Auteur/autrice : Gaston

  • Projet Mauricie: comment peut-on se faire entendre de nos élus?

    Projet Mauricie: comment peut-on se faire entendre de nos élus?

    Pierre Germain

    Une pétition signée par plus de 900 personnes à Sainte-Thècle est-elle suffisante pour trouver une oreille attentive auprès de nos élus municipaux?

    Enfin un peu de transparence à la réunion mensuelle de la MRC de Mékinac qui est démontrée par la nouvelle préfète, Caroline Clément. Tout en limitant le droit de parole des citoyens en indiquant que certains sujets étaient proscrits pour la période des questions, elle a indiqué très clairement que les dix maires qui siègent au conseil de la MRC avaient décidé de faire front commun en adoptant une neutralité en ce qui concerne le dossier des éoliennes. Même si ce n’est pas avoué publiquement, il est facile de constater le même engagement pour les élus municipaux.

    Pourquoi un front commun et une neutralité pour un tel projet?

    Le Projet Mauricie de TES Canada pourrait avoir une incidence telle sur la région qu’il ne peut être de la seule responsabilité des dix maires en fonction. Ceux-ci seront appelés à voter pour un règlement qui encadrera l’implantation des éoliennes dans la MRC de Mékinac.

    Puisqu’aucun élu n’a reçu un mandat pour la gestion et l’encadrement d’un tel projet, n’aurait-il pas été judicieux de suivre un processus rigoureux d’information de la population par des experts indépendants? Face à cette absence d’information pilotée pas nos élus, les citoyens se sont organisés pour collecter l’information pertinente auprès d’experts indépendants, d’universitaires et de citoyens ayant une expérience concrète sur le sujet.

    Bien sûr que la population est inquiète, très inquiète. Ce qui peut mener à des débordements émotifs. Toutefois, plusieurs citoyens ont la tête froide, sont articulés, respectueux, mais ils se voient refuser l’accès à leurs élus, ce qui ne peut qu’envenimer le climat. Quand les gens sont inquiets, la meilleure façon d’empirer la situation est d’agir comme les élus le font.

    Depuis plusieurs mois maintenant, des citoyens détenant une expertise diversifiée, demandent et offrent une saine collaboration avec les élus. Des citoyens ont déposé trois projets de règlement de contrôle intérimaire (RCI) auprès de la MRC, démontrant clairement leur volonté de collaborer avec les élus afin de trouver la bonne réglementation spécifique à notre région. Une telle approche a déjà été réalisé par d’autres régions.

    De plus, à la dernière réunion du conseil de la MRC de Mékinac, une pétition contre le Projet Mauricie contenant 900 signatures (sur 2241 électeurs) de citoyens de Sainte-Thècle, enfants et amis des résidents et personnes intéressées à la municipalité a été déposée. La collecte de signatures se poursuivra encore quelques semaines, soit auprès des personnes absentes lors de notre passage ou avec l’arrivée des villégiateurs. Nous pouvons affirmer que la très grande majorité des gens contactés ont signé la pétition pour manifester leur opposition à l’implantation d’éoliennes privées et gigantesques sur leur territoire.

    Est-ce que ces actions justifient de maintenir un front commun de neutralité ou bien elles démontrent une grande ouverture à la collaboration afin d’éviter qu’une décision hâtive aux conséquences irréversibles ne soit prise à l’encontre de la volonté des citoyens.

    La volonté exprimée par les citoyens respecte l’encadrement disponible, que ce soit notamment les orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT), le principe de précaution de la Loi sur le développement durable ou la protection des terres agricoles édictée dans la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles.

    À défaut de procéder à une consultation exhaustive de la population par un référendum, il est essentiel que le conseil de la MRC respecte les principes de prudence et de précaution en adoptant un RCI plus contraignant afin d’éviter les conséquences néfastes pour la santé des citoyens, des animaux de ferme et de la faune, tout en protégeant adéquatement les terres agricoles.

    Est-ce que les maires qui auront à décider pour le RCI vont se donner les moyens de connaître la volonté de la majorité de leurs concitoyens au regard de ce projet?

    Est-ce que notre maire va entendre l’opinion de la majorité de ses concitoyens?

    Ou bien, est-ce que la neutralité permettra l’adoption d’un RCI permissif à l’avantage du promoteur pour lequel nous, les citoyens, aurons à subir les conséquences irréversibles en se disant: j’aurais donc dû…

    Pierre GermainSainte-Thècle

    La lettre a paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/05/25/projet-mauricie-comment-peut-on-se-faire-entendre-de-nos-elus-2FGTYI7RDZAXJFOPLNUCDEJE3I/

  • Malartic

    Malartic

    24 mai 2024

    Dix ans après l’ouverture de l’énorme mine d’or à ciel ouvert de Malartic, le miracle économique attendu n’est plus que mirage. Constatant l’écart criant entre le déclin de la ville et la richesse de la compagnie minière, le réalisateur Nicolas Paquet révèle les rouages d’un système décisionnel opaque où la population citoyenne n’a pas voix au chapitre. Entre étude anthropologique et enquête au cœur du pouvoir, Malartic pose la question universelle de la gestion démocratique du territoire.

    Durée: 1h28

    Réf.: Malartic


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  • Un nouveau concept: l’acceptabilité sociale, mais sans consulter la population

    Un nouveau concept: l’acceptabilité sociale, mais sans consulter la population

    Gaston Rivard

    Le référendum est l’outil par excellence dont use la démocratie pour sonder la population lorsqu’une question d’intérêt public ne fait pas consensus. Plus les conséquences de l’objet du vote sont grandes, plus le recours au référendum s’avère nécessaire pour véritablement connaître le choix de la population. On détermine ainsi si la population a conscience de ces conséquences et si elle est prête à y faire face.

    Ce ne sont pas les enjeux climatiques dont l’urgence et l’importance ne peuvent être niées, et sont donc reconnus par tous, qui font problème. Non, ce qu’il faut incriminer c’est la vision apocalyptique du changement climatique dont use le politique pour valider l’empressement avec lequel il cherche à accomplir, sans concertation et sans mandat, une transition énergétique mal planifiée, sacrifiant sa population sur l’autel de l’industrialisation. Voilà pourquoi tout est mis en œuvre pour brouiller le débat et refuser le recours au vote. Seul un référendum serait capable de définir le mandat réel de nos élus face au projet de TES Canada.

    Contrairement à ce que prétend TES Canada, il est loin «d’améliorer le projet en collaboration avec la population». Il serait plus honnête de sa part de dire que la complicité tacite et silencieuse de la majorité de nos élus est un terreau favorable à l’acceptation de son projet tel qu’il l’a conçu au départ. Quelles sont les différences marquantes entre sa présentation du projet en novembre dernier et celle d’aujourd’hui? Rien. Ou si peu. Il a augmenté de 225 mètres la distance séparatrice entre une éolienne et une résidence, la faisant passer de 500 à 725 mètres. Mais il faut beaucoup plus pour éliminer tous les désagréments. Ce 725 mètres, TES Canada l’annonce parce que la surface qu’il a acquise lui permet de le faire, aucunement parce qu’il a écouté la population qui exige beaucoup plus que cela. Il a la générosité de l’opulence. Si nous osions faire une prédiction, nous soutiendrions que 725 mètres comme distance séparatrice entre l’éolienne et une maison sera la norme du futur RCI dans Mékinac.

    Mais revenons au vote. Il semblerait que plusieurs, bien qu’ils admettent le principe démocratique de notre société, craignent que l’usage du vote, dans certain cas, ne le soit plus. Ils craignent que le résultat du vote ne soit plus, en réalité, conforme à l’opinion publique. Curieusement, cette crainte est variable: selon eux elle ne concerne que certains sujets particuliers. Il apparaîtrait que le projet de TES Canada, avec son parc éolien de 130 éoliennes industrielles d’approximativement 220 mètres, couvrant deux MRC, entre justement dans cette catégorie. La majorité silencieuse serait, selon leurs dires, non seulement silencieuse mais favorable à ce projet. L’usage du référendum dans ce cas précis nous donnerait donc une fausse image de ce que la population désire réellement.

    Pourquoi? Toujours selon eux, deux raisons majeures sont évoquées : les opposants au projet, pas vraiment nombreux mais très militants, pas très bien informés mais verbeux, plutôt émotifs donc irrationnels, voteront massivement, alors que ceux qui sont pour, des gens paisibles, raisonnables, informés, bien intentionnés, conscients des bienfaits de la transition énergétique, de l’urgence de la décarbonation et de la menace écologique, ne se déplaceront pas pour aller voter.

    Il est tout de même curieux que la deuxième catégorie, si vertueuse, soit la moins encline à voter. Ce paradoxe ne semble pas ébranler les partisans de cette théorie. Si on avait appliqué le même raisonnement pour la nomination de nos élus lors des dernières élections, il faudrait en conclure que les élus actuels furent en réalité nommés par des militants actifs mais qu’en réalité la majorité silencieuse ne voulait pas d’eux.

    Ce raisonnement est fallacieux. Les opposants ne sont pas mal informés, bien au contraire. L’illustration candide faite par TES Canada de son projet laisse dans l’ombre une réalité beaucoup plus complexe. Le vert dont il se drape, les impacts incontestables de l’érection de son parc d’éoliennes industrielles qu’il qualifie perfidement de mythes, la décarbonation dont il se targue, toutes ces ruses verbales ne résistent pas aux critiques émanant de spécialistes éminents et indépendants, voire de certaines études gouvernementales. Ce sont ces oripeaux, avec son faux éclat, que l’esprit critique de la majorité des opposants s’évertue à montrer que, si à distance ils brillent comme l’or, de près on découvre le vil métal. Un métal qui, si l’on n’y prend garde, est corrosif. Malheureusement, il semble y avoir beaucoup de clients pour cette camelote parmi nos élus.

    Combien de témoignages de victimes de parcs éoliens mal planifiés, par une absence flagrante de considération pour la population et un attrait de l’argent offert par les promoteurs, sont nécessaires pour qu’une chose aussi rudimentaire que le principe de précaution soit appliqué?

    Certes, il y a de la crainte, chez les opposants, mais comment pourrait-il en être autrement devant tant de malversations? Lorsqu’on nous cache le réel, il est légitime de s’attendre au pire.

    La vérité est que la nature et l’ampleur de ce projet débordent amplement le mandat accordé aux élus municipaux. Même parmi ces derniers, plusieurs l’admettent. Aussi intercèdent-ils auprès des différents ministères pour une aide qui tarde à venir. Dans ce cas, refuser à la population la possibilité de se prononcer par référendum sur ce projet relève de l’abus de pouvoir.

    Gaston Rivard

    Saint-Adelphe

    Cette lettre est paru dans le Nouvelliste : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/05/19/un-nouveau-concept-lacceptabilite-sociale-mais-sans-consulter-la-population-7H6BX6ELTBH6FKTJHEATDNDM6I/

  • Implantation d’éoliennes par TES Canada: un projet farfelu

    Implantation d’éoliennes par TES Canada: un projet farfelu

    Lina De Rossi

    Depuis plusieurs mois, des irréductibles de chaque village suivent avec intérêt tous les débats, les réunions et les conseils entourant le projet d’implantation d’éoliennes par TES Canada en Mauricie.

    Au conseil des maires de la MRC des Chenaux, nous apprenions, mercredi, que nous devions nous y faire : des éoliennes seront implantées que nous le voulions ou non, en arguant de la primauté du bien commun. Mais de quel bien commun s’agit-il? D’un côté, le promoteur parle de 180 signataires favorables (ce dont nous doutons puisque nous avons fait du porte-à-porte pour les pétitions et des agriculteurs nous arrachaient la feuille des mains pour s’opposer plus vite) contre environ 22 000 personnes au total. Ça fait moins de 1% de la population.

    Quelqu’un s’est-il déjà interrogé à propos du fait que l’Europe perde peu à peu ses terres agricoles et ses territoires de pêche au profit de panneaux solaires et d’éoliennes suite au démantèlement d’un gazoduc? Des promoteurs de même acabit visent également nos terres agricoles alors qu’il ne nous en reste que 2%. Pourquoi? À qui profite le fait qu’il ne nous reste plus d’endroits pour l’agriculture en Europe, au Québec et ailleurs? Quel pays aurait avantage à fournir la planète en denrées quand nous n’aurons plus rien à manger?

    Réfléchissons-y ensemble et stoppons la machine infernale.

    Lina De Rossi

    Saint-Stanislas

    Cette lettre est paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/05/18/implantation-deoliennes-par-tes-canada-un-projet-farfelu-LSTGWE4QVNF2XBFML2GEQOZITA/

  • TES Canada: les différents visages de l’intimidation

    TES Canada: les différents visages de l’intimidation

    9 mai 2024

    La CAQ et TES Canada vont récompenser financièrement les 130 personnes prêtes à sacrifier leur collectivité pour de l’argent en regard d’un projet qui risque fort d’affecter de façon négative la qualité de vie des 30 000 habitants des MRC Mékinac et Des Chenaux. C’est ça, le «oui» que TES Canada et la CAQ ont choisi d’interpréter comme un consentement. (Andrew Gustar/Université Laval)

    Le projet de TES Canada a été annoncé en grande pompe au mois de novembre 2023. Ce mégaprojet suscite beaucoup d’inquiétude au sein de la population. Cette inquiétude est plutôt normale lorsqu’on parle d’un projet qui prévoit laisser une empreinte gigantesque et indélébile sur un vaste territoire et dont les retombées présentées comme positives ne sont que des concepts abstraits et mal définis comme «décarbonation» et «transition énergétique». Depuis l’annonce, le promoteur et les différents paliers de gouvernement favorables au projet cherchent à discréditer toute inquiétude en assimilant d’abord le fait de poser des questions à une opposition au projet, et ensuite en qualifiant cette opposition comme mal informée et non représentative.

    Six mois plus tard, la très grande majorité des questions soulevées par ce mégaprojet restent sans réponse, mais on apprend que le promoteur continue d’avancer à vitesse grand V sur le terrain en faisant signer des contrats avant que le contexte régulatoire n’ait pu être établi.

    De leur côté, Hydro-Québec et le gouvernement de la CAQ ne semblent pas du tout intéressés à écouter la population touchée par le projet.

    Bref, tout se déroule comme si le projet de TES Canada est un fait accompli même si personne n’a encore été en mesure de définir ce qu’est l’acceptabilité sociale pourtant décrite comme «essentielle au projet».

    À toutes les demandes de clarification, les conseils municipaux, les MRC, le gouvernement et le promoteur opposent tantôt silence tantôt condescendance. Comment peut-on d’un même souffle reprocher aux personnes qui ne sont pas favorables au projet d’être en colère? Cette condescendance et ce mépris de la part des pouvoirs publics et privés ne sont-ils pas justement une forme de violence?

    En réalité, en l’absence de définition claire, il faut conclure que cette fameuse «acceptabilité sociale», c’est de la poudre aux yeux, c’est-à-dire une astuce marketing. On peut s’en convaincre quand on entend des arguments ridicules comme ceux du ministre Fitzgibbon qui a récemment parlé de «projet magique» dans une intervention publique d’une partialité honteuse.

    Or il faut que cette vaste entreprise de marketing cesse et qu’on écoute réellement les populations touchées par le projet au lieu de simplement vouloir passer leurs inquiétudes au rouleau compresseur.

    Au lieu de parler d’acceptabilité sociale, on devrait plutôt parler de consentement explicite et éclairé de la population. Et contrairement à la nébuleuse acceptabilité sociale, le consentement explicite et éclairé de la population est un concept facile à définir et ultimement, à mesurer. Mais pour que ce consentement soit possible, il faudrait d’abord qu’on écoute la population et qu’on réponde sincèrement à ses inquiétudes. Comme en matière de sexualité, le consentement, ce n’est pas simplement l’absence de refus clair. Le consentement, c’est un processus continu d’un «oui» enthousiaste et réaffirmé jusqu’à ce qu’un doute survienne. C’est ce qu’on devrait viser si on voulait faire du projet de TES Canada un véritable projet phare.

    En ce moment, le gouvernement de la CAQ et TES Canada sont dans la position de l’agresseur et la population de Mékinac et Des Chenaux, dans celle de la victime bousculée et dont la voix n’est pas entendue.

    D’ailleurs, les seules voix ayant fait entendre un «oui» clair au projet dans les rangs de la population proviennent toutes de personnes voulant signer un contrat avec TES Canada, c’est-à-dire de personnes prêtes à ignorer les inconvénients possibles pour leurs voisins et concitoyens en échange d’argent.

    Ainsi, la CAQ et TES Canada vont récompenser financièrement les 130 personnes prêtes à sacrifier leur collectivité pour de l’argent en regard d’un projet qui risque fort d’affecter de façon négative la qualité de vie des 30 000 habitants des MRC Mékinac et Des Chenaux. C’est ça, le «oui» que TES Canada et la CAQ ont choisi d’interpréter comme un consentement.

    Ce projet est mené comme une véritable agression.

    Et le comble, c’est que dans un exercice cynique de détournement cognitif (ou gaslighting), on qualifie les «opposants» au projet comme des intimidateurs. Balayant du revers de la main le fait que poser des questions ne signifie pas nécessairement une farouche opposition, il suffit qu’une personne autodéclarée comme opposante au projet dérape pour que toutes les personnes qui ne sont pas favorables au projet soient qualifiées de violentes ou d’intimidatrices. Or si une personne favorable au projet connaissait une telle dérive, est-ce qu’on demanderait au promoteur ou au gouvernement d’en répondre? On transforme la victime en agresseur. C’est le monde à l’envers.

    Pour s’en convaincre, il faut identifier qui a le pouvoir dans cette affaire. Or ce pouvoir est de façon évidente et disproportionnée dans les mains du gouvernement et dans celles du riche promoteur. Et dans une situation où le pouvoir est disproportionné, l’intimidation ne peut provenir que du côté qui détient le pouvoir. Toujours.

    Il faut mettre fin à cette intimidation du promoteur et du gouvernement et continuer à demander ce que la population exige depuis le début, c’est-à-dire une discussion claire et honnête à propos du projet. Il faut offrir des moyens à la population de donner son consentement. Il faut également que le gouvernement et le promoteur favorisent cette approche qui serait la marque d’un véritable processus démocratique.

    Cosignataires :

    Dany Janvier, Contre la privatisation du vent et du soleil dans Mékinac Des Chenaux (RVEQ);

    Isabelle Clément, conseillère Hérouxville;

    Yvan Bordeleau, conseiller Hérouxville;

    Chloé Germain-Thérien, conseillère Saint-Stanislas;

    Roman Pokorski, conseiller Saint-Adelphe;

    Gaston Rivard, Vent de démocratie (RVEQ), Saint-Adelphe;

    Jean Guibert, Saint-Maurice (RVEQ);

    René Beaudoin, Sainte-Geneviève-de-Batiscan;

    Denis Champoux, Saint-Adelphe;

    Claudette Piché, Sainte-Thècle;

    Nathalie Lefebvre, Saint-Adelphe;

    France Laliberté, Sainte-Thècle;

    Chantale Desaulniers, Saint-Tite;

    Yves Maurais, Saint-Tite;

    Marie Dessuro, Sainte-Thècle;

    Louise Dumas, Sainte-Thècle;

    Jean-Claude Cyr, Sainte-Thècle;

    Dany Brouillette, Sainte-Geneviève-de-Batiscan;

    Josée Tremblay, Trois-Rivières;

    Nancy Gingras, Saint-Adelphe;

    Karine Brouillette, Saint-Prosper;

    Eric Noël, Saint-Prosper;

    Yves Maurice, Sainte-Geneviève-de-Batiscan;

    Louise Côté, Sainte-Geneviève-de-Batiscan;

    Gilles Lalonde, Sainte-Thècle;

    Françoise Dufresne, Sainte-Thècle;

    Richard Legault, Sainte-Thècle;

    Jean Hémond, Québec.

    Cette lettre est parue également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/point-de-vue/2024/05/09/tes-canada-les-differents-visages-de-lintimidation-XLR5ML44FFD7JH34YL6UBHZKFE/

  • Réflexion citoyenne sur le mégaprojet de TES Canada

    Réflexion citoyenne sur le mégaprojet de TES Canada

    France Laliberté

    Je suis assise dans mon milieu de vie, dans ma ruralité. J’ai besoin d’espace, d’horizon, car je suis déconcertée. Réunion du conseil municipal de Sainte-Thècle ce lundi: la question de l’implantation éventuelle du projet TES Canada est, bien sûr, le gros dossier, du moins pour les citoyens. Pourtant il est apparu dans le varia pour la première fois. Auparavant, il apparaissait seulement lors de la période de questions. Cela en dit long.


    Pourtant, la majorité des citoyens sont contre ce projet. C’est connu de tous et nous l’avons mentionné à maintes reprises. Je peux l’affirmer, car je fais partie des citoyens qui font du porte-à-porte à Sainte-Thècle pour présenter une pétition contre l’implantation de TES et une majorité écrasante signe le document.

    Pourtant, je ne sens pas d’écoute franche, je n’ai pas de réponses claires. Nous ne connaissons pas l’orientation de notre conseil à ce sujet.

    N’est-ce pas une représentation de notre refus sans équivoque que le conseil devrait adopter? N’est-ce pas ça la démocratie?

    Je comprends très bien la pression qu’ils ou elles doivent subir, mais si nous travaillons ensemble sous les principes de la démocratie, cela pourrait être allégé.

    Du côté des déclarations de Pierre Fitzgibbon, à la suite d’une demande de soutien faite par les élus, disons qu’elles n’aident en rien puisqu’il n’y a eu en fait aucun soutien.

    Je me sens flouée par un projet démesuré qui m’agresse, qui agresse la ruralité dans son ensemble, et cela au-delà de TES Canada, par des projets qui se multiplient et que l’on nous enfonce dans la gorge à la grandeur du Québec, sans acceptabilité sociale…

    La fameuse acceptabilité sociale que TES avait promise sans quoi le projet ne verrait pas le jour.

    Je ne reviendrai pas sur tous les enjeux économiques, environnementaux, scientifiques‚ de porte ouverte à la privatisation, qui ont été maintes fois abordés et qui invalident majoritairement ce projet d’industrialisation de nos MRC par TES.

    Pourquoi pillerions-nous ce qui reste de beauté, de paysages magnifiques? Sainte-Thècle est un joyau de nature à potentiel hautement récréotouristique. N’avons-nous pas besoin de refuge pour connecter avec la beauté, en ces temps difficiles planétaires?

    Nous ne voulons pas d’éoliennes industrielles plus hautes que le stade olympique près des résidences, il me semble que le message est clair!

    Allons-nous vendre nos territoires, qui contribuent eux-mêmes très peu à la pollution, et renoncer au bien-être de la population? Sans oublier la faune qui encore une fois sera molestée et bafouée, tout ça pour les intérêts de multimilliardaires?

    Les impacts (santé, faune, nuisances sonores, environnement, paysages) sont mal documentés, mais très bien décrits par les gens qui les subissent à travers le monde.

    Nous nous devons d’appliquer le principe de précaution!

    Oui à la transition énergétique mais une transition faite avec cœur et discernement, en respect de notre environnement, et des humains qui y habitent.

    Ces gros projets devraient être faits en milieu non habité, par Hydro-Québec. Il me semble que ce n’est pas difficile à comprendre. Si cela coûte trop cher, alors c’est peut-être tout simplement trop…

    Il existe des solutions alternatives à échelle humaine pour la décarbonation, ce que TES n’a pas démontré jusqu’à présent. Les experts en ont une foule à proposer. Les gouvernements et la population doivent suivre.

    Des éoliennes industrielles ne pourront jamais remplacer la beauté intacte d’une région. Un paquet de dollars pour quelques individus n’apportera pas la paix, mais plutôt la division à jamais.

    En attendant, je regarde le ciel et les nuages. J’entends le silence et les oiseaux.

    N’oublions pas que la devise de la municipalité de Sainte-Thècle est: «Passe en semant le bien».

    France Laliberté, Sainte-Thècle

    Cette lettre est paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/05/09/reflexion-citoyenne-sur-le-megaprojet-de-tes-canada-R4JSVACLINAOZBC34UZS7R54JM/

  • Analyse énergétique du projet du TESCanada

    Analyse énergétique du projet du TESCanada


    TES annonce qu’il utilisera 60 % de sa production d’hydrogène pour produire un gaz renouvelable destiné à alimenter le réseau d’Énergir, et 40% destiné au camionnage lourd. Il prétend qu’ainsi il participe à la décarbonation.

    Aux pages 13 et 14 du présent document, on retrouve un scénario illustrant l’énorme différence d’efficacité entre l’objectif avoué du projet de TES Canada et ce que serait une utilisation maximale de l’électricité produite.

    Ce scénario compare, pour le chauffage d’une maison (eau domestique et espace), l’efficacité de l’utilisation du e-gaz produit à partir de l’hydrogène, celle d’une plinthe électrique et celle d’une pompe à chaleur.

    Scénario utilisant 60% de l’hydrogène

    Moyen de chauffageNombre de maisons
    e-gaz~34 555
    plinthe électrique~126 888
    pompe à chaleur air-air électrique~380 666

    Le e-gaz chauffe approximativement 34 555 maisons, contre 380 666 pour une pompe à chaleur air-air électrique, soit 11 fois plus de maisons.

    Puisque rien, jusqu’à maintenant, ne semble confirmer que le 40 % d’hydrogène restant sera effectivement utilisé pour la décarbonation du camionnage lourd, il est légitime de penser que le rendement de ce 40 % d’hydrogène ne sera pas maximisé. S’il advenait que son taux de rendement ne soit pas supérieur à celui du 60 % déjà consacré au e-gaz, on atteindrait alors un écart de rendement beaucoup plus élevé. Si l’on refait le calcul précédent en supposant que ce 40 % d’hydrogène est utilisé au même taux d’efficience que pour le e-gaz, nous obtenons les résultats suivants :

    Scénario utilisant 100% de l’hydrogène

    Moyen de chauffageNombre de maisons
    e-gaz~40 000
    plinthe électrique~222 200
    pompe à chaleur air-air électrique~666 000

    On chauffe donc 626 000 maisons de plus avec une pompe à chaleur qu’avec le e-gaz.




    Peu importe, parmi ces deux scénarios, celui qui sera retenu par TES Canada, peut-on sérieusement prétendre participer à la décarbonation lorsque, dans les deux cas, on aboutit à une différence de rendement de plus de 90 % ?

    Dans le contexte de la décarbonation, il est nécessaire d’évaluer l’efficacité énergétique des moyens mis en œuvre pour l’atteindre. Quelle est la meilleure utilisation de l’électricité produite pour atteindre notre objectif de décarbonation? Voilà la question. Si on ne peut démontrer que la réponse donnée est la meilleure, il faut cesser d’utiliser ce prétexte car il revient à mentir, pire à user de billevesées[1] pour masquer de l’écoblanchiment


    [1] Billevesées : des balivernes, des sornettes ou des idées chimériques. Littéralement ce terme signifie « paroles gonflées de vent ». Il est particulièrement adéquat dans le contexte de parc éolien de TES Canada



  • Pour une politique énergétique claire au-delà des dollars et des mégawatts

    Pour une politique énergétique claire au-delà des dollars et des mégawatts

    Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie

    Le 29 avril dernier, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, publiait une lettre1 vantant les mérites du projet de production d’hydrogène vert de TES Canada à Shawinigan. Il souhaitait « recadrer le débat » et applaudissait « les initiatives privées ». Car c’est dans un contexte de fortes tensions sociales associées au projet de TES Canada que M. Fitzgibbon tente de reprendre le contrôle d’une situation qui dérape.

    Anne-Céline Guyon Nature Québec

    Patricia Clermont Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME), et dix cosignataires*

    Nous déplorons qu’en l’absence d’une politique énergétique claire issue d’un débat public, des projets comme celui de TES Canada soient présentés à la pièce par le gouvernement, sans examen ni débat publics d’ensemble. À cause de cela, ce sont dans les communautés que se jouent ces débats clivants, dans la confusion, de manière peu structurée, au détriment du tissu social, et avec des élus laissés à eux-mêmes2.

    Nous ne pouvons non plus garder le silence face aux propos de M. Fitzgibbon, qui relèvent davantage de la défense d’intérêts privés dignes d’une époque révolue que d’une réflexion bien ancrée dans le réel à propos d’une transition énergétique respectueuse de la population et de l’environnement.

    D’autant plus que le ministre prétend que les analyses faites par des universitaires ne sont aucunement valides, et que seules les réponses de la compagnie TES Canada devraient être écoutées.

    Car faire fi de la science est une ineptie. Regardons pourquoi.

    D’emblée, M. Fitzgibbon défend un projet qui fait pourtant fi d’un consensus établi : la production d’hydrogène vert coûte de 5 à 30 fois plus cher3 que le gaz naturel et entraîne des pertes d’énergie importantes. Dans le cas de la production de gaz synthétique fabriqué à partir de l’hydrogène, le sort réservé aux deux tiers de la production de TES, les pertes sont encore plus importantes : de 57 % à 73 %3.

    C’est pourquoi il faut réserver l’hydrogène et le gaz synthétique pour des usages qui sont difficilement électrifiables, surtout dans l’industrie lourde. Or, il est prévu d’injecter le gaz synthétique produit par TES directement dans le réseau d’Énergir. Ce ne seraient donc pas seulement ces industries lourdes qui consommeraient ce gaz, ce serait l’ensemble des consommateurs d’Énergir, incluant les ménages, les commerces et les institutions. Pour chauffer des bâtiments ou cuisiner avec ce gaz hautement inefficace, il faudrait compter sur une quantité d’énergie renouvelable beaucoup plus grande que ce qui est requis par une électrification directe – cela relève clairement des fausses solutions.

    De plus, l’injection de ce gaz de « sources renouvelables » dans le réseau semble plutôt servir à justifier le prolongement de la vie des gazoducs qui, selon les objectifs gouvernementaux, distribueront encore 90 % de gaz fossile en 2030.

    Enfin, l’usage de l’hydrogène dans le transport lourd est également remis en question par plusieurs experts, puisque là aussi, une électrification directe est beaucoup plus efficace. Le projet de TES n’est donc pas une « contribution essentielle à l’atteinte de nos cibles de décarbonation », comme nous le promet M. Fitzgibbon. Il existe de meilleures solutions.

    Ajouter l’insulte à l’injure

    Par ailleurs, M. Fitzgibbon affirme qu’aucun financement du gouvernement du Québec n’est prévu, mais il admet du même souffle que des crédits d’impôt du gouvernement fédéral pourront être utilisés. Les coûts de production de l’hydrogène vert et du gaz de synthèse rendront pourtant ces carburants très peu compétitifs4 ; d’importants fonds publics devront inévitablement être injectés pour soutenir le modèle d’affaires ou la consommation de ces produits. Mais ce serait là ajouter l’insulte à l’injure que d’utiliser autant de fonds publics pour soutenir des solutions privées inefficaces.

    Finalement, M. Fitzgibbon continue de remettre en question la capacité d’Hydro-Québec à relever les défis actuels en prétextant des marges de manœuvre actuellement faibles, alors qu’​​Hydro-Québec affirme ne pas avoir assez de capacités pour à la fois chauffer le secteur résidentiel et décarboner complètement les institutions (cégeps, écoles, hôpitaux). Pourtant, notre histoire a démontré qu’avec une volonté politique clairement affichée, Hydro-Québec est capable de mener à bien des projets d’envergure.

    Surtout, le projet de TES Canada n’est pas en complémentarité avec le secteur public, il s’insère plutôt dans un démantèlement en règle de notre pouvoir d’agir collectif au profit d’intérêts privés.

    Ce processus nous apparaît comme étant amorcé avec l’abandon du laboratoire d’essais haute tension5 d’Hydro-Québec au profit d’Hitachi et le retrait du marché de la recharge électrique des voitures6 au profit des stations d’essence.

    Ce dont nous avons collectivement besoin, pour faire face au défi de sortir véritablement notre société des énergies fossiles, c’est d’une planification claire qui dépasse la lunette étroite des mégawatts et des dollars. Quels sont les usages à prioriser pour notre précieuse énergie ? Quelles sont les contributions des différentes filières énergétiques à la décarbonation ? Quels sont les culs-de-sac à éviter ?

    Nous appelons les Québécois et les Québécoises à ne pas laisser l’enthousiasme des gens d’affaires détourner ainsi le nécessaire débat collectif concernant la transition énergétique pour favoriser leurs propres intérêts au détriment du bien commun. L’avenir énergétique est l’affaire de tout le monde !

    * Cosignataires : Émilie Laurin-Dansereau, ACEF du Nord de Montréal ; Bruno Detuncq, Regroupement vigilance énergie Québec (RVEQ) ; Shirley Barnea, Pour le futur Montréal ; Dany Janvier, Contre la privatisation du vent et du soleil dans Mékinac Des Chenaux (RVEQ) ; Jean-Pierre Finet, Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEE) ; Patrick Bonin, Greenpeace Canada ; Mélanie Busby, Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville (MEAC) ; Ève Duhaime, TerraVie ; André Bélanger, Fondation Rivières ; Jean-Philippe Waaub, Collectif des scientifiques sur les enjeux énergétiques

    Cette lettre est paru également ici : https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2024-05-06/tes-canada/pour-une-politique-energetique-claire-au-dela-des-dollars-et-des-megawatts.php?utm_campaign=internal+share&utm_content=twitter&utm_medium=referral&utm_source=lpp&redirectedFrom=https%253A%252F%252Fplus.lapresse.ca%252Fscreens%252Ff2be8d1e-fc3d-4991-8ebd-1c39492f4b27__7C___0.html%253Futm_campaign%253Dinternal%252520share%2526utm_content%253Dtwitter%2526utm_medium%253Dreferral%2526utm_source%253Dlpp

  • Sacrifier notre territoire et notre santé

    Sacrifier notre territoire et notre santé

    Claude Rochon

    Selon l’auteur de cette lettre, le développement des éoliennes sous le gouvernement actuel semble totalement anarchique. Claude Rochon soulève aussi d’importantes questions concernant le projet de TES Canada dans les MRC de Mékinac et des Chenaux, notamment en raison de l’impact sur la santé des humains et des animaux. (Archives La Tribune)

    PAROLE AUX LECTEURS / Le territoire des MRC de Mékinac et des Chenaux, avec ses cours d’eau, ses forêts, ses centaines de lacs et sa magnifique nature miraculeusement préservée, représente un riche milieu de vie et un immense potentiel récréotouristique pour les citadins à la recherche d’un havre de paix.

    Le projet de TES Canada de construire 140 éoliennes plus hautes que les 42 étages de la Place Ville-Marie constitue une importante menace à la qualité de vie et à la santé de ses habitants. Avec des contrats renouvelables, ces droits acquis pour une période de vingt ans et plus risquent de devenir un lourd handicap dans la gestion du territoire.À lire aussi

    Si un projet est rentable, pourquoi donner notre vent et des servitudes sur notre région? Hydro-Québec est une des rares compagnies qui garnit les coffres de l’État alors que plusieurs entreprises privées réussissent à camoufler leurs profits ou à les transférer dans les multiples abris fiscaux. Pourquoi détruire peu à peu un des rares et précieux fleurons que nous possédons encore?

    Demander à TES Canada d’informer la population, c’est comme laisser le loup gérer la bergerie. Leurs représentants nient les inquiétudes des citoyens en les qualifiant de «mythes». Ils réfutent toutes les craintes concernant la santé même si l’organisation caritative américaine «National Wind Watch» répertorie sur son site 480 études faites par des scientifiques soulignant d’importants problèmes.

    Des milliers de résidents sur la planète essaient de se faire entendre et certains doivent parfois se résoudre à abandonner leurs propriétés pour conserver ce qu’il leur reste de santé. Les promoteurs parlent de maux psychosomatiques, affirmation difficile à croire quand les animaux sont eux aussi affectés! L’entreprise promet des emplois: pourtant les parcs éoliens sont contrôlés à distance et les usines nouvellement construites sont de plus en plus robotisées.

    Le plus grand danger ne réside pas tant dans les sons captés en décibels mais dans les infrasons que notre oreille ne perçoit pas mais que notre corps subit. Plusieurs scientifiques ont pu en enregistrer sur une distance supérieure à 10 kilomètres. Ces infrasons affectent les humains. Certains scientifiques conseillent entre autres aux femmes enceintes et aux personnes atteintes de maladies coronariennes de se distancer des parcs éoliens.

    De plus, ces infrasons déstabilisent et désorientent les animaux en plus de les rendre malades. C’est le cas en particulier pour les abeilles déjà en péril et les vers de terre moins présents autour des éoliennes, tous les deux tellement précieux pour notre agriculture. Les caribous s’éloignent instinctivement à une distance de quatre kilomètres. Des éleveurs témoignent de pertes importantes d’animaux, de production de lait réduite et de problèmes de santé accrus.

    Les promoteurs qui flairent les nombreuses subventions et les profits énormes reliés au «pétrole vert» peuvent s’appuyer sur les positions complaisantes de plusieurs représentants de nos gouvernements qui finissent par conclure que malgré les craintes soulevées, «il n’y a pas d’études démontrant hors de tout doute les liens entre les éoliennes et les problèmes rencontrés». Les intervenants nous proposent des distances non sécuritaires par rapport aux propriétés.

    Ultérieurement, advenant que les représentants soient confrontés à des normes plus sévères pour mieux protéger la population, nos territoires seront-ils parsemés d’immenses «no man’s land» freinant tout autre projet résidentiel, récréatif ou d’entreprise? Nos MRC et nos gouvernements seront-ils appauvris par d’innombrables poursuites judiciaires autant de la part des citoyens que de celle des promoteurs?

    Même si c’est en dehors de nos territoires, selon la base de données de l’écrivain économique américain Robert Bryce, il serait intelligent de se questionner sur les motifs qui ont poussé 400 régions des États-Unis à refuser des projets éoliens. D’autre part, le gros bon sens et plusieurs études récentes confirment que les propriétés subissent très souvent une forte baisse d’évaluation.

    Contrairement à la plupart des pays, le Québec possède des territoires nordiques très peu habités. Ces régions sont déjà avantageusement traversées par de puissantes lignes de transport de l’énergie. Deux spécialistes reconnus, Réal Reid et Bernard Saulnier, disent qu’on peut «stocker» plus de 900 TW d’énergie éolienne dans les réservoirs actuels d’Hydro-Québec, soit neuf fois plus que les 100 TW dont Québec prétend avoir besoin dans la prochaine décennie.

    Ça n’affaiblirait pas l’expertise d’Hydro-Québec, ça conserverait les profits pour le réseau public qui en a grandement besoin afin d’affronter les changements climatiques et ça n’envahirait pas les territoires occupés par les citoyens et l’agriculture. Détail important: ça laisserait du temps pour bien concevoir le projet de société auquel aspirent les Québécois.

    Plusieurs gouvernements dans l’histoire du Québec ont donné nos richesses naturelles telles que nos forêts, notre eau, nos mines, nos télécommunications, etc. Celui-ci veut présentement vendre notre vent, notre soleil et maintenant notre lithium. Le développement des éoliennes sous notre gouvernement semble totalement anarchique. Où est le sens de construire de façon aussi précipitée des éoliennes au beau milieu des régions habitées? A-t-on vraiment besoin de sacrifier l’essentiel pour accueillir des entreprises énergivores et opportunistes?

    En plus de leur accorder des subventions colossales, le gouvernement leur vend l’électricité à un prix beaucoup plus bas que le montant qu’il paie aux promoteurs privés d’éoliennes. Encourager les petites entreprises locales et l’agriculture serait plus structurant, stabilisant et productif tout en favorisant enfin nos régions et tout en se rapprochant un peu plus de notre nature humaine.

    Il faut réduire au maximum les routes de transport de l’énergie et protéger adéquatement notre infime 2 % de territoire agricole alors que la France en compte 45 %. Économiser l’énergie pour faire face aux changements climatiques est une priorité. Le «principe de précaution» pour la santé des Québécois s’impose.

    Le Québec a un grand territoire nordique qui lui permet de faire autrement. Est-ce qu’il lui manque seulement l’audace de se faire confiance et la volonté de protéger nos droits sur l’énergie et nos territoires? Nous ne voulons pas de ces immenses «no man’s land» où nous n’aurons plus de qualité de vie. Nous sommes d’abord riches de notre nature.

    Je vous invite à visiter l’excellent site «Pour un choix éclairé» de Nicolet-Yamaska. Vous y trouverez de nombreux liens vers les études scientifiques concernant le sujet ainsi que plusieurs vidéos dont l’entretien avec la spécialiste qui étudie les infrasons depuis plus de trente ans, Mariana Alves-Pereira. Il fait un bilan clair des développements en matière d’énergie pour tout le territoire québécois.

    Claude Rochon

    Lac-aux Sables

    MRC de Mékinac

    Cette lettre est paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/04/27/sacrifier-notre-territoire-et-notre-sante-QWL5YUANLFB4LAEYSWHXJENJNI/

  • Jancovici : audition sur l’électricité au Sénat

    Jancovici : audition sur l’électricité au Sénat

    27/05/2024

    Électricité : audition de Jean-Marc Jancovici

    Audition de Jean-Marc Jancovici au Sénat par la commission d’enquête Électricité (Franck Montaugé / Vincent Delahaye) le 27 mai 2024


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  • À qui profite la privatisation de l’électricité – par l’IREC

    À qui profite la privatisation de l’électricité – par l’IREC

    4 février 2024

    Rencontre d’information citoyenne à Saint-Maurice

    Sont présent :

    • Robert Laplante, directeur général de l’IRÉC
    • Noel Fagoaga, directeur général de l’IRÉC

    Présentation de leur récente étude : La privatisation de l’énergie éolienne et l’impact sur la mission d’Hydro-Québec.

    Soirée organisée par : Pour un choix éclairé dans Nicolet Yamaska

    Réf.: https://youtu.be/RRESGJdQ6-M


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  • TES Canada: un projet clivant

    TES Canada: un projet clivant

    Gaston Rivard


    Je ne connais pas M. Thompson. Je ne connais rien de sa vie privée. L’homme m’est inconnu et si sa dignité est blessée, j’ose le croire sincère et peux comprendre sa démission. Par contre, il m’est impossible de rester indifférent à ses propos. Ceux-ci me sont adressés.

    Ils s’adressent, en fait, à tous ceux qui, honnêtement, refusent de voir une compagnie privée envahir leur territoire et le défigurer à tout jamais sous prétexte de participer au sauvetage de la planète alors que rien jusqu’à maintenant ne confirme les prétentions de TES Canada. Il est rare que l’entreprise privée fasse dans l’humanitaire, et il semble bien que ce soit encore le cas cette fois-ci.

    «Il n’y a plus de dialogue possible», nous dit M. Thompson.

    À ce que je sache, si le dialogue fut impossible, c’est parce que nous n’avons pas trouvé d’interlocuteur pour répondre à nos questions. Dès les premières séances des conseils, il était évident qu’on accordait peu de crédit à notre démarche. On nous demandait d’attendre patiemment que les choses suivent leur cours, que tout se déroulait comme prévu, que la CPTAQ veillait, que le BAPE viendrait et qu’enfin nous pourrions nous exprimer.

    Nous étions à leurs yeux les «30 citoyens qui pensent que les 1400 autres sont comme eux» selon M. Thompson. Il ne faut pas être un grand mathématicien pour comprendre que nous sommes plus que 30. Et un piètre statisticien pour croire que les 1400 autres accueillent unanimement ce projet comme un don du ciel.

    Que le «débat a pris un caractère irrationnel, déplorant l’impossibilité d’entretenir une discussion constructive avec les opposants». De discussions constructives, il est certes vrai qu’il n’y en a guère. Il faudrait toutefois connaître ce que M. Thompson entend par irrationalité pour déterminer qu’elle n’affecte qu’un camp, celui de l’opposition.

    Par contre, lorsqu’on ne donne aucune information sur un projet de cette envergure, et ce depuis quatre mois, cela n’est peut-être pas irrationnel, parce qu’il y a sans doute une raison à ce silence, mais si raison il y a, il est facile d’en conclure que ce silence est intentionnel.

    S’il est d’avis qu’aucune discussion n’est possible à propos des éoliennes et de TES Canada, j’imagine que ce constat et cette opinion ne datent pas d’hier. Une telle pensée, devrais-je dire un préjugé, peut-elle engendrer une attitude propice au dialogue? J’en doute fortement.

    Pour la création d’un parc éolien – et celui dont on parle est composé de 140 éoliennes industrielles de 200 mètres de haut – il est hautement recommandé, selon la documentation même du gouvernement, de freiner les ardeurs des promoteurs en se dotant de mesures préventives contraignantes afin de se donner le temps nécessaire à la compréhension du projet et de ses impacts sur le territoire et sa population.

    Et si M. Thompson «déplore néanmoins la stratégie de communication déployée par le promoteur, qui a rapidement amené les citoyens à se braquer», ce constat aurait dû conduire la MRC à justement se doter d’un RCI répondant aux recommandations du gouvernement afin d’obtenir le temps nécessaire à la réflexion sans subir la pression du promoteur. Il faut toujours agir en «amont du projet» selon la documentation gouvernementale afin de déterminer s’il est viable.

    «Ça nous prenait plus de précisions… On ne pouvait pas se prononcer sur des affaires qu’on ne connaissait pas. C’est ce qu’on disait aux citoyens: “laissez-nous le temps”… mais ils n’ont pas voulu nous laisser le temps.» Ce n’est pas à nous qu’il fallait demander ce temps M. Thompson, mais à TES Canada. Présentement, c’est lui qui impose sa cadence et cela est inacceptable. Il est urgent de lui enlever la possibilité d’engager des procédures irréversibles qui obligeraient la MRC et sa population.

    Ce temps permettrait aux élus de s’informer impartialement, non seulement auprès de TES Canada et des différents ministères, mais également auprès d’autorités compétentes n’ayant aucun lien de près ou de loin avec ces deux sources et, parallèlement à cette démarche, informer et travailler de concert avec la population.

    Quant aux «documents confidentiels » qu’on aurait mis «dans les mains de groupes contestaires », ils me sont inconnus. Ils n’ont sûrement pas beaucoup voyagé.

    « Et les médias sociaux, où chacun est réconforté dans ses croyances, et où les propos injurieux deviennent la norme, ne font rien pour arranger les choses. »

    Il faudrait quand même faire une distinction entre réseaux sociaux et recherche impartiale d’information. Nous ne nous nourrissons pas seulement de ces réseaux, mais je tiens à souligner que le site «Contre la privatisation du Vent et du Soleil dans Mékinac–Des Chenaux» initié par M. Dany Janvier a plus contribué à mettre en lumière la véritable nature du débat entourant le projet de TES Canada que ce qui a pu transpirer de quatre mois de présence assidue aux assemblées des conseils municipaux et régionaux.

    Nos élus ne peuvent ignorer l’ampleur de ce projet et les lourdes conséquences dont il est porteur, pourtant il n’en est guère question lors des assemblées. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas l’endroit idéal pour réaliser cela, mais puisque nous n’avons eu droit à aucune rencontre d’information impartiale venant de leur initiative, rencontre polarisée par des intervenants issus de différents milieux et présentant le pour et le contre, il ne nous reste plus que les assemblées des conseils municipaux et régionaux pour nous exprimer.

    Nous voulons seulement que ce projet ne soit pas traité à la légère et que la population soit dans un premier temps véritablement informée, puis dans un deuxième temps consultée. Ce fut l’intention première des différentes rencontres organisées par les citoyens: pallier cette lacune.

    Pour ce qui est de son diagnostic médical: «Pour l’Institut national de santé publique, il y a le syndrome de pas dans ma cour, mais il y a aussi le syndrome de l’éolienne qui existe, qui est nouvelle et qui est un phénomène qui fait que les gens craignent certaines structures surtout de structures à 200 mètres de hauteur.»

    La facilité avec laquelle on diagnostique chez autrui le «syndrome de pas dans ma cour» est presque toujours corrélative de l’ignorance de ce qu’on met dans cette cour. J’aimerais que l’Institut national de la santé publique enquête sur le cas des gens qui ne s’interrogent pas, ou ne sont pas inquiets lorsqu’on impose une éolienne de 200 mètres dans leur cour.

    Je profite de cette tribune pour rappeler, comme l’affirme M. Yvon Bourassa, qui a agi comme préfet par intérim, que si les « élus municipaux vivent actuellement une période chargée et lourde émotionnellement » les citoyens sont dans le même cas.

    Gaston Rivard

    Saint-Adelphe

    Cette lettre est une réponse aux propos tenus par le maire démissionnaire d’Hérouxville et ex-préfet de la MRC de Mékinac.

    La lettre a paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/04/20/tes-canada-un-projet-clivant-45XOQCSNUFBH7M7TTGUPSV5R2A/

  • Pascal Paradis sur la vente d’électricité entre entreprises privées

    Pascal Paradis sur la vente d’électricité entre entreprises privées

    18 avril 2024

    Le 17 avril 2024, lors de l’étude des crédits budgétaires, le Québec a reçu la confirmation qu’il n’y aurait pas de vente d’électricité entre entreprises privées sur son territoire.


    Voici une brève récension des sujets abordés concernant la production privée d’électricité.

    Aucun projet privé visant à produire de l’électricité et à la revendre d’une entreprise à une autre entreprise selon M. Fitzgibbon. Il n’est pas au courant.

    Une entreprise privé ne peut se servir des lignes d’Hydro Québec pour acheminer son électricité : c’est illégal

    Il serait illégal pour une entreprise privée de faire transiter son électricité par les lignes d’Hydro-Québec pour être vendu d’une entreprise à l’autre.

    Ce serait à Hydro-Québec de décider s’il achète le surplus d’électricité produit par TES Canada.

    Ce sera à Hydro-Québec de décider si est avantageux ou non d’acheter l’électricité à TES Canada.

    Il est toujours question dans le débat de production d’électricité sur un terrain privé.

    La distribution d’électricité est un monopole par la loi, à moins que la loi ne change elle demeurera un monopole.

    Il n’y a pas de ligne privée de transmission d’électricité au Québec, et il n’y en aura pas non plus selon le Ministre Fitzgibbon.

    La production privée d’électricité existe depuis René Lévesque qui la permet en 1994.

    Il n’y aura pas de ligne de transmission privée, donc il n’y aura jamais de projet d’autoproduction où la facilité de production est immédiatement adjacente à l’industrie qu’elle vise à alimenter? A MOINS QU’HYDRO QUÉBEC NE LE VEUILLE AUTREMENT de  répondre M. Fitzgibbon


    Découvrez en plus sur cet échange avec le PDG d’Hydro-Québec, Michael Sabia, et le ministre de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon dans cette vidéo.

    Réf.: Pascal Paradis sur la vente d’électricité entre entreprises privées

  • Privatisation d’Hydro-Québec: un enjeu de dépossession

    Privatisation d’Hydro-Québec: un enjeu de dépossession

    17 avril 2024

    Responsable, stratégies de mobilisation, énergie et climat à la Fondation Rivières, Normand a étudié à l’Université McGill en gestion des ressources naturelles renouvelables et sciences de l’environnement, et a cofondé le Centre de ressources sur la non-violence.

    Il s’est spécialisé dans les questions de sécurité et les stratégies de mobilisation et de luttes citoyennes. Récemment, il a travaillé en faveur d’une politique de sécurisation de l’approvisionnement énergétique.

    Dans cet entretien, animé par Michel Jetté, Normand explique la soi-disant transition énergétique menée par la Coalition Avenir Québec. Privilégiant les grands projets industriels, François Legault et son super ministre de l’énergie, Pierre Fitzgibbon mettent en place des processus de privatisation de certains secteurs de l’énergie qui échapperont au contrôle d’Hydro-Québec et amèneront des pertes de revenus importantes pour cette institution publique. Est-ce que le Québec subit une autre vague de politiques néolibérales qui résultera en une dépossession de l’une de ses institutions publiques des plus névralgiques?

    Présentateur : Michel Jetté

    Production : CRNV et GMob

    Monteurs : Louise Sabourin et Michel Jetté

    Le Centre de ressources sur la non-violence (CRNV) est un organisme sans but lucratif fondé le en 1988. La raison sociale est d’entretenir et de développer un lieu de recherche, d’action et d’éducation sur les thèmes touchant la non-violence et les dossiers d’actualité que qu’il suit de près. Par son action, le Centre et ses membres veulent s’insérer dans la mobilisation mondiale actuelle et participer à la lutte pour une société plus juste et plus respectueuse des êtres humains et de l’environnement. Lien : http://nonviolence.ca

    GroupMobilisation (GMob) est un organe d’information/action indépendant ayant pour objectif d’appuyer des actions sociales concrètes et immédiates en ce qui concerne les défis actuels les plus urgents.

    La mission est double :

    1. Aller au-delà de l’information brute et souvent incomplète et biaisée que les médias corporatistes véhiculent, et exposer aux citoyens la mécanique des attaques qu’ils subissent tant au niveau social, environnemental et économique.
    2. Outiller les citoyens pour qu’ils participent à la réappropriation de leurs pouvoirs politiques: pouvoir de mettre en branle les changements sociaux nécessaires pour mieux défendre l’intérêt général. Lien : https://www.groupmobilisation.com

    Réf.: https://www.youtube.com/watch?v=dOBI3MJ-ahE


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  • Infoman : Mc Gilles sur les éoliennes de TES CANADA

    Infoman : Mc Gilles sur les éoliennes de TES CANADA

    Sortie 19 avril 2024

    Segment de Mc Gilles sur les éoliennes de TES CANADA diffusé le 19 avril 2024 dans INFOMAN,

    Tout est dit dans ces 5 minutes, simple et juste,

    Il faut vraiment ne pas vouloir écouter la science, la population, les experts et le bon sens pour ne pas comprendre.

    Même le Dg de TES CANADA, Eric Gauthier ne semble pas du tout convaincu de projet !!! TES CANADA,


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  • Chaque année, vous donnerez 13,39$ pour Northvolt… à perpétuité!

    Chaque année, vous donnerez 13,39$ pour Northvolt… à perpétuité!

    ÉMILIE LAURIN-DANSEREAU, JEAN-PIERRE FINET

    Il en coûtera en moyenne au minimum 13,39$ à chaque ménage québécois (riche ou pauvre), chaque année, pour subventionner l’électricité que consommera Northvolt tous les ans. À perpétuité. Si on prend en compte les coûts associés à la puissance, ce sera beaucoup plus. Cette subvention récurrente s’ajoute aux subventions gouvernementales qui pourraient dépasser 7 milliards de dollars. 

    À elle seule, Northvolt occasionnera un effet à la hausse de 0,96% sur la facture de la clientèle d’Hydro-Québec selon les données provisoires de la société d’État recueillies et colligées par l’analyste indépendant en énergie Jean-François Blain.

    En effet, l’usine de batteries devra s’alimenter à partir d’énergie post-patrimoniale. En présumant un coût d’approvisionnement à 10 cents le kilowattheure (kWh) et un prix de vente à 5 cents le kWh au tarif L pour la grande industrie, il en résulte un déficit de 5 cents par kWh qui devra être épongé par l’ensemble de la clientèle, incluant les clients à faibles revenus. Considérant une consommation annuelle de près de 3 milliards de kWh à elle seule, Northvolt nous coûtera donc très cher. Les 127 premiers millions de dollars de profits annuels de Northvolt proviendront donc de la clientèle d’Hydro-Québec. C’est le genre d’information qui serait publique s’il y avait une évaluation environnementale indépendante et des audiences publiques par le BAPE.

    Qui doit payer?

    La question se pose. Pour le ministre Fitzgibbon, l’usine de batteries Northvolt est un projet phare pour la transition énergétique et pour le développement économique. Pour lui, investir dans Northvolt et la filière batterie équivaut à créer de la richesse collective et à assurer la décarbonation de l’économie.

    Pourtant, rien n’est moins sûr. Nous n’avons aucune idée de la mesure dans laquelle cette usine de batteries réduira la consommation de pétrole au Québec. De même, nous ne savons toujours pas comment les retombées économiques hypothétiques futures de cette industrie compenseront les subventions initiales du gouvernement et les subventions tarifaires perpétuelles que nous lui accorderons collectivement. Pour l’instant, en l’absence d’études, la seule chose que l’on puisse conclure, c’est que ce sont, principalement, les ménages qui financent et créent la richesse pour l’industrie.

    Décarboner l’économie et promouvoir le développement économique, ce n’est pas la responsabilité des clients d’Hydro-Québec. La transition énergétique doit être financée par l’ensemble de la société et par les grands pollueurs.

    Choix énergétiques déterminants

    Le premier ministre demande aux Québécois de «changer d’attitude» envers des projets comme Northvolt. Alors qu’un ménage québécois sur 7 peine déjà à payer ses factures, financer des projets politiques à partir des factures d’électricité est sans contredit régressif. Il serait plus judicieux d’effectuer une planification intégrée des ressources énergétiques, de manière à s’assurer que la consommation de l’industrie ne se répercute pas sur la facture des consommateurs résidentiels d’électricité.

    L’utilisation des tarifs d’électricité pour financer la transition fait porter une proportion injuste des coûts de la transition sur les ménages les plus pauvres.

    Les choix que nous allons faire dans le domaine de l’énergie seront déterminants pour notre avenir commun. C’est pourquoi nous devons déterminer ensemble ce qu’il convient de faire de nos ressources énergétiques. La justice sociale et climatique doit être au cœur de la lutte contre les changements climatiques. Le moment est maintenant venu de mettre l’économie au service de l’amélioration des conditions de vie de tous et toutes.

    Émilie Laurin-Dansereau, conseillère budgétaire à l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) du Nord de Montréal

    Jean-Pierre Finet, analyste et porte-parole, Regroupement des organismes environnementaux en énergie

    La lettre a parue également ici : https://www.journaldemontreal.com/2024/03/16/chaque-annee-vous-donnerez-1339-pour-northvolt-a-perpetuite#:~:text=à%20perpétuité!,-Le%20gouvernement%20Legault&text=Il%20en%20coûtera%20en%20moyenne,consommera%20Northvolt%20tous%20les%20ans

  • La privatisation de l’énergie éolienne et l’impact sur la mission d’Hydro-Québec

    La privatisation de l’énergie éolienne et l’impact sur la mission d’Hydro-Québec

    4 mars 2024,  ÉnergieéolienHydro-Québecprivatisation

    Passer d’un bien marchand à un service public

    Des années 1930 à 1962, le Québec s’est engagé sur le chemin d’une maîtrise collective des infrastructures énergétiques privées, qui culmina avec la création d’Hydro-Québec et de la deuxième vague de nationalisation. Cette nouvelle entreprise publique deviendra non seulement un distributeur, mais aussi un producteur avec le grand chantier de l’hydroélectricité. Le service public de l’énergie est né. La nationalisation des infrastructures de production est advenue avec la renégociation des ententes avec les municipalités qui percevaient des revenus issus d’ententes avec les producteurs privés. Ces sources de revenus seront supprimées et une exemption de taxes municipales sera entérinée dans le cadre de la première loi en matière d’évaluation foncière du Québec. Dorénavant, l’exemption de taxes municipales s’applique à « l’ensemble des installations de production électrique », sans égards à l’identité de leur propriétaire.

    La création de la Régie de l’énergie

    Dans les années 1980, les surplus d’électricité mènent à l’adoption, en 1983, d’une loi permettant l’exportation de l’énergie. L’intégration au marché nord-américain à travers l’ALENA entraîne la création de la Régie de l’énergie (1996) et l’adaptation de la structure d’Hydro-Québec au marché dérégulé américain. C’est la création de trois services distincts : la gestion des lignes de transport à TransÉnergie (HQT), la construction et la gestion des infrastructures de production (HQP) et les services de distribution (HQD).

    Hydro-Québec et la Régie l’énergie refusent la filière éolienne

    En 1997, la stratégie énergétique du gouvernement de l’époque identifie la production éolienne comme la voie d’énergie renouvelable d’avenir. Après consultation, la Régie se prononce défavorablement considérant que les coûts élevés vont affecter négativement les clients d’Hydro-Québec et qu’une politique de développement régional portée par le développement de l’énergie éolienne ne doit pas être supportée par les clients d’Hydro-Québec. Le PDG d’Hydro-Québec de l’époque emboîte alors le pas à la Régie en s’opposant au développement de la filière.

    Le gouvernement reprend la main : l’énergie patrimoniale

    En réponse à cette opposition et voulant se conformer à la libéralisation du marché de l’électricité nord-américain, le gouvernement commande un rapport à la firme Merrill Lynch dont le scénario proposant la création d’un bloc d’électricité patrimonial sera retenu. En séparant ainsi les choses au sein de la société d’État, le caractère public de l’énergie au Québec est directement attaqué : en sous-main, c’est la voie qui, une première fois, remet en cause la mission publique d’Hydro-Québec et les choix de société ayant mené à la nationalisation de l’énergie. Cette voie permettra la privatisation de la production énergétique au Québec.

    L’énergie postpatrimoniale : la privatisation de la production énergétique

    L’énergie patrimoniale consiste en un bloc de 165 TWh au prix de vente de 2,79 ¢/kWh visant à garantir aux abonnés la fourniture d’une électricité à bas prix, sacralisant l’héritage de la nationalisation par l’application du décret 1277-2001 du 24 octobre 2001. Dorénavant, la demande en électricité qui excédera le volume du bloc patrimonial devra être satisfaite par un approvisionnement postpatrimonial. Les différents appels d’offre éolien, de biomasse ou de petite hydraulique permettront de répondre à une demande grandissante qui dépassera le volume du bloc patrimonial dès 2005. C’est le développement par appel d’offres tel qu’on le connaît maintenant. Chaque appel d’offres est le fruit d’un décret ministériel qui identifie certains types de production énergétique et les volumes associés. Cela permettra à l’éolien de contribuer à 77 % de l’énergie postpatrimoniale au Québec en 2023.

    Les coûts d’acquisition et d’intégration de l’énergie éolienne

    Depuis 2006 et la mise en service des centrales éoliennes, l’acquisition d’énergie éolienne entraîne une hausse des coûts pour la clientèle d’Hydro-Québec. Ainsi le prix contractuel moyen de l’énergie éolienne en 2023 est de 9,58 ¢/kWh. Cela correspond à 9,98 G$ de coût contractuel d’acquisition de l’énergie éolienne. Le coût réel, comprenant la surproduction, est évalué à 11,18 G$ en 2023 et 22,2 G$ à l’horizon 2035. Afin d’intégrer l’énergie éolienne à son réseau, un service d’intégration éolien est fourni par Hydro-Québec Production, ce qui implique un coût additionnel pour Hydro-Québec équivalent à 1 G$ soit 0,98 ¢/kWh additionnel. En plus d’entraîner une perte de maîtrise de l’énergie, la privatisation d’Hydro-Québec entraîne des coûts importants pour la société québécoise.

    La priorisation du postpatrimonial : le coût du développement par décret.

    Le développement de la filière éolienne, qui se fait par décret, implique que les choix ne se sont pas faits sur la base d’une planification énergétique intégrée, mais des besoins des acteurs au centre du développement de la filière. En 2013, la mise en service de la majorité des parcs éoliens alerte la clientèle et les intervenants à la Régie qui veulent préserver la priorité à l’énergie patrimoniale. Une décision de celle-ci et une modification législative valideront le principe de priorité à l’énergie postpatrimoniale. Cela entraîne un coût assumé par la clientèle qui atteint 6,09 G$ attribuable au manque dans la planification intégrée des approvisionnements énergétiques. Cette énergie patrimoniale excédentaire, disponible à bas coût, n’a par ailleurs pas permis à Hydro-Québec de profiter d’un marché nord-américain inondé par l’énergie bon marché provenant du gaz de schiste. Si la fin des surplus et de cette « spirale de la mort » va entraîner la fin de ces surcoûts, il doit nous rappeler l’impact que peut avoir une gestion politique de l’approvisionnement énergétique.

    Des profits substantiels pour les promoteurs éoliens

    Le principal argument utilisé par les différents gouvernements qui se succèdent depuis 25 ans est celui de l’impact de cette filière sur le développement régional. On peut y voir un rattrapage de l’exemption des taxes municipales mise en œuvre à l’époque de la nationalisation. Mais en évaluant les marges bénéficiaires, des questions se posent concernant les intérêts poursuivis par cette privatisation de la production éolienne. En effet, de 2006 à 2023, les marges bénéficiaires de la filière éolienne au Québec se situent entre 0,90 G$ et 1,68 G$. À l’horizon 2035, cela correspond à des marges comprises entre 1,79 G$ et 3,34 G$.

    Une alternative pour les municipalités et Hydro-Québec

    Si certaines municipalités et MRC ont pu capter une partie de cette marge par un partage de la rente éolienne, la question se pose : qui sont les réels bénéficiaires de cette privatisation ? En prenant une répartition 50-50 entre Hydro-Québec et le milieu municipal d’une telle filière développée par Hydro-Québec, les revenus pour chaque partie en 2023 auraient pu être compris entre 450 et 840 M$ cumulés en 2023 et devraient atteindre entre 910 M$ et 1,70 G$ à l’horizon 2035. Il est donc nécessaire de questionner, aussi bien sur le plan économique que politique, le principe de la privatisation de la production énergétique afin de pouvoir mieux capter et répartir les revenus issus d’une telle filière et répondre de manière plus adaptée aux besoins de la clientèle d’Hydro-Québec.

    Le texte qui précède est le résumé du document complet : https://irec.quebec/ressources/publications/20240314-La-privatisation-de-lenergie-eolienne-et-limpact-sur-la-mission-dHydro-Quebec-VFfinale.pdf  )

    Cet article est paru ici le 14 mars 2024 ici: https://irec.quebec/publications/rapports-de-recherche/la-privatisation-de-lenergie-eolienne-et-limpact-sur-la-mission-dhydro-quebec

  • Quelle place à la production privée et la vente libre d’électricité dans la transition au Québec ?

    Quelle place à la production privée et la vente libre d’électricité dans la transition au Québec ?

    MARS 13, 2024

    Ce webinaire, coorganisé par l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM et la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, propose un échange entre différents experts pour faire le bilan de la situation et explorer des pistes qui pourraient mener vers un terrain commun pour avancer l’avenir énergétique du Québec.

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  • Certains élus font aussi de l’intimidation

    Certains élus font aussi de l’intimidation

    Michel Veilleux

    L’auteur est conseiller municipal à Sainte-Monique.

    Le matin du jeudi 29 février 2024, Mme Geneviève Dubois, mairesse de Nicolet, préfète de la MRC Nicolet-Yamaska et deuxième vice-présidente de l’UMQ, a donné une entrevue à la radio de Radio-Canada. L’entrevue faisait suite à l’annonce par le gouvernement du Québec d’une enveloppe de 2 millions $ pour le soutien psychologique aux élus municipaux vu l’intimidation dont certains de ces derniers se plaignent.

    Mme la préfète en profite pour parler du dossier éolien et ajouter: «…Moi j’ai terminé mon année 2023 avec le RCI à la MRC, avec un Garda dans la salle, la SQ, un plan d’évacuation d’urgence et je me suis fait suivre jusque chez moi. Moi je m’excuse là, mais je n’ai pas signé pour ça en politique municipale. Ça c’est aussi la réalité…»

    Il faut prendre soin d’éviter les amalgames inappropriés ici. Ayant assisté à toutes les séances du Conseil des maires depuis mai 2023 (sauf celle de juin 2023 où des élus présents me confirment que les citoyens se sont comportés avec civilité), je peux attester qu’aucun citoyen n’a tenu de propos menaçants à l’endroit de Mme la préfète ou d’un autre maire lors de ces séances. Tout au plus, un citoyen a parlé un peu fort à la séance de mai 2023, et peut-être les maires ont-ils été affublés à de rares occasions d’épithètes peu flatteurs, mais les séances se sont déroulées avec civilité de la part des citoyens et surtout sans aucune violence.

    Également, à ma connaissance, les représentants des forces de l’ordre n’ont jamais eu à intervenir, autant durant les séances du Conseil des maires, que lors des manifestations pacifiques du comité citoyen.

    «Si des citoyens peuvent s’en être pris à Mme la préfète sur Facebook ou ailleurs, ou bien l’avoir suivie, ce n’est pas acceptable et je le déplore. Toutefois, la grande mobilisation citoyenne dans le dossier éolien dont témoigne Mme la préfète ne devrait en aucun cas être liée aux actions douteuses de certains individus.»

    Ce qui peut aussi avoir inquiété Mme la préfète, c’est la présence de 200 à 300 citoyens mécontents de son travail à trois de ces séances du Conseil des maires, dont celle de novembre lors de l’adoption du règlement de contrôle intérimaire (RCI). Si j’étais à la place de Mme la préfète, je me poserais la question quant à la présence de tant de citoyens. La réponse réside tout simplement dans le manque de démocratie à la MRC, laquelle, pour ne donner que cet exemple, esquive les référendums.

    Pour l’essentiel, il faut se rappeler que :

    1. la MRC a annoncé au printemps 2023 que non seulement elle n’imposerait pas de RCI, mais que chaque municipalité pourrait adopter son propre règlement sur les éoliennes, ceci permettant aux citoyens d’exiger la tenue d’un référendum, dont le résultat lierait la Municipalité.
    2. Des pétitions ont été signées cet été dans neuf municipalités. Dans chacune des six municipalités où les pétitions ont été complétées, la majorité des citoyens s’opposaient aux éoliennes. Dans les trois autres municipalités, les pétitions n’ont pas été complétées vu le retrait des promoteurs, mais la majorité des citoyens visités signaient contre les éoliennes. La MRC et la plupart des municipalités ont ignoré les pétitions.
    3. À l’automne, on apprend que la MRC se propose d’adopter un RCI sur les éoliennes, lequel règlement favorisera l’implantation des éoliennes. Or, la Loi ne permet pas aux citoyens concernés d’exiger un référendum pour un RCI. Le problème ici est que la plupart des conseils municipaux étant favorables à l’implantation d’éoliennes malgré l’avis contraire des populations concernées, ils ne voudront pas adopter leur propre règlement et appliqueront le RCI, de sorte que les citoyens concernés ne disposent d’aucun moyen pour s’opposer.
    4. Pourquoi la Loi ne permet pas aux citoyens concernés d’exiger un référendum dans le cas d’un RCI? C’est simplement parce que la Loi prévoit que la finalité d’un RCI est d’interdire. Si l’on prend l’exemple d’une compagnie qui arrive dans une MRC avec un mauvais projet, la MRC peut alors bloquer le projet rapidement avec un RCI sans avoir à passer par un référendum. Donc, ici, la MRC de Nicolet-Yamaska a détourné la finalité du RCI afin de dérouler le tapis rouge à l’implantation d’éoliennes.

    Sachant très bien que les élus souhaitant l’implantation d’éoliennes dans leur municipalité perdraient leur référendum, la MRC de Nicolet-Yamaska a réussi à contourner la démocratie au moyen du RCI adopté en novembre 2023. Voilà pourquoi les citoyens se sont présentés en grand nombre au Conseil des maires de novembre 2023, ce qui a pu inquiéter Mme la préfète.

    Maintenant, c’est bien beau accuser les citoyens d’intimidation, mais il faut savoir que beaucoup d’intimidateurs sont des élus. Étant moi-même conseiller municipal depuis six ans, la seule fois où j’ai été victime d’intimidation l’a été de la part d’un élu d’une autre municipalité favorable aux éoliennes. Par ailleurs, les exemples impliquant d’autres élus intimidateurs foisonnent.

    Michel Veilleux

    Conseiller municipal à Sainte-Monique

    Cette lettre est parue également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/03/08/certains-elus-font-aussi-de-lintimidation-ZIRKKYDX65CTTLRLKVXUD7JFHI/

  • Rencontre d’information citoyenne à Saint-Maurice

    Rencontre d’information citoyenne à Saint-Maurice

    4 février 2024

    Rencontre d’information citoyenne à Saint-Maurice

    Sont présent :

    • Richard Langelier
    • Jacques Rousseau
    • Claude Charron
    • Rachel Falhman
    • Martine Ouellet

    Réf.: https://www.youtube.com/watch?v=OhWZFN47zzo


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