Auteur/autrice : Gaston

  • TES Canada: l’autonomie politique peut-elle être mise en demeure?

    TES Canada: l’autonomie politique peut-elle être mise en demeure?

    Édith Béland, Lac-aux-Sables

    En juin 2025, le promoteur, par l’entremise de sa filiale TES Mauricie H2 inc., a signé une entente avec la MRC de Mékinac, malgré la contestation de plusieurs citoyens.

    L’entente a été paraphée par les élus alors en fonction, avec un seul désistement, celui du maire de Hérouxville, Michel Tremblay.

    Cette entente prévoit notamment que :

    «Le développement et l’exploitation du Projet Mauricie sont sous l’entière responsabilité de TES qui doit veiller à la bonne marche de l’ensemble des aspects de ce projet, y incluant son acceptabilité sociale et le respect des lois applicables. »

    Elle précise également que :

    «La MRC de Mékinac conserve son entière autonomie politique face au Projet Mauricie […] notamment à l’égard de toute question en lien avec :

    1. l’adoption de tout cadre normatif et réglementaire pouvant avoir une quelconque incidence sur le Projet Mauricie;
    2. la prise de toute mesure relative à quelconque aspect environnemental découlant de l’implantation du Projet Mauricie;
    3. la prise de toute mesure en lien avec l’acceptabilité sociale découlant de l’implantation du Projet Mauricie. »

    À la lumière de ces engagements, plusieurs questions demeurent sans réponse.

    Si TES reconnaît que la MRC et les municipalités conservent leur entière autonomie politique, comment expliquer que cette autonomie soit ensuite mise à mal, notamment par des mises en demeure adressées à des municipalités lorsque leurs conseils adoptent des positions qui ne lui sont pas favorables?

    De quel droit TES exige-t-il que le territoire de Mékinac lui soit entièrement ouvert?

    TES reconnaît elle-même, par écrit, l’entière autonomie politique de la MRC en matière d’acceptabilité sociale et de réglementation. Ces engagements peuvent difficilement être conciliés avec des démarches visant à remettre en cause l’exercice de cette autonomie.

    Si TES reconnaît être responsable de l’acceptabilité sociale de son projet, comment expliquer que les référendums tenus dans plusieurs municipalités, les résolutions d’opposition adoptées par des conseils municipaux et les lettres signées par des élus demandant le retrait du projet ne soient pas présentés dans une annexe spécifique au ministère de l’Environnement?

    À l’inverse, pourquoi retrouve-t-on en annexe une résolution complète et détaillée faisant état de l’appui du conseil municipal de Shawinigan, alors que les manifestations démocratiques défavorables au projet ne feraient pas l’objet d’une présentation équivalente?

    L’acceptabilité sociale ne peut être évaluée à partir d’un portrait partiel de la réalité.

    Si les consultations citoyennes ont une réelle incidence sur le développement du projet, comment expliquer que les emplacements des éoliennes aient été maintenus dans des secteurs où les citoyens se sont clairement prononcés contre leur implantation par référendum?

    Est-ce le résultat d’un dialogue à sens unique?

    À mes yeux, les principes inscrits dans cette entente doivent être appliqués dans les faits. On ne peut reconnaître l’autonomie politique des municipalités lorsqu’elle est favorable au projet et la contester ou l’ignorer lorsqu’elle s’exerce démocratiquement contre celui-ci.

    L’acceptabilité sociale exige que toutes les voix soient prises en compte, pas seulement celles qui appuient le projet.

    Les multiples démarches juridiques du promoteur constituent-elles une forme d’intimidation juridique? Soulèvent-elles les caractéristiques d’une poursuite-bâillon?

    Une chose est certaine: le dialogue devient de plus en plus difficile lorsque chaque décision municipale ou chaque prise de position citoyenne risque d’être suivie d’une mise en demeure ou d’une menace de poursuite.

    À chaque nouvelle mise en demeure ou poursuite, le promoteur fragilise un peu plus l’acceptabilité sociale de son propre projet. Le dialogue ne peut pas être à sens unique, pas plus qu’il ne peut se faire sous la menace d’une procédure judiciaire. Lorsqu’un promoteur conteste les décisions des élus, les règlements municipaux et les manifestations démocratiques de la population, il ne construit pas l’acceptabilité sociale : il contribue lui-même à la détruire.

    Cette lettre est également parue dans le Nouvelliste : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2026/08/20/tes-canada-lautonomie-politique-peut-elle-etre-mise-en-demeure-WD764YNFBJBPDFQ3YD7Y4NFIW4/

  • Des éoliennes en forêt : une solution maladaptée à la lutte contre les changements climatiques

    Des éoliennes en forêt : une solution maladaptée à la lutte contre les changements climatiques

    Louise Morand

    En contexte de crise climatique et de perte de biodiversité, les scientifiques experts de la transition écologique sont unanimes pour reconnaitre l’importance de protéger les forêts. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prône « l’arrêt et l’inversion du déboisement d’ici à 2030[1] » pour permettre une absorption à grande échelle du CO2. Le Groupe d’experts en adaptation aux changements climatiques (GEA) recommande de favoriser le reboisement et « d’accélérer la protection des écosystèmes naturels et de la biodiversité pour accroitre notre résilience au climat futur.[2] » Le consortium Ouranos recommande de viser « un objectif de zéro artificialisation des sols.[3] » La professeure émérite de l’Université McGill, spécialiste des changements climatiques et des forêts, Catherine Potvin, note que les forêts partout dans le monde sont en train de mourir. Dansl’urgence où nous sommes, dit-elle, : « Il faut juste aider les forêts à ne pas complètement péricliter[4] ».

    Malgré ces mises en garde, les forêts québécoises sont de plus en plus ciblées pour l’implantation de parcs d’éoliennes géantes. Depuis 2024 seulement, sous prétexte de transition énergétique et de lutte contre les changements climatiques, des dizaines de milliers d’hectares de forêt et de milieux humides ont été déboisés, bétonnés, empierrés, détruits pour accueillir des parcs éoliens. Pour Hydro-Québec, le seul critère déterminant le choix des emplacements pour ses appels d’offres éoliens est la proximité de lignes de transport électrique ayant la capacité d’accueillir de nouvelles charges au meilleur coût possible. Curieusement, les enjeux environnementaux et d’acceptabilité sociale sont absents de ses analyses[5].

    Malheureusement, l’aménagement de parcs éoliens en forêt est une solution maladaptée pour lutter contre les changements climatiques. En effet, le déboisement et la destruction de milieux humides accentuent l’assèchement du milieu forestier, augmentant d’autant sa vulnérabilité face aux incendies et aux infestations d’insectes ravageurs. La minéralisation des sols attribuable à l’empierrement et au bétonnage requis pour aménager les routes et les infrastructures nécessaires aux éoliennes accroît encore le réchauffement et l’asséchement du milieu. En outre, des études ont démontré que le brassage permanent de l’air par les éoliennes contribue aussi à l’assèchement des sols[6]. Et comme les éoliennes entravent le travail des avions de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) et de la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM), qui ne peuvent s’approcher à moins de 600 mètres des tours, cela rend le milieu d’autant plus vulnérable en cas d’incendies ou d’invasions d’insectes ravageurs.

    En multipliant les projets éoliens sans connaitre l’empreinte carbone des éoliennes sur tout leur cycle de vie, le gouvernement et Hydro-Québec travaillent de façon précipitée et aveugle : ils ne tiennent pas compte des émissions de GES liées à l’extraction minière et au transport des composantes des éoliennes depuis la Chine, ni de celles liées à leur production, de la fabrication jusqu’au démantèlement; ils ne tiennent pas compte non plus de la perte de séquestration du carbone forestier dans le sol, des effets du recyclage ou de l’enfouissement des matériaux en toute fin de vie, etc. Il est essentiel de connaître l’empreinte carbone des éoliennes sur tout leur cycle de vie pour évaluer correctement la place qu’elles devraient occuper dans le bouquet énergétique du Québec si l’on veut limiter les émissions de GES et décarboner l’économie.

    Rien n’indique que la multiplication des parcs éoliens dans les forêts et l’habitat d’espèces menacées servira effectivement à la transition énergétique. Le Plan de gestion intégré des ressources énergétiques (PGIRE) présenté par le gouvernement en juin dernier, censé fixer des balises pour réaliser la décarbonation, est, aux dires des experts, un exercice raté. Comme le souligne le directeur scientifique de l’Institut de l’énergie Trottier à Polytechnique Montréal, Normand Mousseau, à propos du PGIRE : Le Plan ne propose « aucun plan [de transition] – investissement, échéancier, réglementation, gestion des risques, etc. [et n]e présente qu’un seul scénario, ce qui ne permet pas de comprendre les choix qui s’offrent aux Québécois ni pourquoi ce scénario a été retenu.[7] ». Il y a tout lieu de croire que l’électricité fournie par les parcs éoliens pourrait en fait servir à alimenter des centres de données ou autres projets énergivores sans lien aucun avec la transition.

    En l’absence d’un plan cohérent de transition énergétique pour la réussite de la décarbonation, la multiplication des parcs éoliens en forêt (comme d’ailleurs en milieu agricole) est une fuite en avant. Il s’agit en fait d’un développement industriel débridé dont les impacts sociaux, économiques et environnementaux sont traités comme des externalités, sans prise en compte des avis des scientifiques concernant la lutte contre les changements climatiques, sans égard pour l’équité sociale, et sans égard même pour la viabilité économique de ce développement. Cela ne peut qu’entraver la réussite de la transition énergétique.

    Il est indéniable qu’en tant qu’énergie renouvelable, l’éolien est appelé à jouer un rôle important dans cette transition. Mais cela, à condition de reposer sur une perspective d’ensemble de l’avenir énergétique du Québec et de la place de l’éolien en particulier pour la décarbonation. C’est pourquoi un moratoire sur le développement éolien au Québec s’impose tant qu’un BAPE générique sur la filière éolienne n’aura pas fait toute la lumière sur ces enjeux.

    Louise Morand

    Regroupement vigilance énergie Québec


    [1] Nations Unies, 2023. Dialogue technique au titre du premier bilan mondial. Rapport de synthèse établi par les cofacilitateurs du dialogue technique. FCCC/SB/2023/9 , p.7.

    [2] Ouranos (2024). Agir dès aujourd’hui pour que le Québec s’adapte à la réalité des changements climatiques qui s’accélèrent. Rapport du Groupe d’experts en adaptation aux changements climatiques (GEA). https://www.ouranos.ca/sites/default/files/2024 05/Rapport_Groupe_experts_adaptation_changements_climatiques_GEA.pdf

    [3] https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/836590/crise-climatique-laisse-entrevoir-avenir-incertain-quebec

    [4] https://www.ledevoir.com/actualites/societe/795590/gaz-carbonique-vers-une-foret-boreale-emettrice-de-carbone-plutot-qu-eponge

    [5] Besoins en électricité – horizon 2029 p.49

    [6] Gang Wang, Guoqing Li, Zhe Liu. Wind farms dry surface soil in temporal and spatial variation Science of The Total Environment, Volume 857, Part 1, 20 January 2023, Pages 159293; Les parcs éoliens assèchent les sols et modifient le climat. Wild beim Wild, 7 février 2025. https://wildbeimwild.com/fr/les-effets-des-parcs-eoliens-sur-lhumidite-du-sol-et-le-climat-local ; Lee M. Miller , David W. Keith. Climatic Impacts of Wind Power. Joule. Volume 2, Issue 12, 19 December 2018, Pages 2618-2632. https://doi.org/10.1016/j.joule.2018.09.009

    [7] Normand Mousseau, COMMENTAIRES | Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques 2026-2050 (PGIRE). HEC webinaire | Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE) – Avis d’experts, 22 juillet 2026, page web, https://energie.hec.ca/wp-content/uploads/2026/07/COMMENTAIRES-Mousseau.pdf

  • Simulations visuelles

    Simulations visuelles

    Emplacements des photographies prises par TES Canada pour ses simulations visuelles

    CONSEIL : Vous pouvez agrandir, réduire, etc. la carte ou l’afficher en pleine page dans google maps

    Si vous préférez que le fond de la carte soit l’image satellite de la région, il suffit de sélectionner cette option dans le bas du panneau latéral gauche dans Google maps. Si ce panneau n’est pas visible cliquez sur l’icone à l’extrême gauche dans le bandeau noir dans le haut de la carte.

    Vous pouvez cliquez sur l’icône de la caméra pour obtenir l’information correspondante : Adresse / localisation; Coordonnées originales; Système de coordonnées original; Latitude / longitude WGS84; Direction de la photographie; Distance focale; Hauteur de prise de vue; Date / heure; Hauteur au moyeu; Longueur de pale; Nombre total d’éoliennes; Éolienne la plus rapprochée; Distance de l’éolienne la plus rapprochée; Source documentaire; Page de référence; Lien vers la fiche officielle (Ce lien ouvrira directement le document de TES Canada à la page de la photographie de la simulation visuelle).

    Tous les emplacements des photographies furent calculés à partir des données trouvées dans l’étude d’impact de TES Canada.

    Important : voir la note sous la carte

    Note

    Les simulations visuelles mises à jour en décembre 2025 présentent de façon répétée la même donnée : « Distance focale : 28 mm ».

    Sous l’hypothèse d’un même capteur plein format, d’un même point de vue, d’images non recadrées et d’une présentation à la même largeur, la taille linéaire d’un objet projeté dans l’image varie approximativement avec la focale. Une éolienne représentée à 28 mm occuperait donc environ 28/50 = 56 % de la taille qu’elle occuperait à 50 mm (50 mm est la référence en visualisation). Elle paraîtrait ainsi environ 44 % plus petite dans la page ou à l’écran. Cette comparaison n’est valide que si le 28 mm du Projet Mauricie est réellement un 28 mm sur plein format; c’est précisément l’information qui manque.
    Une photographie ne peut pas être détachée de sa dimension de présentation. Une vue très large peut parfaitement être utilisée pour montrer le contexte paysager, mais elle ne devrait pas servir à apprécier la taille apparente du projet si elle est réduite à une petite largeur. Les guides spécialisés distinguent d’ailleurs les images de contexte des images destinées à rendre la taille apparente des éoliennes.
    Il serait excessif d’affirmer que les simulations visuelles déterminent à elle seule l’acceptabilité sociale. Toutefois le paysage n’en demeure pas moins l’un des impacts les plus immédiatement compréhensibles d’un parc éolien.

    Simulations visuelles

    Emplacements des photographies prises par TES Canada pour ses simulations visuelles CONSEIL : Vous pouvez agrandir, réduire, etc….
    📅 28/07/2026

    Emplacement des éoliennes et des points de mesure du bruit initial

    Vous pouvez agrandir, réduire, etc. la carte ou l’afficher en pleine page dans google maps Un clic sur…
    📅 18/05/2026

    Emplacement des points de mesure du bruit initial

    Dans la liste ci-dessous, un clic sur le nom du point sonore ouvrira une carte google map avec…
    📅 28/04/2026

    Expropriation déguisée: l’exemple de Saint-Adelphe

    Que faut-il penser du fait que seulement 18 propriétaires ont signé avec TES Canada afin d’accueillir des éoliennes…
    📅 09/09/2025

  • Les experts et leurs limites – Une réflexion du maire de Hérouxville

    Les experts et leurs limites – Une réflexion du maire de Hérouxville

    Par Michel Tremblay

    11 juillet 2026

    Mario Dumont a raison de dire que les experts ont des limites. Il en nomme une bonne : leurs biais personnels et idéologiques.

    Mais il y en a une autre, plus profonde.

    Quand on n’a qu’un marteau comme outil, tous les problèmes ont l’air de clous.

    Ce n’est pas un défaut de caractère. C’est ce qui arrive quand on passe sa vie à maîtriser un seul outil.

    L’ingénieur voit une structure à optimiser, le comptable voit un modèle financier, le biologiste voit un habitat, l’expert du bruit voit des décibels.

    Chacun fait son travail avec compétence, chacun regarde le monde à travers l’outil qu’il maîtrise.

    Alors, quand seize experts concluent chacun que leur partie du projet est acceptable, on additionne seize expertises et on présente le résultat comme une vision d’ensemble.

    Ce n’en est pas une.

    Alexander von Humboldt refusait cette façon de comprendre le monde. Il étudiait un volcan, un courant marin, une forêt et une civilisation comme un seul système. Il savait qu’on peut parfaitement comprendre chaque rouage d’une horloge sans jamais comprendre l’heure qu’elle indique.

    Personne, dans ce processus, n’a le mandat de poser tous les outils sur la table et de se demander ce que l’ensemble produit réellement.

    Et il y a pire que le marteau, il y a la main qui le tend.

    Les gens pensent que le pouvoir est entre les mains de ceux qui donnent les réponses.

    Moi, je pense qu’il est entre les mains de ceux qui écrivent les questions.

    Prenons TES.

    Quand Mallette remet son rapport, plusieurs disent :

    « Les experts ont parlé. »

    Vraiment?

    On ne leur a pas demandé si le projet était une bonne idée pour notre région.

    On ne leur a pas demandé non plus de comparer systématiquement ce projet aux autres façons possibles de décarboner.

    On leur a demandé d’évaluer ce projet, déjà défini.

    Le mandat le dit lui-même. L’analyse porte sur la mise en œuvre du projet tel que défini dans l’étude d’impact environnemental.

    Tel que défini.

    Pas tel qu’il aurait pu être, pas comparé à d’autres scénarios, le chantier est déjà choisi.

    L’expert ne décide pas où construire.

    Il prend simplement le marteau qu’on lui tend.

    Même chose pour les chiffres.

    Mallette précise qu’une partie des données financières provient de TES et qu’elle n’a pas réalisé d’audit de ces données selon les normes canadiennes.

    AtkinsRéalis écrit essentiellement la même chose dans son étude sur les émissions atmosphériques. Une partie des calculs repose sur des données et des hypothèses d’exploitation fournies par TES.

    Ce n’est pas une accusation, c’est une limite.

    Une limite normale dans ce type d’exercice, mais une limite tout de même. Une limite que le citoyen devrait connaître avant de transformer un rapport en vérité absolue.

    Même les sondages racontent la même histoire.

    La même firme.

    Léger.

    Deux mandats.

    Des questions complètement différentes.

    Deux populations différentes, celles qui subissent les impacts dilués dans l’ensemble, pour celui de TES. Pratique quand tu ne l’analyses pas et que tu te promènes en le brandissant en disant « acceptabilité sociale ». Même la préfète Caroline Clément l’a rappelé publiquement : les deux sondages ne sont pas comparables.

    Et pourtant, combien de fois a-t-on entendu :

    « C’est Léger qui l’a fait. »

    Comme si le nom de la firme suffisait à rendre comparables deux exercices qui ne mesurent pas la même chose.

    On a mis les experts sur un piédestal.

    Et un piédestal a un effet étrange.

    Quand quelqu’un est assez haut, on finit par ne plus regarder ce qu’il tient dans ses mains.

    On regarde seulement celui qui le tient.

    Pourtant, les experts ont simplement fait leur travail. Leur vrai mandat, rien de plus.

    Le piédestal, ce n’est pas eux qui l’ont construit.

    C’est nous.

    Parce qu’il est plus confortable de dire « les experts ont décidé » que d’assumer un choix politique.

    Un choix politique se défend.

    Un rapport d’expert se brandit.

    Ce n’est pas la même chose.

    Un rapport peut être techniquement excellent.

    Il peut être réalisé avec toute la rigueur du monde.

    Et malgré tout, passer complètement à côté de la question que les citoyens voulaient qu’on pose.

    Parce que le véritable pouvoir ne se cache pas toujours dans les réponses.

    Il se cache souvent dans les questions.

    Et une fois que les bonnes questions disparaissent, les meilleures réponses du monde ne peuvent plus les faire revenir.


  • Message d’un ancien journaliste de La semaine verte qui était présent à notre rassemblement le 4 et 5 juillet dernier

    Message d’un ancien journaliste de La semaine verte qui était présent à notre rassemblement le 4 et 5 juillet dernier

    Les nouvelles éoliennes qu’on installe sont d’une taille démente! Tout ce qu’on détruit pour les installer est aussi dément!

    Je reviens de la rencontre organisée par la coalition Toujours maîtres chez nous qui lutte contre le projet de TES Canada d’implanter, tenez-vous bien, 133 éoliennes de plus de 200 mètres de hauteur (voir dessin pour avoir une idée) en Mauricie. Une région habitée.

    Pour faire quoi? de l’hydrogène et du gaz.

    Pour qui? Pour Energir, qui veut verdir son gaz, et pour faire rouler d’éventuels camions (voir ce texte d’un chercheuse des HES et d’un ingénieur qui remettent en doute ces débouchés et leur efficacité : https://www.facebook.com/share/1BNJYKFvMr/).

    Je n’ai rien contre le principe d’utiliser le vent pour faire de l’électricité mais pas comme ça ni pour ça!

    Je suis sorti de cette rencontre scandalisé. Encore une fois! Je suivais distraitement le dossier mais là, j’ai reçu une claque.

    J’ai vu des images des installations en train de se faire dans le coin du Temiscouata et les bras m’en sont tombés (https://www.facebook.com/share/r/1D7wSP3QDh/) : des chemins de 100 pieds de large bien compactés et aplanis à la dynamite parce que les pales ne supportent pas les dos d’âne, une implantation de 3 hectares avec une immense dalle de béton pour recevoir l’édifice. C’est hallucinant. J’entendais les réactions des assistants révoltés à la conférence.

    Je viens aussi de lire un texte qui montre bien que, quand toute une région et ses représentants élus s’opposent à un méga projet, Québec l’impose tout bonnement. Québec, dont les décideurs n’ont été élus que par une toute petite partie de la population, ne l’oublions pas.

    C’est franchement inquiétant.

    J’ai dit aux participants que, depuis 46 ans que je m’intéresse à la ruralité au Québec, j’ai pu voir chaque étape de la dépossession des richesses des territoires au profit des grandes entreprises et des grands centres. Transformation alimentaire centralisée, accaparement des semences, centralisation des élevages, etc.

    Ce que vivent les gens de Mauricie, c’est une étape de plus de cette tendance mortifère (pour tous! pas seulement pour la ruralité) qui ne sert qu’à donner du pouvoir à la finance et aux grands actionnaires.

    La lutte, en fait, aurait dû commencer il y a 50 ans.


  • L’horizon appartient à ceux qui le regardent

    L’horizon appartient à ceux qui le regardent


    L’horizon appartient à ceux qui le regardent


  • La ruralité debout devant l’éolien industriel – Un immense merci

    La ruralité debout devant l’éolien industriel – Un immense merci


    La ruralité debout devant l’éolien industriel
    Un immense merci


    Isabelle Clément

    5 juillet 2026

    Je suis de retour à la maison après cette incroyable fin de semaine de mobilisation, d’information et de fête au Camp Val Notre-Dame, à Hérouxville.

    Je suis rentrée le cœur débordant de gratitude. J’écris ces lignes les yeux encore humides de tout ce que j’ai vu, entendu et ressenti.

    J’aimerais tellement pouvoir vous faire vivre ce qui s’est passé là-bas. Facebook, c’est bien. Mais rien ne remplace des êtres humains qui se rencontrent, qui prennent le temps de se parler, qui créent des liens et qui se reconnaissent. C’est d’une puissance extraordinaire.

    Je croyais connaître la force de notre mouvement. Je me trompais. Cette fin de semaine, j’ai compris que quelque chose avait changé. Nous ne sommes plus seulement un groupe de citoyens qui s’oppose à un projet. Nous sommes en train de devenir un véritable mouvement populaire.

    Et la plus grande force de ce mouvement, c’est sa diversité.

    Réunir des centaines de personnes qui ne partagent pas toutes les mêmes opinions politiques, les mêmes parcours ou les mêmes valeurs, mais qui choisissent malgré tout de défendre ensemble leur territoire, c’est une prouesse. Toujours Maîtres chez nous avait déjà réussi cet exploit, mais cette fin de semaine, il a pris une dimension que je n’aurais jamais imaginée.

    Nous avons assisté à des conférences d’une qualité exceptionnelle. Des citoyens passionnés et bien informés, mais aussi des experts (géologue, forestier, biologiste et plusieurs autres spécialistes) sont venus partager leurs connaissances avec rigueur, générosité et professionnalisme.

    La conférence de Tina Daudelin et Etienne Gendron de dimanche matin a été un véritable coup de poing (nous aurons l’occasion d’en reparler).

    J’ai aussi été heureuse de voir que Climat Québec, le Parti Québécois, Québec solidaire et le Parti conservateur du Québec étaient présents. Nous ne serons jamais d’accord sur tout, et c’est normal. Mais, devant un enjeu aussi fondamental que la protection de nos territoires, nous avons trouvé un terrain commun. C’est précieux.

    L’indignation qui anime Toujours Maîtres chez nous est en train de gagner le Québec.

    J’ai parlé avec des gens venus des quatre coins de la province.

    J’ai pleuré en écoutant l’artiste Claud Michaud interpréter « Le Tour de l’île ».

    J’ai serré très fort dans mes bras une dame de Shawinigan qui me confiait ses craintes et ses angoisses.

    J’ai écouté un homme de Thetford Mines me raconter son quotidien entouré de onze éoliennes.

    J’ai dansé avec Fanny et Jules de Saint-Fortunat.

    J’ai ri avec Pierre et bien d’autres.

    J’ai rempli mon carnet de numéros de téléphone.

    Et je reviens avec la tête pleine d’idées.

    Trois ans de lutte, à armes tellement inégales, ça use. Ma vie est bouleversée depuis deux ans et demi. Il y a des jours où le découragement frappe à la porte. Mais des fins de semaine comme celle-ci nous rappellent pourquoi nous continuons.

    Je réalise que notre combat dépasse largement les éoliennes.

    Oui, nous voulons empêcher un projet que nous jugeons aberrant.

    Mais, surtout, nous sommes en train de reconstruire quelque chose qui se perd : une communauté, un sentiment d’appartenance, une solidarité entre des gens qui refusent de laisser d’autres décider de l’avenir de leur territoire.

    Cette fin de semaine, je n’ai pas seulement vu de la résistance.

    J’ai vu naître de l’espérance.

    Merci aux quelque 300 citoyens qui ont répondu à notre invitation.

    Merci à toutes les petites abeilles de Toujours Maîtres chez nous. Votre travail colossal, souvent discret et bénévole, a rendu cette fin de semaine possible. Vous pouvez être fiers de ce que nous avons accompli ensemble.

    Cette fin de semaine m’a rappelé pourquoi nous nous battons. Pas seulement pour des hectares de forêt ou pour préserver un paysage. Nous nous battons pour ce qui nous relie à ce territoire, pour ce qui forge notre identité collective et pour le droit des communautés de choisir leur avenir.

    Je vous laisse avec cette phrase de Pierre Foglia, reprise par Jean-Pierre Sénéchal du GIRAM (Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu), qui résume avec une justesse bouleversante l’essence de notre combat :

    « Dans une culture qui se meurt, on dit que c’est la langue qui meurt la première. On se trompe. C’est le paysage. »

    Isabelle Clément

    Merci à mes deux complices, Michel Tremblay et Yvan Bordeleau, d’être venus à mes côtés au moment où l’émotion m’a rattrapée pendant mon mot de clôture. Votre présence m’a fait un bien immense.


  • Merci à toutes les personnes venues en si grand nombre

    Merci à toutes les personnes venues en si grand nombre


    Merci à toutes les personnes venues en si grand nombre

    Remerciements
    Remerciements

    GRAND RASSEMBLEMENT au Camp Val Notre-Dame À Hérouxville, les 4 et 5 juillet

    Notre week-end vient de se terminer.

    Que de rencontres ! Ouf… ce fut un week-end dynamisant, ressourçant et profondément inspirant.

    Pendant deux jours, nous avons vu des citoyens de partout se rassembler, échanger, apprendre, partager leurs expériences et, surtout, reprendre espoir. Nous avons tissé des liens qui dépasseront largement cette fin de semaine. Cette rencontre portera ses fruits. De nombreuses collaborations sont déjà en marche, de nouvelles amitiés sont nées, des idées ont germé et de petits groupes d’action se formeront un peu partout. Ensemble, nous avons démontré que lorsque les citoyens unissent leurs forces, ils peuvent accomplir de grandes choses.

    Un immense merci à Isabelle Clément, mais aussi à Édith Béland, Robert Lafond, Janie Vachon Robillard, ainsi qu’à toutes les autres personnes qui ont mis la main à la pâte comme de véritables chefs. Organiser un événement de cette envergure demande des semaines de préparation et une équipe de bénévoles extraordinaires. Sans vous, rien de tout cela n’aurait été possible.

    Merci également à toutes les personnes qui se sont déplacées, aux conférenciers, aux élus présents, aux organismes et à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué au succès de cette magnifique fin de semaine.

    Ce n’est qu’un début.

    Le pouvoir des citoyens sera toujours plus fort que le pouvoir de l’argent.



  • La ruralité debout devant l’éolien industriel ! – Mot d’ouverture

    La ruralité debout devant l’éolien industriel ! – Mot d’ouverture


    La ruralité debout devant l’éolien industriel !
    Mot d’ouverture

    La ruralité debout - mot d'ouverture
    La ruralité debout – mot d’ouverture

    4-5 juillet 2026 à Hérouxville :

    Merci d’être là aujourd’hui, merci chaleureusement.

    Aujourd’hui, c’est l’occasion de se retrouver, de se féliciter, de se remercier mutuellement, et de s’encourager.

    L’an dernier, en juin, on s’était retrouvé au colloque intitulé « Repenser l’éolien » pour réfléchir sur les deux modèles de développement éolien :

    1. celui que prône le gouvernement et qui implique le privé, entraînant la privatisation de l’électricité,
    2. celui que nous prônons, propriété à 100% à Hydro-Québec, et en dehors des zones agricoles et habitées.

    Cette année, on se retrouve pour réfléchir sur la ruralité. De quelle sorte de ruralité voulons-nous ? Quelle ruralité voulons-nous léguer aux générations qui suivront?

    1. Voulons-nous une ruralité industrialisée et imposée par des affairistes qui arrivent avec leurs promesses comme le faisaient les colonisateurs au 17e siècle qui offraient des miroirs aux autochtones, une ruralité divisée, meurtrie par des modalités de développement qui inventent une acceptabilité sociale à coup de slogans marketing,
    2. Ou voulons-nous une ruralité forte, autonome, où les terres agricoles sont protégées, où les paysages et le patrimoine sont respectés, où les communautés participent véritablement aux décisions qui façonnent leur avenir, bref où le développement durable se fait non seulement par l’économie mais par un juste équilibre entre économie, environnement et société.

    Est-ce qu’on est des anti-toutes ? Non ! La semaine dernière, j’ai répondu à quelqu’un sur Facebook, dans l’absurde, que je ne suis pas un anti-fraises, ni anti-chapeau, ni un anti-ligne jaune sur les routes, bref j’ai plein de pas-anti-toutes. Je suis pour le développement économique fait d’une manière démocratique, je suis pour la véritable parole des citoyens sur ce qui se passe chez eux, je suis pour le maintien de la nationalisation de l’électricité, etc.

    Est-ce qu’on tient à vivre comme dans le temps d’une paix, sans électricité et avec une bécosse derrière la maison ? Voilà l’argument des faibles, l’argument de ceux qui n’ont pas d’argument. Quoique si on pouvait revenir à la tarte à la farlouche, j’dirais pas non !

    Est-ce qu’on est des pas-dans-ma-cour ? Un éditorialiste écrivait récemment qu’il n’y aura aucun développement au Québec s’il n’y a pas des concessions. On n’est pas en train de parler d’une sablière… On est en train de parler de projets de société, de course aux contrats pour des éoliennes, de décisions prises derrière les portes closes. Les éoliennes proposées par TES Canada, ce ne sera pas des petits poteaux, ce sont des structures de 60 étages de hauteur qui seront, dans nos milieux agricoles et habités, symbole d’une présence imposée, d’un modèle questionnable de développement, des ultra-riches qui s’approprient nos richesses collectives et qui sont des voleurs de vie, promoteurs comme alliances municipales, qui contournent, sous la menace constante de poursuites judiciaires, les règles élémentaires de démocratie et de transparence.

    Ruralité, debout devant l’éolien industriel !

    Debout pour faire respecter nos territoires et nos droits. Bonne fin de semaine, chaleureusement.


  • L’eau potable ne se protège pas à coups de commandites

    L’eau potable ne se protège pas à coups de commandites

    Projets éoliens et protection de l’eau: les promesses de TES Canada


    TES Canada connaît très bien la différence entre de la PUB et de l’information. Si bien, d’ailleurs, qu’il préfère la première, dont il use à outrance, alors qu’il craint manifestement la deuxième, qui l’obligerait à nommer les risques. Sa commandite du 19 juin ramène l’enjeu de l’eau potable à quelques formules rassurantes: impacts temporaires, surtout en construction, effets négligeables en exploitation, mitigation éprouvée.[1] Mais une formule rassurante n’est pas une preuve; c’est seulement une promesse bien emballée pour paraître évidente.

    Un risque peu probable demeure un risque. Et les risques à faible probabilité mais à fortes conséquences sont souvent les plus difficiles à corriger après coup, parce qu’ils sont moins bien anticipés, moins testés et parfois plus étendus qu’on ne l’avait prévu. Certes, on peut indemniser, restaurer partiellement ou compenser. Mais peut-on toujours revenir à l’état initial? Peut-on garantir qu’un puits affecté retrouvera exactement sa qualité, son débit et sa stabilité?

    Le promoteur invoque les études régionales de l’UQTR pour affirmer que les eaux souterraines de la Mauricie seraient bien documentées. Ces études existent, mais elles ne couvrent pas les dix municipalités touchées par le parc éolien de TES Canada. L’étude de l’UQTR portait sur le sud-ouest de la Mauricie, soit la MRC de Maskinongé, Trois-Rivières, Shawinigan et Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Pour les municipalités visées par le projet, la référence régionale pertinente est plutôt le PACES-LAMEMCN — section Mauricie-Est, réalisé par le CERM de l’UQAC en 2022.[2]

    Or, cette cartographie comporte une « mise en garde » importante : ses résultats ont été produits à une échelle régionale afin d’établir un profil hydrogéologique global; des variations locales sont possibles; et des études plus détaillées sont nécessaires pour établir les conditions hydrogéologiques à l’échelle locale, par exemple pour une propriété, une aire d’alimentation, une municipalité ou une MRC.[3] Une cartographie régionale n’est donc pas une garantie site par site. Elle n’établit pas que chaque fondation, chemin d’accès, tranchée de câble, aire de travail ou secteur de circulation lourde sera sans effet sur les eaux souterraines.

    TES Canada utilise donc un procédé bien commode: prendre acte d’une connaissance générale pour la transformer en assurance particulière. Une carte régionale ne remplace pas l’étude d’un puits situé en aval hydraulique. Elle ne remplace pas l’analyse des fractures, des drains, des fossés, des zones de recharge et des chemins préférentiels d’écoulement. L’eau souterraine n’obéit pas aux slogans d’un promoteur. Elle se déplace selon la pente, la géologie, la perméabilité, les couches protectrices, les excavations, les tranchées et les perturbations du sol.

    L’INSPQ, lui, ne fait pas dans la propagande. Dans sa mise à jour sur les éoliennes et la santé publique, l’Institut rappelle qu’il existe peu de données scientifiques sur les effets à la santé liés aux enjeux de qualité et de quantité d’eau potable associés aux éoliennes. Il ajoute que la vulnérabilité des nappes doit être considérée dès le début afin de caractériser les risques, et que les phases de construction et d’exploitation pourraient être associées à des risques potentiels de contamination chimique des eaux souterraines.[4] Ce n’est pas une condamnation du projet mais une mise en garde sérieuse que TES Canada cherche à minimiser par sa publicité.

    Dans une synthèse spécifique, l’INSPQ détaille les sources possibles de contamination: travaux de fouille, excavations profondes, voies d’accès pour véhicules lourds, pose de câbles enterrés, bâtiments, dynamitage possible, stockage d’hydrocarbures, carburants, huiles, eaux usées de chantier et zones de préparation du béton.[5] Voilà ce que la publicité de TES réduit à quelques mots. Mais ce ne sont pas des détails mineurs. Les risques ne viennent pas seulement du mât; ils viennent du chantier entier. Les guides internationaux disent la même chose. L’Agence environnementale d’Irlande du Nord indique qu’un parc éolien peut avoir un impact sur la qualité, la quantité et le régime d’écoulement des eaux souterraines.[6] Natural Resources Wales rappelle que fondations, routes, pistes et tranchées peuvent perturber l’écoulement, réduire l’eau disponible et rendre la nappe plus vulnérable aux fuites ou déversements, même en exploitation.[7]

    TES Canada met de l’avant une distance: aucun puits privé ne serait situé à moins de 640 mètres des éoliennes. Très bien. Mais depuis quand l’hydrogéologie se résume-t-elle à un cercle dessiné autour d’un mât? Un puits peut être plus loin qu’une distance arbitraire et tout de même se trouver dans une trajectoire d’écoulement vulnérable. Il peut être influencé par un chemin, une tranchée de raccordement, une aire de bétonnage, un fossé modifié ou un secteur de drainage. Plus étonnant encore: TES promet une vérification systématique des puits à moins de 500 mètres, tout en affirmant qu’aucun puits privé ne serait à moins de 640 mètres. Si ces deux affirmations sont exactes, TES n’aurait donc aucun puits à vérifier?

    L’expérience québécoise invite aussi à plus d’humilité. Dans le dossier du parc éolien Mont Sainte-Marguerite, le registre du ministère contient un rapport de suivi après travaux des puits privés vulnérables d’approvisionnement en eau potable.[8] Ce rapport mentionne que la qualité de l’eau brute de certains puits privés avait été affectée après les travaux de construction, avec des dépassements de turbidité, de manganèse et de strontium. Même s’il demeure prudent sur la causalité exacte, il contredit l’idée que les risques pour les puits seraient purement théoriques ou toujours négligeables. On peut discuter des causes, des mécanismes et de l’ampleur. Mais on ne peut plus faire comme si la question était imaginaire.

    L’enjeu est donc probatoire autant qu’environnemental. Sans état de référence indépendant, complet et suffisamment long avant les travaux, le citoyen se retrouve devant un mur lorsqu’un changement survient. Son eau devient trouble, son débit baisse, son puits se comporte autrement, et on lui demande de prouver que le chantier en est la cause. Mais comment le prouver si les données d’avant-projet sont insuffisantes, si les paramètres analysés sont trop limités, si le suivi est trop court, ou si les infrastructures connexes n’ont pas été intégrées à l’analyse? Le mécanisme de plainte arrive après le problème. La preuve doit exister avant.

    Voilà pourquoi la population n’a pas à se laisser impressionner par les mots « mitigation éprouvée ». Une barrière à sédiments peut être utile. Un abat-poussière peut être utile. Une limite de vitesse peut être utile. Mais ces mesures ne garantissent pas l’intégrité d’un aquifère. Elles ne décrivent pas la direction des écoulements. Elles ne remplacent pas un suivi piézométrique. Elles ne financent pas automatiquement un puits de remplacement. Elles ne disent pas qui paie l’eau embouteillée, le traitement, l’expertise indépendante, les pertes agricoles ou les travaux correctifs pendant qu’on se dispute sur la causalité.

    La protection de l’eau potable exige autre chose qu’un ton rassurant. Elle exige un suivi avant, pendant et après les travaux, sur plusieurs saisons, par des experts indépendants. Elle exige que les puits vulnérables soient définis selon l’hydrogéologie réelle, en prenant en considération l’ensemble des perturbations apportées au territoire (chemins, fossés, réseau collecteur, etc) et non seulement sur la base d’un rayon mesuré depuis la base de l’éolienne. Elle exige une garantie financière disponible avant le premier coup de pelle.

    Personne ne prétend que chaque éolienne contaminera un puits. Ce serait excessif. Mais il est tout aussi excessif de prétendre que tout est essentiellement sous contrôle parce que le promoteur l’affirme dans une commandite. Faire l’éloge de son produit n’est pas une critique impartiale du produit; il n’y a que le vendeur pour croire une telle chose. Et lorsqu’il s’agit d’eau potable, la confiance ne se décrète pas. Elle se mérite par des preuves, des données publiques, des suivis indépendants et surtout des obligations contraignantes. Le reste n’est que publicité.

    Gaston Rivard, Saint-Adelphe


    [1] TES Canada, « Projets éoliens et protection de l’eau: ce que disent vraiment les faits », Le Nouvelliste, contenu commandité, 19 juin 2026.

    [2] CERM-UQAC, « Lanaudière – Mauricie-Est – Moyenne-Côte-Nord (PACES-LAMEMCN) ». Le CERM indique avoir réalisé, de 2018 à 2022, le projet PACES-LAMEMCN, dont la section Mauricie-Est constitue la première caractérisation régionale des aquifères et des eaux souterraines du territoire municipalisé de l’est de la Mauricie.

    [3] 1) Acquisition de connaissances sur les eaux souterraines – CERM UQAC;
    2) MELCCFP, fiche de métadonnées « Limites régionales des milieux aquifères dans dépôts meubles — MAUE »

    [4] Institut national de santé publique du Québec, « Éoliennes et santé publique : mise à jour 2023 », publication 3468, 2 avril 2024, principaux constats sur l’eau potable.

    [5] Institut national de santé publique du Québec, « L’eau potable et les parcs éoliens », synthèse associée à la publication 3468, 2024, p. 2-4.

    [6] Northern Ireland Environment Agency, « Wind farms and groundwater impacts: A guide to EIA and Planning considerations », avril 2015, notamment le tableau des impacts potentiels sur le régime d’écoulement, la qualité et la quantité des eaux souterraines.

    [7] Natural Resources Wales, « Wind farms and their effects on groundwater: guidance for planning authorities and developers », section « Impact a wind farm can have on groundwater ».

    [8] MELCCFP, Registre des évaluations environnementales, dossier 3211-12-212, Parc éolien Mont Sainte-Marguerite, PR13.1, « Rapport de suivi environnemental – Suivi après travaux des puits privés vulnérables d’approvisionnement en eau potable », juin 2018.

  • Comment bricoler une impression régionale pour effacer un refus local ?

    Comment bricoler une impression régionale pour effacer un refus local ?

    Par Michel Tremblay

    17 juin 2026

    Les chroniques du Maire écoeuré

    Michel Tremblay, maire d’Hérouxville

    Il faut quand même admirer la technique de leur sondage[1]. Quand les citoyens directement touchés disent non, on ne va surtout pas leur redemander la même question trop clairement. Ce serait dangereux. Ils pourraient répondre la même chose.

    Alors on change le décor. On recule l’appareil photo. On prend le projet de loin, très loin, assez loin pour que les éoliennes deviennent de petits cure-dents dans le paysage et que les impacts disparaissent dans le brouillard régional.

    On ne demande plus : « Voulez-vous des éoliennes industrielles dans votre milieu de vie? »

    Non. Trop brutal. Trop honnête. Trop proche du réel. On demande plutôt ce que les gens pensent du « Projet Mauricie ».

    Là, déjà, ça sonne mieux. Ça sent moins le béton, les chemins, les pales, le bruit, les voisins divisés, et plus le slogan sur l’autobus de Trois-Rivières.

    Hydrogène vert. Transition énergétique. Innovation. Retombées économiques. Emplois. Avenir régional.

    Rendu là, si tu réponds non, tu as presque l’air d’être contre les arbres, les enfants, les abeilles et le compost municipal.

    C’est comme si on demandait aux citoyens de Mékinac s’ils sont favorables à la « réhabilitation écoresponsable de la route 153 afin d’améliorer la mobilité durable pour les générations futures ».

    Qui va répondre non à ça?

    Même le nid-de-poule va se sentir coupable.

    Mais dans la vraie vie, on parle peut-être juste d’une route à refaire, avec une facture, des détours, des travaux, des impacts et des choix très concrets. Le vocabulaire vert ne répare pas l’asphalte. Il fait juste faire sentir meilleur le message véhiculé.

    Le problème, ce n’est pas d’être pour l’environnement. Le problème, c’est quand on mélange l’appui à une idée générale avec l’acceptation d’un projet bien précis. Ce n’est pas parce que quelqu’un est favorable à la transition énergétique qu’il accepte automatiquement ce projet-là, à cet endroit-là, dans ces conditions-là.

    Ensuite, on sort le beau gros chiffre : 1 500 répondants en Mauricie.

    Impressionnant.

    Mais le vrai test, ce n’est pas la Mauricie vue à la lorgnette régionale. Le vrai test, c’est Mékinac, là où les impacts vont atterrir. Et là, le beau gros chiffre devient 142 répondants.

    Tout d’un coup, le grand sondage régional arrive les bottes un peu moins solides.

    Pendant ce temps, la MRC a sondé environ 1 200 citoyens de Mékinac et a posé la vraie question : êtes-vous favorables ou défavorables à l’installation d’éoliennes de TES sur le territoire de la MRC?

    Pas une question parfumée au développement durable.

    La vraie question. Et la réponse locale ne va pas dans le sens de TES.

    Et il y a un chiffre qu’on devrait afficher en grosses lettres : dans le sondage de la MRC, seulement 25 % des citoyens disent faire confiance à TES Canada, contre 69 % qui disent avoir peu ou pas confiance. Dans les municipalités qui recevraient des éoliennes, la confiance descend à 23 %. Alors quand TES nous arrive avec son beau sondage régional, il manque une petite note en bas de page : localement, la confiance n’est pas au rendez-vous.

    Il y a aussi la belle question d’association. « Associez-vous le Projet Mauricie aux éoliennes? »

    Quel est le rapport avec l’acceptabilité sociale d’un projet?

    Si je sais qu’il y a des éoliennes dans le projet, je vais les associer au projet.

    Mais ça ne veut pas dire que je les accepte.

    Moi aussi, j’associe les cochons à la boue. Ça ne veut pas dire que je veux aller me rouler dans l’enclos avec eux.

    C’est ça le truc. On prend un oui de reconnaissance et on le fait passer pour un oui d’acceptation.

    On prend une impression régionale et on essaie de la faire passer pour un consentement local.

    On met les beaux mots verts en avant, le gros chiffre sous les projecteurs, et les citoyens directement touchés dans le coin sombre de la salle.

    Mais le refus local n’a pas disparu. Il a été dilué dans une homéopathie statistique.

    Une perception régionale ne peut pas annuler un refus local.

    Éric Gauthier avait donné sa parole. On la reconnaît à peine. Quand l’acceptabilité sociale ne répond pas comme prévu, on ne recule pas. On change la question. On change la définition jusqu’à ce qu’elle dise oui. On ne prend pas de chances, on la dilue dans un bassin régional. C’est ça, la manigance


    [1] Il est question ici du sondage commandité par TES Maurcie (TES Canada) et effectué par la firme Léger en date du 27 mai 2026. Ce sondage intitulé « Notoriété et perceptions du Projet Mauricie, Étude auprès de la population mauricienne »,  se veut en réalité une tentative malheureuse, on pourrait presque dire malhonnête, pour démontrer que les résultats du sondage commandité par la MRC de Mékinac en 15 septembre 2025 seraient devenus obsolètes. En réalité ces 2 sondages ne mesurent pas la même chose. (Cette note est rédigée par Toujours maîtres chez nous)


  • 59 éoliennes autour de chez moi… et 3000 $ pour me faire avaler ça?

    59 éoliennes autour de chez moi… et 3000 $ pour me faire avaler ça?

    Par Dany Janvier

    17 juin 2026

    Dany Janvier, est un citoyen de Mékinac opposé à la privatisation du vent et du soleil dans cette MRC.

    Regardez cette carte. La petite maison au centre, c’est chez moi. Autour? Deux mégaéoliennes à même pas 1 km. Huit à moins de 2 km. 16 à moins de 4 km. 18 à moins de 5 km. 59 à moins de 10 km.

    La maison de Dany Janvier est situé au centre et sera entourée d’éoliennes. (Dany Janvier)

    Et après, certains osent parler du syndrome du «pas dans ma cour».

    Bien sûr que c’est dans ma cour. C’est littéralement autour de ma maison.

    Alors la vraie question est simple: combien de mégaéoliennes de 200 à 210 mètres accepteriez-vous autour de chez vous? 2 à moins d’un kilomètre? Huit à moins de 2 km? 59 à moins de 10 km?

    Parce qu’ici, ce n’est pas une théorie. C’est notre vie. Notre paysage. Nos terres. Nos forêts. Nos milieux humides. Notre paix. Notre maison.

    Et il y a quelque chose qui me préoccupe particulièrement.

    On nous parle de compensations d’environ 3000 $ par année pour les résidences situées à moins de 1,5 km d’une éolienne.

    Mais ces compensations sont censées servir à quoi? À compenser un préjudice. À compenser un impact. À compenser un dommage.

    Alors comment peut-on prétendre qu’une résidence entourée d’une seule éolienne subit le même impact qu’une résidence entourée de plusieurs?



    Comment peut-on justifier qu’une personne qui voit une seule éolienne à proximité reçoive le même montant qu’une autre qui en voit deux à moins d’un kilomètre, huit à moins de deux kilomètres et des dizaines dans toutes les directions?

    Si la compensation est la même, peu importe le nombre d’éoliennes, cela revient à affirmer que l’ampleur des impacts n’a aucune importance.

    Pourtant, tout le monde comprend qu’il y a une différence entre vivre près d’une seule éolienne et vivre au cœur d’un complexe industriel composé de dizaines de machines de plus de 200 mètres de hauteur.

    Une compensation qui ne tient pas compte de l’ampleur réelle des impacts n’est plus une compensation. C’est simplement un montant arbitraire fixé pour acheter l’acceptabilité sociale au plus bas coût possible.

    Et ce qui est encore plus troublant, c’est que depuis le début du projet, ni moi ni ma conjointe n’avons été rencontrés par TES Canada pour discuter des impacts que nous subirions directement.

    Nous ne parlons pas ici d’un petit projet. Nous parlons d’un complexe industriel de 133 mégaéoliennes, l’un des plus importants projets jamais proposés dans notre région.

    Sur ces 133 éoliennes, 59 se retrouveraient dans un rayon de 10 kilomètres autour de ma résidence. Pourtant, personne n’a jugé bon de venir cogner à ma porte. Personne n’est venu nous expliquer les modalités de ces fameuses compensations. Personne n’est venu répondre à nos questions. Personne n’est venu nous démontrer concrètement comment ces promesses seront appliquées.

    Mais on nous demande aujourd’hui de faire confiance au promoteur. La confiance ne se décrète pas. Elle se mérite. Et jusqu’à maintenant, TES Canada a surtout accumulé les zones grises, les changements de discours et les improvisations.

    La Mauricie n’est pas un terrain vague industriel.

    La Mauricie n’est pas une colonie énergétique.

    La Mauricie n’est pas un projet.

    La Mauricie, c’est un milieu de vie.

    Et nous avons parfaitement le droit de refuser qu’on transforme nos paysages, nos terres agricoles, nos forêts et nos milieux humides pour un projet privé dont la viabilité repose sur une multitude de mesures publiques, de crédits d’impôt, de programmes gouvernementaux et d’interventions de l’État.

    On nous répète que ce n’est pas de l’argent public.

    Pourtant, si l’ensemble de ces mesures disparaissait demain matin, combien de ces projets resteraient rentables?

    C’est une question que les citoyens sont en droit de poser.

    Car pendant que les bénéfices seront privatisés, ce sont nos communautés qui devront vivre avec les conséquences du projet pendant des décennies.


  • L’horripilant protocole de calcul du bruit éolien. Episode 9, le Tour de France de l’éolien

    L’horripilant protocole de calcul du bruit éolien. Episode 9, le Tour de France de l’éolien

    https://youtu.be/0zlO0OU_398

    13 juin 2024

    A l’heure où la vidéo prend le pas sur l’écrit, il semble indispensable de présenter les acteurs de terrain, témoins, lanceurs d’alertes sous la forme de mini-vidéos de 3 minutes qui dépoussièrent les idées reçues véhiculées par les partis politiques et une partie de la presse. Ces vidéos participent aux réflexions nécessaires pour que chacun(e) puisse développer son libre arbitre.

    Il est essentiel de parler le langage de citoyenneté . La création de la webTV Youtube « Tour de France des Enr » propose un rendez-vous à la manière d’une série policière parsemée de témoignages. Les résultats du sondage national OpinionWay prennent toute leur place dans ce nouveau dispositif.

    Les thématiques d’intervention

    Explication l’historique, ingénierie éolienne, sondage, la dévastation du biotope à des fins mercantiles… sont autant de thèmes abordés. Le rapport du Conseil économique et social et environnemental présenté le 23 mars préconise au gouvernement une meilleure concertation avec les populations concernant l’industrie éolienne, l’acceptabilité des implantations éoliennes en France. Le sondage Opinionway 2 mars 2022 démontre que 82 % des personnes interrogées sont favorables à la possibilité donner aux communes de s’opposer au nouveau projet de parc éolien après avoir consulté la population par référendum.

    Réf.: https://www.youtube.com/watch?v=0zlO0OU_398

  • Mesdames et messieurs, je tiens à faire une déclaration importante : après mûre réflexion, je suis maintenant proTES

    Mesdames et messieurs, je tiens à faire une déclaration importante : après mûre réflexion, je suis maintenant proTES

    Par Michel Tremblay

    13 juin 2026

    Les chroniques du Maire écoeuré

    Michel Tremblay, maire d’Hérouxville

    « Mesdames et messieurs, je tiens à faire une déclaration importante : après mûre réflexion, je suis maintenant proTES.

    Oui, oui. Complètement proTES.

    Pas un petit proTES gêné, là. Un vrai. Un solide. Un proTES avec le sourire institutionnel, le regard confiant, puis la brochure pliée dans la poche intérieure du veston.

    Pourquoi ce changement? Très simple : j’ai lu les nouvelles, j’ai entendu parler de chasse aux sources, j’ai vu passer l’UPAC (Unité permanente anticorruption ) dans le décor, puis j’ai eu une grande illumination démocratique.

    Dans certains dossiers, il ne faut pas seulement avoir raison. Il faut surtout être du bon bord.

    Et là, je dois dire que depuis que je suis proTES, ma qualité de vie s’est améliorée de façon spectaculaire.

    Avant, quand je posais des questions, c’était compliqué.

    Qui paie si ça tourne mal?

    Qui encaisse si ça va bien?

    Qui reste avec les chemins, les servitudes, les divisions sociales, les paysages transformés et les beaux couchers de soleil passés au mélangeur industriel?

    C’était fatigant.

    Maintenant, je ne pose plus de questions. Je hoche la tête. C’est beaucoup plus reposant.

    Avant, on me caricaturait. Maintenant, je suis visionnaire.

    Avant, on disait que je n’avais pas de colonne. Maintenant, j’ai une posture de collaboration.

    Avant, on me traitait d’imbécile dans des courriels. Maintenant, je suis probablement un partenaire du dialogue territorial.

    Avant, il fallait chercher le faux Paul Ayotte. Maintenant, plus besoin. Quand tu es du bon bord, les faux profils deviennent presque de la biodiversité numérique.

    C’est fou comme le monde devient plus doux quand tu arrêtes de déranger la narration officielle.

    Depuis que je suis proTES, je peux admirer les annonces non subtiles sans que ma pression monte.

    Même à Trois-Rivières, je reste calme.

    Avant, je voyais une grosse opération de séduction politique, économique et médiatique, puis mon détecteur de bullshit partait comme une alarme de char dans un stationnement de centre d’achats.

    Maintenant, plus rien.

    Silence intérieur.

    Paix administrative.

    Mon détecteur de bullshit redescend doucement, comme une belle éolienne dans une vidéo promotionnelle au coucher du soleil.

    Je regarde les annonces, je souris, je respire, puis je me dis : “Comme c’est inspirant, cette spontanéité parfaitement coordonnée.”

    Avant, quand je voyais une opération de relations publiques déguisée en grande évidence collective, je devenais nerveux.

    Maintenant, je comprends.

    Ce n’est pas de la propagande.

    C’est de la pédagogie intensive.

    Ce n’est pas du matraquage.

    C’est de la répétition bienveillante.

    Ce n’est pas une campagne d’influence.

    C’est une météo favorable au progrès.

    Et surtout, depuis que je suis du bon bord, je peux marcher sans regarder derrière moi.

    Avant, je me demandais qui allait me caricaturer, qui allait m’envoyer un courriel fleuri, qui allait me traiter de pas de colonne, qui allait inventer une nouvelle version de mon personnage.

    Maintenant, je marche droit.

    Enfin, droit dans le sens du vent dominant.

    C’est ça, le vrai développement durable : quand ta colonne vertébrale s’adapte à la direction du projet.

    Mais il faut que je fasse attention.

    Parce que depuis que je suis proTES, je commence même à trouver Christine Fréchette sympathique.

    Je sais. C’est inquiétant.

    Je me surprends à écouter la CAQ parler de grands projets avec un calme nouveau.

    Avant, je crispais des dents.

    Maintenant, je me dis : “Ils savent sûrement ce qu’ils font.”

    C’est beau, la confiance.

    C’est doux.

    C’est presque médical.

    Je commence même à apprécier Annie Pronovost, candidate libérale, qui s’en vient nous forcer la main avec élégance.

    Avant, j’aurais trouvé ça antidémocratique.

    Maintenant, je trouve ça structurant.

    Il faut évoluer.

    Comme disait le “p’tit gars de Shawinigan” : “Que voulez-vous.”

    Quand le gouvernement décide pour toi, ce n’est pas nécessairement une perte de pouvoir.

    C’est peut-être une économie de fatigue.

    Plus besoin de s’inquiéter.

    Plus besoin de lire les documents.

    Plus besoin de chercher les petites lignes.

    Plus besoin de se demander si les citoyens ont vraiment leur mot à dire.

    Si on nous force la main, au moins, on n’a plus besoin de la lever.

    C’est reposant, la dépossession quand elle est bien présentée.

    Avant, je me disais : “Un village devrait pouvoir décider de son avenir.”

    Maintenant, je trouve ça un peu lourd.

    Décider, ça vient avec des responsabilités.

    Être décidé par d’autres, c’est plus simple.

    Tu peux rentrer chez vous, ouvrir la télévision, regarder les téléréalités, puis dire : “Bah, il n’y a rien de parfait.”

    Ça, c’est une phrase magnifique.

    “Il n’y a rien de parfait.”

    Avec cette phrase-là, tu peux accepter presque n’importe quoi.

    Un chantier de deux ans?

    Il n’y a rien de parfait.

    Des chemins maganés?

    Il n’y a rien de parfait.

    Des paysages transformés?

    Il n’y a rien de parfait.

    Des citoyens divisés?

    Il n’y a rien de parfait.

    Des décisions prises ailleurs?

    Il n’y a rien de parfait.

    Une démocratie locale mise en mode décoratif?

    Il n’y a rien de parfait.

    C’est une phrase polyvalente.

    C’est le WD-40 de la politique.

    Tu vaporises ça sur n’importe quel malaise démocratique, puis soudainement, ça grince moins.

    Un village qui résiste?

    Un petit coup de “il n’y a rien de parfait”.

    Des citoyens qu’on contourne?

    Un petit coup de “il faut regarder l’ensemble”.

    Un territoire qu’on transforme?

    Un petit coup de “c’est pour l’avenir”.

    Une décision déjà pas mal prise?

    Un petit coup de “on va continuer à consulter”.

    C’est magique.

    Ça ne répare rien.

    Ça lubrifie l’acceptation.

    Même mes inquiétudes ont changé de nom.

    Avant, je parlais de paysage. Maintenant, je dis “intégration visuelle”.

    Avant, je parlais de bruit. Maintenant, je dis “ambiance de transition”.

    Avant, je parlais de poussière. Maintenant, je dis “particules de développement”.

    Avant, je parlais de division sociale. Maintenant, je dis “conversation citoyenne dynamique”.

    Avant, je parlais de chemins maganés. Maintenant, je dis “opportunité de réfection structurante”.

    Avant, je parlais de servitudes. Maintenant, je dis “partenariat spatial de longue durée”.

    Avant, je parlais de forcer la main. Maintenant, je dis “accompagnement décisionnel renforcé”.

    C’est merveilleux, le vocabulaire.

    Ça ne règle rien, mais ça permet de dormir dans un communiqué.

    Et les études du promoteur? Ah, maintenant je les adore.

    Avant, je me méfiais un peu.

    Je me disais qu’une étude commandée par celui qui a besoin que le projet passe, c’est comme demander au renard de faire l’audit du poulailler.

    Mais maintenant, je suis proTES.

    Donc je trouve que le renard a une excellente connaissance du terrain avicole.

    Je suis même rendu enthousiaste devant les consultations.

    Avant, je pensais qu’une consultation servait à écouter les citoyens.

    Erreur de vieillesse.

    Une consultation moderne, c’est beaucoup plus subtil.

    On écoute, on remercie, on reformule, on classe les préoccupations, puis on continue dans la direction déjà imprimée sur la carte.

    C’est efficace.

    Et si un citoyen dit : “On n’a pas été entendus”, on peut lui répondre avec beaucoup de douceur administrative : “Mais oui, vous avez été entendus. Vous n’avez juste pas été retenus.”

    Ce n’est pas pareil.

    Être entendu, c’est poli.

    Être retenu, c’est dangereux.

    Depuis que je suis proTES, je vois le territoire autrement.

    Je ne vois plus un rang. Je vois un corridor d’acceptabilité.

    Je ne vois plus une forêt. Je vois une zone d’optimisation potentielle.

    Je ne vois plus une maison. Je vois un point sensible à accompagner.

    Je ne vois plus un citoyen inquiet. Je vois une perception à gérer.

    Je ne vois plus un village. Je vois une opportunité de communication.

    Je ne vois plus un élu qui résiste. Je vois une ressource humaine à réaligner.

    Et surtout, je ne vois plus de problème. Je vois seulement des enjeux.

    C’est beaucoup moins grave, un enjeu.

    Un problème, il faut le régler.

    Un enjeu, tu peux l’encadrer dans une présentation PowerPoint avec une belle photo de ciel bleu.

    Moi, ce que je trouve formidable aussi, c’est qu’en devenant proTES, je n’ai plus besoin de défendre le gros bon sens.

    Le gros bon sens, c’est dépassé.

    Maintenant, il faut défendre l’avenir.

    Et l’avenir, c’est pratique parce qu’il n’est pas encore arrivé pour se défendre lui-même.

    Tu peux lui faire dire n’importe quoi.

    “L’avenir exige ceci.”

    “La transition exige cela.”

    “Les générations futures nous remercieront.”

    C’est magnifique.

    Surtout que les générations futures ne sont pas encore là pour dire : “Excusez, mais qui a signé ça?”

    Alors voilà.

    Je suis proTES.

    ProTES le matin.

    ProTES le midi.

    ProTES si quelqu’un prend des notes.

    ProTES si quelqu’un fait une capture d’écran.

    ProTES si quelqu’un cherche une source.

    ProTES si quelqu’un trouve que je pose trop de questions.

    ProTES si quelqu’un me traite d’imbécile.

    ProTES si quelqu’un me trouve pas de colonne.

    ProTES si quelqu’un me force la main.

    ProTES même si ma main n’était pas volontaire.

    ProTES avec prudence.

    ProTES avec maturité.

    ProTES avec une belle colonne bien alignée dans le sens du vent dominant.

    Parce qu’un moment donné, il faut choisir ses combats.

    Avant, je voulais comprendre.

    Maintenant, je veux la paix.

    Avant, je voulais vérifier.

    Maintenant, je veux être fréquentable.

    Avant, je voulais protéger mon territoire.

    Maintenant, je veux surtout protéger mon nom dans les courriels.

    Avant, je voulais que les citoyens décident.

    Maintenant, je me dis : “Qu’est-ce que vous voulez, il n’y a rien de parfait.”

    Et franchement, depuis que je suis du bon bord, je découvre une grande vérité politique : il y a beaucoup moins de monde qui te trouve imbécile quand tu répètes ce qu’ils voulaient entendre.

    C’est donc ça, l’acceptabilité sociale.

    Ce n’est pas quand le village accepte le projet.

    C’est quand le projet accepte enfin que tu te taises.

    Oups.

    Je me réveille.

    Désolé.

    J’étais en plein cauchemar. Pendant deux minutes, j’ai cru qu’abdiquer, c’était mûrir. »


  • Trois mythes à déconstruire: TES Canada nous donne maintenant un cours de mythologie

    Trois mythes à déconstruire: TES Canada nous donne maintenant un cours de mythologie

    Gaston Rivard


    TES Canada aime bien « déconstruire » des mythes. C’est son dada. Il y revient sans cesse. Malheureusement il n’a pas la tâche facile : il en voit partout.

    À ses yeux, presque tous les impacts liés au Projet Mauricie relèveraient de la croyance populaire : pollution sonore et visuelle, paysages dévastés, dévaluations, atteintes à la biodiversité, perte de qualité de vie, etc.. Tout cela deviendrait une collection de craintes infondées, presque illégitimes. Son plus grand désir serait donc de nous protéger contre cette fantasmagorie citoyenne.

    Le contenu commandité que TES Canada s’est offert dans Le Nouvelliste le 5 juin 2026, sous le titre « Quand l’hydrogène vert et les transports lourds font équipe », s’inscrit dans cette logique de rééducation. Naturellement, la leçon prend soin de ne pas mentir sur tout. La méthode est plus subtile : partir de faits réels, les isoler de leur contexte, puis les gonfler jusqu’à leur faire dire beaucoup plus qu’ils ne démontrent. Voilà une curieuse manière de combattre des mythes : en en fabriquant de nouveaux.[1]

    Examinons le syllogisme proposé. Des camions à hydrogène existent; le Québec a une stratégie sur l’hydrogène; certains usages pourraient être pertinents; donc le Projet Mauricie est nécessaire. Le raisonnement est commode. Il transforme une possibilité technique en justification générale, puis une stratégie gouvernementale prudente en approbation implicite.

    Confondre démonstration technologique et marché mature.

    Oui, des camions lourds à hydrogène roulent déjà. Hyundai annonce 165 camions XCIENT en Europe, 20 millions de kilomètres cumulés, 63 véhicules en Amérique du Nord et 11 camions au Canada. C’est réel. Mais ce n’est pas un marché mature. À l’échelle du transport lourd, ces chiffres demeurent modestes et liés à des corridors logistiques, à des flottes ciblées, à des partenariats industriels et à des démonstrations encadrées. Quelques camions en Colombie-Britannique ne prouvent ni l’existence d’une demande massive au Québec, ni la pertinence de construire en Mauricie une infrastructure lourde pour l’alimenter.[2]

    Même le sondage cité auprès de transporteurs québécois mérite d’être remis à sa place. Un sondage mesure une perception, pas un engagement d’achat. Il ne dit rien du prix de l’hydrogène, des stations, du coût des camions, de l’entretien ou de la fiabilité. Autrement dit : les camions existent; la demande solvable, stable et suffisante reste à démontrer.[3]

    Présenter l’hydrogène comme le vainqueur naturel du camionnage exigeant.

    TES oppose ensuite deux images simples : l’électrique à batterie pour les trajets courts et légers; l’hydrogène pour les longues distances, les charges lourdes et les délais serrés. L’image est séduisante, mais trop propre pour être vraie. Les camions électriques progressent, les modèles se multiplient et la recharge haute puissance réduit l’avantage traditionnel du ravitaillement à l’hydrogène. L’Agence internationale de l’énergie indique que les camions à batterie devraient demeurer plus avantageux, sur le coût total d’exploitation, que les camions à pile à combustible dans les grands marchés étudiés d’ici 2030. L’hydrogène pourra occuper certaines niches : trajets très intensifs, flottes captives, contraintes particulières. Mais une niche n’est pas une victoire. Et une technologie complémentaire ne devient pas prioritaire parce qu’un promoteur a besoin qu’elle le devienne.[4]

    Transformer une stratégie prudente en chèque en blanc.

    Le troisième mythe est le plus habile. TES rappelle que le Québec s’est doté d’une Stratégie sur l’hydrogène vert et les bioénergies. C’est exact. Mais il oublie le mot qui change tout : complémentarité. Le gouvernement ne présente pas l’hydrogène comme une solution à déployer partout; il l’inscrit en complément de la sobriété, de l’efficacité énergétique et de l’électrification directe. Dans une province où l’électricité renouvelable devient rare et disputée, cette nuance n’est pas décorative. Elle est centrale.[5]

    Le rappel technique est brutal. Produire un kilogramme d’hydrogène par électrolyse exige typiquement 55 à 60 kWh d’électricité. Comme ce kilogramme contient environ 33,3 kWh d’énergie utile sur base PCI (pouvoir calorifique inférieur), on perd déjà environ 40 % à 45 % de l’électricité dès la première étape, avant compression, transport, stockage ou transformation en e-gaz. Voilà pourquoi l’hydrogène devrait être réservé aux usages vraiment difficiles à électrifier, et non brandi comme passe-partout énergétique.[6]

    Même le passage sur la loi de mai 2025 est présenté de manière avantageuse. TES laisse croire qu’une obligation de vente de camions zéro émission serait déjà opérationnelle chez les concessionnaires. Or le ministère de l’Environnement précise plutôt que la loi du 28 mai 2025 permet la mise en place éventuelle d’une norme VZE (véhicule zéro émission) pour les véhicules lourds, dont la réglementation demeure en développement. On est loin d’une obligation claire et actuelle.[7]

    Le grand silence : l’e-gaz.

    Le plus révélateur reste toutefois ce que la publicité met en sourdine. Elle parle beaucoup de camions lourds, mais TES Canada a lui-même indiqué qu’un tiers seulement de l’hydrogène produit serait consacré au transport lourd, les volumes restants devant servir à produire du gaz naturel synthétique, ou e-gaz. On quitte alors l’image séduisante du camion propre pour entrer dans une chaîne beaucoup plus tortueuse : électricité renouvelable, électrolyse, hydrogène, méthanation, injection dans le réseau gazier, puis combustion finale.[8]

    La Hydrogen Science Coalition, dans une analyse du cas TES Canada cosignée par Johanne Whitmore et Paul Martin, estime que 66 % de la production d’hydrogène serait convertie en e-gaz pour injection dans le réseau d’Énergir. Elle évalue les pertes d’énergie de cette chaîne entre 57 % et 73 % selon les usages, et qualifie le procédé d’« aberration énergétique » parce qu’il va à rebours de la recherche d’efficacité dans les transformations d’énergie. Le mot est dur. Il est surtout éclairant.[9]

    Enfin, la question du coût public demeure évacuée. TES aime présenter son projet comme privé. Mais la filière hydrogène baigne dans un environnement de soutien : crédits d’impôt, programmes de transition, crédits de conformité, infrastructures, subventions possibles et mécanismes d’appui. Si le gaz synthétique coûte beaucoup plus cher que les solutions directes, quelqu’un paiera l’écart : le contribuable, le consommateur ou le citoyen.[10] La vraie question n’est donc pas de savoir si l’hydrogène existe. Il existe. Ni s’il pourra servir dans certains camions lourds. Il le pourra probablement. La vraie question est plus dérangeante : faut-il sacrifier des territoires, mobiliser une électricité précieuse et socialiser une partie des coûts pour produire massivement un vecteur moins efficace que l’électrification directe dans plusieurs usages? TES ne déconstruit pas des mythes; il en construit un nouveau. Quelques camions deviennent une demande assurée. Une stratégie prudente devient une approbation générale. Et un projet largement destiné à l’e-gaz se drape dans l’image plus vendeuse du transport lourd décarboné. C’est cette mise en scène qu’il faut refuser.


    [1] Le Nouvelliste, contenu commandité par TES Canada, « Quand l’hydrogène vert et les transports lourds font équipe », 5 juin 2026.

    [2] Hyundai Motor Europe, communiqué du 5 février 2026; Hyundai Translead, communiqué du 19 mai 2026 sur le lancement commercial de XCIENT Fuel Cell au Canada.

    [3] Transport Routier, sondage auprès des membres de l’Association du camionnage du Québec, mars 2025.

    [4] Agence internationale de l’énergie, Global EV Outlook 2025, section sur les véhicules lourds électriques et les véhicules à pile à combustible.

    [5] Gouvernement du Québec, Stratégie québécoise sur l’hydrogène vert et les bioénergies 2030.

    [6] Gouvernement du Québec, page « Hydrogène vert », mise à jour le 26 janvier 2026; U.S. Department of Energy, Alternative Fuels Data Center, « Fuel Properties Comparison ».

    [7] MELCCFP, « Norme véhicules zéro émission (VZE) » : la page précise que la norme pour véhicules lourds découle de la loi sanctionnée le 28 mai 2025 et que sa réglementation est en développement.

    [8] TES Canada, « TES présente le Projet Mauricie », communiqué du 10 novembre 2023.

    [9] Johanne Whitmore et Paul Martin, Hydrogen Science Coalition, Conversion d’électricité en gaz — Étude de cas de TES Canada, avril 2024, mise à jour mai 2024.

    [10] Whitmore et Martin, même rapport, notamment les passages demandant de préciser les incitatifs gouvernementaux ou publics pouvant soutenir la viabilité économique de la chaîne de valeur.

    Gaston Rivard

    Saint-Adelphe

    Cette lettre est une réponse au  contenu commandité que TES Canada s’est offert dans Le Nouvelliste le 5 juin 2026, sous le titre «Quand l’hydrogène vert et les transports lourds font équipe»

    La lettre a paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2026/06/11/trois-mythes-a-deconstruire-tes-canada-nous-donne-maintenant-un-cours-de-mythologie-XW7D7UOW6NA2NBSKM4ZJYCGDXM/


    Trois mythes à déconstruire: TES Canada nous donne maintenant un cours de mythologie

    Gaston Rivard TES Canada aime bien « déconstruire » des mythes. C’est son dada. Il y revient sans…

    Hydrogène: une énergie d’avenir, mais à quel prix d’efficacité?

    Michel Tremblay 26 mai 2026 2026-04-29 Bon, je sais, Jancovici n’est pas un scientifique de TES. Les proTES…

    Projet Mauricie: la décarbonation ne peut pas servir d’alibi à l’inefficacité énergétique

    Pierre Pouliot 29 avril 2026 Depuis le début, le Projet Mauricie de TES Canada est présenté comme une…

    Projet Mauricie: un rappel à la réalité (Johanne Whitmore et Paul Martin)

    Johanne Withmore et Paul Martin 21 avril 2026 Les auteurs sont Johanne Whitmore, chercheuse principale, chaire de gestion…

    POUR EN FINIR AVEC LA PRÉTENTION DE TES CANADA À DÉCARBONER

    26 mars 2026 La décarbonation est au cœur du projet de TES Canada et la raison d’être du…

    TotalEnergies ne croit plus à l’hydrogène pour décarboner la mobilité lourde

    Croire que, parce qu’on crée une offre, il y aura une demande, ce n’est pas vrai. Le géant…

    TES Canada : un appel à la transparence

    2 janvier 2024 TES Canada a prévu installer son électrolyseur d’hydrogène dans le parc industriel de Shawinigan. Le…

    La physique l’emporte, l’hydrogène perd

    19 juillet 2025 Combien de fois avons-nous entendu dire que les voitures à hydrogène étaient « l’avenir » ? Cet avenir s’effondre depuis…

    Comment les fuites d’hydrogène contribuent au réchauffement climatique

    TES Canada contribuera-t-il vraiment à la décarbonation du Québec? On parle souvent de l’hydrogène comme d’un futur carburant…

    L’hydrogène n’est pas la réponse : 0,7 à 1,5 milliard de tonnes de CO2 en feraient une responsabilité climatique – CleanTechnica

    Réf. : Version originale sur : cleantechnica.com Michael Barnard Traduit par Google Version originale L’hydrogène n’est pas la réponse…

  • LE SOUTIEN POPULAIRE NE SE FABRIQUE PAS EN UNE NUIT

    LE SOUTIEN POPULAIRE NE SE FABRIQUE PAS EN UNE NUIT

  • Pouvoir, Argent et Trahison: la création d’Hydro-Québec

    Pouvoir, Argent et Trahison: la création d’Hydro-Québec

    https://youtu.be/g0bzbwvl-5k

    Le 1er mai 1963, après des années de débat, le Québec achève enfin la nationalisation de l’électricité sur son territoire. Alors que les banques canadiennes refusaient de prêter au Québec, comment Jean Lesage, René Lévesque et Jacques Parizeau ont-ils réussi à trouver l’argent nécessaire? Aujourd’hui, 7 jours sur Terre revisite l’histoire d’une des épopées les plus marquantes de la Révolution tranquille.

    Texte et narration: Benjamin Tremblay

    Recherche: Joshua Ménard-Suarez

    Réf.: https://www.youtube.com/watch?v=g0bzbwvl-5k

    Voir également : René Lévesque – Nationalisation de l’électricité au Québec (1962)

  • La ruralité debout devant l’éolien industriel

    La ruralité debout devant l’éolien industriel


    À Hérouxville, les 4 et 5 juillet

    La ruralité debout

    GRAND RASSEMBLEMENT au Camp Val Notre-Dame !

    Chers citoyens de Mékinac et des Chenaux qui vous battez contre TES Canada depuis plus de deux ans.

    Chers Québécois qui luttez dans vos régions pour protéger vos terres agricoles, vos forêts et vos communautés,

    Nous, les ruraux, allons nous tenir debout face au développement de l’éolien industriel imposé à nos territoires.

    Cette fin de semaine sera l’occasion de nous retrouver, d’échanger et de nous mobiliser afin de :

    • Réseauter entre les différents comités citoyens et groupes de résistance du Québec
    • Assister à des conférences et panels de discussion (plus d’une vingtaine de conférenciers)
    • Partager nos expériences, nos stratégies et nos espoirs pour l’avenir de nos communautés
    • Danser et nous rassembler autour d’un feu de camp avec un DJ
    • Renforcer les liens entre les citoyens engagés partout au Québec

    Hébergement sur place disponible le samedi soir au coût de 30 $ par personne.

    Veuillez communiquer directement avec le Camp Val Notre-Dame pour réserver votre place. 418 365-5554

    180 places disponibles

    Cafétaria sur place

    Pour les participants venant de loin, il sera possible d’arriver dès le vendredi.

    • Les familles sont les bienvenues ! Enfants gratuits
    • Programme complet à venir. Les activités débuteront à 11 h le samedi pour se terminer au dîner dimanche.

    Billet 25 $ en pré-vente pour le week-end par personne

    (40 $ à la porte la journée même de l’événement)

    Pour un complément d’information et vous inscrire : https://www.zeffy.com/…/la-ruralite-debout-devant…

    Les 4 et 5 juillet, faisons entendre la voix de nos communautés rurales.


  • Hydrogène: une énergie d’avenir, mais à quel prix d’efficacité?

    Hydrogène: une énergie d’avenir, mais à quel prix d’efficacité?

    Michel Tremblay

    26 mai 2026

    2026-04-29

    Bon, je sais, Jancovici n’est pas un scientifique de TES. Les proTES vont sûrement s’empresser de le démolir pour cette raison. Mais pour ceux qui veulent comprendre un peu mieux ce qu’est l’hydrogène, cette vidéo reste très instructive.

    https://www.youtube.com/watch?v=CoLL1O94mVA

    (https://www.youtube.com/watch?v=CoLL1O94mVA).

    Et c’est justement pour ça que c’est intéressant.

    Il ne parle pas de politique locale. Il ne parle pas de nos rangs, de nos terres, de nos municipalités ou de nos référendums.

    Il parle d’hydrogène.

    De physique, de rendement et de pertes d’énergie.

    Et c’est là que ça devient utile pour comprendre le dossier TES.

    L’hydrogène n’est pas une source d’énergie. C’est un vecteur énergétique.

    Autrement dit, il faut d’abord produire de l’électricité, utiliser cette électricité pour fabriquer de l’hydrogène, ensuite le comprimer, le stocker, le transporter, puis parfois le reconvertir en énergie utile.

    À chaque étape, on perd de l’énergie.

    C’est là que le mot « vert » devient insuffisant.

    Parce qu’un projet peut utiliser de l’électricité renouvelable et quand même représenter un mauvais choix énergétique si cette électricité pouvait être utilisée plus efficacement ailleurs.

    Et ce n’est pas seulement l’opinion de Jancovici. Plusieurs analyses sérieuses vont dans le même sens.

    L’hydrogène vert peut avoir sa place.

    Mais pas partout.

    Pas comme solution miracle.

    Pas comme réponse automatique dès qu’on colle le mot « vert » sur un projet.

    Les spécialistes convergent surtout sur une idée simple. L’hydrogène est plus pertinent dans les usages difficiles à électrifier.

    Pour l’acier, pour certains procédés industriels, pour l’ammoniac, pour certains carburants spécialisés et pour des usages où l’électricité directe ne fait pas bien le travail.

    Mais quand l’électricité directe peut faire le travail, le détour par l’hydrogène devient beaucoup plus discutable.

    Parce que ce détour a un coût.

    Un coût énergétique, un coût d’infrastructure, un coût territorial, et un coût d’opportunité.

    Dans le dossier TES, c’est exactement la question qu’on devrait poser.

    Combien d’électricité propre entre dans le projet?

    Combien d’énergie réellement utile en ressort?

    Quels usages finaux seront servis?

    Quelle part ira à des besoins industriels réellement difficiles à électrifier?

    Quelle part servira plutôt à prolonger une logique gazière sous une nouvelle couleur?

    Parce que le vrai débat n’est pas seulement de savoir si l’hydrogène peut être produit proprement.

    Le vrai débat est de savoir s’il est intelligent d’utiliser autant d’électricité propre, autant de territoire, autant d’infrastructures et autant d’acceptabilité sociale locale pour fabriquer un vecteur énergétique moins efficace que l’électrification directe dans plusieurs usages.

    TES ne devrait pas seulement nous dire que son hydrogène est vert.

    TES devrait démontrer que son projet est le meilleur usage possible de cette électricité, de ce territoire et de cette capacité collective.

    Parce qu’une belle promesse de décarbonation ne remplace pas un bilan énergétique.

    Une comparaison sérieuse avec les alternatives.

    Une preuve claire des usages finaux.

    Et une démonstration que les impacts imposés au territoire sont justifiés par un bénéfice réel.

    Un mot vert ne remplace pas une preuve.

    Sans cette démonstration, on ne nous présente pas une solution.

    On nous demande de croire à une histoire.

    Ah, et je n’ai même pas parlé de toute l’énergie nécessaire pour amener le projet de zéro jusqu’à la production.


    Jancovici et l'Hydrogène
    Jancovici et l’Hydrogène

    Trois mythes à déconstruire: TES Canada nous donne maintenant un cours de mythologie

    Gaston Rivard TES Canada aime bien « déconstruire » des mythes. C’est son dada. Il y revient sans…

    Hydrogène: une énergie d’avenir, mais à quel prix d’efficacité?

    Michel Tremblay 26 mai 2026 2026-04-29 Bon, je sais, Jancovici n’est pas un scientifique de TES. Les proTES…

    Projet Mauricie: la décarbonation ne peut pas servir d’alibi à l’inefficacité énergétique

    Pierre Pouliot 29 avril 2026 Depuis le début, le Projet Mauricie de TES Canada est présenté comme une…

    Projet Mauricie: un rappel à la réalité (Johanne Whitmore et Paul Martin)

    Johanne Withmore et Paul Martin 21 avril 2026 Les auteurs sont Johanne Whitmore, chercheuse principale, chaire de gestion…

    POUR EN FINIR AVEC LA PRÉTENTION DE TES CANADA À DÉCARBONER

    26 mars 2026 La décarbonation est au cœur du projet de TES Canada et la raison d’être du…

    TotalEnergies ne croit plus à l’hydrogène pour décarboner la mobilité lourde

    Croire que, parce qu’on crée une offre, il y aura une demande, ce n’est pas vrai. Le géant…

    TES Canada : un appel à la transparence

    2 janvier 2024 TES Canada a prévu installer son électrolyseur d’hydrogène dans le parc industriel de Shawinigan. Le…

    La physique l’emporte, l’hydrogène perd

    19 juillet 2025 Combien de fois avons-nous entendu dire que les voitures à hydrogène étaient « l’avenir » ? Cet avenir s’effondre depuis…

    Comment les fuites d’hydrogène contribuent au réchauffement climatique

    TES Canada contribuera-t-il vraiment à la décarbonation du Québec? On parle souvent de l’hydrogène comme d’un futur carburant…

    L’hydrogène n’est pas la réponse : 0,7 à 1,5 milliard de tonnes de CO2 en feraient une responsabilité climatique – CleanTechnica

    Réf. : Version originale sur : cleantechnica.com Michael Barnard Traduit par Google Version originale L’hydrogène n’est pas la réponse…

  • Zone à accès restreint sous une éolienne

    Zone à accès restreint sous une éolienne


    Zone d'accès restreinte

    Ce document Zone à accès restreint sous une éolienne de Jean-Luc Dion et Richard Langelier met en lumière un enjeu souvent sous-estimé dans le développement des parcs éoliens : la création de zones à accès restreint autour des éoliennes, particulièrement en territoire agricole, forestier et acéricole.

    Les auteurs rappellent que les éoliennes industrielles comportent des risques reconnus, notamment la projection de glace, la chute de débris, les bris mécaniques et les bris de pales. À partir de recommandations de fabricants, d’organismes de santé, de l’Association canadienne de l’énergie renouvelable et de la Fédération québécoise des municipalités, le document démontre que les périmètres de sécurité peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres autour d’une éolienne.

    Cette réalité soulève un problème majeur : lorsqu’une éolienne est implantée sur une terre agricole ou forestière, la zone de risque peut déborder sur les lots voisins et restreindre l’usage normal de propriétés dont les propriétaires n’ont pas consenti au projet. Les auteurs insistent particulièrement sur les impacts pour les producteurs agricoles et acéricoles, qui doivent pouvoir accéder à leurs terres en tout temps, notamment lors des périodes de redoux où le risque de chute ou de projection de glace peut être accru.

    Le document présente aussi un cadre juridique appuyant la nécessité pour les municipalités et les MRC d’agir en prévention. Il invoque notamment la sécurité des personnes, le droit à la jouissance paisible des biens, les principes de prévention et de précaution, la protection du territoire agricole, les pouvoirs municipaux en matière de sécurité et de nuisances, ainsi que la responsabilité civile liée aux troubles de voisinage.

    Enfin, les auteurs proposent que les municipalités exigent que toute éolienne, ses infrastructures et son périmètre de sécurité soient situés entièrement à l’intérieur de la propriété du propriétaire qui accueille l’éolienne. L’objectif est clair : assurer que le développement éolien ne se fasse pas au détriment de la sécurité publique, du droit d’accès aux terres et de la pleine jouissance des propriétés voisines.

    Consulter le document Zone à accès restreint sous une éolienne