comme celui du projet éolien de TES Canada.» La réponse est simple, monsieur Labranche: c’est normal, même tout à fait normal, car personne n’a jamais vu de projet aussi controversé et potentiellement dévastateur que celui-ci en milieu habité, en plus pour alimenter une usine à gaz privé faussement verte. C’est clairement du jamais vu, et même sur la planète entière, le Québec devrait décarboner si on vous écoute.

    Monsieur Labranche, par votre inaction et votre prétendue neutralité, vous semblez prêt à accepter 29 éoliennes de 7 à 10 MW de 700 pieds de haut sur votre territoire pour que votre municipalité puisse recevoir des chèques de redevance à la pelle. Bien entendu, après cette rentrée de fonds, le reste du développement agro-touristique, agro-économique, la population rurale aussi, etc. sera relégué au second plan. Vous n’imaginez pas une seconde les impacts que ce projet pourrait avoir ici si votre proposition passe. Ne me dites pas que ce n’est pas votre projet, sinon vous auriez un minimum d’écoute, ce que vous n’avez pas. La seule chose que vous semblez avoir pour vos citoyens, c’est du mépris.

    En outre, il est crucial de rappeler que vous et vos collègues n’avez pas été élus sur la base d’un projet d’une telle envergure, qui transformera à jamais notre belle région. Si les plus hautes instances du gouvernement vous dictent une façon de faire, pourquoi ne pas vous appuyer sur votre population qui souhaite participer et soutenir des élus qui les soutiennent en retour? C’est précisément ce que nous demandons depuis le début. Au lieu d’aider une entreprise et une poignée de citoyens en conflit d’intérêts, vous devriez soutenir la population qui se sent menacée par ce projet destructeur et inconsidéré. Si vous nous écoutez et travaillez avec nous, nous serions à vos côtés.

    Cordialement,

    Dany Janvier

    Contre la privatisation du vent et du Soleil dans Mékinac Des Chenaux, RVÉQ

    La lettre a paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/point-de-vue/2024/06/11/tes-canada-un-politicien-doit-etre-prudent-mais-pas-neutre-ZLZOBIOEVNFPJALGZSVOJDJQUI/

  • TES Canada: sacrifier notre environnement au profit d’intérêts privés

    TES Canada: sacrifier notre environnement au profit d’intérêts privés

    Gaston Rivard

    Dans une lettre ouverte intitulée «TES Canada: un projet nécessaire pour le Québec», parue dans Le Nouvelliste du 29 avril 2024, le ministre Pierre Fitzgibbon insiste sur la pertinence du projet de TES Canada, axé sur la production d’hydrogène vert et de gaz de synthèse à l’aide d’énergies solaire et éolienne. Or, certains propos tenus par M. Fitzgibbon sont fort préoccupants.


    M. Fitzgibbon déplore les réserves émises par des universitaires à l’égard du projet. Il rejette du revers de la main toute opinion discordante de la part d’experts dans le domaine et estime que seule l’évaluation réalisée par TES Canada est crédible à ses yeux. À quoi servent alors les analyses indépendantes réalisées par des chercheurs qualifiés? Un projet de cette envergure ne mérite-t-il pas de faire l’objet d’un examen objectif rigoureux?

    En effet, selon une étude sur le projet réalisée par Johanne Whitmore, chercheuse principale à la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal, et Paul Martin, ingénieur chimiste et cofondateur de Hydrogen Science Coalition, le projet est une aberration sur le plan énergétique et un non-sens économique («Le projet de TES Canada durement critiqué», paru dans La Presse le 12 avril 2024). Ces constats sont accablants et trouvent écho auprès d’une trentaine de chercheurs qui se sont exprimés avec éloquence dans une lettre ouverte «La place de la science dans la transition énergétique du Québec» (Le Nouvelliste, 4 mai 2024).

    La chercheuse Johanne Whitmore déplore notamment le manque de transparence et de données probantes pour justifier la pertinence du projet de décarbonation tel que préconisé par TES Canada.

    Par ailleurs, rappelons que, dès l’annonce du projet de TES Canada, M. Fitzgibbon avait insisté sur l’importance de l’acceptabilité sociale. Le projet consiste notamment en l’installation d’environ 130 éoliennes sur des terres en Mauricie. Or, face aux vives réactions observées lors de rencontres municipales et dans des lettres d’opinion, le gouvernement se montre peu sensible aux préoccupations légitimes des citoyens qui subiront les conséquences néfastes liées à l’installation massive d’éoliennes.

    Plusieurs citoyens déplorent entre autres l’opacité qui entoure le projet et l’empressement du promoteur pour faire avancer les choses. Un projet de cette envergure basé sur des ententes conclues à la pièce avec des propriétaires terriens, moyennant une rétribution alléchante, est pour le moins discutable. En fait, une telle démarche consiste essentiellement à «acheter» l’acceptabilité sociale. Source de discorde, cette campagne de promotion bien rodée ne justifie pas pour autant le bien-fondé du projet mis de l’avant.

    Dans l’article intitulé «Jusqu’à 35 km de lignes à construire», paru dans La Presse du 4 mai 2024, on apprend que 13 municipalités (12 selon les données les plus récentes) ont été ciblées pour accueillir les éoliennes et que la zone touchée par le projet s’étend sur plus de 1300 km carrés. De plus, TES Canada devra construire l’équivalent de 35 km de ligne de transport pour permettre à son parc d’éoliennes d’alimenter son complexe d’hydrogène vert et de gaz synthétique à Shawinigan.

    On apprend aussi que Grandes-Piles s’est ajoutée à la liste des municipalités visées initialement. Joyau de la Mauricie, le village de Grandes-Piles est reconnu pour sa route panoramique montagneuse qui longe la magnifique rivière Saint-Maurice. Ainsi, les falaises majestueuses surplombant ce village pittoresque risquent-elles d’être défigurées par la présence d’éoliennes géantes?

    L’atteinte au paysage ne constitue qu’un exemple parmi tant d’autres de l’impact environnemental néfaste de ce projet pour toutes les municipalités de notre région (bruit, proximité des éoliennes, dévaluation des terrains, déforestation, portions de terres publiques et privées sacrifiées, travaux majeurs d’infrastructures, circulation de camions lourds, etc.).

    Selon les experts dans le domaine, les éoliennes ont une durée de vie d’environ 20 à 25 ans. Dans sa lettre ouverte du 29 avril, M. Fitzgibbon a déclaré que le gouvernement pourra exiger la création d’un fonds dédié advenant le démantèlement des éoliennes. Mais dans les faits, si le passé est garant de l’avenir relativement à l’héritage laissé par les entreprises privées, le gouvernement ne sera-t-il pas, malgré tout, mis à contribution pour la réalisation des travaux de démantèlement et, le cas échéant, la remise en état des terres? À qui reviendra la responsabilité ultime compte tenu de tous les impondérables?

    Les instances gouvernementales, désireuses de promouvoir à tout prix l’implantation de divers projets, ne doivent pas perdre de vue les incidences non seulement à court terme, mais aussi pour les années à venir, et ce, pour une vaste portion de notre territoire. Rappelons que les scientifiques œuvrant dans le domaine s’entendent tous pour dire que le processus préconisé par TES Canada est fortement énergivore et est loin d’avoir fait ses preuves. Combien de fois, par le passé, a-t-on déploré les conséquences de décisions d’envergure, lesquelles ont été prises à la hâte et sans tenir compte des impacts négatifs potentiellement importants?

    Le gouvernement est en train de sacrifier nos ressources et notre environnement au profit d’intérêts privés. On ne parle pas ici d’un projet collectif générateur d’énergie renouvelable géré par Hydro-Québec. Le fait de recourir à un argument « vendeur » tel que la décarbonation est un exercice trompeur qui ne vise qu’à jeter de la poudre aux yeux. Le réveil risque d’être brutal au cours des prochaines années.

    Gaston Rivard

    Saint-Adelphe

    Cette lettre est parue également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/point-de-vue/2024/06/07/tes-canada-sacrifier-notre-environnement-au-profit-dinterets-prives-FN6MZ3AMSZFZ5GX5CEL45G57IQ/

  • Arrêtons de confondre prudence et neutralité !

    Arrêtons de confondre prudence et neutralité !

    Isabelle Clément

    Je voudrais réagir aux propos de Caroline Clément Mairesse de Grandes-Piles et préfète de Mékinac et d’Eric Blouin, maire de Sainte-Thècle.

    Tout d’abord, ça fait du bien de lire des élus dire enfin quelque chose. C’est la première fois que ça arrive depuis le début de ce projet. Mieux vaut tard que jamais!

    Je retiens de l’intervention de Caroline Clément sur sa page Facebook et d’Éric Blouin dans son mot du Maire qu’ils reconnaissent que le dossier TES Canada n’a pas été amené à la population de la meilleure façon qui soit et qu’ils se sont sentis coincés. J’entends qu’ils souhaitent un meilleur projet pour leur communauté. Je lis aussi que Caroline Clément trouve difficile de se faire prêter des intentions et que les élus se sentent dans une position difficile. Enfin, je suis heureuse de lire que tous les maires de Mékinac sont contre la privatisation d’Hydro-Québec.

    Je reste en désaccord sur le point de la neutralité. Les élus n’ont pas de devoir de neutralité. Au contraire, ils sont appelés à se prononcer sans cesse sur tous les sujets. Ils vont d’ailleurs bientôt voter sur un nouveau projet de RCI (règlement de contrôle intérimaire). Un vote est une prise de position.

    Chaque résolution prise chaque mois dans nos conseils est une prise de position. Nous agissons toujours dans ce que nous pensons être l’intérêt commun d’une majorité.

    Pourquoi tout d’un coup avec le projet de TES Canada, faudrait-il changer cette manière de faire ?

    Il ne faut pas confondre neutralité et prudence. Or le devoir de prudence, lui, est écrit noir sur blanc dans le code d’éthique des élus municipaux. Avec un projet gigantesque comme celui de TES Canada, on doit errer dans le sens de la prudence. Et la prudence, ce n’est pas la neutralité. Si je suis sur l’autoroute et que je vois un accident au loin, la prudence n’est pas de me mettre au neutre, de lâcher le volant et de fermer les yeux. La prudence, c’est de m’arrêter le plus tôt possible et de me ranger sur le côté de la route. C’est faux de prétendre que la neutralité permet d’avoir une vision équilibrée. La neutralité, c’est l’inaction. C’est donc laisser les autres agir. Et en laissant TES Canada et le gouvernement du Québec agir, on sait exactement ce qui va se passer. La neutralité place les maires et la préfète en position de victimes. Victime des opposants, victime du gouvernement, victime de l’entrepreneur. Mais dans la réalité, ce sont les citoyens qui se retrouvent en position de victimes.

    Les élus parlent par résolution. Quelles résolutions ces élus ont-ils fait passer pour démontrer leurs inquiétudes et défendre leur territoire? Est-ce que le dernier projet de RCI de la MRC fait preuve de prudence ou est-ce qu’il ouvre plutôt toute grande la porte au promoteur ?

    Peut-on dans ces conditions en vouloir aux citoyens de leur prêter des intentions ?

    Les citoyens ont besoin de les entendre, mais surtout de voir que des actions sont posées.

    J’ai été sidérée d’entendre Caroline Clément dire en entrevue à Radio-Canada que même si la population se prononçait par référendum à 100% contre le projet, ça ne servirait à rien contre un gouvernement qui ne veut rien entendre. Comment est-ce qu’on peut être une élue et ne pas reconnaître la légitimité d’un processus démocratique?

    Si le gouvernement de la CAQ veut continuer de piétiner la démocratie pour jouer au valet des grandes entreprises, il faut lui en laisser l’odieux. Le devoir de l’élu est de défendre la démocratie coûte que coûte et de mettre en place des mesures pour la favoriser. Je ne travaille pas pour le gouvernement du Québec : je travaille pour les citoyens.

    Et si le gouvernement continue de se moquer des citoyens, il en paiera le prix bien assez vite.

    En attendant, est-ce que les élus peuvent travailler avec les citoyens ?

    Est-ce qu’ils peuvent sortir de la position de victime ?

    Est-ce qu’ils peuvent cesser d’attendre que tout soit décidé pour eux ?

    Est-ce qu’il est possible de passer à l’action en posant des actions concrètes ?

    Que se passerait-il si tous les élus décidaient de faire front commun non pas pour la neutralité, mais pour défendre les intérêts réels des citoyens ? Dans quel monde vit-on pour qu’une telle évidence ressemble soudain à une utopie ?

    Isabelle Clément

  • Le déni de l’acceptabilité sociale!

    Le déni de l’acceptabilité sociale!

    Claude Rochon

    Compte tenu que, dans l’esprit des citoyens, les maires et les conseillers municipaux ont d’abord été élus pour gérer les responsabilités habituelles de leur municipalité locale et régionale et que selon la FQM «Le rôle premier de l’élu·e est de représenter la volonté des citoyens au sein du conseil municipal tout en agissant dans l’intérêt de la municipalité.»;(1)

    compte tenu qu’en rapport avec l’implantation de gigantesques éoliennes, plusieurs citoyens estiment que la décision des élus dépasserait considérablement le rôle pour lequel ils ont été élus surtout que cette décision pourrait transformer pour plusieurs générations la qualité de vie et constituer des risques importants pour la santé et l’environnement;

    compte tenu que les MRC n’ont confié à aucun expert indépendant la tâche d’informer adéquatement la population sur les enjeux reliés à ce projet et ont délégué ce devoir au seul promoteur;

    compte tenu qu’une grande partie des conseillers et des maires n’ont pas daigné assister aux rencontres organisées par les citoyens pour avoir l’avis d’experts indépendants;

    compte tenu que ce projet compromettrait de façon sérieuse la gestion de notre territoire, tout en dévalorisant nos propriétés et notre immense potentiel récréotouristique;

    compte tenu que la création d’Hydro-Québec a permis d’électrifier les régions éloignées et les rangs peu peuplés à un coût équitable pour tous les citoyens, qu’elle a fait reconnaître notre expertise internationalement et que ce fleuron a nourri notre fierté en plus de nous enrichir;

    compte tenu que, selon plusieurs experts, l’électricité produite par les entreprises privées nous coûte plus cher et que nous, les contribuables, leur payons en plus de généreuses subventions qui, par le biais des profits en découlant, sont souvent exportées à l’étranger alors que ces capitaux pourraient servir à aider directement les municipalités et les agriculteurs; (2)

    compte tenu que ce projet privatiserait nos ressources énergétiques et grignoterait l’infime 2% de notre territoire agricole québécois;

    compte tenu que de confier des projets aux entreprises privées, dans les zones les plus faciles d’accès pour celles-ci, dévaste la minuscule zone habitée du Québec;

    compte tenu que cette façon de procéder nécessiterait la multiplication de lignes de transport dans les zones les plus habitées avec tout ce que ça entraînerait comme inconvénients et mécontentements au niveau des présences de champs électromagnétiques et de la destruction du paysage;

    compte tenu que le Québec possède un immense territoire nordique où il serait possible d’aménager un plan mieux structuré qui éviterait la multiplication de lignes de transport de l’énergie;

    compte tenu que deux éminents spécialistes, Réal Reid et Bernard Saulnier, établissent à plus de 900 TW l’énergie éolienne qu’on peut présentement produire autour et dans les réservoirs actuels d’Hydro-Québec, soit neuf fois plus que les 100 TW dont Québec prétend avoir besoin dans la prochaine décennie; (3) 

    compte tenu que durant les périodes de l’année où nous sommes en surplus d’électricité, nous devons continuer à payer l’électricité inutile à des entreprises privées alors que, si nous étions les propriétaires des éoliennes, nous pourrions les arrêter au besoin tout en prolongeant leur durée de vie;

    compte tenu qu’à chaque fois que notre gouvernement attire de nouvelles compagnies en leur fournissant d’immenses blocs énergétiques à un prix beaucoup moindre que le coût de production de la nouvelle électricité requise, il transfère la facture aux citoyens;

    compte tenu qu’une grande partie de l’hydrogène produite par TES (avec d’immenses pertes d’énergie électrique) servirait à reconstituer, à un prix beaucoup moins compétitif, un gaz qui pollue d’une façon comparable aux énergies fossiles

    compte tenu que ce projet ne tient pas compte du principe de précaution face aux études de plus en plus nombreuses répertoriant de sérieux problèmes de santé humaine et animale reliés en particulier aux infrasons présents jusqu’à plus de 15 kilomètres des éoliennes;

    compte tenu que nos MRC refusent de consulter adéquatement la population en s’appuyant sur une loi disant qu’ils n’ont pas l’obligation de le faire lors de l’adoption d’un RCI (Règlement de contrôle intérimaire);

    compte tenu que ce RCI outrepasse considérablement un changement peu complexe d’un schéma d’aménagement et implique une transformation majeure de la qualité de vie et un risque important de dégradation de la santé de plusieurs générations de citoyens;

    compte tenu que de rassembler environ 300 personnes (2,36 % de la population) pour leur présenter leur projet de RCI et écouter leurs commentaires représente selon notre MRC une consultation publique qui semble suffire à remplir leurs critères d’acceptabilité sociale;

    compte tenu que nos élus préfèrent coopérer avec un gouvernement qui souhaite nous imposer à toute vitesse un projet dénoncé ou peu appuyé par plusieurs experts scientifiques plutôt que d’écouter ceux qu’ils sont censé représenter;

    compte tenu qu’en affirmant que les citoyens pourront s’exprimer lors du BAPE, qui est non décisionnel, nos MRC oublient tous ceux qui ne pourront pas se faire  entendre devant le BAPE et que, par ailleurs, une conclusion d’un BAPE antérieur suggérant à une MRC de faire un référendum n’a pas été entendue;

    compte tenu que les citoyens devraient avoir le droit de se prononcer par le biais d’un référendum pour savoir s’ils souhaitent ou refusent l’implantation d’un projet aussi compromettant pour leur environnement et leur santé;

    nous affirmons que nos MRC n’ont pas respecté un principe minimal d’acceptabilité sociale, qu’elles agissent de façon possiblement légale mais non légitime, ce que nous pouvons qualifier d’abus de pouvoir.

    Cosignataires par ordre alphabétique :

    René Beaudoin, citoyen de Sainte-Geneviève-de-Batiscan

    Bruce Cauchon, citoyen de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ

    Denis Champoux, citoyen de Saint-Adelphe

    Manon Charlebois, citoyenne de Saint-Tite

    Claude Charron, citoyen de Saint-Ferdinand-d’Halifax, Comité des riverains du projet éolien de L’Érable

    Cynthia Cliche, citoyenne de Saint-Maurice

    Jean-Claude Cyr, citoyen de Sainte-Thècle

    Chantal Desaulniers, citoyenne de Saint-Tite

    Robert Desfonds, citoyen d’Hérouxville

    Lina De Rossi, citoyenne de Saint-Stanislas

    Marie Dessureault, citoyenne de Sainte-Thècle

    Bruno Detuncq, professeur retraité de Polytechnique Montréal

    Jean Guilbert, citoyen de Sainte-Maurice, RVÉQ

    Dany Janvier, citoyen de Saint-Adelphe, CPVSMDC, RVÉQ

    Frédéric Krebs, citoyen de Saint-Prosper-de-Champlain

    Jean-Pierre Labbé, citoyen de Saint-Adelphe

    France Laliberté, citoyenne de Sainte-Thècle

    Richard E. Langelier, juriste et sociologue

    Nathalie Lefebvre, citoyenne de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ

    Yves Maurais, citoyen de Saint-Tite

    Louise Morand, membre du RVÉQ

    Lucie Morissette, citoyenne de Saint-Adelphe

    Martine Ouellet, pour Climat Québec

    Mylène Perron, citoyenne de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ

    Claudette Piché, citoyenne de Sainte-Thècle

    Olivier Pouliot, citoyen de Saint-Maurice

    Pierre Pouliot, citoyen de Notre-Dame-de-Mont-Carmel

    Gaston Rivard, citoyen de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ

    Claude Rochon, citoyen de Lac-aux-Sables

    Manon Soulard, citoyenne de Saint-Adelphe

    Alexandre Vaillancourt, citoyen de Saint-Maurice, membre du comité éoliennes St-Luc

    Michèle Verheyden, citoyenne de Lac-aux-Sables

    Références :

    (1) https://fqm.ca/lois-et-obligations-municipales/les-roles-et-responsabilites-des-elus%C2%B7es-et-les-outils-a-leur-disposition/

    (2) https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2024-04-12/production-d-hydrogene-vert/le-projet-de-tes-canada-durement-critique.php

    (3) https://www.ledevoir.com/opinion/idees/807901/idees-developper-production-hybride-reservoirs-hydroquebecois

  • Conférence de Martine Ouellet : « Le détournement de la transition énergétique »

    Conférence de Martine Ouellet : « Le détournement de la transition énergétique »

    4 juin 2024

    Organisé par Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska et Vent d’Élus

    Deuxième d’une série de trois conférences organisées par PCENY et Vent d’élus portant sur la transition énergétique.

    Si vous avez manqué la 1ère conférence de l’IRÉC, c’est par ici :

    À qui profite la privatisation de la filière éolienne ? – Conférence de l’IRÉC – 25 avril 2024

    Cette fois, nous accueillons Martine Ouellet, ingénieure mécanique de formation et détentrice d’un MBA.

    Mme Ouellet a été ministre des Ressources naturelles, députée et cheffe du Bloc québécois. Elle a aussi travaillé à Hydro-Québec pendant près de vingt ans, surtout auprès des grands consommateurs et clients industriels. Martine Ouellet est présentement cheffe de Climat Québec.

    Réf.: https://www.youtube.com/watch?v=L6SsbFe2Ea0

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  • Est-ce que le projet de TES Canada est un bon projet pour notre communauté ?

    Est-ce que le projet de TES Canada est un bon projet pour notre communauté ?

    IMPORTANT

    Par Isabelle Clément et Yvan Bordeleau, conseillers municipaux

    Le projet de TES Canada est un projet complexe qui ne peut pas être réduit à : « est-ce que c’est beau une éolienne ou pas ? »

    Le projet de TES Canada n’est pas un projet comme les autres.

    C’est en effet la première fois au Québec qu’une entreprise privée tente de faire installer des éoliennes en milieu habité sans le faire en partenariat avec sa communauté d’accueil. Un partenariat, comme le mot l’indique, c’est faire des affaires ensemble. C’est connaitre tous les aboutissants et partager les profits.

    Ici, ce n’est pas le cas. Nous sommes plutôt devant une entreprise qui veut amadouer des gens et des municipalités avec des redevances tout en se gardant bien de dévoiler les profits prévus. Les redevances offertes ici sont d’ailleurs largement en-dessous des montants qu’Hydro-Québec offre ailleurs.

    C’est aussi la première fois que de si grandes éoliennes seraient installées au Québec : on parle d’éoliennes de 200 mètres, soit un peu plus que la hauteur de la place Ville-Marie ou plus de trois fois la hauteur de la Place Royale, le plus grand immeuble de Trois-Rivières. Nous n’avons donc aucune idée de l’impact réel de ces éoliennes, car à ce jour, il n’existe pas d’études sur des éoliennes de cette taille. Nous n’avons que la parole de TES Canada qui nous promet que la technologie a évolué et qu’il faut lui faire confiance.

    Mais pourquoi des éoliennes aussi hautes ?

    Parce que nous sommes dans une région qui a été reconnue pour son faible potentiel éolien et qu’il faut donc compenser la faiblesse du vent par des éoliennes plus grandes. Quand on consulte la carte du potentiel éolien publiée sur le site du gouvernement, il est clair que nous n’habitons pas dans une région très venteuse.

    Pourquoi l’entreprise veut-elle construire un parc éolien dans une région habitée qui se distingue pour son manque de potentiel éolien ?

    Changer les lois pour accommoder l’entreprise privée.

    L’entreprise a besoin d’énergie pour faire fonctionner un des plus gros électrolyseurs d’hydrogène au monde. Hydro-Québec a apparemment réservé une tranche de 150 mégawattheures à TES Canada, mais ce n’est pas suffisant pour les projets de l’entreprise.

    Pour répondre à ses besoins, TES Canada s’est dit, pourquoi ne produirions-nous pas nous-mêmes de l’électricité? Les règles actuelles ne permettent pas cela et pour de très bonnes raisons. Tout le monde sait que la nationalisation de l’électricité et la création d’Hydro-Québec ont représenté un moteur essentiel de toute l’économie québécoise depuis le début des années 1960. Or sous le couvert de produire de l’hydrogène « vert » et d’aider à la soi-disant « décarbonation » du Québec, c’est le très lucratif monopole d’Hydro-Québec qui est en train d’être menacé, avec la complicité du gouvernement Legault qui propose de changer la loi. À qui cela profitera-t-il? Pas aux citoyens. Pas à la société québécoise dans son ensemble, mais encore et toujours à des entreprises privées et à des milliardaires.

    Ce projet allume beaucoup de lumières rouges et il est vraiment difficile de les ignorer.

    Il y a eu de nombreux articles publiés par des scientifiques qui ne comprennent pas comment ce projet pourrait être rentable aux prix actuels du marché et sans subventions.

    De plus, une récente étude de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) a démontré que le récent développement de l’éolien a coûté des milliards de dollars aux contribuables et que ce développement est directement responsable de la hausse sur nos comptes d’électricité.

    Il ne faut pas se laisser berner par des mots comme « décarbonation » ou « hydrogène vert ». Ces mots sont destinés à essayer de nous faire avaler ce qui n’est pas acceptable. Ce projet n’est pas « vert ». Il faut savoir qu’en fait la moitié de la production d’hydrogène sera transformé en méthane destiné au réseau d’Énergir et l’autre moitié à une flotte de camions encore inexistante.

    Sous le couvert de l’écologie, des industriels essaient de nous faire accepter un projet qui n’est destiné qu’à les enrichir encore plus. Et vous pouvez être assurés que lorsque des grands industriels s’enrichissent, c’est toujours sur le dos des contribuables.

    Voici un extrait des impacts décrits à la page 27 de l’avis de projet de TES Canada : risque de contamination des sols et de l’eau associée en cas de déversement accidentel lors de la réalisation des travaux de construction; empiétements temporaires et permanents en milieux humides et hydriques; perte localisée de superficies en territoire agricole protégé dans le cadre de l’aménagement du parc éolien; perturbation de la qualité de vie des utilisateurs du territoire lors des travaux attribuables notamment à la circulation, aux poussières, aux vibrations et au bruit de la machinerie; impacts sur les activités récréotouristiques (chasse, villégiature, VTT, motoneige, etc.) …»

    Bonne réflexion et au plaisir de vous rencontrer lors de notre prochain conseil.

    Isabelle Clément et Yvan Bordeleau, conseillers municipaux

    Si vous souhaitez communiquer avec nous, vous pouvez le faire via la page Facebook de « Isabelle Clément, conseillère municipale Hérouxville ».

     *Veuillez noter que cette lettre est le reflet de notre opinion personnelle et n’engage que nous. Nous ne parlons ni au nom du conseil ni au nom de nos collègues.

    Cette publication n’a pas non plus été payée par la municipalité.

  • Entrevue avec Pierre-Olivier Pineau : Projet de loi sur l’énergie

    Entrevue avec Pierre-Olivier Pineau : Projet de loi sur l’énergie

    30 mai 2024

    Rattrapage du 6 juin 2024

    Entrevue de Matthieur Dugal avec Pierre-Olivier Pineau : Projet de loi sur l’énergie

    Écouter le segment débutant à 8 h 16

    Réf.: https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/tout-un-matin/episodes/738201/rattrapage-jeudi-6-juin-2024


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  • La stratégie éolienne d’Hydro-Québec. Avec Jean-Pierre Finet

    La stratégie éolienne d’Hydro-Québec. Avec Jean-Pierre Finet

    30 mai 2024

    Rattrapage du 30 mai 2024

    Entrevue de Alec Castonguay avec M. Jean-Pierre Finet.

    Écouter le segment débutant à 12 h 10

    Réf.: https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/midi-info/episodes/790865/rattrapage-jeudi-30-mai-2024


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