Analyse énergétique du projet du TESCanada


TES annonce qu’il utilisera 60 % de sa production d’hydrogène pour produire un gaz renouvelable destiné à alimenter le réseau d’Énergir, et 40% destiné au camionnage lourd. Il prétend qu’ainsi il participe à la décarbonation.

Aux pages 13 et 14 du présent document, on retrouve un scénario illustrant l’énorme différence d’efficacité entre l’objectif avoué du projet de TES Canada et ce que serait une utilisation maximale de l’électricité produite.

Ce scénario compare, pour le chauffage d’une maison (eau domestique et espace), l’efficacité de l’utilisation du e-gaz produit à partir de l’hydrogène, celle d’une plinthe électrique et celle d’une pompe à chaleur.

Scénario utilisant 60% de l’hydrogène

Moyen de chauffageNombre de maisons
e-gaz~34 555
plinthe électrique~126 888
pompe à chaleur air-air électrique~380 666

Le e-gaz chauffe approximativement 34 555 maisons, contre 380 666 pour une pompe à chaleur air-air électrique, soit 11 fois plus de maisons.

Puisque rien, jusqu’à maintenant, ne semble confirmer que le 40 % d’hydrogène restant sera effectivement utilisé pour la décarbonation du camionnage lourd, il est légitime de penser que le rendement de ce 40 % d’hydrogène ne sera pas maximisé. S’il advenait que son taux de rendement ne soit pas supérieur à celui du 60 % déjà consacré au e-gaz, on atteindrait alors un écart de rendement beaucoup plus élevé. Si l’on refait le calcul précédent en supposant que ce 40 % d’hydrogène est utilisé au même taux d’efficience que pour le e-gaz, nous obtenons les résultats suivants :

Scénario utilisant 100% de l’hydrogène

Moyen de chauffageNombre de maisons
e-gaz~40 000
plinthe électrique~222 200
pompe à chaleur air-air électrique~666 000

On chauffe donc 626 000 maisons de plus avec une pompe à chaleur qu’avec le e-gaz.




Peu importe, parmi ces deux scénarios, celui qui sera retenu par TES Canada, peut-on sérieusement prétendre participer à la décarbonation lorsque, dans les deux cas, on aboutit à une différence de rendement de plus de 90 % ?

Dans le contexte de la décarbonation, il est nécessaire d’évaluer l’efficacité énergétique des moyens mis en œuvre pour l’atteindre. Quelle est la meilleure utilisation de l’électricité produite pour atteindre notre objectif de décarbonation? Voilà la question. Si on ne peut démontrer que la réponse donnée est la meilleure, il faut cesser d’utiliser ce prétexte car il revient à mentir, pire à user de billevesées[1] pour masquer de l’écoblanchiment


[1] Billevesées : des balivernes, des sornettes ou des idées chimériques. Littéralement ce terme signifie « paroles gonflées de vent ». Il est particulièrement adéquat dans le contexte de parc éolien de TES Canada



Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *