Michel Tremblay
26 mai 2026
2026-04-29
Bon, je sais, Jancovici n’est pas un scientifique de TES. Les proTES vont sûrement s’empresser de le démolir pour cette raison. Mais pour ceux qui veulent comprendre un peu mieux ce qu’est l’hydrogène, cette vidéo reste très instructive.
(https://www.youtube.com/watch?v=CoLL1O94mVA).
Et c’est justement pour ça que c’est intéressant.
Il ne parle pas de politique locale. Il ne parle pas de nos rangs, de nos terres, de nos municipalités ou de nos référendums.
Il parle d’hydrogène.
De physique, de rendement et de pertes d’énergie.
Et c’est là que ça devient utile pour comprendre le dossier TES.
L’hydrogène n’est pas une source d’énergie. C’est un vecteur énergétique.
Autrement dit, il faut d’abord produire de l’électricité, utiliser cette électricité pour fabriquer de l’hydrogène, ensuite le comprimer, le stocker, le transporter, puis parfois le reconvertir en énergie utile.
À chaque étape, on perd de l’énergie.
C’est là que le mot « vert » devient insuffisant.
Parce qu’un projet peut utiliser de l’électricité renouvelable et quand même représenter un mauvais choix énergétique si cette électricité pouvait être utilisée plus efficacement ailleurs.
Et ce n’est pas seulement l’opinion de Jancovici. Plusieurs analyses sérieuses vont dans le même sens.
L’hydrogène vert peut avoir sa place.
Mais pas partout.
Pas comme solution miracle.
Pas comme réponse automatique dès qu’on colle le mot « vert » sur un projet.
Les spécialistes convergent surtout sur une idée simple. L’hydrogène est plus pertinent dans les usages difficiles à électrifier.
Pour l’acier, pour certains procédés industriels, pour l’ammoniac, pour certains carburants spécialisés et pour des usages où l’électricité directe ne fait pas bien le travail.
Mais quand l’électricité directe peut faire le travail, le détour par l’hydrogène devient beaucoup plus discutable.
Parce que ce détour a un coût.
Un coût énergétique, un coût d’infrastructure, un coût territorial, et un coût d’opportunité.
Dans le dossier TES, c’est exactement la question qu’on devrait poser.
Combien d’électricité propre entre dans le projet?
Combien d’énergie réellement utile en ressort?
Quels usages finaux seront servis?
Quelle part ira à des besoins industriels réellement difficiles à électrifier?
Quelle part servira plutôt à prolonger une logique gazière sous une nouvelle couleur?
Parce que le vrai débat n’est pas seulement de savoir si l’hydrogène peut être produit proprement.
Le vrai débat est de savoir s’il est intelligent d’utiliser autant d’électricité propre, autant de territoire, autant d’infrastructures et autant d’acceptabilité sociale locale pour fabriquer un vecteur énergétique moins efficace que l’électrification directe dans plusieurs usages.
TES ne devrait pas seulement nous dire que son hydrogène est vert.
TES devrait démontrer que son projet est le meilleur usage possible de cette électricité, de ce territoire et de cette capacité collective.
Parce qu’une belle promesse de décarbonation ne remplace pas un bilan énergétique.
Une comparaison sérieuse avec les alternatives.
Une preuve claire des usages finaux.
Et une démonstration que les impacts imposés au territoire sont justifiés par un bénéfice réel.
Un mot vert ne remplace pas une preuve.
Sans cette démonstration, on ne nous présente pas une solution.
On nous demande de croire à une histoire.
Ah, et je n’ai même pas parlé de toute l’énergie nécessaire pour amener le projet de zéro jusqu’à la production.




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