Auteur/autrice : Gaston

  • Le Grand rendez-vous d’affaires avec TES Canada

    Le Grand rendez-vous d’affaires avec TES Canada

    Par Maxime Leclerc-Gingras

    26 janvier 2026

    Commentaire de Maxime Lecler-Gingras suite à cette annonce faite par la Chambre de commerce de Mékinac

    Annonce de la chambre de  commerce de Mékinac

    Avec son invitation, la Chambre de commerce agit comme s’il n’y avait jamais eu de sondage. Comme s’il n’y avait jamais eu de référendums. Comme s’il n’y avait jamais eu de consultations publiques. Comme si les élus de la MRC n’avaient pas eux-mêmes reconnu que les citoyens n’en veulent pas de ce projet.

    Le projet est présenté comme acquis, inévitable, déjà décidé. Il ne resterait plus qu’à s’organiser, à se positionner, à en tirer sa part. Cette posture n’est pas neutre. Elle efface volontairement la réalité démocratique.

    Soyons clairs sur une chose : une Chambre de commerce n’est pas neutre, et ce n’est pas un reproche. Elle est un acteur politique économique assumé. Elle défend des intérêts, elle influence les décisions, elle fait du lobbying. C’est son rôle.

    Le problème n’est donc pas qu’elle fasse de la politique. Le problème est où, quand et comment elle intervient.

    Lorsqu’une population a refusé massivement un projet par des sondages, des référendums, des consultations et par le choix de ses élus, ce refus constitue un verdict démocratique. À partir de là, agir comme si ce verdict n’existait pas, ce n’est plus influencer un débat en cours. C’est contourner une décision déjà rendue, la volonté populaire.

    Je ne prétends pas détenir toute la vérité ni comprendre toutes les dimensions de ce dossier. Je réagis à ce qui m’interpelle, à ce qui m’inquiète, à ce que je perçois comme un glissement préoccupant.

    L’objectif de TES n’est manifestement plus de convaincre la population. Cet exercice a échoué. L’objectif devient autre chose : vendre le projet à la communauté d’affaires, afin de créer des intérêts économiques locaux capables de faire pression, directement ou indirectement, sur la population.

    On déplace ainsi le rapport de force. On ne cherche plus le consentement. On cherche l’usure.

    En organisant ce type de rencontre, la Chambre de commerce ne se contente pas de défendre des intérêts économiques. Elle participe à un mécanisme qui vise à transformer un refus collectif clair en une série de choix économiques individuels. Elle intervient après le verdict citoyen pour en atténuer la portée. C’est là que, selon moi, la ligne est franchie.

    On invoquera qu’il faut garder les canaux de communication ouverts. Qu’il faut se parler. Qu’il vaut mieux se préparer dans l’éventualité où le projet irait de l’avant.

    Cet argument peut sembler raisonnable. Mais dans ce contexte précis, il ne tient pas.

    Le dialogue a déjà eu lieu et il a été clair. Maintenir des canaux sans jamais reconnaître le refus, ce n’est pas dialoguer, c’est refuser le choix des citoyens qui se sont exprimés. Se préparer à un projet rejeté, c’est déjà accepter implicitement qu’il s’imposera malgré tout. Ce n’est pas de la prudence, c’est une forme de déni de démocratie.

    Et cette stratégie a des conséquences bien réelles.

    Citoyens et entreprises sont intimement liés. Ils vivent dans les mêmes communautés, dépendent les uns des autres. Associer certaines entreprises à un projet rejeté démocratiquement, c’est inévitablement les exposer à la méfiance d’une partie de la population. À l’intérieur même de ces entreprises, il y a des travailleurs, des citoyens, parfois opposés au projet, pris dans des contradictions qu’ils n’ont pas choisies.

    On fabrique de la tension.

    On fragilise la cohésion sociale.

    On paie collectivement le prix d’un projet sans légitimité sociale.

    Mais au-delà du projet lui-même, j’ai l’impression qu’il nous manque quelque chose de plus fondamental.

    Un sentiment d’appartenance. Une fierté collective. Une solidarité réelle.

    Peut-être que l’occasion est de prendre un pas de recul et de se parler entre nous. Pas avec TES. Entre nous.

    Citoyens, travailleurs, jeunes, aînés, familles, entreprises locales, groupes communautaires, élus municipaux. Prendre le temps de faire le point. De se demander ensemble ce que nous voulons pour notre région, ce que nous souhaitons encourager, ce que nous refusons d’accueillir, et surtout pourquoi.

    Pour ne plus nous retrouver, encore une fois, devant un projet massif venu de l’extérieur qui prétend combler un vide que nous n’avons jamais pris le temps de définir nous-mêmes.

    Dans cette perspective, la Chambre de commerce de Mékinac pourrait jouer un rôle positif et rassembleur. Non pas comme promotrice d’un projet rejeté, mais comme alliée de la population. En annulant cette rencontre. En affirmant clairement sa solidarité avec les citoyens de Mékinac qui ont dit non. Et en contribuant à ouvrir un véritable espace de réflexion collective, locale, enracinée.

    Il n’y a aucune honte à faire un pas de recul.

    Les erreurs ne sont pas ce dont on se souvient le plus.

    C’est la manière dont on choisit d’en sortir qui marque une communauté.

    Faire la bonne chose maintenant, ce serait choisir la cohésion plutôt que la pression, le dialogue entre nous plutôt que le contournement, et le respect clair d’une population qui a déjà parlé


  • Vivre en région : Saint-Prosper avec René Beaudoin

    Vivre en région : Saint-Prosper avec René Beaudoin

    26 janvier 2026

    Saint-Prosper. René Beaudoin est propriétaire d’une érablière, il nous partage la musicalité de la nature ainsi que son amour de Vivre en région.

    NousTV réf.: https://youtu.be/nxsUv2nuoHI


  • TES Canada: l’appui des gens d’affaires ne remplace pas la démocratie

    TES Canada: l’appui des gens d’affaires ne remplace pas la démocratie

    Par Dany Janvier

    26 janvier 2026

    À la suite de la visite de Mme France Chrétien-Desmarais à Shawinigan, à l’invitation de quelques acteurs du milieu des affaires, et des articles publiés récemment dans Le Nouvelliste, une mise au point s’impose. Les prises de position répétées en faveur du projet TES Canada entretiennent une confusion inquiétante entre information, persuasion et démocratie.

    Rappelons une évidence trop souvent évacuée: la démocratie ne se joue ni dans des salons privés, ni lors de rencontres d’affaires à huis clos, ni à coups de chiffres changeants présentés à des publics triés sur le volet.

    Lorsque la population s’exprime clairement et massivement contre un projet, il n’est plus question de «mieux l’expliquer», de «mieux le vendre» ou de «convaincre». La décision collective est déjà prise.

    Dans un tel contexte, ce n’est pas à la population de plier. C’est le promoteur qui doit arrêter.

    Or, que constate-t-on? Dans un récent article, M. Claude Baril se félicite qu’après une rencontre privée avec Mme Chrétien-Desmarais et des acteurs du milieu des affaires, «ceux qui n’étaient pas convaincus en rentrant l’étaient en sortant». Voilà précisément le problème: on ne parle plus d’écoute citoyenne, mais de stratégie de persuasion.

    Le discours de M. Daniel Allard mérite d’être replacé dans son contexte. Il compare l’implantation du projet TES Canada à la création du parc national de la Mauricie, comme si l’opposition de la population était un réflexe automatique, une réaction contre tout projet.

    Or, cette comparaison est trompeuse. Un parc national protège et valorise un territoire, alors qu’un complexe industriel, une usine à gaz et un parc éolien de plus de 200 mètres industrialisent et défigurent le paysage, en transformant la région en zone d’exportation de profits. Ce n’est donc pas une simple question d’acceptabilité ou d’information: c’est un choix de société, et la population a clairement fait son choix.

    Sur le plan économique, le discours est tout aussi fragile. On parle tour à tour de 600 emplois, de 1000 emplois, puis de 50 à 60 emplois permanents à terme. Durant la caravane d’information de TES Canada l’été dernier, on évoquait même 4350 «emplois payants», chiffre affiché noir sur blanc. Comment prendre au sérieux un projet dont les retombées varient à ce point selon l’auditoire? Ce n’est pas de la rigueur, c’est de l’improvisation.

    Enfin, parlons du BAPE. Oui, le BAPE est un outil utile. Mais il est de plus en plus présenté comme un lieu de décision, alors qu’il ne s’agit que d’un processus consultatif. Il ne décide pas, il recommande. Pourtant, certains agissent comme si le simple fait de «passer par le BAPE» suffisait à légitimer n’importe quel projet, même lorsqu’il est massivement rejeté.

    Dans le cas du BAPE générique sur l’éolien au Québec, il est légitime et nécessaire de s’interroger sur le développement actuel de l’éolien industriel, trop souvent désordonné et sans vision d’ensemble. Un tel BAPE doit servir à établir de grandes orientations claires, respectueuses du territoire, des paysages et des communautés, construites avec la population et non contre elle. La population a parlé. Le projet TES Canada n’a aucune légitimité sociale. Il doit être abandonné. La Mauricie mérite mieux qu’un développement imposé, appuyé par des stratégies de persuasion et des chiffres fluctuants.

    Dany Janvier, CPVSMDC, citoyen de Mékinac.


  • Vivre en région : Saint-Stanislas avec Isabelle Dupuis et Francis Boisvert

    Vivre en région : Saint-Stanislas avec Isabelle Dupuis et Francis Boisvert

    19 janvier 2026

    Isabelle Dupuis et Francis Boisvert nous font découvrir leur Presbytère ainsi que leur amour de vivre en région.

    NousTV réf.: https://youtu.be/nxsUv2nuoHI


  • TES Canada : On ne veut pas retarder le projet, on veut l’enterrer

    TES Canada : On ne veut pas retarder le projet, on veut l’enterrer

  • Vent d’élus déplore le manque de vision d’Hydro-Québec et lance un appel à la démocratie

    Vent d’élus déplore le manque de vision d’Hydro-Québec et lance un appel à la démocratie

  • Quand la ministre Fréchette reprend le mirage de TES Canada pour décarboner les transports

    Quand la ministre Fréchette reprend le mirage de TES Canada pour décarboner les transports

    Par Isabelle Clément, 18 décembre 2025

    Plusieurs experts se sont déjà prononcés sur les pertes énergétiques importantes associées à la transformation d’électricité en hydrogène et sur le coût exorbitant (10 fois plus cher que le gaz naturel) du gaz de synthèse prévu dans le cadre du Projet Mauricie de TES Canada. Il semble que l’entreprise considère que son argument ultime et imparable, c’est sa promesse de décarboner les transports lourds, une promesse reprise comme parole d’évangile par la ministre Christine Fréchette.

    Dans ses projections de décarbonation, TES Canada affirme pouvoir alimenter de 2000 à 3000 camions lourds avec près de la moitié de l’hydrogène produit par son Projet Mauricie. Or cette affirmation est totalement déconnectée de la réalité actuelle du marché.

    Décarboner quels camions?

    À ce jour, il n’existe pas un seul camion hydrogène en opération commerciale au Québec. Un article de La Tribune, publié le 13 novembre 2025, rapporte de plus que la seule station publique d’hydrogène au Québec fermera définitivement le 7 décembre.

    Harnois Énergies, qui avait lancé en juillet 2024 un projet pilote de camions hydrogène, vient de céder, au mois d’octobre dernier, ses actifs de production et distribution d’hydrogène à Charbone Hydrogen. Harnois Énergies avait misé sur le constructeur américain Nikola Motor, qui a dû déclarer faillite sept mois plus tard.

    Aujourd’hui, on compte moins de 50 voitures à hydrogène sur tout le territoire québécois. C’est dire si un écosystème hydrogène pour le transport lourd est inexistant.

    Or TES Canada prétend que, dans ce contexte, l’industrie québécoise du camionnage pourrait convertir ou renouveler une flotte de 2000 camions à court ou moyen terme. Mais remplacer 2000 camions diesel neufs coûterait environ 300 à 500 millions de dollars.

    La même flotte en version hydrogène coûterait, selon les estimations les plus conservatrices basées sur les prix internationaux actuels, entre 900 millions et 1,2 milliard. Autrement dit: 600 à 800 millions de dollars de plus, et probablement davantage, puisque les camions à hydrogène commercialement disponibles demeurent rares et coûteux.

    D’ailleurs, Hyzon, la plus grosse entreprise de fabrication de camions à hydrogène aux États-Unis, a déclaré faillite en mars dernier. Plusieurs grands joueurs européens ont aussi cessé leurs activités dans le secteur de l’hydrogène depuis la fin de 2024.

    Et le coût d’achat des camions n’est que la dépense initiale. Le coût d’opération au kilomètre est lui aussi nettement plus élevé. Le prix de l’hydrogène à la pompe dépasse largement celui du diesel, et il n’existe aucun réseau de ravitaillement au Québec, ni même en Amérique du Nord, capable de soutenir une flotte lourde. Même avec des engagements politiques, créer un tel réseau exigerait des investissements publics massifs et une planification sur plusieurs années.

    Pas d’hydrogène sans subventions massives

    Il est donc illusoire de penser que des transporteurs québécois dépenseront spontanément près d’un milliard de dollars supplémentaires pour adopter une technologie plus coûteuse à l’achat, plus chère à l’usage et dépourvue d’infrastructures.

    À coûts actuels, et sans subventions publiques de plusieurs milliards de dollars, aucun scénario réaliste ne permet d’imaginer que l’hydrogène jouera un rôle significatif dans la décarbonation du transport lourd au Québec, ni à moyen terme, ni probablement à long terme.

    Dans ce contexte, l’affirmation que l’hydrogène de TES Canada servira à décarboner les transports québécois n’a aucune base réelle. C’est une affirmation fantaisiste, farfelue : un mirage.

    Pourquoi alors TES Canada maintient-elle une affirmation aussi invraisemblable?

    Plusieurs hypothèses sont possibles:

    • Un argument marketing destiné à séduire un gouvernement en quête de succès verts;
    • Une stratégie visant à faciliter l’acceptabilité sociale du projet;
    • Un pari que de futures politiques publiques massivement subventionnaires changeront artificiellement l’équation économique;
    • Ou encore l’idée que l’hydrogène sera vendu ailleurs, mais emballé localement sous un récit climatique flatteur.

    Lorsqu’on parle d’une entreprise privée, ce genre de considération n’a malheureusement pas de quoi faire sourciller.

    Ce qui est plus difficile à comprendre, en revanche, c’est pourquoi le gouvernement reprend sans examen critique un argument aussi facilement vérifiable — et faux —, et pourquoi tant de médias le répètent sans le remettre en question. La rigueur minimale exigerait qu’on confronte les affirmations d’une entreprise privée aux réalités économiques, technologiques et logistiques actuelles. Si on veut éviter des erreurs coûteuses dans la planification énergétique et dans l’utilisation des fonds publics, cette rigueur est indispensable. Il est dommage que nos médias et notre gouvernement avalent sans grimacer les couleuvres de TES Canada.

    Isabelle Clément, est conseillère municipale à Hérouxville.


  • Des Moulins et des Hommes : regard sur l’éolien

    Des Moulins et des Hommes : regard sur l’éolien

    Le Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ)a lancé en septembre 2025 une série de neuf capsules vidéos sur le développement éolien au Québec. Intitulé Des Moulins et des Hommes : Regard sur l’éolien, les vidéos invitent la population à jeter un regard critique sur la filière éolienne.

    La série, tournée et réalisée par le renommé Dany Janvier, est animée par Grégory Lemoyne, coordonnateur adjoint du RVÉQ pour le Centre-du-Québec et enseignant de formation.

    Restez à l’affût, d’autres capsules seront rendues disponibles au fil des prochaines semaines. Bon visionnement!


  • La démocratie a parlé, mais il faut la respecter

    La démocratie a parlé, mais il faut la respecter

    14 octobre 2025

    «La démocratie a parlé », déclarait Jean-Pierre Jolivet dans sa lettre d’opinion du 12 novembre.

    Je suis touché par cette déclaration venant d’un démocrate de la qualité de monsieur Jolivet, déclaration que s’est empressé de saluer Claude Baril en commentaire juste en dessous. Oui, la démocratie a parlé.

    Si c’est vrai pour Shawinigan, c’est nécessairement vrai aussi pour les municipalités des MRC des Chenaux et Mékinac.

    Il faudra que les Shawiniganais le reconnaissent en toute honnêteté, de même que les dirigeants de la multinationale TES Canada et ses propriétaires, le clan des multimilliardaires Chrétien-Desmarais de Power Corporation.

    La démocratie a parlé dans des Chenaux et Mékinac :

    • 5000 signatures de pétitions contre le projet de TES,
    • le sondage municipal de Saint-Prosper a donné 84 % d’opposants,
    • le référendum de Saint-Maurice 91,5 % d’opposants,
    • le sondage Léger dans les 10 municipalités de Mékinac a donné 69 % d’opposants,
    • les référendums de Saint-Luc-de-Vincennes à 85,5 % d’opposants,
    • de Sainte-Thècle à 69 % d’opposants
    • et Saint-Tite à 68 % d’opposants.

    Ajoutons les élections référendaires à Saint-Adelphe avec sept élus opposés au projet de TES et à Saint-Séverin avec quatre élus opposés. Et les autres candidats ouvertement opposés au projet de TES : au total, une quarantaine ont été élus démocratiquement dans les deux MRC.

    La démocratie a parlé. Dorénavant, nous ne sommes plus des opposants, nous sommes la volonté populaire, démocratique.

    Et rappelons que l’enjeu n’est pas seulement l’implantation des méga-éoliennes industrielles de TES de 55 étages de hauteur en zone agricole et habitée, l’enjeu est également la privatisation de l’électricité.


    Les petits barrages hydroélectriques privés et les éoliennes ont pour résultat que 5 % de l’électricité est maintenant privée. Depuis 2009, ça nous a coûté 6,09 milliards de dollars, selon l’IREC, de l’argent qui ont rempli les poches des promoteurs plutôt que d’aller dans nos hôpitaux, nos écoles, nos routes et nos services sociaux. Le projet de loi 69, adopté sous bâillon (un autre !) par la CAQ à 4 h d’un matin de juin 2025 ouvre la porte toute grande à cette privatisation. Ça s’annonce épouvantable pour l’avenir.

    Shawinigan est le berceau de la nationalisation de l’électricité. En étant complice avec les éoliennes des Chrétien-Desmarais de TES Canada, Shawinigan deviendrait le berceau de la privatisation de l’électricité. La démocratie a parlé : Mékinac et des Chenaux refusent d’être complices de cette aberration.

    Il ne reste, pour une Shawinigan qui se veut vraiment démocrate, que de faire comme les vingt maires des deux MRC ont fait unanimement en juin 2025 et comme l’UPA l’a fait récemment : adopter une résolution pour réclamer du gouvernement un bloc d’électricité suffisant pour l’usine d’hydrogène, si vraiment cette usine est la solution du siècle, un octroi qui fasse tomber le volet éolien du projet de la multinationale.

    Les vingt maires l’ont adopté à l’unanimité. À l’unanimité ! La démocratie a parlé. Il faut la respecter.

    René Beaudoin


    Cet article est paru également dans Le Nouvelliste. : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/point-de-vue/2025/11/14/la-democratie-a-parle-mais-il-faut-la-respecter-ZDILHLWN2NFXHGJOW32ZCMWHU4

  • Les urnes confirment la volonté citoyenne

    Les urnes confirment la volonté citoyenne

  • TES Canada: les tactiques de la ministre Fréchette ou comment désinformer les citoyens de la Mauricie

    TES Canada: les tactiques de la ministre Fréchette ou comment désinformer les citoyens de la Mauricie

    Par Richard Bérubé, 9 novembre 2025

    Lors de la période de questions et réponses orales du 4 novembre dernier à l’Assemblée nationale, la ministre Fréchette a encore une fois fait des siennes. Après avoir faussement affirmé que son gouvernement était en contact avec les élus des municipalités et MRC visées par le projet TES Mauricie, elle a (encore) esquivé une question du député de Jean-Talon concernant ce projet.

    La question peut se résumer comme suit: « À la lumière des résultats des sondages effectués avant et lors des élections municipales – et dont les résultats démontrent sans contredit le refus du projet TES Mauricie par toutes les communautés sondées – et de la venue de 20 nouveaux élus qui sont contre le projet, comptez-vous les écouter? ».

    La réponse de Mme Fréchette: une affirmation que « […]le projet est un excellent projet », une supposition quant au rôle qu’occupera l’hydrogène vert pour décarboner certains secteurs difficiles à décarboner au Québec, et surtout, la prétention que ce projet ne bénéficiera « […]d’aucune contribution de deniers publics », illustre soit un parti pris de la ministre et de son gouvernement envers TES Canada, soit une méconnaissance profonde du dossier et des enjeux auxquels font face les communautés visées par le projet.


    Mais surtout, Mme Fréchette démontre qu’elle prend les Québécois pour des imbéciles. Comment peut-on croire qu’un projet de génération d’hydrogène vert de quatre milliards de dollars, aligné sur la Stratégie canadienne pour l’hydrogène et sur la Stratégie québécoise pour l’hydrogène vert et les bioénergies 2030 ne bénéficiera pas de deniers publics? Mme la ministre, s’il va de l’avant, le projet de TES Canada bénéficiera probablement de plus d’un milliard de dollars provenant de crédits d’impôt* ou autres!

    Mme Fréchette, vous l’avez démontré lors de l’adoption du PL69 et vous le démontrez encore aujourd’hui: votre condescendance envers les élus s’opposant à vous et envers tous les Mauriciens, appuyée par votre non-reconnaissance des enjeux sociétaux du projet TES Mauricie démontre la totale déconnexion qu’a votre gouvernement avec les réalités du milieu.

    Le projet TES Mauricie n’est PAS un excellent projet et n’a pas l’acceptabilité sociale requise pour aller de l’avant. Cessez vos propos partisans et commencez à écouter la population.

    — Richard Bérubé, citoyen de Grandes-Piles


    * TES Canada bénéficiera probablement du Crédit d’impôt à l’investissement (CII) pour l’hydrogène propre couvrant de 15 % à 40 % des coûts en capital admissibles pour les projets d’hydrogène propre.

    TES Canada pourrait aussi avoir bénéficié (lors de l’élaboration de son étude environnementale) ou pourra bénéficier du Fonds pour les combustibles propres du Gouvernement du Canada.

    Enfin, TES Canada pourra bénéficier des crédits de SR&ED (Recherche scientifique et développement expérimental) pour certaines innovations mises de l’avant dans son projet.

  • Un Gros Merci!

    Un Gros Merci!

    Carole Neill
    Carole Neill

    Lors de ces élections, nous avons été ambitieux dans les nouveautés proposées à la population de St-Adelphe.

    D’abord, en proposant une équipe complète, une équipe basée sur des compétences diversifiées et complémentaires ainsi qu’une équipe composée d’une majorité de femmes.

    Et vous nous avez élues.

    Merci de votre appui!

    Merci pour votre généreux accueil lors de nos porte-à-porte !

    Merci pour toutes vos questions posées qui nous ont permis de mieux vous connaître!

    Merci de nous avoir fait part de vos préoccupations et de vos soucis!

    Merci pour toutes ces discussions enlevantes sur l’avenir de notre municipalité!

    Merci pour tous les beaux souvenirs dont nous avons pu nous rappeler au sujet de notre municipalité!

    Nous tenons à souligner à l’ensemble de la population de St-Adelphe que l’Intégrité, l’humilité et la transparence sont les valeurs sur lesquelles reposent nos engagements inscrits dans notre programme. Mais la campagne électorale étant terminée, nous aurons besoin de la bonne volonté de tous les membres de notre communauté.

    Souhaitons-nous de la bienveillance et nous croyons ainsi que le respect suivra automatiquement.

    Encore une fois, en toute simplicité, un gros merci!


  • TotalEnergies ne croit plus à l’hydrogène pour décarboner la mobilité lourde

    TotalEnergies ne croit plus à l’hydrogène pour décarboner la mobilité lourde

    Réf.: Cet article fut publié initialement dans La Tribune : https://www.latribune.fr/article/entreprises-finance/energie-environnement/67269387155523/totalenergies-ne-croit-plus-a-l-hydrogene-pour-decarboner-la-mobilite-lourde


    Trois mythes à déconstruire: TES Canada nous donne maintenant un cours de mythologie

    Gaston Rivard TES Canada aime bien « déconstruire » des mythes. C’est son dada. Il y revient sans…

    Hydrogène: une énergie d’avenir, mais à quel prix d’efficacité?

    Michel Tremblay 26 mai 2026 2026-04-29 Bon, je sais, Jancovici n’est pas un scientifique de TES. Les proTES…

    Projet Mauricie: la décarbonation ne peut pas servir d’alibi à l’inefficacité énergétique

    Pierre Pouliot 29 avril 2026 Depuis le début, le Projet Mauricie de TES Canada est présenté comme une…

    Projet Mauricie: un rappel à la réalité (Johanne Whitmore et Paul Martin)

    Johanne Withmore et Paul Martin 21 avril 2026 Les auteurs sont Johanne Whitmore, chercheuse principale, chaire de gestion…

    POUR EN FINIR AVEC LA PRÉTENTION DE TES CANADA À DÉCARBONER

    26 mars 2026 La décarbonation est au cœur du projet de TES Canada et la raison d’être du…

    TotalEnergies ne croit plus à l’hydrogène pour décarboner la mobilité lourde

    Croire que, parce qu’on crée une offre, il y aura une demande, ce n’est pas vrai. Le géant…

    TES Canada : un appel à la transparence

    2 janvier 2024 TES Canada a prévu installer son électrolyseur d’hydrogène dans le parc industriel de Shawinigan. Le…

    La physique l’emporte, l’hydrogène perd

    19 juillet 2025 Combien de fois avons-nous entendu dire que les voitures à hydrogène étaient « l’avenir » ? Cet avenir s’effondre depuis…

    Comment les fuites d’hydrogène contribuent au réchauffement climatique

    TES Canada contribuera-t-il vraiment à la décarbonation du Québec? On parle souvent de l’hydrogène comme d’un futur carburant…

    L’hydrogène n’est pas la réponse : 0,7 à 1,5 milliard de tonnes de CO2 en feraient une responsabilité climatique – CleanTechnica

    Réf. : Version originale sur : cleantechnica.com Michael Barnard Traduit par Google Version originale L’hydrogène n’est pas la réponse…


  • TES CANADA: PAS D’ACCEPTABILITÉ SOCIALE EN MAURICIE

    TES CANADA: PAS D’ACCEPTABILITÉ SOCIALE EN MAURICIE

    5 novembre 2025

    TES CANADA: PAS D’ACCEPTABILITÉ SOCIALE EN MAURICIE

    Dimanche dernier, les citoyens de Sainte-Thècle, Saint-Tite et Saint-Luc-de-Varennes se sont prononcés respectivement à 69%, 68% et 85% contre le projet de parc éolien privé de TES Canada en Mauricie. Ça s’ajoute au référendum du 14 septembre dernier à Saint-Maurice, à 91,5% contre le projet. Une vingtaine de candidats officiellement opposés au projet ont été élus dimanche dans les MRC de Mékinac et des Chenaux.

    C’est clair: il a de graves problèmes d’acceptabilité sociale. Le gouvernement de la CAQ croit-il encore qu’il s’agit d’un «projet magique» pour reprendre les mots de l’ancien ministre, ou va-t-il écouter les gens et les élus de la Mauricie?

    Voyez la réponse de la ministre qui en dit malheureusement beaucoup.

    Réf.: https://youtu.be/MkyM4k-NWtE


    6 novembre 2025

    LA CAQ NE SNOBE PAS LES RICHES MAIS SNOBE LA POPULATION

    Contrairement à ce qu’a affirmé en chambre la ministre Christine Fréchette, la population et les élus locaux n’ont pas été consultés sur le projet privé de production électrique de TES en Mauricie. Ce sont les élus locaux eux-mêmes qui l’affirment. https://lenouvelliste.ca/opinions/point-de…

    Voyez cet échange dans lequel le gouvernement de la CAQ se range entièrement du côté des promoteurs privés du projet parce qu’il ne veut pas «snober les riches».

    Mais snober la population locale, ça ne semble pas être un problème..

    Réf.: https://youtu.be/eZzfh9LH8WU


  • Témoignage d’un militant de Calixa-Lavallée

    Témoignage d’un militant de Calixa-Lavallée

    Par Claude Michaud, 22 octobre 2025

    Bonsoir à toutes et à tous,

    Depuis plus d’un an, je m’implique dans le dossier des éoliennes industrielles en milieu habité et agricole, d’abord à l’échelle municipale, puis régionale, et aussi nationale. Avant ça, j’ai travaillé sur un autre dossier qu’on a peut-être un peu oublié aujourd’hui : celui des gaz de schiste.

    Ce qui rend le dossier actuel si fascinant et, disons-le, parfois décourageant, c’est qu’il a fallu se battre non pas contre de grands promoteurs étrangers, mais contre ceux-là mêmes qui sont censés nous défendre : en premier lieu nos élus municipaux, et ensuite, notre MRC.

    Celle de Marguerite-d’Youville, dans notre cas, a déployé des trésors d’imagination pour manipuler le message, pour façonner la perception publique. Une autre manifestation plus qu’éloquente que le vocabulaire, la formulation des phrases, la manière de présenter les choses deviennent des armes redoutables. Rien de nouveau sous le soleil : depuis des siècles, voire des millénaires, les mots servent à orienter la pensée. Et aujourd’hui, votre publication vient justement nous rappeler à quel point cette réalité demeure actuelle, pour le meilleur et pour le pire.

    Prenons quelques exemples concrets dans le dossier des éoliennes :

    D’abord, « l’acceptabilité sociale ». Une expression magnifique, presque poétique. Mais qu’est-ce que ça veut dire, au juste ?

    Ça veut dire : « Nous allons prendre les moyens pour que ceux qui s’opposent ne contaminent pas ceux qui ne s’y intéressent pas ou qui ne savent pas encore. »

    Ça veut dire également : « Nous éviterons le mot éolienne dans toutes nos communications, et nous appellerons notre initiative Courant collectif. ».  Qui peut s’opposer à un tel courant ?

    Et ça veut dire, enfin, que sur les 915 000 $ dépensés par la MRC en deux ans dans ce projet, une part importante est allée à des consultants spécialisés… non pas en énergie, mais en communication stratégique. Des experts dans l’art d’amener la population à ne pas s’opposer.

    Deuxième exemple : « Les citoyens seront consultés ». On l’a entendue et on la connaît cette phrase.

    Tout a commencé en janvier 2025. Dans un libellé volontairement flou, nos élus municipaux ont voté un règlement qui les amenait à renoncer à leur droit de légiférer sur l’installation d’éoliennes sur notre territoire, pour transférer ce pouvoir à la MRC et aux 6 maires qui en ont le contrôle.

    Et le plus ironique, c’est que notre maire, qui est aussi le préfet de la MRC de Marguerite d’Youville, lorsque questionné par des citoyens lors des séances du conseil, répondait que ce n’était pas le bon endroit pour en discuter… puisque la compétence relevait maintenant de la MRC ! Un peu plus, et il nous disait qu’il allait en parler au préfet lors de leur prochaine rencontre…

    Et puis, il y a cette fameuse phrase : « Il n’y a pas de projet » Celle-là, c’est la préférée des promoteurs.

    On nous disait : « Ne vous inquiétez pas, on vous consultera lorsqu’il y aura un projet. »

    Traduction : « On vous mettra devant un fait accompli. Et quand on vous consultera, les contrats auront déjà été signés. »

    Heureusement, dans notre cas, le dénouement a été favorable. Le territoire de la MRC de Marguerite-d’Youville se trouve au cœur de la zone d’entraînement des écoles de pilotage de l’aéroport de Saint-Hubert. Et grâce à NAV Canada et Transport Canada, il y a une dizaine de jours le projet a fini par buter sur des contraintes aériennes plutôt que citoyennes.

    Mais au-delà de la colère et de la frustration, il y a un côté profondément positif à tout ça. Ce combat a provoqué une mobilisation citoyenne extraordinaire : des regroupements se sont créés : municipaux, régionaux, nationaux…

    Des actions concrètes : des comités de réflexion, des pancartes, des rencontres d’information ouvertes à tous, et un grand colloque en juin dernier à Trois-Rivières, organisé par le Regroupement Vigilance Énergie Québec. Ainsi que bien d’autres actions locales et régionales.

    Un peu comme il y a 15 ans, à l’époque des gaz de schiste, j’ai retrouvé une famille de valeurs et de pensées : des agriculteurs, des experts en droit civil, en environnement, en ingénierie, en conservation de la faune, et surtout, des citoyens ordinaires mais déterminés à travailler pour le bien commun.

    Des gens qui réfléchissent aux enjeux globaux, qui croient à la concertation, à l’échange, et qui n’oublient pas une chose essentielle : les élus sont redevables à ceux qu’ils représentent.

    Pierre Thibault et François Cardinal ont intitulé le livre qu’ils ont coécrit : « Et si la beauté rendait heureux » et c’est un peu là d’où je veux en venir. Parce que tout ça, finalement, a beaucoup à voir avec la beauté : celle de nos villages, de nos paysages, de nos relations humaines, de ces échanges simples entre voisins et voisines, entre gens de bonne volonté.

    Dans un monde où bien des choses semblent nous échapper, où les grandes décisions se prennent loin de nous, je crois que ce qu’il nous reste de plus précieux, c’est l’action locale, la solidarité, le dialogue. Ces petits gestes qui, pris un à un, peuvent sembler dérisoires mais ensemble, deviennent une force réelle, contagieuse même — du moins, je l’espère.

    Mon plus grand rêve, aujourd’hui, ce serait que tous ces gens que j’ai croisés au front au fil des années — dans le dossier du gaz de schiste, du port de Contrecœur, de la démolition du patrimoine bâti, ou des éoliennes industrielles — que ce soient eux, un jour, qui prennent les rênes du pouvoir municipal. Celui qui est le plus proche de nous, les citoyens.

    Et croyez-moi, même si je ne suis pas candidat cette fois-ci, j’y travaille, au mieux de mes compétences, et avec la conviction que la beauté, la vérité et la participation citoyenne sont les seuls vrais moteurs du changement durable.

    Merci.

  • Règlement municipale de zonage, rôle de la MRC et du MAMH

    Règlement municipale de zonage, rôle de la MRC et du MAMH

    Certaines personnes semblent avoir de la difficulté à saisir le pouvoir réel dont dispose une Municipalité pour décider de la vocation de son territoire, ainsi que des procédures pour en faire usage par règlementation.

    Voici donc un processus simplifié de ces procédures.

    • Décision de la municipalité locale : La municipalité locale adopte un projet de règlement de modification de zonage par son conseil municipal.
    • Consultation publique : Une assemblée publique de consultation est tenue, et les citoyens peuvent émettre des commentaires.
    • Adoption du règlement : Le conseil municipal adopte le règlement final de modification.
    • Conformité au schéma d’aménagement de la MRC : C’est ici que la MRC entre en jeu. La modification du règlement de zonage d’une municipalité locale doit être conforme au schéma d’aménagement et de développement de la MRC. Le schéma d’aménagement est un document de planification régionale qui contient les grandes orientations d’aménagement du territoire de la MRC, y compris les zones prévues pour l’habitation, l’industrie, l’agriculture, etc.
    • Approbation par la MRC : La municipalité locale transmet son règlement à la MRC. Le conseil des maires de la MRC examine le règlement pour s’assurer qu’il est conforme au schéma d’aménagement. Si c’est le cas, la MRC émet une résolution de conformité. Sans cette résolution de conformité, le règlement de la municipalité locale ne peut pas entrer en vigueur.

    Rôle de la MAMH (Ministère des Affaires municipales et de l’Habitation) :

    Le MAMH n’approuve pas directement les règlements de zonage des municipalités locales ou les résolutions de conformité des MRC. Son rôle est plutôt d’ordre législatif et d’encadrement :

    • Il élabore les lois et règlements qui encadrent l’aménagement du territoire (Loi sur l’aménagement et l’urbanisme).
    • Il fournit un soutien, des avis et des lignes directrices aux municipalités et aux MRC.
  • TES Canada : un appel à la transparence

    TES Canada : un appel à la transparence

    2 janvier 2024

    TES Canada a prévu installer son électrolyseur d’hydrogène dans le parc industriel de Shawinigan.

    Le projet de production d’hydrogène vert à Shawinigan, proposé par TES Canada, sème la controverse depuis son annonce. Le débat porte principalement sur la menace qu’il pourrait présenter au monopole d’Hydro-Québec. Mais au-delà de ce débat, est-ce que le projet offre la meilleure utilisation de nos ressources énergétiques pour assurer un « Québec plus vert et plus prospère » ? Nous tentons d’y répondre.Voici donc un processus simplifié de ces procédures.

    JOHANNE WHITMORE

    Chercheuse principale à la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal

    PAUL MARTIN

    Ingénieur chimiste, Hydrogen Science Coalition

    Produire de l’hydrogène vert est un procédé énergivore et coûteux. Selon l’utilisation finale qu’on en fait, les besoins de production d’électricité peuvent être de 3 à 14 fois plus élevés par rapport à des solutions d’électrification directe.

    Pour cette raison, de nombreuses études soulignent qu’il faut veiller à maximiser son exploitation en misant sur les secteurs « sans regret », c’est-à-dire ceux ne se prêtant pas à une utilisation directe de l’électricité, comme les industries à forte intensité énergétique (par exemple, la sidérurgie), la production d’engrais et le secteur maritime.

    Le projet de TES Canada propose de combiner 66 % de sa production d’hydrogène vert à du carbone (CO2) pour produire du gaz naturel « synthétique » (aussi appelé e-gaz) pour injection dans le réseau gazier d’Énergir. Le projet vise une production de 115 millions de mètres cubes d’e-gaz en 2030, soit seulement 1,5 % de la consommation de gaz naturel au Québec en 2022. Pour que l’e-gaz n’empire pas la crise climatique, ce CO2 devra provenir de source carboneutre.

    Combien d’électricité renouvelable ça va demander ?

    L’ajout d’une étape de transformation vers de la production d’e-gaz pour injection dans le réseau gazier ne fera qu’exacerber les pertes énergétiques. D’un point de vue scientifique, ce procédé est une aberration énergétique, car il est contraire à la recherche d’efficience des transformations de l’énergie entre différentes formes jusqu’à son usage final.

    Selon nos calculs « optimistes », l’utilisation de l’e-gaz pour le chauffage de bâtiment entraînerait une perte énergétique globale d’environ 70 %, en raison des pertes à travers la chaîne de conversion de l’électricité vers l’hydrogène, de l’hydrogène vers l’e-gaz et de l’e-gaz vers de la production de chaleur. Autrement dit, chauffer un bâtiment à partir d’e-gaz demanderait presque huit fois plus d’électricité que si on l’utilisait directement pour se chauffer à partir d’une thermopompe efficace.

    Dans le cas d’une utilisation dans les procédés industriels de basse température (par exemple, 200 oC), soit la majorité des besoins en gaz dans le secteur industriel, l’utilisation de l’e-gaz demanderait près de cinq fois plus d’électricité qu’une utilisation directe.

    Combien ça va coûter ?

    En raison des énormes besoins d’électricité et des pertes énergétiques dans sa production, l’e-gaz sera coûteux non seulement à produire, mais aussi à consommer. Selon nos estimations, ce coût serait environ 90 $ le gigajoule (GJ). En comparaison, le gaz naturel se vend actuellement à environ 7 $ le gigajoule au Québec, redevance carbone comprise, et le gaz naturel renouvelable à 20 $ le gigajoule. Nous avons exclu plusieurs coûts de notre estimation, comme celui du CO2 biogénique, pour lequel il existe peu d’information. Le coût réel pourrait donc être plus élevé.

    Le projet sera-t-il rentable sans subvention ?

    TES Canada dit pouvoir réaliser son projet de 4 milliards sans subvention. Son montage financier est confidentiel, mais il est raisonnable de penser que le projet bénéficiera de divers crédits d’impôt, d’avantages fiscaux et d’autres mesures qui s’offrent aux grandes entreprises.

    Le projet prévoit également « faire partie des programmes de gestion de la pointe d’Hydro-Québec », comme celui d’Option de gestion de la demande de puissance. Juste le bloc de 150 MW accordé à TES pourrait lui rapporter plus de 8 millions. Si on tient compte de l’autoproduction d’énergie éolienne et solaire (1000 MW) et de la valeur croissante de ces crédits d’ici 2032, cette source de revenus, payée par la société d’État, sera beaucoup plus élevée.

    D’autres investissements provenant de fonds publics (par exemple, la Banque de développement du Canada, Investissement Québec ou la Caisse de dépôt et placement du Québec) pourraient aussi éventuellement contribuer au projet. Les « subventions » peuvent donc être indirectes.

    Besoin de transparence

    Dans le cadre de ses consultations, TES Canada indique que son projet est « essentiel à la décarbonation du Québec ». Notre analyse suggère toutefois que la chaîne de l’e-gaz s’annonce compliquée, inefficace et coûteuse. L’hydrogène vert jouera un rôle dans la transition énergétique, mais pour que sa contribution à la décarbonation soit optimale, les prémisses du projet de TES Canada doivent être transparentes et appuyées par des données probantes rendues publiques.


    Trois mythes à déconstruire: TES Canada nous donne maintenant un cours de mythologie

    Gaston Rivard TES Canada aime bien « déconstruire » des mythes. C’est son dada. Il y revient sans…

    Hydrogène: une énergie d’avenir, mais à quel prix d’efficacité?

    Michel Tremblay 26 mai 2026 2026-04-29 Bon, je sais, Jancovici n’est pas un scientifique de TES. Les proTES…

    Projet Mauricie: la décarbonation ne peut pas servir d’alibi à l’inefficacité énergétique

    Pierre Pouliot 29 avril 2026 Depuis le début, le Projet Mauricie de TES Canada est présenté comme une…

    Projet Mauricie: un rappel à la réalité (Johanne Whitmore et Paul Martin)

    Johanne Withmore et Paul Martin 21 avril 2026 Les auteurs sont Johanne Whitmore, chercheuse principale, chaire de gestion…

    POUR EN FINIR AVEC LA PRÉTENTION DE TES CANADA À DÉCARBONER

    26 mars 2026 La décarbonation est au cœur du projet de TES Canada et la raison d’être du…

    TotalEnergies ne croit plus à l’hydrogène pour décarboner la mobilité lourde

    Croire que, parce qu’on crée une offre, il y aura une demande, ce n’est pas vrai. Le géant…

    TES Canada : un appel à la transparence

    2 janvier 2024 TES Canada a prévu installer son électrolyseur d’hydrogène dans le parc industriel de Shawinigan. Le…

    La physique l’emporte, l’hydrogène perd

    19 juillet 2025 Combien de fois avons-nous entendu dire que les voitures à hydrogène étaient « l’avenir » ? Cet avenir s’effondre depuis…

    Comment les fuites d’hydrogène contribuent au réchauffement climatique

    TES Canada contribuera-t-il vraiment à la décarbonation du Québec? On parle souvent de l’hydrogène comme d’un futur carburant…

    L’hydrogène n’est pas la réponse : 0,7 à 1,5 milliard de tonnes de CO2 en feraient une responsabilité climatique – CleanTechnica

    Réf. : Version originale sur : cleantechnica.com Michael Barnard Traduit par Google Version originale L’hydrogène n’est pas la réponse…

  • L’UPA Mauricie demande le retrait du volet éolien

    L’UPA Mauricie demande le retrait du volet éolien

    Après la MRC des Chenaux, la MRC Mékinac et le collectif Toujours Maitres Chez Nous, c’est maintenant au tour de l’UPA de demander l’abandon du volet éolien.

    Voici un extrait de la publication d’hier que l’on peut retrouver sur le site de l’UPA Mauricie.

    « Le lundi 20 octobre 2025, une quarantaine de producteurs agricoles et forestiers de la Fédération de l’UPA de la Mauricie se sont réunis dans le cadre de leur congrès régional, qui se déroulait à Trois-Rivières.

    Les délégués représentant les syndicats locaux de la région ont adopté plusieurs résolutions portant sur les grands enjeux économiques, énergétiques et environnementaux qui affectent directement les entreprises agricoles.

    Projet TES Canada : protéger le territoire agricole avant tout

    Le dossier de TES Canada, qui prévoit l’implantation d’un vaste projet d’éoliennes industrielles en Mauricie, demeure au cœur des préoccupations des producteurs, plus particulièrement ceux des MRC de Mékinac et des Chenaux. Devant l’ampleur du projet et ses impacts potentiels sur la mise en valeur du territoire, les élus ont formellement engagé une résolution exigeant que le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie demande qu’Hydro-Québec attribue un bloc énergétique additionnel à TES Canada, de manière à éviter la construction d’éoliennes en milieu agricole. Au passage, elle enjoint le nouveau ministre de l’Agriculture, Donald Martel, à faire des pressions en ce sens.

    « L’abandon de plusieurs grands projets industriels, notamment dans la filière batterie, libère une capacité énergétique importante. Il n’y a donc aucune raison d’imposer un projet éolien en plein cœur de nos terres agricoles, alors que des mégawatts sont disponibles ailleurs. Le gouvernement doit faire preuve de cohérence dans sa planification énergétique », souligne Martin Marcouiller, président de la Fédération de l’UPA de la Mauricie.

  • “Attendre le BAPE” : le langage poli du mépris démocratique

    “Attendre le BAPE” : le langage poli du mépris démocratique

    22 octobre 2025

    Depuis deux ans, on entend certains élus et Éric Gauthier parler du BAPE (bureau d’audiences publiques sur environnement) comme si cette étape possédait un véritable pouvoir décisionnel.

    Ce matin encore, à la radio, alors qu’on demandait à M. Gauthier ce qu’il comptait faire pour respecter son engagement envers l’acceptabilité sociale, il a répondu : « On verra au BAPE. »

    D’abord, il est révoltant de comprendre, en filigrane, qu’un sondage, un référendum ou même un changement d’élus municipaux n’auraient aucune influence sur l’acceptabilité sociale.

    C’est à croire que les outils démocratiques dont disposent les citoyens pour s’exprimer sont niés.

    « On va attendre le BAPE », dit-on. Mais qu’est-ce qu’il faut comprendre en sous-texte ?

    Le BAPE n’a aucun pouvoir décisionnel. Il ne fait que formuler des recommandations au gouvernement.

    Ce qu’Éric Gauthier nous dit en réalité, c’est : « Le gouvernement décidera. »

    Or, quand on sait que M. Gauthier, Power Corporation et Jean Chrétien travaillent main dans la main avec la CAQ, on comprend mieux ce que cela signifie : le gouvernement décidera — et les citoyens n’auront plus leur mot à dire.

    L’acceptabilité sociale devient alors un simple vernis, un manteau qu’on enfile quand ça fait notre affaire et qu’on jette à la poubelle quand le peuple ose dire non.

    On nous répète souvent que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) est la garantie de la transparence et de la participation citoyenne au Québec.

    Mais quand on regarde les faits, on découvre une tout autre réalité : le BAPE n’a aucun pouvoir réel.

    Le rôle du BAPE est d’écouter, d’analyser et de recommander. Point.

    Ses rapports, aussi rigoureux soient-ils, ne lient ni le ministre de l’Environnement ni le gouvernement.

    Ils peuvent être contournés, ignorés ou simplement déposés sur une tablette pendant que les bulldozers s’activent déjà sur le terrain.

    Pendant que des citoyens, des agriculteurs, des scientifiques et des élus municipaux se mobilisent pour faire entendre raison, le BAPE, lui, n’a pas les moyens de freiner un projet même lorsqu’il conclut qu’il menace nos terres, nos rivières ou notre avenir collectif.

    Ce n’est pas un contre-pouvoir, c’est un miroir de papier : il reflète les inquiétudes, mais ne peut rien empêcher.

    Pourtant, dans une démocratie digne de ce nom, la consultation publique devrait avoir un poids réel.

    Les recommandations du BAPE devraient obliger le gouvernement à justifier ses décisions, à démontrer pourquoi il choisit d’aller contre l’intérêt collectif, et à suspendre tout projet tant que les questions soulevées ne sont pas résolues.

    Le BAPE, dans sa forme actuelle, permet au gouvernement de dire : « Nous avons consulté. »

    Mais ce qu’il offre, trop souvent, ce n’est qu’une apparence de dialogue.

    Nous ne voulons plus d’un simulacre de démocratie environnementale.

    Nous voulons des mécanismes où la parole citoyenne a du poids, où la science compte, et où la protection du territoire prime sur les profits privés.

    Le BAPE doit redevenir ce qu’il aurait toujours dû être : un véritable levier de décision publique, et non un alibi politique.

  • DE LA RÉSISTANCE À LA RECONSTRUCTION

    DE LA RÉSISTANCE À LA RECONSTRUCTION

    Transformer l’indignation en projet.

    Bâtir, ensemble, un territoire à notre image

    Ces deux dernières années ont été un véritable choc.

    Nous avons découvert, à nos dépens, que ceux que nous croyions être nos représentants ne l’étaient pas.

    Face à nos appels, la réponse a été brutale :

    « Faites-le vous-mêmes. Nous ne pouvons rien pour vous. Nous ne sommes que des organes du gouvernement. »

    Aujourd’hui, nous entrons dans la dernière ligne droite.

    Nous nous sommes organisés.

    Nous nous sommes réunis chaque mois.

    Nous avons nommé des porte-paroles.

    Nous avons tenu des rencontres et des conférences de presse.

    Nous avons lancé un site internet, un GoFundMe.

    Nous avons publié des dizaines et des dizaines d’articles et de communiqués.

    Nous avons interpellé des partis politiques.

    Nous avons été présents à tous les conseils municipaux.

    Nous avons planté des pancartes.

    Nous avons tenu bon.

    Il est temps de reprendre ce que nous n’aurions jamais dû perdre :

    NOTRE POUVOIR CITOYEN

    Des gens que nous avons vus à l’œuvre, jour après jour.

    Des gens qui donnent sans compter pour défendre nos intérêts et protéger notre territoire.

    Nous avons confiance que ceux qui travaillent à nos côtés depuis deux ans seront des représentants en qui nous pouvons avoir confiance et qui ne nous abandonneront pas.

    Nous avons confiance que ces gens partagent nos valeurs.

    Et parlons-en, de ces valeurs.

    Nous portons avant tout un attachement viscéral à notre territoire.

    Un territoire que nous aimons, que nous habitons, que nous refusons de vendre au plus offrant.

    Nous croyons que notre terre est notre plus grande richesse et qu’il nous revient de la préserver pour les générations à venir.

    Nous croyons aussi à la solidarité, celle qui unit les villages entre eux, celle qui nous pousse à nous entraider plutôt qu’à nous diviser.

    La transparence fait partie de nos principes : nous voulons que les décisions soient prises au grand jour et que la voix des citoyens compte vraiment.

    Nous défendons la démocratie participative, parce que nous savons que les meilleurs projets viennent de la base, de l’écoute, de la discussion et du courage collectif.

    Nous portons la fierté et l’autonomie régionale — la conviction que nous avons ici, chez nous, tout ce qu’il faut pour bâtir un modèle inspirant.


    Ce que nous voulons, ce sont des gens conscients que notre plus grande richesse, c’est notre terre — et que nous devons la préserver.

    Forts de cette détermination et de ce projet commun, nous avons confiance que les conseillers et les maires que nous allons élire agiront ensemble.

    Nous nous connaissons tous, nous avons formé un formidable réseau de soutien et d’entraide, et nous croyons que ce lien pourra vraiment changer le visage de nos MRC.

    Fini les petites guerres de clocher : nous voulons travailler ensemble.

    Enfin, une autre grande valeur qui nous porte, c’est l’espoir.

    L’espoir que nous pouvons faire mieux pour notre région.

    Nous refusons de céder à la facilité.

    Nous voulons construire, ensemble, des projets mobilisateurs qui feront de Mékinac et de Des Chenaux des régions riches de projets citoyens.