Johanne Withmore et Paul Martin
21 avril 2026
Les auteurs sont Johanne Whitmore, chercheuse principale, chaire de gestion du secteur de l’énergie, HEC Montréal, et Paul Martin, ingénieur en chimie de procédés industriels – hydrogène et gaz de synthèse, Hydrogen Science Coalition.
Cette lettre est parue dans Le Nouvelliste du 2026-04-21. : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/point-de-vue/2026/04/21/projet-mauricie-un-rappel-a-la-realite-JKY5SAUGVNAS3OC46Q5BYHYJLQ/
En résumé, voici les arguments des deux auteurs.
- Le projet d’hydrogène TES Mauricie est présenté comme essentiel à la décarbonation, mais ses réductions de GES ont été revues à la baisse (≈720 000 tonnes) et reposent sur des hypothèses.
- La majorité des réductions dépend d’éléments externes incertains (ex. adoption de camions à hydrogène, infrastructures de ravitaillement), ce qui rend les bénéfices climatiques spéculatifs.
- Une grande part du projet repose sur le remplacement du diesel dans le transport lourd, un secteur où la technologie hydrogène est encore peu développée et coûteuse.
- L’entente entre TES et la MRC de Mékinac exclut justement ces éléments clés de l’analyse, ce qui limite l’évaluation réelle du projet.
- L’hydrogène serait utilisé pour des usages jugés non prioritaires (comme le e-gaz ou le transport), plutôt que dans des secteurs où il est plus pertinent.
- Les pertes d’énergie dans la chaîne hydrogène (production → transformation → usage) réduisent fortement son efficacité globale.
- Les auteurs soutiennent que les 150 MW d’électricité pourraient être mieux utilisés ailleurs (chauffage, industrie existante) pour réduire plus rapidement et efficacement les GES.
- Le projet manque de transparence, notamment sur ses hypothèses économiques et son modèle d’affaires.
Conclusion : une évaluation indépendante, complète et transparente est nécessaire avant de considérer ce projet comme une solution crédible pour le climat.
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