Les gens qui s’opposent au Projet Mauricie de TES Canada le font essentiellement par égoïsme, selon TES Canada. C’est en tout cas ce que répète Éric Gauthier, le président de TES Canada, chaque fois qu’il en a l’occasion. Ainsi, les opposants au projet se rendent coupables de faire du « pas dans ma cour » en refusant de participer à la décarbonnation du Québec.
C’est une accusation aberrante qui mérite d’être démontée, parce qu’elle révèle tout le mépris de l’entreprise pour la population au sein de laquelle elle cherche à s’établir.
Cette accusation est aberrante, premièrement, parce qu’elle est avant tout morale. Faire du « pas dans ma cour » serait une forme d’égoïsme. Mais venant d’une entreprise privée, cette accusation est pour le moins hypocrite. Une entreprise est une entité dont la seule considération vise à accroître les profits pour ses actionnaires, donc à pomper vers elle le plus de richesse possible : c’est littéralement la matérialisation légale d’une pratique systématique de l’égoïsme. Le fait que cet égoïsme soit désincarné et exempt de tout sentiment n’y change rien et le rend peut-être encore plus brutal. Bref, venant d’une entreprise – de n’importe quelle entreprise – une accusation d’égoïsme n’est tout simplement pas recevable.
Deuxièmement, cette accusation du « pas dans ma cour » est un détournement de son sens original. En effet, faire du « pas dans ma cour », c’est une forme d’égoïsme, mais qui vient d’un manque de sens civique et d’un refus de faire des sacrifices nécessaires pour le bien collectif. On l’utilise par exemple lorsqu’on parle d’un projet visant le mieux-être de la collectivité (un centre pour les personnes en situation d’itinérance, par exemple) mais que personne ne veut dans son quartier.
Or pour qu’il s’agisse d’un réel « pas dans ma cour », il faut que les sacrifices demandés soient non seulement pour le bien collectif, mais aussi proportionnels au bien collectif.
Ainsi, demander un énorme sacrifice à un petit groupe pour un bien collectif mineur ne serait pas vraiment raisonnable. Mais le Projet Mauricie de TES Canada ne représente ni des sacrifices proportionnels, ni un bien collectif. Selon les opposants au projet, c’est même le contraire. En effet, les deux seuls éléments de mieux-être collectif avancés par TES Canada pour vendre son projet sont la décarbonnation et les retombées économiques.
Mais l’élément avancé de la décarbonnation représente une fumisterie de bas étage, que tous les spécialistes (sauf ceux payés par TES Canada) ont démontré sans équivoque.
Et les retombées économiques promises ne sont que cela : une promesse qui n’engage en rien TES Canada. Le Projet Mauricie vise le bien-être financier des actionnaires de TES Canada, mais ne représente pas un bien collectif. Sauf si l’on considère la destruction des paysages, de la faune, de la flore, de la qualité de vie de toute une région comme un bien collectif.
Troisièmement, les seules personnes qui défendent le Projet Mauricie sont des personnes qui ont reçu de l’argent ou qui espèrent recevoir de l’argent de TES Canada et qui, pour la plupart, n’auront à subir aucun désavantage de l’implantation du projet.
En effet, la majorité des gens qui ont accepté de signer des contrats pour héberger des éoliennes sur un terrain leur appartenant ne vivent même pas dans la région touchée. Ce n’est pas un grand sacrifice de mettre quelque chose sur ma propriété si cette propriété s’adonne à être située à 200 km de l’endroit où je vis en réalité. C’est même l’opposé d’un sacrifice qui démontre la moralité d’un Séraphin Poudrier ou d’un Elvis Gratton. Et ce sont ces personnes qui seraient des exemples moraux à suivre selon TES Canada? Les bons citoyens qui œuvrent pour le bien de notre région? C’est grotesque.
Quatrièmement, et c’est peut-être le point le plus choquant de tous, c’est l’attitude colonisatrice que démontre cette accusation de faire du « pas dans ma cour ». De quel droit une entreprise renverse-t-elle le fardeau de la preuve pour qu’il repose maintenant sur le dos des citoyens de démontrer de façon tangible et indiscutable les retombées négatives du projet? Nous vivons ici. Nous sommes établis dans cette région depuis des décennies et pour certaines familles, des siècles. Nous habitons ce terroir, nous le mettons en valeur, nous l’admirons, nous l’aimons depuis des générations, et nous aurions le devoir maintenant de quantifier cet attachement à notre qualité de vie? Non. C’est à l’entreprise de démontrer précisément, scientifiquement et en toute transparence que les retombées positives pour l’ensemble des citoyens éclipsent sans équivoque toutes les retombées négatives. Ce serait ensuite aux différents paliers gouvernementaux d’évaluer objectivement ces renseignements. Ensuite, les citoyens seraient libres de consentir ou non.
Or jusqu’à présent, TES Canada offre un prévisible et décevant spectacle de marketing, un redoutable travail de lobbyisme, et le sens critique de tous les paliers de gouvernement (municipal, provincial et fédéral) est aux abonnés absents. Nous ne sommes pas un territoire à coloniser.
Parce que c’est ce que cache véritablement l’accusation de faire du « pas dans ma cour ». Si Éric Gauthier était honnête, il devrait plutôt dire : « Les opposants au projet refusent d’être colonisés par TES Canada ». Cette accusation-là, nous l’acceptons sans problème..
«La division réelle vient du sentiment de dépossession démocratique. Plusieurs ont eu l’impression que les élus ont traité un projet d’une telle ampleur comme une simple affaire courante.» (Stéphane Lessard/Archives Le Nouvelliste)
À la lecture de l’article de Paule Vermot-Desroches paru dans Le Nouvelliste le 4 octobre, une méprise persiste: on parle d’une région divisée entre citoyens favorables ou défavorables au projet de TES Canada.
Or, la fracture la plus profonde ne se situe pas entre les citoyens, mais entre les citoyens et leurs élus.
Les gens ne s’affrontent pas pour défendre TES. On n’a vu ni rassemblements pro-éoliennes, ni pétitions, ni citoyens mobilisés pour promouvoir le projet. Ce silence en dit long.
La division réelle vient du sentiment de dépossession démocratique. Plusieurs ont eu l’impression que les élus ont traité un projet d’une telle ampleur comme une simple affaire courante.
Personne n’interdit pourtant à un conseil municipal de consulter sa population avant de se prononcer. Rien n’empêche de poser clairement la question suivante: «Souhaitez-vous refuser, accepter ou négocier le projet?»
Même si les municipalités n’ont pas toujours, techniquement, tous les leviers pour refuser un projet, un tel geste aurait eu le mérite d’envoyer un message clair aux autorités et aux promoteurs: celui d’une population et d’un conseil unis sur la position à défendre.
Un geste symbolique, mais lourd de sens et porteur.
Les municipalités et la MRC ont échappé la gestion de crise
Nos élus ne sont pas des spécialistes de communication publique ni de gouvernance de projet. Ils exercent une fonction souvent mal soutenue, avec une rémunération modeste, presque symbolique, alors même que la rémunération sociale, soit la reconnaissance, la confiance, le respect public est essentielle à leur équilibre.
Mais il existait tout de même des gestes simples pour garder le dialogue ouvert:
Créer des espaces d’expression publique;
Accuser réception des inquiétudes ;
Répondre point par point avec des données neutres ;
Mettre les experts face à face ;
Reconnaître ce qu’on ne sait pas ;
Maintenir un ton calme et respectueux.
Gouverner en temps de crise, c’est accueillir, clarifier, arbitrer et communiquer. Pas se fermer, minimiser et polariser.
Le projet TES agit aujourd’hui comme un révélateur. Ce n’est plus seulement une question d’éoliennes, mais une remise en question du modèle de gouvernance municipale.
Les citoyens ne veulent plus signer un chèque en blanc pour quatre ans. Ils veulent être impliqués, informés et consultés dans les décisions structurantes.
Et c’est, d’après moi, de ça, bien plus que de TES et des éoliennes, dont il est question pour cette élection.
Il s’agit de redéfinir la manière dont nos communautés débattent, décident et se gouvernent collectivement.
Il faut le dire clairement: Éric Gauthier est complètement déconnecté de la réalité. Complètement. Et ce n’est pas une exagération.
Comment peut-on oser se croire en droit de continuer à imposer un projet que la population rejette massivement? Comment peut-on ignorer 68 % de citoyens, un référendum où 91,5 % disent NON, et prétendre encore que le problème vient de nous et non de son projet toxique? C’est embarrassant pour lui… et pour nous tous.
M. Gauthier a le culot de dire que la mobilisation des opposants «explique» ces résultats. Quoi? Les citoyens s’expriment clairement, démocratiquement, et lui ose parler de mobilisation comme si c’était nous les fautifs! Et maintenant, il affirme qu’il faut mieux «expliquer le projet», qu’il faut que «le message percole dans les noyaux urbains et les rues principales».
Traduction: il croit sérieusement que si nous comprenions mieux sa chimère, nous l’accepterions. Sérieusement? Après deux ans de réunions, de référendum et de pétitions pleines à craquer, vous croyez qu’on est juste trop bêtes pour comprendre? C’est ridicule, insultant et grotesque.
Il ose encore prétendre que les éoliennes ne posent aucun problème dans les zones directement touchées… simplement parce qu’une poignée de propriétaires ont accepté de les installer. Ces propriétaires ne sont pas juste volontaires: ils sont payés, chaque année, pour accepter les éoliennes sur leur terrain. Leur silence a un prix. Mais il faut le dire clairement: ils représentent une infime minorité face à l’écrasante majorité de la population qui refuse catégoriquement le projet.
Comme si quelques chèques pouvaient effacer l’hostilité massive et légitime de nos villages. Comme si ces volontaires transformaient tout le reste du territoire en terrain disponible pour une chimère industrielle gigantesque. C’est une absurdité totale. Et il ajoute, sans rougir, que «les bénéfices sont tellement plus grands que les impacts». Oui, bien sûr, du haut de votre bureau, vous pouvez fermer les yeux sur le désastre visuel, environnemental et social que vous imposez à des communautés entières.
M. Gauthier, assez. Vous n’êtes pas un visionnaire; vous êtes un enfant-roi accroché à sa bébelle. Plus vous parlez, plus vous vous ridiculisez. La population s’est exprimée. Les élus et la préfète le reconnaissent. Même un de vos fiers représentants, Paul Labranche, admet que le consensus est clair. Et vous continuez à nier l’évidence? C’est pathétique. C’est gênant. C’est dangereux.
Nous refusons que TES Canada transforme nos villages et nos campagnes en terrain industriel pour satisfaire l’obsession d’un homme qui croit encore qu’on finira par l’accepter. Nous refusons de subir des éoliennes géantes qui défigurent nos paysages, perturbent nos vies et bafouent la démocratie.
Si Éric Gauthier tient tellement à son mirage d’«hydrogène vert», dont il est pratiquement le seul à croire encore aux prétendus bénéfices, qu’il aille donc quémander les blocs d’énergie nécessaires à Hydro-Québec pour sa future usine à gaz de Shawinigan. Mais qu’il oublie complètement le volet éolien: la population a parlé, et sa réponse est claire et définitive.
Éric Gauthier, la démocratie a parlé. Le peuple a dit NON. Votre projet est mort. Plus vous tentez de le défendre, plus vous montrez votre déconnexion avec la réalité et votre refus d’entendre la population. Assez, c’est assez. Prenez vos clics et vos claques, rentrez chez vous et surtout, laissez nos communautés tranquilles pour toujours. Point final.
Dany Janvier , citoyen de Saint-Adelphe dans Mékinac, CPVSMDC
Le 14 septembre dernier, les citoyens de Saint-Maurice ont parlé: 91,5 % ont dit NON aux éoliennes. Un résultat historique, sans la moindre ambiguïté.
Normalement, on accueille un tel verdict avec respect, peut-être même avec humilité. Mais à peine l’encre du dépouillement séchée, le PDG de TES Canada, Éric Gauthier, est monté au front pour affirmer que la consultation était incomplète, car la compagnie n’y avait pas participé. Il remettait donc en cause la validité même du processus.
Rappelons que l’élaboration de la question référendaire et la tenue d’un référendum consultatif relèvent de la responsabilité municipale. Il appartient aux élus locaux d’en assumer l’entière légitimité. Le promoteur d’un projet n’a pas à s’ingérer dans ce processus démocratique. Sinon, on s’approcherait d’une forme de collusion entre les élus et le promoteur.
Deux poids, deux mesures
Au printemps dernier, à la suite de résolutions adoptées par les conseils municipaux de Saint-Stanislas-de-Champlain et de Saint-Prosper-de-Champlain refusant d’accueillir les éoliennes de TES Canada, le même M. Gauthier affirmait qu’il respecterait la position des conseils municipaux. Aujourd’hui, face à un référendum tenu dans les règles de l’art, où toute la population était appelée à se prononcer, son discours est nettement moins conciliant.
En novembre 2023, lors d’une conférence de presse à Shawinigan, il avait d’ailleurs déclaré que le projet verrait le jour seulement si l’acceptabilité sociale était au rendez-vous. Regrette-t-il maintenant ces paroles?
Un vote massif balayé comme un détail
M. Gauthier l’a dit sans détour: «Les résultats dans Saint-Maurice ne reflètent pas ce qu’on entend sur le terrain. Des centaines de citoyens nous demandent de réaliser le projet.» Or, plus de 5000 personnes ont signé les pétitions toujours en circulation contre le projet, et des centaines se sont prononcées lors du référendum. De quelles «centaines de citoyens» parle-t-il? Fait-il référence aux 777 personnes évoquées dans leur étude d’impact? Ces 777 appuis auraient-ils plus de poids que les 937 citoyens de Saint-Maurice ou les 5000 signataires de la pétition? Existe-t-il une réalité parallèle où la majorité voudrait accueillir les éoliennes?
Avouons-le: c’est insultant. On parle d’un référendum officiel, démocratique, où les citoyens ont eu la chance de s’exprimer clairement. Ce n’est pas un pseudo-sondage «scientifique» ni une impression générale, mais un résultat concret. Quand 9 personnes sur 10 te disent NON et que tu prétends que c’est OUI: c’est du déni.
Le mot magique: «pas dans ma cour»
Pour justifier ce déni, le PDG a sorti le grand classique: les opposants seraient un mouvement «pas dans ma cour» plus vocal que les autres. Or, un référendum n’est pas une question de décibels.
En clair, les citoyens ne seraient pas contre les éoliennes, mais simplement trop égoïstes pour ne pas en vouloir près de chez eux. Peut-être même trop ignorants ou «analphabètes» pour en reconnaître les bienfaits.Ce raccourci est commode: il évite de répondre aux véritables inquiétudes. Car le résultat du référendum ne reflète pas un petit caprice de voisinage. C’est un rejet collectif d’un modèle de développement imposé d’en haut, qui gruge des terres agricoles et forestières, menace notre patrimoine paysager et nos nappes phréatiques, et privatise une ressource publique.
Traiter 91,5 % d’une population de «pas dans ma cour», c’est non seulement faux, c’est méprisant. Ce n’est pas une poignée de voisins grincheux: c’est une collectivité qui défend son territoire.
Les milliards qui font oublier la démocratie
Pour faire passer la pilule, TES Canada brandit des chiffres mirobolants 5,6 milliards en retombées, 4350 emplois, un demi-milliard en redevances. Qui pourrait être contre le «progrès» et l’argent frais?
Mais soyons lucides: ce ne sont que des promesses, pas des garanties. On a déjà vu ce film: des projets qui annonçaient des milliers d’emplois et qui n’en créaient que quelques dizaines, temporairement. Des redevances municipales qui paraissaient généreuses sur papier, mais qui se révélaient minimes une fois partagées et comparées aux profits astronomiques des promoteurs. Pendant ce temps, les impacts sur le territoire, eux, sont bien réels et irréversibles.
Le BAPE comme échappatoire
Autre argument de M. Gauthier: seul le BAPE serait légitime pour juger du projet. Le référendum, lui, ne serait qu’une «consultation incomplète».
C’est inquiétant: pour une multinationale, le verdict démocratique d’une municipalité ne vaut donc rien. Ne compteraient que les processus où l’entreprise peut contrôler son discours, embaucher des experts à grands frais, présenter des chiffres avantageux, et se retrouver devant quelques commissaires dont les recommandations peuvent être ignorées par le Conseil des ministres.
Or, le BAPE n’a pas pour mandat de mesurer l’acceptabilité sociale. Seuls les citoyens peuvent juger de l’acceptabilité d’un projet qui transformera leur quotidien pour les 30 prochaines années. Quand on balaie d’un revers de main le vote d’une collectivité, ce n’est pas seulement un projet énergétique qu’on impose: c’est une profonde arrogance envers la démocratie locale.
Conclusion: NON veut dire NON
L’histoire de Saint-Maurice dépasse largement le dossier des éoliennes. Elle pose une question fondamentale: la démocratie locale a-t-elle encore un sens au Québec ?
Si la voix claire, nette et sans appel d’une population peut être balayée au nom de promesses économiques, il faut avoir le courage de le dire: vos votes ne comptent pas. La consultation n’est qu’un leurre, un simulacre de considération. Mais qu’on ne vienne pas, ensuite, se plaindre que les citoyens décrochent de la politique, que la colère monte, que le cynisme explose.
En Mauricie, 91,5 % des citoyens ont dit NON. Et dans une démocratie digne de ce nom, NON veut dire NON. Point final.
Carole Neill et René Beaudoin, porte-paroles du collectif citoyen Toujours Maîtres chez nous
Dernièrement les citoyens de Saint-Adelphe ont reçu un papier signé par le maire Paul Labranche. À première vue, ce papier semble empreint de neutralité. Mais on comprend vite, parce qu’il n’y est question que d’argent, que l’on a affaire à tout autre chose. En réalité il s’agit d’une brochure promotionnelle au service de TES Canada et probablement le premier signe d’une campagne électorale qui ne dit pas encore son nom.
Rappelons que le projet de TES Canada prévoit 44 éoliennes à Saint-Adelphe. Toutefois, sa demande à la Commission de la Protection du Territoire Agricole (CPTAQ) en mentionne 55.
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Les 11 supplémentaires seraient des emplacements optionnels selon le PDG de TES Canada. Mais faut-il vraiment le croire sur parole quand on sait que depuis novembre 2023 nous sommes passés de 10 à 19, éoliennes, puis à 33, puis à 44?
L’obsession des redevances : une vision trompeuse
M. Labranche ne parle pas de la baisse de valeur des maisons, inévitable dans les secteurs touchés, de la perte d’attractivité résidentielle, des nuisances sonores, des impacts paysagers, des battements d’ombre générés par les éoliennes, des lumières clignotantes sur chacune d’elle.
Il ne dit rien du manque de connaissance réelle concernant les risques liés aux infrasons causés par les éoliennes, des effets indirects sur la santé – reconnus par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) – engendrés par un bruit de 40 décibels comme nous l’annonce TES Canada. Il ne dit rien de la fragmentation du tissu sociale.
Où sont les études indépendantes, les contre-avis d’experts concernant les nuisances potentielles, probables et celles avérées ? Nous n’avons que la parole de TES Canada qui nous affirme que tout est sous contrôle.
M. Labranche fait fi d’une pétition signée par plus de 50% de la population défavorable au projet de TES Canada. L’avis des citoyens compte-t-elle à ses yeux?
Ce que M. Labranche appelle un « gain » est en réalité du troc : l’échange de notre qualité de vie contre une promesse de financement.
Une liste de projets miroirs pour maquiller le tout
La lettre du maire propose une longue liste de projets : bibliothèque, parc riverain, logements abordables, pistes cyclables, etc. De beaux mots. Mais derrière ces promesses : aucun budget détaillé, aucune priorisation, aucun calendrier, aucun engagement contraignant, aucun plan de réalisation, une confusion volontaire entre des besoins municipaux déjà finançables autrement et des projets rendus possibles grâce aux éoliennes.
Le maire instrumentalise les besoins collectifs pour faire passer un projet privé.
N’oublions pas que les redevances issues des projets éoliens ne mènent pas nécessairement à une amélioration durable de l’Indice de vitalité économique. Il serait donc prudent de ne pas fonder nos décisions sur cette seule promesse.
Une opportunité exceptionnelle de développement durable et collectif. Vraiment?
Artificialiser un milieu agro-forestier à coup de béton, réduire la biodiversité forestière pour faire place à des turbines, déstabiliser la cohésion sociale d’une petite communauté, perturber des écosystèmes, menacer des espèces en voie de disparition, déboiser massivement, risquer une réelle contamination des eaux, tant celle de la municipalité que celle des particuliers, etc.
Est-ce vraiment une opportunité exceptionnelle ou le pari hasardeux d’un joueur inconscient?
Une analyse rigoureuse de l’ensemble des enjeux. Vraiment?
M. Labranche nous affirme que « La municipalité analysera avec rigueur l’ensemble des enjeux économiques, sociaux et environnementaux avant de prendre toute décision et ce, selon les lois et règlements en vigueur ». Ce qu’il ne vous dit pas c’est qu’il sera bientôt trop tard pour prendre une décision. En ne prenant aucune mesure depuis l’annonce du projet en novembre 2023, soit depuis plus de 20 mois, en laissant le champ libre à TES Canada sur l’ensemble du territoire, il est facile de comprendre que M. Labranche a déjà pris sa décision.
Les OGAT : un prétexte facile
Orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT)
Contrairement à que le maire insinue dans sa missive, les municipalités conservent leur pouvoir de dire non à un projet nuisible à leur territoire. Les OGAT encouragent la transition énergétique, mais pas au détriment de la cohésion sociale, de la qualité de vie ou de la démocratie municipale. Les OGAT ne créent pas de droit automatique à l’implantation d’un projet éolien, pas plus qu’elles n’annulent les compétences municipales en matière de zonage, de réglementation, de consultation publique ou de protection du territoire agricole.
Contrairement à ce qu’affirme M. Labranche une municipalité peut formuler un avis défavorable à la CPTAQ concernant le dézonage agricole, elle peut protéger des secteurs de son territoire, elle peut limiter le nombre d’éoliennes, elle peut exiger que le bruit audible des décibels soit inférieur à 40 décibels, elle peut accroître les distances séparatrices entre les éoliennes et résidences des citoyens. Une municipalité peut beaucoup, mais M. Labranche ne fait rien parce qu’il est obnubilé par l’argent au point de ne plus écouter ses citoyens.
Les véritables responsabilités de la municipalité.
Le papier envoyé par M. Labranche n’est pas une lettre d’information : c’est un geste politique favorable à TES Canada.
Le devoir associé à sa fonction n’est pas de nous faire miroiter des redevances.
C’est de défendre notre territoire, d’exiger des garanties, de consulter réellement la population, et d’avoir l’humilité de dire : ce projet n’est pas bon pour nous.
La qualité de vie de notre communauté n’est pas à vendre.
Que faut-il penser du fait que seulement 18 propriétaires ont signé avec TES Canada afin d’accueillir des éoliennes sur leur lot? Est-il légitime que leur décision détermine des conditions de vie des 922 citoyens y résidant? Mais en réalité l’injustice est encore plus flagrante lorsqu’on apprend que de ce 18 propriétaires seulement 8 habitent la municipalité, et qu’ils ne comptabilisent que 9 des 44 éoliennes.
Mais cette injustice pénalisera de surcroît plusieurs propriétaires voisins n’ayant pas signé avec TES Canada car ces derniers subiront ce qu’il est convenu d’appeler une expropriation déguisée de servitude.
Expropriation déguisée
Dans la zone orange (grand cercle sur la carte) autour d’une éolienne (rayon de 500 mètres du mât) il est interdit selon le règlement de la MRC Mekinac de:
construire une nouvelle résidence
d’installer un nouveau commerce, camping, centre récréatif, plage, marina, cabane à sucre, etc
Il est également interdit de construire un nouveau bâtiment d’élevage dans un rayon de 300 mètres autour du mât d’une éolienne.
Si vous êtes voisin d’une éolienne, il est possible que cette dernière soit aussi près qu’à 91,5 mètres de votre terrain (la pale qui mesure 90 mètres pourrait donc arriver à 1,5 mètre de la limite de votre propriété)
Dans un cas comme celui-ci, l’usage de votre terrain serait restreint sur 410 mètres sans compensation, même si vous n’avez pas signé.
En résumé: la décision d’une personne impacte beaucoup de gens, beaucoup trop de gens. La réglementation restreint carrément l’usage de votre terrain alors que vous ne voulez peut-être même pas d’éoliennes!
Combien de lots, combien de voisins sont victimes de cette expropriation déguisée? Une seule éolienne peut impacter de 2 à 10 lots voisins, voire plus.
Chaque numéro inscrit dans le cercle orange de la zone d’expropriation correspond à un propriétaire. Ainsi, le numéro 2 est un gros propriétaire terrien qui a signé pour au moins 13 éoliennes.
Trouvez-vous normal qu’une partie de votre terrain soit inutilisable à cause de la décision de votre voisin?
Vous êtes victime de cette situation!
Vous ne consentez pas à être ainsi spolié de vos droits!
Dans le débat actuel autour du projet éolien de TES Canada, plusieurs élus municipaux répètent qu’ils doivent «demeurer neutres» et «défendre les intérêts des deux camps». Cette formule, en apparence prudente et équilibrée, est en réalité intenable. Elle crée une illusion d’équilibre qui, dans les faits, favorise systématiquement l’avancement du projet et fragilise la démocratie locale.
Pourquoi? Parce que les deux «camps» ne s’expriment pas de la même manière. Les opposants se manifestent au grand jour: ils signent des lettres ouvertes, se présentent aux assemblées publiques, organisent des rencontres, placent leur visage et leur réputation en première ligne. Cette parole publique est le cœur même de la démocratie: elle engage ceux qui la portent et permet un véritable débat collectif.
À l’inverse, les partisans du projet sont presque invisibles dans l’espace public. Une simple revue de presse suffit à le constater: rares sont les témoignages favorables publiquement. Le soutien se limite surtout à des confidences de corridor, des murmures adressés en privé aux élus. Peut-on réellement mettre sur le même plan ces deux formes d’expression?
La démocratie est fondée sur la transparence. L’action politique se fait au grand jour, pas dans le secret. Un élu qui accorde le même poids à une parole assumée publiquement et à une doléance chuchotée en privé ne pratique pas la neutralité: il renverse l’ordre démocratique. Il donne plus d’importance à des intérêts privés qu’à une volonté collective exprimée au grand jour.
Pire encore, cette posture dite «neutre» crée un faux équilibre qui profite toujours au même camp: celui des promoteurs. Les promoteurs avancent tant qu’on ne les arrête pas. Ils disposent de capitaux, d’experts et d’un calendrier. Ils n’ont pas besoin d’un appui populaire explicite: l’inertie joue pour eux.
Les opposants, eux, doivent se mobiliser, s’exposer et faire entendre leur voix publiquement pour ralentir ou contester le projet. En prétendant «défendre les deux côtés», les élus neutralisent cette parole citoyenne visible, mais laissent intacte la mécanique privée et silencieuse du projet.
Résultat: ce n’est pas de la neutralité. C’est un biais qui penche toujours du côté des promoteurs. Et ce biais n’est pas banal: il mine la confiance des citoyens dans leurs institutions locales.
Il faut le dire clairement: en donnant plus de poids aux confidences privées qu’à la parole publique, les élus cessent de jouer leur rôle de représentants. Ils ne défendent plus leur communauté, ils la fragilisent. Cette posture les transforme, qu’ils le veuillent ou non, en menace pour la cohésion sociale.
Car au-delà du projet lui-même, c’est le tissu social qui est en jeu. Quand des citoyens prennent le risque de s’exprimer publiquement, parfois au prix de tensions avec leurs voisins ou leurs proches, ils incarnent l’esprit même de la démocratie. Quand leur parole est relativisée au nom d’une pseudo-neutralité, le message envoyé est clair: il vaut mieux se taire ou chuchoter aux bons interlocuteurs que d’assumer sa parole au grand jour.
Est-ce cela que nous voulons comme culture politique municipale? Une gouvernance qui récompense le silence et pénalise la parole citoyenne?
Nos élus ne sont pas des arbitres au-dessus de la mêlée. Ils sont les mandataires de la population. Leur responsabilité n’est pas de jouer les équilibristes entre des pressions contradictoires, mais d’incarner la volonté collective exprimée publiquement.
Le débat démocratique ne se mesure pas à l’aune de confidences privées, mais à celle de la parole assumée. Tant que les élus persisteront dans l’illusion d’une neutralité qui n’existe pas, ils ne feront que renforcer le camp le plus discret, le plus organisé et le plus puissant. Et ce faisant, ils mineront leur propre légitimité.
La démocratie ne peut pas s’épanouir dans le secret. Elle ne vit que dans la parole publique, dans l’espace commun, dans les débats assumés. Les élus qui veulent réellement protéger leur communauté doivent sortir de cette fausse neutralité. Sinon, ils cesseront d’être des gardiens du bien commun pour devenir, malgré eux, une menace pour la démocratie locale.
Lors d’une récente sortie publique, en lien avec les contaminants éternels, Mme la mairesse Stéphanie Lacoste a affirmé que l’administration municipale doit se conformer à la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. Elle a laissé entendre que cette loi justifiait le refus de transmettre certaines informations aux citoyens. Il est important de rétablir les faits.
La Loi d’accès fixe un cadre minimal pour encadrer la divulgation de documents. Elle prévoit des exceptions, par exemple pour protéger la vie privée, la sécurité publique ou des secrets industriels. Mais en aucun cas elle n’oblige une municipalité à retenir l’information. Au contraire, la Commission d’accès à l’information le rappelle régulièrement : l’accès est la règle, le refus l’exception. Autrement dit, rien n’empêche la Ville de Drummondville de rendre publique des études, rapports ou données financés par les contribuables. Ce n’est pas la Loi qui interdit, c’est la Ville qui choisit de ne pas le faire.
On entend parfois invoquer le secret professionnel des ingénieurs comme autre justification. Or, l’Ordre des ingénieurs du Québec a été clair dans une déclaration écrite : «Le but de ce secret professionnel est la protection du client et non la protection de l’ingénieure ou ingénieur. Le client a le droit de lever le secret professionnel à tout moment en diffusant les renseignements qu’il a jugé nécessaire de rendre préalablement confidentiels.»
Cela signifie que si des études réalisées par des firmes externes ne sont pas rendues publiques, ce n’est pas parce que la loi ou les ingénieurs l’interdisent. C’est parce que la Ville, en tant que cliente, décide de garder ces informations pour elle.
La conseillère en relations publiques de la Ville, Anne-Élisabeth Benjamin, a récemment affirmé que la municipalité refuse régulièrement de divulguer des documents «qui peuvent servir de matière brute à des élus pour prendre des décisions», sauf si elle y est légalement contrainte. Cette déclaration confirme exactement ce que je dénonce comme citoyen : il ne s’agit pas d’une obligation légale, mais d’une politique volontaire d’opacité. En clair, la Ville reconnaît qu’elle pourrait être plus transparente, mais choisit de ne pas l’être.
Plus grave encore, ce refus est défendu par des élus eux-mêmes. L’un d’entre eux m’a expliqué que les citoyens ne devraient pas avoir accès à l’information, par crainte qu’ils en retiennent seulement une partie et contestent les décisions municipales. Cet argument est non seulement paternaliste, mais insultant. Prétendre que des conseillers municipaux possèdent une intelligence ou un discernement supérieur aux citoyens qu’ils représentent, c’est faire preuve d’élitisme. Et c’est surtout nier le principe même de la démocratie : la confiance envers la capacité des citoyens à comprendre et à juger par eux-mêmes. Quand des élus prétendent protéger les citoyens contre l’information, ce n’est plus de la politique : c’est du mépris. En tout respect, un élu municipal n’a pas plus de capacité à comprendre un rapport qu’un citoyen. La démocratie repose sur la confiance envers la population, pas sur une volonté de la protéger d’elle-même.
Même la Commission d’accès à l’information du Québec reconnaît les limites de la loi actuelle. Dans son rapport annuel 2022-2023, sa présidente Diane Poitras écrivait : «Malheureusement, 40 ans après son adoption, le volet accès aux documents de la Loi sur l’accès n’a toujours pas fait l’objet d’une refonte en profondeur. Il est urgent de la moderniser, car il ne répond plus aux attentes actuelles en matière de transparence et de reddition de comptes ni aux standards internationaux en la matière.»
Si la loi est dépassée et imparfaite, cela ne justifie en rien d’adopter une politique d’opacité locale. Au contraire, les élus municipaux ont l’occasion d’être des agents de changements, d’innover et de faire preuve de transparence.
À l’approche des élections municipales du 2 novembre prochain, il est temps que les candidats, à la mairie comme au conseil, clarifient leur position. Tous se sont engagés publiquement à la transparence et à l’écoute. Pourtant, plusieurs siègent depuis quatre ans et ont cautionné une politique d’opacité. Leur réélection ne peut être un simple retour au statu quo : elle doit devenir l’occasion de prouver que leurs paroles ont un sens, en rompant avec cette culture du secret et en plaçant la transparence et l’ouverture au coeur de l’action municipale.
Une démocratie municipale digne de ce nom repose d’abord sur la confiance. La confiance, elle, ne se décrète pas : elle se mérite.
Processus à la CPTAQ (Commission de la protection du territoire agricole du Québec)
Étapes d’une demande :
dépôt de la demande
étude par la municipalité
validation de la demande
analyse de la demande
rédaction de l’orientation préliminaire
rédaction de la décision
décision
Comment intervenir?
A –
Aussitôt que le dépôt de la demande est fait, le numéro de dossier est accessible
B –
Toute personne voulant être inscrite comme ‘’personne intéressée*’’ afin de pouvoir exercer un ‘’droit de regard des voisins’’ peut appeler à la CPTAQ pour être inscrite.
C –
C’est après l’étape 5 (orientation préliminaire) que les personnes inscrites comme ‘’personne intéressée’’ peuvent demander une rencontre publique. Délai de 30 jours pour en faire la demande après le dépôt de l’orientation préliminaire.
D –
Le document que vous présenterez en rencontre doit absolument contenir le no de dossier de la demande d’autorisation afin de pouvoir transmettre vos ‘’observations basées sur l’orientation préliminaire rendue par la CPTAQ’’
Il est très important de savoir
qu’une demande de rencontre publique suspend le processus décisionnel jusqu’à ce qu’une date de rencontre soit fixée (ce qui peut prendre jusqu’à 6 mois)
que la date d’audience doit être rendue publique
que toute personne intéressée* puisse intervenir et y participer.
*personne intéressée : La personne tire un avantage direct ou risque de subir un préjudice réel, sérieux et immédiat du fait de la décision recherchée (par le promoteur).
Conseil : n’hésitez pas à surligner des passages importants sur les documents que vous présenterez, cela guidera le regard des commissaires.
No de téléphone CPTAQ : 1 800 667-5294 (bureaux de Québec)
En octobre 2024, plusieurs de nos élus ont visité Saint-Ferdinand pour se familiariser avec l’aspect technique d’une éolienne, même si la taille et la puissance (en MW) de cette structure sont moindres que celles proposées par TES Mauricie sur notre territoire. Mais au-delà de l’ingénierie, une question s’impose: quel est l’impact économique réel de ces projets pour les communautés d’accueil?
Nos élus ont-ils pris le temps d’examiner l’effet du parc éolien sur l’indice de vitalité économique (IVE) de Saint-Ferdinand? Peut-être supposent-ils, comme beaucoup, que les redevances versées aux municipalités améliorent automatiquement leur situation économique.
Pourtant, les données racontent une autre histoire. Selon l’Institut de la statistique du Québec, un an après l’entrée en fonction du parc éolien, l’IVE de Saint-Ferdinand s’établissait à -0,70 (en 2014). On pourrait croire qu’avec le temps, cet indice se serait amélioré. Or, en 2022 — soit 8 ans plus tard — il était tombé à -3,95.
D’autres exemples renforcent ce constat. À Cap-Chat et Matane, qui bénéficient de projets éoliens depuis plus de 20 ans, les IVE en 2022 étaient respectivement de -7,83 et -4,43. Ces chiffres restent négatifs, malgré les redevances perçues.
Même les projets dits «100 % communautaires» ne garantissent pas une amélioration généralisée. Dans la MRC Pierre-De Saurel, sur les 12 municipalités impliquées depuis 2016, 7 ont vu leur IVE s’améliorer, mais 5 ont connu une détérioration.
Le Saguenay–Lac-Saint-Jean nous offre un autre contraste: en 2022, Saint-Bruno et Hébertville Station présentaient un indice inférieur à celui de 2014, tandis que Saint-Gédéon affichait un IVE nettement positif (6,70). Encore une fois, aucun lien clair entre redevances et vitalité économique.
Bref, les données disponibles ne permettent pas de conclure que les redevances issues des projets éoliens mènent à une amélioration durable de l’Indice de vitalité économique. Il serait donc prudent de ne pas fonder nos décisions sur cette seule promesse.
Puisque l’aspect économique est souvent mis de l’avant dans les débats sur l’énergie éolienne, il me semblait important de présenter ces faits.
Alors, posons-nous cette question ensemble: le jeu en vaut-il vraiment la chandelle?
APRÈS QU’UNE GRANDE PORTION DE LA POPULATION AIT ÉTÉ TRAITÉ D’IMBÉCILE PAR CERTAINS MAIRES DE LA MRC DE MÉKINAC
C’EST AU TOUR DE TES MAURICIE DE LA TRAITER D’ANALPHABÈTE
Mékinac- le 29 juillet 2025- Au mois de mai dernier, dans un document obtenu en vertu d’une demande d’accès à l’information, on pouvait lire le maire de Sainte-Thècle écrivant à ses collègues qu’il « n’avait plus de patience pour l’imbécilité. Comme la majorité d’entre vous, je suis écœuré solide des opposants » . (Voir ici le document obtenu par le droit à l’information)
C’est maintenant au tour de TES Mauricie de renchérir. En effet, dans son étude d’impact déposée le 3 juillet 2025, à la page 121, on peut lire : «Enfin, il est largement reconnu que les communications et les activités menées par TES Mauricie après le dépôt de l’EIE exerceront une influence déterminante sur la tangente sociale que pourrait prendre le Projet. La transmission et la compréhension de l’information constituent des défis majeurs, notamment en raison d’un taux d’analphabétisme plus élevé dans certaines municipalités.». (voir le document sous le texte de ce communiqué)
On comprend que, comme plusieurs de nos maires, TES Mauricie considère les opinions favorables à son projet comme les seules qui sont valides. Ainsi, toutes les personnes qui accordent plus d’importance à la protection de leur milieu de vie qu’au profit de quelques privilégiés font strictement preuve d’ignorance.
Or, cela ne surprendra personne, le but véritable de TES avec son Projet Mauricie n’est pas la décarbonnation, ni le développement économique de la Mauricie, pas plus que la transition énergétique. Son but, comme celui de toutes les entreprises, est de générer des profits pour ses actionnaires. Point final. Toutes les autres considérations, en particulier celles liées à l’environnement et à l’acceptabilité sociale, ne sont que des outils marketing pour parvenir à cette fin.
Menace sur la qualité de vie? Ignorance! Impacts sur la santé? Ignorance! Retombées économiques réelles du projet pour la société dans son ensemble et pas seulement pour quelques privilégiés? Ignorance! Préservation des paysages? Ignorance! Préservation des terres agricoles? Ignorance! Dangers pour la faune, la flore, les nappes phréatiques? Ignorance! Inquiétudes quant à la privatisation de la production et la distribution d’électricité? Ignorance! Dérive démocratique? Ignorance!
On a donc une entreprise avec une vision unidimensionnelle de la réalité (c’est-à-dire son profit anticipé) qui perçoit les réactions sociales multidimensionnelles d’une population non comme une expression politique légitime, mais comme des « irritants » à neutraliser pour faciliter l’implantation d’un projet privé à grande échelle.
Nous sommes ni des imbéciles ni des analphabètes, nous sommes des amoureux de notre territoire et nous refusons de le sacrifier.
Le mépris et les insultes ne nous feront pas taire!
-30-
Pour entrevues :
René Beaudoin, B.A. en histoire: 819-295-3594
Carole Neill, PhD en littérature: 819-609-4206
Extrait de l’étude d’impact de TES Mauricie, p. 121
Combien de fois avons-nous entendu dire que les voitures à hydrogène étaient « l’avenir » ? Cet avenir s’effondre depuis longtemps comme un château de cartes. Stellantis, quatrième constructeur mondial, vient d’annoncer l’abandon de son programme de piles à combustible, invoquant des problèmes majeurs. Au premier semestre 2024, il s’est vendu 5 621 véhicules à hydrogène, contre 4,5 millions de voitures 100 % électriques à batterie.
Pendant que les dirigeants quittent le navire, les pionniers en colère appellent déjà leurs avocats : en Californie, les propriétaires de Toyota Mirai poursuivent la marque après avoir découvert que le ravitaillement en hydrogène, présenté comme idyllique, est en réalité une odyssée de pompes à l’arrêt et de tarifs abusifs, laissant des véhicules impossibles à revendre.
On ne pourra pas dire qu’ils n’avaient pas été prévenus : en 2021, j’expliquais que l’« hydrogène bleu » était le dernier grand (et répugnant) mensonge de l’industrie pétrolière ; en 2022, je démontrais que l’hydrogène n’avait aucun sens pour l’automobile ; et l’été dernier, je l’ai qualifié de « grande arnaque hydrogène ». Le temps et la thermodynamique ont remis les pendules à l’heure ; les partisans de longue date de la filière se terrent désormais.
La raison est purement physique. Transformer de l’électricité en hydrogène affiche un rendement de 70 %; le comprimer ou le liquéfier, le transporter, puis le reconvertir en électricité dans une pile à combustible tourne autour de 60 %; enfin, mettre les roues en mouvement entraîne des pertes proches de 70 %. Au final, ces véhicules coûtent plus cher à exploiter que les VE et, contrairement à eux, ne se rechargent pas à domicile.
L’institut Fraunhofer a chiffré ces pertes et conclu que l’hydrogène ne vaut même pas pour propulser les poids lourds. Certes, c’est mieux que l’effroyable inefficacité d’un moteur thermique (17 % à 21 % du puits à la roue), mais face aux batteries qui convertissent plus de 90 % de l’énergie du réseau en mouvement, le débat est clos. C’est simplement de la thermodynamique.
Le lobby pétrolier a bien tenté de sauver le récit avec l’oxymore « hydrogène bleu », mais la nature et la science ont de nouveau fait capoter le plan : une étude revue par les pairs a montré une empreinte carbone pire que le charbon. Même ses lobbyistes ont quitté leurs postes, honteux des mensonges qu’ils colportaient.
Les faits s’accumulent. Honda a mis au placard sa ligne hydrogène après avoir reconnu son non-viable et se concentre désormais sur les VE à batterie. Une explosion dans une station norvégienne d’hydrogène a forcé Toyota et Hyundai à suspendre les ventes dès 2019. Aujourd’hui, contrats à plusieurs millions annulés, usines fermées, investissements réorientés vers les batteries ; pendant ce temps, les compagnies pétrolières gagnaient du temps en promouvant un produit leur permettant de continuer à extraire du gaz.
Nous voilà donc, en juillet 2025, devant les ruines de la promesse de l’hydrogène sur roues. Où sont ceux qui le disaient « inévitable » ? Où sont leurs gros titres sur le « plein en trois minutes » et les « émissions nulles » (en omettant les fuites de méthane et celles des camions-citernes) ? Disparus, ou pire, cachés derrière des recours collectifs. Au fond, l’hydrogène automobile n’a été qu’une tactique de retardement pour freiner l’essor des VE tout en créant une nouvelle rente pour les pétrolières.
La morale est limpide : la physique ne négocie pas. La voiture du XXIᵉ siècle sera électrique, connectée et alimentée par des électrons circulant dans des fils, pas par un gaz qui gaspille les deux tiers de l’énergie qu’il touche. Chaque euro, chaque minute et chaque subvention engloutis dans le mirage de l’hydrogène ont été du temps perdu dans la course à la décarbonation des transports. La bonne nouvelle : l’arnaque est éventée ; nous pouvons désormais nous concentrer sur un avenir électrique, sans ceux qui répètent : « L’avenir, c’est l’hydrogène ».
À St-Maurice, il y aurait 5 propriétaires de terres agricoles (dont 2 n’habitant pas à St-Maurice) prêts à offrir des servitudes pour 9 éoliennes, réparties sur 9 sites, d’un bout à l’autre de la municipalité. Évidemment, ces 9 éoliennes d’une hauteur de 210 mètres/689 pieds seraient visibles par tous les habitants, où qu’ils soient.
Le projet de TES Canada concerne plusieurs municipalités des MRC de Mékinac et Des Chenaux et pourtant, St-Maurice est la seule administration à tenir un référendum sur la question. Chaque citoyen avec une preuve de résidence (carte d’identité avec adresse à St-Maurice) pourra donner son opinion de façon claire et anonyme.
Quand : Jour du référendum : Dimanche 14 septembre 2025
Où : Salle municipale
L’opinion de chacun des habitants de la municipalité est importante; sachez que le résultat des votes aura des répercussions sur les décisions des élus qui siègent au conseil municipal.
Pour faire un choix éclairé ou pour en savoir davantage sur les possibles impacts d’un parc éolien en milieu habité, vous êtes conviés à une séance d’informations par le Collectif « Toujours Maîtres chez Nous ». Vous pourrez aussi voir de près la maquette d’une éolienne dans un milieu qui pourrait être le nôtre; cela permet de visualiser l’ampleur de ces mégastructures versus nos routes et nos maisons.
Quand : Mercredi 3 septembre 2025 à 19hr00
Durée : Environ 1hr30 (incluant une période de questions)
Où : Église de St-Maurice
Sujets abordés :
perte de valeur foncière de vos maisons
risques pour votre santé et celle de votre famille
diminution de la qualité de votre environnement (sonore, visuel, faunique)
***
Il est important de savoir que l’électricité qui serait produite par ces éoliennes servirait à alimenter une usine d’hydrogène situé à Shawinigan. Le tout au profit d’une firme provenant de la Belgique ainsi qu’à sa co-actionnaire France Desmarais Chrétien, laquelle figure sur la courte liste des familles les plus riches du Canada. Bien qu’ayant des budgets colossaux pour entreprendre leur mégaprojet sur nos terres, les actionnaires pourront aussi bénéficier des largesses des programmes de subventions canadiennes.
Alors, si cela vous tient à cœur de conserver et protéger le bien collectif qu’est notre milieu de vie, nos paysages agricoles et forestiers ainsi que notre tissu social, soyez au rendez-vous pour faire entendre votre voix! N’hésitez pas à en parler à vos voisins et amis, car tout le monde est concerné.
À propos de l’outil de marketing appelé sondage de la MRC Mékinac…
La MRC veut lancer en août un sondage sur « l’acceptabilité sociale » du projet d’éoliennes de TES Canada. La MRC a négocié le remboursement de toutes les sommes qu’elle a dépensé en consultation (il faut rappeler qu’elle a dépensé 146 000 $ en 2024 alors que sa voisine, la MRC Des Chenaux a seulement dépensé 3 000 $). La dépense pour ce sondage est lié à l’entente de remboursement qu’elle a conclue. Ce n’est pas un budget indépendant. Le mandat ira à une firme privée, sans regard citoyen sur la méthode. Le questionnaire visera les dix municipalités, alors que quatre accueilleront les éoliennes physiquement et que deux autres subiront des impacts réels.
Les autres ne verront ni pales ni emprises.
Le tout se déroule pendant les vacances.
Rien n’est illégal. Rien n’est neutre.
Mesurer l’opinion avec un outil payé indirectement par le promoteur entache la confiance dès le départ. Élargir le bassin de répondants à des citoyens peu ou pas touchés dilue la voix de ceux qui vivent les nuisances.
Tenir l’exercice en août augmente les biais de non-réponse. Présenter ensuite un pourcentage global comme preuve d’acceptabilité, c’est travestir une question qualitative en chiffre commode.
L’acceptabilité sociale n’est pas un score, c’est un jugement collectif qui exige transparence, indépendance et respect des communautés directement concernées.
Le BAPE ne décidera pas sur la base d’un seul sondage. Il regardera qui parle, comment on a posé les questions, qui finance l’opération et si les premiers concernés ont été réellement entendus.
Un sondage financé via l’entente MRC–promoteur peut être vu comme un outil de communication, pas comme un reflet fidèle de la volonté citoyenne. Si on s’en sert pour dire que « la population est d’accord », il sera attaqué sur sa méthode, son timing, son périmètre.
S’il montre l’inverse, la MRC et le promoteur auront sapé leur propre crédibilité en misant sur un dispositif fragile.
Le fond du dossier, c’est la confiance. Le problème n’est pas la statistique, mais la procédure.
Qui définit le cadre, qui choisit la question, qui signe le chèque. Croire qu’une firme réputée suffira à garantir la neutralité, c’est oublier qu’un simple soupçon de dépendance financière suffit à faire douter. Mettre sur le même plan la voix de ceux qui ne verront jamais une éolienne et celle de ceux qui vivront avec le bruit, la vue et les servitudes foncières, ce n’est pas de la participation, c’est un cadrage.
Un sondage n’a aucun effet juridique. Il ne retire pas votre voix. Il ne remplace ni un référendum local ni les audiences publiques du BAPE.
L’acceptabilité sociale ne se paie pas. Elle se mérite par la clarté du processus et le respect de ceux qui supportent les conséquences.
Considérations détaillées
Caractère manipulatoire de la démarche – période et étendue de la consultation
Deux aspects de la démarche retenue par la MRC suscitent des critiques quant à un possible caractère manipulatoire : le timing de la consultation (en pleine période de vacances estivales) et le périmètre de la population consultée (ensemble de la MRC vs seules municipalités impactées). Ces choix peuvent en effet influencer les résultats du sondage de manière non neutre.
Consultation en période estivale (vacances) : Lancer un sondage sur un enjeu majeur au cœur de l’été (mois d’août) peut être perçu comme une manœuvre pour réduire la participation ou l’attention du public. Beaucoup de citoyens sont en congé, moins disponibles pour répondre à un appel téléphonique ou pour s’informer du sondage. Les meilleures pratiques en participation publique déconseillent de tenir des consultations pendant les vacances. Par exemple, en France, il est « recommandé d’éviter les périodes de vacances d’été ou d’hiver pour organiser l’enquête publique »questions.assemblee-nationale.fr. Cette recommandation vaut tout autant au Québec : une consultation menée en juillet-août risque de compromettre la représentativité des répondants (seuls les citoyens rejoints malgré les congés s’exprimeront). L’impression donnée est que la MRC et le promoteur ont choisi un moment où l’opposition citoyenne serait moins organisée (beaucoup de comités citoyens ou conseils municipaux ne siégeant pas en août). Cela jette un doute sur l’intention – s’agit-il d’obtenir un résultat favorable en profitant d’un creux de mobilisation ? Même si la MRC invoque des contraintes de calendrier, ce choix de date entache la perception de transparence de la démarche. Un processus de consultation robuste aurait plutôt cherché à maximiser la participation (par exemple en évitant août, ou en prolongeant la période de réponse au-delà des vacances, etc.).
Étendue géographique de la consultation : Le sondage vise « l’ensemble de la population » des dix municipalités de la MRC, alors que seulement 4 (ou 6 selon certaines sources) municipalités accueilleraient physiquement les éoliennes. Inclure les citoyens non directement touchés dilue le poids des communautés affectées. En effet, les résidents des municipalités éloignées du site pourraient être plus favorables ou indifférents (ils ne subiront ni les nuisances visuelles ni sonores, mais pourront potentiellement bénéficier de retombées économiques régionales). À l’inverse, les citoyens des villages ciblés par les éoliennes ont un intérêt plus immédiat et un avis possiblement plus négatif (risques pour le paysage, qualité de vie, etc.). En mélangeant tous les répondants de la MRC dans un même échantillon, on court le risque de noyer l’opposition locale dans une opinion majoritaire régionale plus favorable. Ce stratagème a été dénoncé par des groupes citoyens locaux, qui auraient préféré une consultation ciblée ou un référendum dans chaque municipalité touchée. D’ailleurs, consciente de ce biais potentiel, la MRC a demandé à la firme Léger de pondérer davantage l’échantillon en faveur des municipalités impactées par les éolienneslhebdomekinacdeschenaux.ca. Autrement dit, le sondage téléphonique inclura un sur-échantillonnage des résidents des 4 à 6 municipalités visées par le parc, afin que leur opinion pèse plus lourd dans le résultat finallhebdomekinacdeschenaux.ca. Cette mesure de correction statistique reconnaît implicitement que la méthode initiale (MRC entière uniforme) était déséquilibrée. Reste que la pondération est un ajustement technique opaque pour le grand public : selon les paramètres choisis, le résultat final peut varier. Qui décide du « poids » accordé aux répondants des municipalités touchées ? Le promoteur financeur a-t-il son mot à dire ? Sans transparence totale sur la méthodologie, le soupçon d’une manipulation des résultats demeure. Par comparaison, une consultation publique formelle aurait ciblé prioritairement les communautés affectées (p.ex. assemblées dans chaque municipalité concernée). Ici, faire voter l’ensemble de la MRC équivaut à laisser des citoyens non concernés influer sur l’acceptabilité sociale d’un projet très localisé, ce qui pose question en termes d’équité.
En somme, ces éléments (timing estival et étendue géographique élargie) peuvent effectivement être perçus comme manipulatoires. Ils favorisent potentiellement le promoteur en minimisant l’expression d’une opposition locale forte.
« un sondage peut être orienté, pas un référendum ».
Un référendum local n’aurait concerné que les résidents directement touchés et aurait eu lieu selon les règles électorales (période annoncée, campagne d’information, vote secret), rendant la manipulation plus difficile. Le choix du sondage large en vacances alimente donc la défiance quant aux intentions réelles de la MRC et du promoteur.
Droits de la MRC et limites légales de la consultation
D’un point de vue strictement légal, la MRC n’a pas outrepassé ses pouvoirs en menant ce sondage, mais il est important de souligner ce qui distingue ce sondage d’autres formes de consultation encadrées par la loi, telles que le référendum municipal officiel ou la consultation du BAPE. Ces distinctions mettent en lumière les limites juridiques et pratiques de l’initiative de la MRC.
Nature non contraignante et absence de cadre formel : Le sondage consultatif de la MRC est une démarche volontaire et unilatérale, sans assise dans un texte de loi particulier. Contrairement à un référendum municipal officiel – par exemple un référendum d’urbanisme tenu en vertu de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (LERM) – le sondage n’a aucune valeur juridique obligatoire. Même s’il révélait une forte opposition, le conseil de la MRC n’est pas lié par son résultat. D’ailleurs, le maire de Saint-Maurice (municipalité voisine impliquée) a précisé que si un référendum local était organisé chez lui, le résultat ne serait pas entériné par une résolution officielle du conseil, mais servirait uniquement de « signal clair » pour l’entreprise TES Canada (lhebdomekinacdeschenaux.calhebdomekinacdeschenaux.ca). De même, la préfète de la MRC de Mékinac a admis qu’un référendum organisé par la MRC n’aurait pas de force exécutoire car « c’est à l’entreprise de déterminer qu’il y a une acceptabilité sociale sur le territoire, ce n’est pas à nous » (hebdomekinacdeschenaux.ca). Cette déclaration est éloquente : la MRC reconnaît qu’elle ne peut elle-même « valider » ou « infirmer » officiellement le projet par un vote populaire, puisque la décision finale ne lui appartient pas. En effet, l’autorisation du parc éolien dépend de l’évaluation environnementale (ministère/BAPE) et de l’acceptation (ou non) par les conseils municipaux des municipalités d’implantation (via leurs règlements d’urbanisme). Le sondage n’engage donc pas légalement la suite : la MRC reste libre de négocier avec TES Canada ou de se retirer du projet indépendamment des résultats du sondage.
Comparaison avec un référendum local : Un référendum municipal est un mécanisme encadré (LERM) prévoyant une question soumise aux électeurs inscrits, un processus de vote secret, et souvent un effet légal (p.ex. rejet d’un règlement si le Non l’emporte). Ici, la MRC a évité le référendum formel – probablement parce qu’aucune disposition légale ne l’y obligeait vu que le projet est privé. Cependant, certains estiment qu’elle a ainsi évité un scrutin clair qui aurait donné une légitimité démocratique plus forte. Notons qu’en droit municipal, un conseil peut tenir un référendum consultatif sur n’importe quelle question (on l’a vu dans certaines municipalités pour des projets controversés), mais le résultat demeure symbolique. Dans le cas de Saint-Maurice, le maire a choisi de tenir un référendum local (les 7 et 14 septembre) sur l’implantation d’éoliennes, pour donner la parole aux citoyens de sa municipalité (hebdomekinacdeschenaux.ca). Ce référendum n’est pas juridiquement contraignant non plus (puisqu’il ne porte pas sur un règlement précis), mais il a un poids politique réel : un vote massif contre les éoliennes obligerait moralement la municipalité à refuser toute entente avec le promoteur. La MRC, elle, n’a pas suivi cette voie référendaire à l’échelle régionale. En droit, elle n’y était pas tenue et a donc optée pour le sondage. Mais ce choix entame la légitimité perçue de la démarche : un référendum obéit à des règles garantissant l’équité (même question pour tous, période de campagne, neutralité dans l’organisation du vote), alors qu’un sondage commandé par une partie prenante peut être soupçonné d’orientation (biais dans la formulation des questions, sélection de l’échantillon, etc.). En clair, la MRC est dans son droit, mais elle a opté pour l’outil le moins formel et le moins garant de neutralité, ce qui limite la force probante du résultat.
Transparence et obligation de neutralité : Sur le plan légal toujours, les élus municipaux sont soumis aux principes d’éthique et de déontologie. Sans qu’il y ait nécessairement infraction, on peut s’interroger sur la neutralité de la MRC dans ce dossier. Officiellement, la MRC se disait « neutre » en attente de connaître l’acceptabilité sociale. Or, en parallèle, elle a négocié et signé une entente-cadre avec TES Canada pour maximiser les retombées économiques du projet en cas de réalisation (hebdomekinacdeschenaux.ca). De plus, tous les frais du sondage sont assumés par le promoteur (selon les informations disponibles). Cette situation crée un conflit d’intérêts apparent : la MRC, bénéficiaire potentielle du projet (retombées financières) et financièrement soutenue pour consulter, peut difficilement être perçue comme entièrement objective. Juridiquement, accepter qu’une entreprise paye pour une activité de consultation publique n’est pas illégal en soi – il n’existe pas d’interdiction formelle, surtout si la contribution de l’entreprise est connue et entérinée dans une résolution. Néanmoins, la Loi sur l’éthique et la déontologie en matière municipaleexige des élus qu’ils préservent l’intérêt public et la confiance du public. Organiser un sondage sur le projet d’un partenaire financier direct met à mal l’impartialité de l’exercice. Les bonnes pratiques voudraient qu’une consultation sur un projet controversé soit pilotée soit par un organisme indépendant, soit au moins financée publiquement, afin que l’apparence de collusion soit évitée. Ici, la MRC a officialisé son partenariat financier avec TES (via l’entente-cadre), puis lancé le sondage. Bien que légal, ce procédé ouvre la porte aux critiques quant à la crédibilité du sondage. En droit administratif, on parle souvent d’apparence de justice ou d’impartialité : même sans faute concrète, la participation financière du promoteur jette une ombre sur la validité des résultats. Les citoyens opposés pourront faire valoir au BAPE que ce sondage n’est pas un reflet neutre de l’opinion publique, mais potentiellement un instrument financé pour légitimer le projet (nous y reviendrons dans la section sur le BAPE).
Tableau comparatif des modes de consultation : Pour mieux cerner la position du sondage de la MRC, voici un tableau comparant ce mode de consultation avec un référendum municipal et une consultation du BAPE, sur divers critères pertinents :
Critère
Sondage consultatif (MRC)
Référendum municipal
Consultation BAPE
Base légale
Aucune base légale formelle spécifique. Initié par résolution de la MRC en vertu de ses pouvoirs généraux (legisquebec.gouv.qc.ca).
Prévu et encadré par la LERM (p. ex. référendums d’urbanisme ou d’emprunt) ou par décision volontaire du conseil municipal.
Prévu par la LQE : mandat du BAPE sur décision du ministre suite à la demande du public (legisquebec.gouv.qc.ca). Règles de procédure établies (chap. Q-2, r.45.1).
Population visée
Échantillon de citoyens (quelques centaines) sélectionnés par la firme de sondage, sur l’ensemble du territoire MRC (avec pondération des zones affectées)(lhebdomekinacdeschenaux.ca).
L’ensemble des électeurs de la municipalité (ou de la zone concernée) sont appelés à voter. Chaque vote compte également.
Tous les citoyens et groupes intéressés peuvent participer, surtout ceux du milieu d’accueil du projet. Participation libre (pas de notion d’échantillon).
Modalités de participation
Sondage téléphonique ou en ligne, questionnaire court. Pas de débat public, réponses individuelles et confidentielles.
Vote secret dans un bureau de scrutin, précédé d’une campagne d’information/débat publique locale.
Séances publiques (présentation du projet, période de questions, dépôt de mémoires). Débat ouvert où chacun peut exprimer ses arguments.
Neutralité de l’organisation
Organisé par la MRC mais financé par le promoteur privé, réalisé par une firme engagée par la MRC. Risque de biais dans la formulation des questions ou l’interprétation des résultats (toujoursmaitrescheznous.com).
Organisé par le président d’élection (fonctionnaire neutre). Question référendaire approuvée par le ministère au besoin. Scrutin supervisé par des officiers indépendants, minimisant les possibilités de manipulation.
Organisé par le BAPE, organisme public neutre et impartial. Les commissaires n’ont aucun intérêt dans le projet et veillent à entendre tous les points de vue. Procédure transparente (documents publics, verbatim, etc.).
Représentativité
Dépend de la méthode d’échantillonnage. Possibles biais d’échantillon (taux de réponse, personnes difficiles à joindre en vacances, etc.). Pondération pour zones affectées mais résultat global peut masquer des disparités locales.
Représentation directe: chaque citoyen vote. Si la participation est élevée, le résultat reflète l’opinion majoritaire des électeurs concernés. Par contre, seuls les citoyens de la zone concernée votent (exclut les autres).
Pas de “vote”, mais la variété des participants et mémoires reflète la pluralité des opinions. Le BAPE ne chiffre pas le pour/contre, il évalue la force des arguments et la proportion de préoccupations communes.
Caractère contraignant
Consultatif uniquement. Le résultat n’a pas d’effet juridique obligatoire sur la MRC, les municipalités ou le promoteur. Sert d’indicateur politique pour la MRC/entreprise.
Variable : s’il s’agit d’un référendum obligatoire (ex. urbanisme avant la Loi 122), un Non majoritaire fait échouer le règlement. S’il est volontaire/consultatif, pas d’effet légal mais forte pression politique pour en tenir compte.
Consultatif également. Le rapport du BAPE formule des recommandations. Le gouvernement peut autoriser ou refuser le projet à sa discrétion, mais en pratique il tient souvent compte des conclusions du BAPE par respect du processus.
Transparence des résultats
Résultats annoncés sous forme de pourcentages (favorables/défavorables). Détails méthodologiques parfois techniques (marge d’erreur, pondération). Pas de ventilation fine publique par municipalité (sauf si divulguée).
Résultat public (pourcentage de Oui/Non, taux de participation) par définition. Simple à comprendre et à communiquer.
Rapport public détaillé qui résume les préoccupations, positions pour et contre, et analyse la légitimité des points soulevés. Pas de score chiffré unique, mais une analyse qualitative.
Coût et délai
Coût relativement faible pour la MRC (puisque financé par TES). Résultats obtenus rapidement (quelques semaines).
Coût non négligeable pour la municipalité (organisation d’un scrutin). Délai plus long (préparation du vote, tenue du scrutin).
Coût pris en charge par l’État. Délai significatif (plusieurs mois pour le processus complet).
Crédibilité perçue
Contestée si financement privé et soupçons de biais. Considérée comme moins crédible par les opposants du projet (qualifié d’exercice de « relations publiques » plutôt que de véritable consultation).
Élevée sur le plan démocratique (expression directe des citoyens). Toutefois, un référendum peut être polarisant et la formulation de la question peut influencer la réponse si elle n’est pas neutre.
Élevée en général. Le BAPE est réputé neutre. Ses consultations sont vues comme un forum crédible où toutes les parties (citoyens, experts, promoteur, municipalités) peuvent s’exprimer. Les conclusions du BAPE font autorité sur l’état de l’opinion et des enjeux, car elles sont fondées sur une analyse approfondie.
Tableau 1 : Comparaison entre le sondage consultatif de la MRC, un référendum municipal et une consultation par le BAPE.
Ce tableau met en évidence que le sondage consultatif, s’il est parfaitement légal et rapide, présente des garanties moindres en matière de neutralité, de représentativité et de poids décisionnel comparativement aux autres modes de consultation. La MRC a certes le droit de l’utiliser, mais elle doit être consciente de ces limites dans l’appréciation ultérieure du résultat.
Biais de représentativité et validité des résultats
Un point crucial de toute consultation est sa validité: le résultat reflète-t-il fidèlement la réalité de l’opinion publique concernée ? Dans le cas du sondage de la MRC, plusieurs biais de représentativité peuvent affecter la fiabilité des conclusions :
Sur- ou sous-représentation démographique : Un sondage téléphonique repose sur un échantillon. Même réalisé selon les règles de l’art, il comporte une marge d’erreur et une possible distorsion entre les répondants et l’ensemble de la population. Par exemple, les personnes âgées, ou celles sans téléphone cellulaire, etc., pourraient être sous-représentées. Si la firme Léger n’ajuste pas correctement ces facteurs, le portrait obtenu pourrait être trompeur. La MRC a mentionné vouloir un « échantillonnage représentatif de la population » et hésitait sur la taille de l’échantillon à choisir pour garantir cette représentativitélhebdomekinacdeschenaux.ca. Le nombre de personnes sondées n’a pas été précisé publiquement, mais on peut supposer quelques centaines de répondants. Sur une population totale de la MRC de l’ordre de 15 000 à 20 000 habitants, cela peut suffire statistiquement, mais la sélection aléatoire doit être rigoureuse.
Pondération des zones affectées : Comme noté, la MRC a demandé une pondération plus élevée pour les six municipalités susceptibles d’accueillir des éoliennes (lhebdomekinacdeschenaux.ca). Cela vise à éviter qu’une majorité de répondants “extérieurs” (peu concernés) ne l’emporte dans les résultats. Toutefois, cette pondération introduit une subjectivité : quel poids exact donner ? Par exemple, si 60% de l’ensemble de la MRC est pour le projet mais que 80% des résidents directement touchés y sont opposés, comment le résultat global sera-t-il présenté ? Si l’on pondère trop faiblement, on invisibilise les opposants locaux; si l’on pondère trop fortement, on obtient quasiment l’opinion des seules municipalités affectées. Aucun standard public ne régit cette pondération – ce n’est pas un recensement officiel mais un sondage privé, donc la méthodologie détaillée peut rester confidentielle. Par conséquent, le biais de composition de l’échantillon pourrait entacher la validité scientifique du sondage aux yeux d’observateurs externes (ex. le BAPE ou d’autres municipalités). L’annonce des résultats devra idéalement distinguer ce que pensent les citoyens des municipalités hôtes vs le reste, faute de quoi le débat public rebondira sur le thème “les vrais concernés étaient contre, mais le projet a été imposé par les autres”.
Biais de non-réponse en période de vacances : Comme évoqué, mener le sondage en août pourrait réduire la participation de certaines catégories de citoyens (ceux en voyage, etc.). Si le taux de réponse est faible, la représentativité en souffrira. Par exemple, si beaucoup d’opposants ne répondent pas au téléphone ou raccrochent par méfiance, le sondage captera surtout l’avis des moins dérangés par le projet. Ce biais d’auto-sélection est difficile à mesurer, mais il plane sur toute consultation mal synchronisée. En bonnes pratiques, on prolonge parfois la collecte de données ou on multiplie les modes (internet, en personne) pour compenser, mais nous ignorons si cela a été fait.
Formulation de la question : Un biais classique tient à la formulation des questions posées. Le maire de Saint-Maurice a souligné l’importance d’une question claire et neutre, du type « Êtes-vous favorable ou défavorable à l’implantation d’éoliennes sur le territoire ? »(lhebdomekinacdeschenaux.ca). On ne sait pas quelle question exacte la firme de sondage posera dans la MRC de Mékinac. Si la question est trop générale (« Êtes-vous en faveur de l’énergie éolienne ? »), elle pourrait susciter plus de réponses favorables sans refléter les préoccupations locales. Si elle est trop spécifique ou accompagnée d’un préambule orientant sur les retombées positives, elle pourrait biaiser dans l’autre sens. La neutralité et la clarté de la question sont déterminantes pour la validité du sondage. Dans un référendum officiel, la question doit être approuvée juridiquement et publiée à l’avance, assurant une certaine neutralité. Ici, tout repose sur la déontologie de la firme Léger et la supervision par la MRC. Sans audit externe, un doute peut subsister sur ce point également.
En conclusion, bien que le sondage se veuille “scientifique”, ses résultats devront être interprétés avec prudence en raison de ces biais possibles. Le concept même d’“acceptabilité sociale” n’est pas aisément mesurable par un pourcentage. Le ministère de l’Environnement souligne que c’est un jugement collectif dynamique, qui « ne peut donc pas faire l’objet d’une mesure quantitative, mais doit plutôt être évalué de manière descriptive »(environnement.gouv.qc.ca). Autrement dit, réduire l’acceptabilité sociale à un chiffre de sondage est une simplification. Un sondage peut donner une indication de l’opinion à un instant T, mais il ne saurait remplacer une analyse qualitative approfondie des arguments pour et contre, ni capter les nuances (degré d’adhésion ou d’opposition, conditions d’acceptabilité, etc.). Les biais de représentativité mentionnés font que ce sondage en particulier pourrait surestimer le consensus ou au contraire minimiser l’ampleur de l’opposition, selon la façon dont il est conduit.
Financement privé du sondage : conflit d’intérêts et légitimité
Le fait que l’entreprise promotrice (TES Canada) finance le sondage consultatif soulève des enjeux d’indépendance et de conflit d’intérêts. Même si la MRC demeure maître d’ouvrage du sondage, l’implication financière d’une partie intéressée peut entacher la crédibilité et la légitimité de la démarche.
Apparence de partialité : En éthique publique, il est primordial non seulement d’être neutre, mais d’en avoir l’apparence. Ici, TES Canada a un intérêt direct à ce que le sondage reflète une acceptabilité sociale suffisante pour faire avancer son projet. En finançant l’initiative, l’entreprise se place dans une position où elle pourrait être perçue comme tentant d’influencer le processus. Même si la firme Léger est réputée indépendante et que le questionnaire reste objectif, le public risque de douter de l’impartialité des résultats. C’est un peu comme si un promoteur payait pour un rapport d’expert sur son propre projet – la confiance du public serait moindre, à moins que l’expert ne jouisse d’une transparence et d’une indépendance indéniables. La MRC aurait pu éviter cela en finançant elle-même le sondage (quitte à se faire rembourser plus tard via des redevances), ou en sollicitant une aide gouvernementale. En acceptant les fonds privés, elle a créé un contexte propice aux soupçons. Certains citoyens y voient la MRC « complice » du promoteur plutôt qu’arbitre neutretoujoursmaitrescheznous.com.
Influence sur la méthodologie : Qui paie, commande. Ici, TES Canada paye pour le sondage “pour le compte de la MRC”lhebdomekinacdeschenaux.ca. Officiellement, la MRC a certainement négocié les termes (elle mentionne d’ailleurs avoir négocié une entente avec TES Canada concernant les retombées économiques et, semble-t-il, la tenue du sondagelhebdomekinacdeschenaux.ca). Néanmoins, le promoteur pourrait avoir son mot à dire sur certains paramètres : le choix de l’entreprise de sondage (Léger a été retenue comme firme “ayant une notoriété, en qui j’ai confiance” dit la préfètelhebdomekinacdeschenaux.ca), la taille de l’échantillon (la MRC hésitait, possiblement pour raisons de coûtlhebdomekinacdeschenaux.ca), la formulation de la question, etc. On ignore s’il y a eu concertation sur ces points, mais le doute suffit à miner la légitimité aux yeux du public. Idéalement, une consultation sur l’acceptabilité sociale devrait être pilotée par un tiers neutre, ou au minimum son financement devrait être transparent et sans contrepartie. Ici, la dynamique payeur/bénéficiaire brouille la démarche : la MRC bénéficie du sondage et potentiellement des retombées du projet, l’entreprise bénéficie de la légitimation du projet par le sondage. C’est une relation symbiotique qui exclut un acteur pourtant crucial : la population, censée être la finalité de l’exercice, mais qui pourrait n’en être que le prétexte si le sondage sert surtout à justifier un accord déjà négocié (comme le craignent les opposants, se basant sur l’entente-cadre révélée)(toujoursmaitrescheznous.com).
Transparence et confiance : La participation financière du privé aurait pu être atténuée par une totale transparence sur le processus. Or la MRC n’a pas, à notre connaissance, impliqué de comité de citoyens ou d’observateurs indépendants pour superviser la conception du sondage. La confiance des citoyens s’en trouve amoindrie. Le climat de méfiance était déjà présent – on reprochait à la MRC un manque de transparence dans ses négociations avec TES Canada (toujoursmaitrescheznous.comtoujoursmaitrescheznous.com). Ce sondage aurait pu être l’occasion de rétablir la confiance, mais son montage (financé par TES, annoncé en plein été, etc.) a eu l’effet inverse. Les principes de “bonne foi” en consultation publique impliquent d’éviter toute apparence de manipulation : « L’information et la consultation doivent se dérouler dans un contexte d’échanges constructifs, ouverts et transparents, basés sur la confiance et le respect » (environnement.gouv.qc.ca). Ici, le financement privé jette une ombre sur l’ouverture et la transparence.
Cadre légal sur les conflits d’intérêts : Juridiquement, on pourrait s’interroger : la MRC, en acceptant un avantage (économique) de l’entreprise pour mener une activité liée au projet de cette entreprise, y a-t-il un conflit d’intérêts au sens de la loi ? La Loi sur les élections et référendums interdit par exemple le financement corporatif dans les campagnes référendaires officielles – mais ici on n’est pas dans ce cadre. La Loi sur l’éthique municipale demande aux élus d’éviter de se placer dans des situations où leur impartialité pourrait être compromise. Si un conseiller municipal ou un maire tirait un avantage personnel du projet, ce serait illégal, mais financer un sondage de la municipalité ne constitue pas un avantage personnel pour un élu. C’est plutôt un avantage institutionnel (pour la MRC). Aucun texte n’interdit aux municipalités de conclure des partenariats avec des entreprises – c’est même courant (ex: un promoteur immobilier peut payer certaines études ou infrastructures municipales en échange d’autorisations). La clé est que ces ententes soient connues et équilibrées. En l’occurrence, l’entente MRC-TES a été critiquée pour son absence de débat public (toujoursmaitrescheznous.com). Mais sur le plan légal strict, la MRC a probablement adopté une résolution autorisant cette entente et le financement du sondage, ce qui la rend régulière du point de vue procédural. Le problème est donc moins légal que moral : il touche à la légitimité perçue de l’exercice. Un sondage sur l’acceptabilité sociale a pour but de prendre le pouls impartialement. Si ce pouls est pris avec le doigt du promoteur sur l’artère, le diagnostic sera suspect aux yeux de la population.
En conclusion, le financement privé du sondage soulève un sérieux enjeu de confiance. Bien qu’aucune règle formelle ne l’interdise, ce choix compromet la légitimité de la consultation aux yeux de nombreux citoyens. Pour rétablir cette légitimité, il aurait fallu des garanties fortes d’indépendance (par exemple confier le mandat à un organisme public ou universitaire, créer un comité de suivi citoyen, publier le questionnaire intégral avant sondage, etc.). Sans ces garde-fous, le sondage pourrait être considéré comme un outil de communication du promoteur plus que comme un véritable exercice d’écoute citoyenne.
Poids du sondage dans le processus du BAPE
La question finale est de savoir quelles seront les conséquences possibles de cette démarche sur le processus du BAPE et la prise de décision gouvernementale. Autrement dit, le sondage aura-t-il une influence, positive ou négative, sur l’évaluation du projet par les instances officielles ?
Plusieurs scénarios et considérations se dessinent :
Recevabilité des résultats au BAPE : Lors des audiences du BAPE (si le ministre en ordonne suite aux demandes citoyennes), le rapport du sondage pourrait être déposé en preuve par la MRC ou le promoteur. Le BAPE acceptera sans doute de le verser au dossier, car son mandat est d’accueillir toute information pertinente. Toutefois, les commissaires du BAPE seront conscients du contexte de ce sondage (ils auront lu les journaux et entendu les citoyens). Ils sauront qu’il a été financé par le promoteur et contesté par une partie de la population. Par conséquent, ils appliqueront un regard critique sur sa méthodologie et sa signification. On peut s’attendre à ce que, durant les séances, des citoyens ou groupes comme Toujours Maîtres chez nous viennent remettre en cause la validité du sondage, chiffres à l’appui (par ex. “tel pourcentage favorable n’est pas crédible car telle municipalité a pétitionné massivement contre”). Le BAPE donnera alors l’occasion à la MRC ou à TES d’expliquer comment le sondage a été fait. En somme, le sondage sera disséqué publiquement. S’il comporte des biais flagrants ou une formulation tendancieuse, cela sera exposé au grand jour, ce qui pourrait diminuer son poids dans l’esprit des commissaires.
Interprétation des résultats par le BAPE : Même en supposant que le sondage ait été bien fait, le BAPE ne se contentera pas d’un chiffre brut. Historiquement, les rapports du BAPE sur des projets controversés font état du degré d’acceptabilité sociale, mais de manière nuancée. Par exemple, le BAPE pourrait écrire : “D’après le sondage commandé par la MRC, X% de la population de la MRC se dit favorable au projet. Cependant, la commission note que l’opposition est fortement concentrée dans les municipalités directement touchées, où une majorité de citoyens s’oppose aux éoliennes. De plus, la commission a reçu Y mémoires défavorables contre Z favorables, et entendu de nombreuses craintes sur… etc.” En d’autres termes, le BAPE replacera le sondage dans un contexte plus large. Il pourrait également rappeler, en citant le guide du Ministère, que l’acceptabilité sociale ne se réduit pas à un pourcentageenvironnement.gouv.qc.ca. Si le sondage est l’unique élément mis de l’avant par TES pour démontrer l’acceptabilité, cela pourrait être jugé insuffisant par le BAPE.
Conflit de données : Imaginons que le sondage indique “60% favorables dans la MRC” alors que dans les audiences du BAPE, 80% des citoyens intervenus sont défavorables. Cette contradiction devra être analysée. Le BAPE pourrait conclure que le projet ne jouit pas d’un consensus social clair malgré un sondage favorable, en soulignant que la mobilisation active lors des audiences reflète une préoccupation intense d’une partie de la communauté que le sondage global ne rendait pas compte. Inversement, si le sondage montrait un fort rejet et que le BAPE constate lui aussi une opposition majoritaire lors des audiences, alors les deux sources se conforteraient, et le BAPE pourrait recommander de ne pas aller de l’avant tant que les préoccupations ne sont pas réglées.
Poids dans la décision finale : Le rapport du BAPE servira de base à la recommandation du ministre et à la décision du gouvernement. Le gouvernement pourra toujours dire : “Nous avons un sondage montrant que la population est favorable, donc nous allons de l’avant.” Mais s’il fait cela en ignorant un éventuel rapport du BAPE plus mitigé, il prendra un risque politique. Au Québec, de plus en plus, l’acceptabilité sociale est considérée comme nécessaire pour qu’un projet aboutisse. Cependant, faute de définition claire dans la loi, cela reste un critère politique plus que juridiqueiedm.org. Le sondage de la MRC, s’il est favorable, pourrait fournir un argument au promoteur et aux élus favorables (ex : “voyez, la majorité appuie le projet, les opposants ne sont qu’une minorité bruillante”). En revanche, si le sondage révèle une majorité contre le projet, il sera brandi par les opposants comme une preuve que le projet n’est pas acceptable socialement, et même la MRC aurait alors du mal à maintenir son appui. Dans l’article de presse, la préfète de Mékinac déclare d’ailleurs : “Si le résultat du sondage Léger devait démontrer une majorité claire de gens qui sont contre le projet, c’est l’acceptabilité sociale qui sera démontrée ou non”, ajoutant que ce sera “un indice supplémentaire à toutes les étapes jusqu’au BAPE” (lhebdomekinacdeschenaux.ca)(lhebdomekinacdeschenaux.ca). On comprend que la MRC elle-même compte utiliser le résultat comme un baromètre : en cas de rejet majoritaire, difficile pour elle de continuer à soutenir TES Canada; en cas de résultat mitigé ou favorable, elle aura un argument pour justifier sa collaboration. Ainsi, le poids du sondage dépendra en grande partie de son résultat et de sa concordance avec les autres indicateurs (pétitions, résolutions municipales, teneur des audiences BAPE).
Crédibilité devant le BAPE : Notons aussi que le BAPE valorise la qualité des arguments et la crédibilité des sources. Un sondage fait par une firme reconnue sera pris au sérieux, mais les commissaires peuvent en relativiser la portée s’ils estiment que la question posée n’intégrait pas tous les enjeux. Par exemple, la question référendaire de Saint-Maurice inclut « que ce soit le projet de TES Canada ou tout autre projet » d’éoliennes dans le secteur agricole (lhebdomekinacdeschenaux.ca), ce qui est assez englobant. Si le sondage MRC posait une question plus étroite (p.ex. sur “le projet de TES tel que proposé”), il pourrait y avoir des différences de réponses. Le BAPE pourrait recommander de ne pas trancher uniquement sur ce sondage mais d’approfondir la concertation. Il pourrait suggérer, par exemple, que le promoteur améliore son information publique, ou qu’un mécanisme de suivi avec la population soit mis en place, compte tenu du manque de consensus.
En résumé, le sondage consultatif de la MRC sera un élément d’information parmi d’autres dans le processus du BAPE. S’il est positif pour le projet, le promoteur et la MRC ne manqueront pas de s’en prévaloir, mais les instances d’examen (BAPE, ministre) vérifieront sa robustesse et tiendront compte également de la voix des citoyens exprimée directement lors des consultations officielles. S’il est négatif (majorité contre), il pourrait freiner le projet avant même le BAPE – la MRC et TES devront alors soit renoncer, soit modifier le projet pour tenter de rallier l’opinion. Dans tous les cas, le BAPE aura le dernier mot consultatif et le gouvernement la décision finale. Et ni l’un ni l’autre ne se baseront uniquement sur un sondage financé par le promoteur pour décider du sort du projet. Pour reprendre les termes du guide ministériel, le jugement d’acceptabilité sociale repose sur une multitude de facteurs (valeurs locales, impacts perçus, bénéfices économiques, etc.) et la démarche de consultation du promoteur elle-même sera évaluée, y compris ses lacunes éventuelles (environnement.gouv.qc.ca) (environnement.gouv.qc.ca). Ainsi, si ce sondage est perçu comme une manœuvre plutôt qu’une véritable écoute, il pourrait se retourner contre le promoteur en soulignant justement les lacunes de sa démarche de participation publique.
Bonnes pratiques de participation publique : analyse critique de la démarche
À la lumière des constats précédents, il est utile de confronter la démarche de la MRC aux bonnes pratiques en matière de participation publique. Un certain nombre de principes sont reconnus par les experts et les instances publiques pour garantir des consultations de qualité. En voici quelques-uns, accompagnés d’une analyse critique de leur application (ou non-application) dans le cas présent :
Planification en amont et information du public : Une bonne consultation se prépare tôt et de manière continue. Idéalement, le dialogue avec les acteurs locaux aurait dû être entrepris dès le début du projet, avant même le dépôt officiel de l’étude d’impact (environnement.gouv.qc.ca)(environnement.gouv.qc.ca). Dans le cas du parc éolien, les citoyens dénoncent au contraire un manque d’information préalable (pas de séances publiques d’information indépendantes organisées par la MRC)(toujoursmaitrescheznous.com). Le sondage est arrivé tardivement, sous la pression citoyenne, ce qui lui donne un air de réaction défensive plutôt que de démarche proactive. Bonnes pratiques manquées : informer régulièrement, tenir des séances explicatives neutres, recueillir les préoccupations avant de sonder l’opinion.
Choix du moment approprié : On l’a vu, éviter les vacances pour consulter est recommandé (questions.assemblee-nationale.fr). De même, il convient d’éviter de précipiter une consultation à un moment suspect (ici à quelques mois des élections municipales, ce qui a aussi été critiqué (toujoursmaitrescheznous.com). Bonne pratique manquée : choisir un moment où la participation peut être maximale et où l’exercice ne sera pas entaché par d’autres enjeux (élections, vacances).
Ciblage des publics concernés : Les règles de l’art suggèrent d’identifier clairement les parties prenantes clés (communautés locales affectées, groupes d’intérêt, etc.) et de s’assurer qu’elles ont voix au chapitre. Ici, la consultation par sondage a englobé un public très large, au risque de noyer les premiers concernés. Bonne pratique partiellement manquée : il aurait été possible de prévoir des mécanismes spécifiques pour les communautés locales (par ex. des ateliers participatifs dans chaque municipalité touchée, en plus du sondage général). La pondération de l’échantillon est un pis-aller statistique, moins tangible qu’une vraie implication différenciée des parties.
Transparence et communication proactive : Une démarche participative doit être transparente sur ses objectifs, ses méthodes et ses commanditaires. Dans ce cas, la MRC a annoncé le sondage publiquement (via séance du conseil des maires et médias), mais sans grande précision sur les modalités. Surtout, le rôle du financement privé n’a pas été mis de l’avant dans la communication initiale (c’est par recoupement qu’on le comprend). Bonne pratique manquée : annoncer clairement qui organise et paie la consultation, pour éviter les perceptions de cachoteries. De plus, la question du sondage aurait pu être rendue publique à l’avance pour recueillir des suggestions ou au moins désamorcer les craintes de question biaisée – cela n’a pas été fait.
Indépendance et crédibilité : Lorsqu’il y a controverse, faire appel à une tierce partie neutre (facilitateur, observateur, comité consultatif) rehausse la crédibilité du processus. Ici, bien que la firme Léger soit tierce, elle opère sous mandat de la MRC, financé par TES – ce n’est donc pas une tierce partie perçue comme impartiale par tous. Bonne pratique manquée : on aurait pu par exemple demander au BAPE lui-même de tenir une consultation ciblée (nouveau format plus souple prévu dans la LQE (legisquebec.gouv.qc.ca) en amont de l’audience, ou confier la consultation à un organisme reconnu (OCPM de Montréal, Institut du Nouveau Monde, etc.). Cela aurait coûté du temps et de l’argent, certes, mais aurait sans doute produit un résultat plus solide et accepté.
Rétroaction et engagement : Une consultation ne doit pas être un coup isolé. Il faut prévoir de faire un retour aux participants sur ce qui a été dit et sur la suite donnée. Dans le cas d’un sondage, cela signifie publier les résultats intégralement et expliquer comment ils seront utilisés. La MRC a indiqué que le résultat servira d’« indice » pour la suite du processuslhebdomekinacdeschenaux.ca. Reste à voir si elle publiera un rapport détaillé, si elle consultera à nouveau la population après modifications du projet, etc. Bonne pratique à suivre : la MRC devrait s’engager à diffuser publiquement les données du sondage (y compris les résultats par sous-groupes), à les présenter dans chacune des municipalités, et à préciser comment elles orienteront sa position au BAPE. Cet engagement clair n’a pas encore été formulé.
En somme, l’initiative de la MRC s’écarte sur plusieurs points des standards de participation publique exemplaire. Elle paraît réactive, non concertée, peu transparente, alors qu’elle aurait gagné à être proactive, inclusive et transparente. Cette critique ne signifie pas que le sondage soit inutile ou entièrement mal fait, mais qu’il n’incarne pas pleinement les principes de la démocratie participative moderne que l’on attend autour de projets d’impact majeur.
Checklist à l’intention des élus municipaux
Pour conclure, voici une liste de vérification (checklist) de points d’attention et de bonnes pratiques que les élus municipaux devraient garder en tête lorsqu’ils envisagent une consultation publique (sondage, assemblée ou autre) sur un projet controversé :
✔️ Définir clairement l’objectif de la consultation : S’agit-il d’informer, de sonder l’opinion, de co-construire des solutions ? Annoncer la couleur dès le départ aide à choisir le bon outil et à être transparent envers le public.
✔️ Choisir le bon moment : Éviter les périodes de faible disponibilité citoyenne (vacances d’été ou fêtes)questions.assemblee-nationale.fr. Lancer la consultation suffisamment tôt dans le processus pour que l’opinion recueillie puisse influencer le projet (et ne pas donner l’impression que “tout est déjà joué”).
✔️ Cibler les bonnes populations : Identifier les communautés les plus affectées et s’assurer qu’elles puissent s’exprimer spécifiquement. Si un sondage couvre un territoire large, prévoir des sous-échantillons ou analyses par zone pour distinguer les niveaux d’appui selon la proximité du projet.
✔️ Garantir la neutralité financière et organisationnelle : « Qui organise/paye ? » – Idéalement, la municipalité elle-même doit financer ou solliciter un financement public. Si une contribution privée est acceptée, la rendre publique et veiller à ce qu’elle n’oriente pas la démarche. Envisager de confier la consultation à un organisme neutre ou d’inviter des observateurs indépendants.
✔️ Élaborer des questions claires, concises et impartiales : Tester la question du sondage ou du référendum auprès de personnes neutres pour s’assurer qu’elle n’induit pas de réponse. Inclure éventuellement une section pour commentaires libres afin de recueillir des nuances.
✔️ Assurer la transparence du processus : Expliquer comment le sondage sera réalisé (échantillonnage, méthode), qui possède les données, comment la confidentialité est garantie. Après la consultation, publier les résultats complets (y compris les taux de participation, marges d’erreur, etc.) et la méthodologie employée.
✔️ Communiquer et sensibiliser : Avant de sonder ou de faire voter, fournir au public de l’information équilibrée sur le projet. Par exemple, diffuser un document neutre présentant les avantages et inconvénients potentiels, afin que l’opinion se forme sur une base éclairée. Une consultation est plus valable si les citoyens sont informés des enjeux.
✔️ Éviter la précipitation : Ne pas donner l’impression de forcer la consultation dans un calendrier serré pour “cocher la case”. Au besoin, prolonger la période de consultation (par ex. laisser le sondage ouvert plus longtemps ou tenir plusieurs séances) afin d’obtenir une participation adéquate.
✔️ Respecter l’indépendance des citoyens : S’abstenir de campagnes de promotion du projet pendant la période de consultation. Ne pas chercher à influencer les répondants (par ex. via des appels automatisés partisans). Séparer strictement la démarche participative de la promotion du projet.
✔️ Écouter et donner suite : S’engager publiquement à prendre en considération les résultats, et expliquer comment ils seront utilisés dans la décision finale ou les recommandations au promoteur. Par exemple : « Si une majorité claire s’oppose, nous demanderons au promoteur de revoir sa copie », ou « Si le projet va de l’avant malgré l’opposition, voici les mesures d’accompagnement envisagées… ». Les citoyens doivent sentir que leur voix compte réellement.
✔️ Documenter la démarche : Conserver un dossier détaillé de la consultation (avis publics, matériel d’information, données brutes du sondage, etc.) pour être en mesure de répondre à toute question du public ou d’une instance (ex. le BAPE) sur la fiabilité du processus. Cette traçabilité fait partie de la reddition de comptes.
En suivant cette checklist, les élus accroissent la légitimité de leurs consultations et renforcent la confiance des citoyens dans le processus décisionnel. Dans le cas présent, nombre de ces points n’ont pas été pleinement respectés, ce qui explique en grande partie la contestation entourant le sondage sur le parc éolien.
Conclusion
Sur le plan légal, le sondage consultatif lancé par la MRC ne contrevient à aucune loi du Québec : la MRC dispose de la compétence et de la liberté d’interroger sa population sur un enjeu environnemental régional, même si le projet est d’initiative privéelegisquebec.gouv.qc.ca. Aucun texte n’empêche non plus une municipalité d’accepter le soutien financier d’une entreprise pour réaliser une telle consultation, tant que le tout est entériné conformément aux règles municipales. Cependant, la légalité ne garantit pas la légitimité.
Sur le plan de la légitimité démocratique et de l’éthique, des doutes sérieux subsistent. Le choix de la période estivale et de la portée géographique maximale apparaissent comme des stratégies qui pourraient biaiser le résultat en faveur du promoteur, ce qui est contraire à l’esprit d’une consultation sincère. Le recours à un financement privé, sans mesures d’indépendance fortes, crée une apparence de conflit d’intérêts qui mine la confiance du public dans l’exercice. De plus, les résultats d’un sondage, même professionnel, ne sauraient à eux seuls “prouver” l’acceptabilité sociale d’un projet aussi important – d’autant que ce concept revêt une dimension qualitative que les pourcentages ne capturent pasenvironnement.gouv.qc.ca. Les lois et règlements encadrant les consultations officielles (LAU pour l’urbanisme, LQE pour le BAPE) visent à assurer la transparence, l’impartialité et la participation effective des citoyens, principes avec lesquels la démarche de la MRC a pris quelques libertés.
En définitive, la MRC était dans son droit d’organiser ce sondage, mais la manière dont cela a été fait pourrait être jugée maladroite voire manipulatoire. Il existe un risque que ce sondage soit peu considéré dans le cadre du BAPE, voire qu’il devienne un objet de discorde supplémentaire lors des audiences publiques, servant d’exemple de “fausse bonne consultation”. À l’inverse, si la démarche avait suivi les bonnes pratiques de participation dès le départ, elle aurait pu être un outil constructif pour ajuster le projet et rapprocher les positions.
Pour la suite, tout n’est pas perdu : le processus du BAPE offre un cadre neutre où toutes les voix seront entendues. C’est là que se jouera véritablement la question de l’acceptabilité sociale, au travers des arguments échangés publiquement et contradictoirement. Le sondage de la MRC ne sera qu’un élément du puzzle, à considérer avec le recul nécessaire. Comme le souligne la jurisprudence participative québécoise, la clé d’un projet accepté, c’est la confiance et la crédibilité du processus de décisionenvironnement.gouv.qc.ca. Il appartient désormais à la MRC et au promoteur de regagner cette confiance en faisant preuve de transparence et d’ouverture dans les étapes restantes, et aux citoyens de continuer à s’impliquer activement pour que leur opinion, quelle qu’elle soit, soit prise en compte de manière juste et équilibrée.
Sources : Loi sur les compétences municipales (C-47.1); Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (A-19.1); Loi sur la qualité de l’environnement (Q-2); Règles de l’art en consultation publique (gouvernementales et OCPM); Article de L’Hebdo Mékinac Des Chenaux du 11 juillet 2025lhebdomekinacdeschenaux.calhebdomekinacdeschenaux.ca; Guide ministériel « L’information et la consultation du public – procédure d’évaluation environnementale »environnement.gouv.qc.caenvironnement.gouv.qc.ca; Fiches gouvernementales sur la participation publique en urbanismecdn-contenu.quebec.cacdn-contenu.quebec.ca; Site du collectif Toujours Maîtres chez nous (lettres d’opinion et communiqués)toujoursmaitrescheznous.comtoujoursmaitrescheznous.com; ainsi que diverses normes et recommandations en matière de consultation (Assemblée nationale de France – enquêtes publiquesquestions.assemblee-nationale.fr, etc.). Toutes les références légales et documentaires sont citées dans le texte ci-dessus.
Mékinac : Une consultation téléguidée pour faire taire l’opposition ?
Mékinac, 22 juillet 2025 — Le masque tombe : sous couvert d’un sondage public, la MRC de Mékinac orchestre une opération de relations publiques financée par le promoteur TES Canada pour légitimer un projet de parc éolien controversé. Réalisée en plein mois d’août et diluée sur l’ensemble du territoire régional, cette pseudo-consultation est dénoncée comme une manœuvre destinée à museler l’opposition citoyenne.
Un sondage biaisé, une population manipulée
Lancer un sondage en pleine période estivale, alors que de nombreux citoyens sont en vacances, constitue une stratégie classique pour limiter la participation. Pire encore : interroger toute la population de la MRC, y compris les municipalités non touchées par les éoliennes, permet de noyer l’avis des communautés directement concernées. Ce procédé est dénoncé par plusieurs groupes citoyens comme une tentative flagrante d’étouffer les voix locales.
Quand le promoteur paie pour se faire valider…
Que penser d’un sondage financé à 100 % par le promoteur lui-même ? Même si la MRC s’en défend, l’indépendance de la démarche est compromise dès lors que l’initiative repose sur les fonds d’un acteur intéressé. C’est un cas d’école en matière d’apparence de conflit d’intérêts. Qui décide de la méthodologie, des questions, des pondérations ? TES Canada ? La MRC, partenaire économique du projet ? Le public, lui, est tenu à l’écart.
Bien que légal, ce financement mine l’apparence d’impartialité de la démarche et alimente la méfiance des citoyens. La MRC, qui a également signé une entente-cadre avec TES, se retrouve dans une position ambiguë entre partenaire économique et arbitre de l’acceptabilité sociale.
Sondage orienté, référendum refusé : un choix politique clair
« Un sondage peut être orienté. Un référendum, non », rappelle le collectif Toujours Maîtres chez nous. Refusant d’organiser un véritable référendum dans les municipalités concernées – pourtant légalement possible – la MRC a préféré un sondage opaque, rapide et commandité. C’est une manière de contourner le débat démocratique et de fabriquer un semblant de consensus.
Si la firme Léger est réputée, le manqué de transparence sur la formulation des questions, la pondération des questions et l’échantillonnage soulève des craintes sur une possible manipulation des résultats.
Le BAPE ne sera pas dupe
Alors que le projet sera bientôt soumis à l’examen du BAPE, les citoyens appellent les commissaires à la vigilance. Ce sondage biaisé, mené dans des conditions douteuses, ne saurait faire office de baromètre de l’acceptabilité sociale. Seules les voix entendues publiquement, les arguments exposés et les mobilisations citoyennes doivent guider l’évaluation du projet.
Appel à une véritable consultation citoyenne
Le collectif Toujours Maîtres chez nous exige une consultation transparente, indépendante, ciblée sur les communautés affectées, et menée en dehors des périodes creuses. Toute autre approche est une insulte à la démocratie municipale. La population mérite mieux qu’un sondage payé par le promoteur. Elle mérite d’être écoutée – vraiment.
Aucune éolienne de TES Canada ne sera installée près de l’Église de Saint-Adelphe, mais ce montage qui respecte les tailles réelles de l’église et de l’éolienne illustre parfaitement l’impact d’une telle infrastructure dans un paysage.
TES Canada dans ses présentations minimise l’impact de ces structures géantes.
Les photos qui accompagnent ses études d’impacts sont d’une qualité exécrable. Tout est pensé en vue de réduire l’effet néfaste de la présence des éoliennes dans le paysage.
Avec les moyens dont il dispose, TES Canada aurait facilement pu modéliser en 3D chacune des éoliennes présentes sur le territoire de Saint-Adelphe et des autres municipalités impactées, offrant ainsi aux citoyens une vision réaliste et une perception exacte de son projet sur cet environnement.
Nous pouvons en conclure que TES Canada ne veut pas que les citoyens aient une véritable connaissance de la nature de son projet.
Projet éolien dans Lanaudière : des municipalités demandent un BAPE générique
Saint-Gabriel-de-Brandon, le 21 juillet 2025 – Des citoyens de L’Assomption ont appris récemment qu’un projet de parc éolien était envisagé dans Lanaudière. Cette annonce a été faite par le préfet de la MRC de L’Assomption, qui est aussi président de la table des préfets de Lanaudière et maire de L’Assomption, M. Sébastien Nadeau, lors de la rencontre des maires de la MRC le 25 juin dernier.
Cette annonce survient alors que plusieurs municipalités, dont plus d’une douzaine dans Lanaudière, ont fait parvenir au gouvernement la demande de la tenue d’un BAPE générique sur la filière éolienne afin d’évaluer correctement les enjeux environnementaux, sociaux et économiques cumulatifs des projets. Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a lui-même formulé cette recommandation en conclusion de plusieurs de ses rapports sur des projets éoliens (voir les conclusions des rapports 375, 385, 386et 388).
Malgré les demandes répétées, le gouvernement du Québec et l’ex-directeur d’Hydro-Québec, M. Michael Sabia, se sont toujours opposés à mener cet examen rigoureux de la filière éolienne, et cela en dépit des impacts négatifs très importants des projets éoliens dénoncés par de nombreux citoyens et experts.
Parmi les effets les plus nuisibles du développement éolien actuel mentionnons la dénationalisationde l’électricité et une crise tarifaire à venir sans précédent au Québec. Selon plusieurs experts, les tarifs d’électricités pourraient subir une hausse annuelle de 5,6 à 9% par an dès 2028, soit des hausses cumulatives de 65 à 75 % sur 11 ans. Selon l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), la perte de la rente éolienne pour Hydro Québec, due à la privatisation dans ce secteur, est estimée à entre 1,79 et 3,34 milliards à l’horizon de 2035.
Si ces profits étaient partagés 50-50 entre Hydro Québec et les MRC, les revenus de chaque partie devraient atteindre entre 910 millions$ et 1,70 milliard$ à l’horizon 2035. Ce qui est au moins 100 fois plus que ce qui est offert présentement aux municipalitésqui acceptent des éoliennes sur leur territoire en partenariat avec le privé. En laissant les compagnies privées accaparer la rente éolienne, ces profits seront vraisemblablement exportés vers des paradis fiscaux plutôt que d’enrichir le Québec.
De plus, chaque nouveau parc éolien augmente la charge financière d’Hydro-Québec Production qui doit assumer les frais pour l’intégration et l’équilibrage de la nouvelle électricité. Ce qui se chiffre en milliards de dollars. La société d’État est également obligée d’acheter cette électricité à prix fort (entre 10 à 12 ¢ au lieu des 2,79 ¢ le kilowattheure pour l’électricité patrimoniale). Le coût d’acquisition de l’énergie éolienne par Hydro-Québec est estimé à 22,2 milliards de dollars d’ici 2035. À cela doivent encore s’ajouter les frais d’Hydro-Québec pour l’entretien des infrastructures vieillissantes de son réseau. C’est ce qui a fait dire à plusieurs experts que lePlan d’actionde l’ex-PDG d’Hydro-Québec, qui vise à doubler la production d’électricité au Québec est un gouffre financier qui préfigure un appauvrissement inutile de la population, en plus d’être totalement irréaliste.
Les experts reconnaissent que le gouvernement met la charrue avant les bœufs en se lançant dans une production pharaonique d’électricité avant même d’avoir un agenda concret de décarbonation de notre économie. Le gouvernement considère la transition énergétique comme une « occasion d’affaires » et il attribue l’essentiel des nouveaux blocs d’énergie (que nous ne possédons pas encore) à des entreprises, souvent étrangères, qui ne contribuent pas à la réduction de notre dépendance au pétrole et au gaz. L’idée de transition énergétique sert donc de prétextepour un développement industriel qui favorise la mainmise du privé dans le marché nord-américain de l’électricité.
D’autres enjeux importants concernent la santédes populations qui doivent vivre avec les nuisances des tours éoliennes, dont le bruit, la perte des paysages et la baisse de valeur de leur propriété. Les conséquences sur l’environnement sont également très importantes, bien que banalisées par les promoteurs : fractionnement des corridors forestiers, destruction de milieux humides et d’habitats d’espèces menacées, mortalités d’animaux, perte de territoire agricole, alors que le Québec compte moins de 2 % de terres cultivables, etc.
Enfin, il faut encore mentionner les graves lacunes démocratiquesdans la manière dont les projets éoliens sont imposés aux populations. Les décisions sont prises derrière des portes closes par une poignée de décideurs qui sont parfois en situation de conflits d’intérêts. Plusieurs municipalités refusent de tenir des référendumsmalgré les pétitions adressées par leurs concitoyens. Des citoyens aux prises avec des projets éoliens témoignent du chaos social qui s’installe dans la communauté.
C’est dans ce contexte qu’une coalitions’est mobilisée pour demander unBAPE générique sur la filière éolienne. Les municipalités de Lanaudière qui ne l’ont pas déjà fait sont invitées à se joindre à ce mouvement pour un développement plus socialement acceptable de la filière éolienne au Québec.
– 30 –
Pour informations :
Odette Sarrazin
Coordonnatrice, région de Lanaudière, Regroupement vigilance énergie Québec.
En lisant le volume 1 de l’étude d’impact du projet de TES Canada, on voit que «les municipalités et les MRC sont des acteurs privilégiés pour assurer la compatibilité et l’intégration la plus harmonieuse possible du projet» (p.102).
Nos élus sont peut-être des acteurs privilégiés, toutefois il ne faut pas qu’ils oublient que leur rôle initial d’acteur leur a été fourni, permis par l’ensemble des citoyens. Le metteur en scène, c’est tout d’abord les citoyens. Ces derniers méritent d’être respectés, d’être écoutés quant à leurs demandes de référendums.
Le gouvernement a exigé des élus qu’ils ajustent leur règlementation afin que le projet de TES devienne conforme. Nos maires ont embrassé un nouveau rôle d’acteurs sans l’aval de leur premier metteur en scène, c’est-à-dire les citoyens qui les ont élus. Les citoyens sont passés de metteur en scène à un statut de figurant dont on restreint le pouvoir en refusant les débats et les référendums qui garantiraient un processus démocratique plus équitable dans cette affaire.
Plusieurs citoyens n’ont même pas eu la chance de postuler sur ce rôle de figurant, ils sont hors du circuit de la pièce de théâtre! Les villégiateurs propriétaires n’ont jamais reçu de documentation publicitaire comme celle que la MRC de Mékinac a fait parvenir aux citoyens permanents. Pourtant, plusieurs de ces citoyens possédant une propriété de villégiature pourraient avoir des éoliennes de 210m de haut à quelques centaines de mètres de leur résidence! Ils mériteraient d’être avisés de la même manière qu’on leur a fait parvenir un avis d’inscription pour les prochaines élections municipales.
Permettez-moi cette analogie: les acteurs-décideurs ne servent plus à rien si seulement une poignée de personnes se présentent à la représentation d’une pièce de théâtre. Les acteurs sont là pour une majorité, pas pour une minorité.
«777 personnes ont signé pour recevoir des infrastructures du projet sur leur lot» (p. 106 vol.1 EIE déposé par TES). Cela représente 2,4 % de la population des deux MRC impliquées dans le projet! Selon les informations de Toujours maîtres chez nous, c’est un total de 0,46 % des gens qui ont signé pour des éoliennes sur leur terre située sur le territoire des deux MRC. De ce pourcentage, plusieurs ne résident même pas dans la municipalité où seraient érigées les éoliennes industrielles. C’est inacceptable!
Cet infime pourcentage de citoyens deviendront des acteurs aux côtés des élus pour mettre en place ce projet? Peu d’acteurs, pas de théâtre, pas de projet!
Cet été, les municipalités devront adopter des résolutions pour transmettre leur recommandation à la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Elles auront à émettre leur avis sur le projet ainsi qu’à statuer sur la conformité au règlement de zonage ou le RCI le cas échéant.
J’aimerais rappeler aux décideurs, à TES et au gouvernement que la majorité des citoyens sont aussi des acteurs, voire les metteurs en scène de première ligne, et qu’ils ne sont pas de simples figurants devant demeurer dans l’ombre d’un parc éolien industriel. Tous les citoyens méritent d’être traités équitablement: en premier lieu l’adoption de distances séparatrices égales pour les citoyens qui vivent dans le périmètre urbain et ceux habitant en dehors des villages.
Nous ne consentons pas à ce rôle de figurant, nous ne consentons pas au rôle octroyé à nos élus par le gouvernement. Nous ne consentons pas à ce projet industriel qui pourrait redéfinir notre territoire rural, agricole et habité par 31 942 personnes. Nous ne consentons pas à ce que les Québécois enrichissent une compagnie majoritairement étrangère en payant des subventions de toutes sortes puis en payant à fort prix le rachat des surplus d’électricité qui seraient revendus à Hydro-Québec. (p.80 et p.106 vol. 1 ÉIE de TES).
TES Canada contribuera-t-il vraiment à la décarbonation du Québec?
On parle souvent de l’hydrogène comme d’un futur carburant « propre », capable de remplacer le pétrole, le gaz et le charbon. Beaucoup imaginent qu’en produisant de l’hydrogène avec de l’électricité renouvelable (comme l’éolien et le solaire), on pourrait enfin se débarrasser des énergies polluantes.
Mais c’est ignorer un problème majeur : l’hydrogène s’échappe très facilement dans l’air, à chaque étape où on le fabrique, le transporte, le stocke ou l’utilise. Ces petites fuites, mises bout à bout, représenteraient des millions de tonnes d’hydrogène perdues chaque année.
Pourquoi est-ce grave ? Parce que l’hydrogène libéré dans l’air contribue à réchauffer l’atmosphère. Il perturbe la manière dont la planète se débarrasse naturellement d’un autre gaz très puissant, le méthane. Normalement, l’atmosphère contient des « nettoyeurs » naturels (des radicaux hydroxyles) qui détruisent le méthane. Mais quand il y a beaucoup d’hydrogène, ces « nettoyeurs » sont occupés à traiter l’hydrogène, donc le méthane reste plus longtemps dans l’air. Résultat : plus de chaleur reste piégée dans l’atmosphère, et la Terre se réchauffe davantage.
Les scientifiques estiment qu’avec l’essor prévu de l’hydrogène, ces fuites pourraient équivaloir à presque 1,5 milliard de tonnes de CO₂ supplémentaire chaque année. C’est énorme : à titre de comparaison, toutes les activités humaines dans le monde dégagent environ 38 milliards de tonnes de CO₂ par an.
Alors qu’on nous présente l’hydrogène dit «vert» comme la solution miracle pour décarboner les secteurs les plus difficiles à électrifier (industrie lourde, aviation, transport maritime, camions longue distance), des études récentes montrent qu’une économie de l’hydrogène à grande échelle risquerait plutôt d’aggraver le réchauffement climatique.
En cause : les fuites d’hydrogène à toutes les étapes (production, stockage, transport, utilisation). L’hydrogène libéré dans l’atmosphère réagit avec les radicaux hydroxyles, ce qui réduit leur disponibilité. Ces radicaux jouent un rôle clé dans la dégradation du méthane. Leur raréfaction prolonge donc la durée de vie du méthane, qui est un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO₂ à court terme. L’hydrogène augmente aussi les concentrations d’ozone troposphérique et contribue à la vapeur d’eau stratosphérique, deux autres facteurs de réchauffement.
Une étude du projet européen HYDRA, publiée par le Politecnico di Torino, a quantifié ces impacts : d’ici 2050, les fuites d’hydrogène pourraient atteindre entre 22 et 45,3 millions de tonnes par an selon les scénarios. En utilisant le potentiel de réchauffement global sur 20 ans (GWP20) de l’hydrogène estimé à 33, cela équivaut à 726 millions à près de 1,5 milliard de tonnes de CO₂ équivalent chaque année — un volume colossal, comparable à plusieurs pourcents des émissions mondiales actuelles (38 milliards de tonnes de CO₂).
Les taux de fuite varient selon les maillons de la chaîne :
Production par électrolyse : moyenne 4 % (jusqu’à 9,2 %)
Reformage du méthane (SMR) : 0,75 %
Liquéfaction : moyenne 4,4 % (jusqu’à 10 %)
Transport par pipeline : environ 1 % (jusqu’à 5 %)
Transport liquide par camion : 5,3 % en moyenne (jusqu’à 13,2 %)
Stations de ravitaillement : en moyenne 6,3 % (jusqu’à 15 %)
Applications industrielles : autour de 0,36 %
Ainsi, même si chaque étape semble relativement contenue, l’addition des fuites tout au long des chaînes d’approvisionnement rend l’impact global très préoccupant.
Les scénarios de 2050 prévoient des fuites massives : selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), environ 22 millions de tonnes/an, selon le Conseil de l’hydrogène 45,3 millions de tonnes/an, soit jusqu’à 1,5 milliard de tonnes de CO₂e/an en termes de réchauffement à court terme. Cela mine considérablement l’argument climatique d’une économie de l’hydrogène étendue.
La meilleure approche est d’éviter l’hydrogène partout où c’est possible comme vecteur énergétique. Il faudrait plutôt réserver son usage strictement aux applications industrielles qui n’ont pas d’alternative technique (par exemple la production d’ammoniac ou l’acier par réduction directe), le produire sur place et l’utiliser immédiatement, limitant ainsi la chaîne logistique et donc les fuites.
L’article plaide pour prioriser l’électrification directe et les procédés biologiques, et renforcer les réglementations pour restreindre l’usage de l’hydrogène aux cas essentiels, au lieu de promouvoir un déploiement massif.
L’hydrogène n’est pas la réponse :
0,7 à 1,5 milliard de tonnes de CO2 en feraient une responsabilité climatique
– CleanTechnica
HydrogenIsn’t
The Answer: 0.7-1.5 Billion Tons CO2e WouldMake It A ClimateLiability – CleanTechnica
L’hydrogène est souvent présenté comme la
solution énergétique propre capable de décarboner
les secteurs les plus délicats, notamment l’industrie lourde, l’aviation, le
transport maritime et le camionnage long-courrier. Pourtant, de plus en plus
de preuves montrent clairement qu’une économie de l’hydrogène, à grande
échelle, entraînerait un revers majeur pour les objectifs climatiques
mondiaux plutôt que de contribuer à leur réalisation. Les chiffres les plus
récents suggèrent entre 726 millions et près de 1,5 milliard de tonnes
d’émissions d’équivalent CO2 chaque année.
Hydrogenisoftenpresented as the clean-energy
solution capable of decarbonizing the trickiestsectors, includingheavyindustry, aviation, maritime shipping, and long-haultrucking. Yet, a growing body of evidencemakesitclearthatahydrogeneconomy, at scale, woulddeliver a major setback to global climate goals
ratherthanhelpingachievethem. The mostrecentnumberssuggestbetween 726 million and
nearly 1.5 billion tons of CO2-equivalent emissionseveryyear.
J’aurais aimé inventer cela, mais l’UE a
financé un projet appelé HYDRA qui semble être un homologue peut-être moins
maléfique de la domination mondiale de l’univers Marvel qui complote une
organisation Hydra maléfique. Cet HYDRA réel,
abréviation de HydrogenEconomyBenefits and Risks, est
un effort de quatre ans, €4,48 millions, qui vise à cartographier exactement
comment les fuites d’hydrogène à chaque étape de la production, du transport,
du stockage et de l’utilisation pourraient constituer un problème. menace
climatique grave. Tout comme son homonyme de bande dessinée qui fait germer
de nombreuses têtes, ce projet comporte de multiples volets : modélisation
avancée de l’impact de l’hydrogène sur la chimie atmosphérique et le forçage
radiatif, développement d’outils de surveillance de nouvelle génération pour
détecter les fuites, évaluations du cycle de vie qui incluent l’eau et les
compromis en matière d’utilisation des terres, et des notes d’orientation
visant à contrôler le déploiement de l’hydrogène.
I wish I weremakingthis
up, but the EU has funded a projectcalled HYDRA thatseemslike a perhapslessevilcounterpart to the Marvel Universe’s world domination plottingevil Hydra organization.
This real-world HYDRA, short for HydrogenEconomyBenefits and Risks, is a four-year, €4.48 million effort thataims to map out exactly how hydrogenleaks at every stage of
production, transport, storage, and use couldadd up to a seriousclimatethreat. Just likeitscomic-book namesakethatsproutsmanyheads, thisproject
has multiple strands: advancedmodeling of hydrogen’s
impact on atmosphericchemistry
and radiative forcing, development of next-generation monitoring tools
to sniff out leaks, life-cycle assessmentsthatinclude water and
land use trade-offs, and policybriefsaimed at keepinghydrogendeployment in check.
UN étude
évaluée par des pairs par le
partenaire du projet HYDRA Politecnico di Torino
récemment publié dans le Journal international de l’énergie hydrogène fournit
une analyse détaillée des fuites d’hydrogène sur l’ensemble de la chaîne
d’approvisionnement en hydrogène et quantifie leurs impacts climatiques
potentiels. Les chiffres présentés donnent à réfléchir : d’ici 2050, les
fuites d’hydrogène pourraient atteindre un chiffre stupéfiant de 22 millions
de tonnes par an dans des scénarios conservateurs, et jusqu’à 45,3 millions
de tonnes par an dans des prévisions plus vastes
A peer-reviewed
study by the HYDRA project’spartnerPolitecnico di Torino recentlypublished in the International
Journal of HydrogenEnergyprovides a detailedanalysis of hydrogenleakagesacross the entirehydrogensupplychain and quantifies theirpotentialclimate impacts. The numberspresented are sobering: by
2050, hydrogenleakscouldreach a staggering 22 million tons per year
in conservative scenarios, and as much as 45.3
million tons annually in more expansive forecasts
Lorsqu’il est converti aux impacts
climatiques à court terme en utilisant le potentiel de réchauffement
climatique plus approprié sur 20 ans (PRG20), cela se traduit par entre 726
millions et près de 1,5 milliard de tonnes d’émissions équivalentes de CO2
chaque année. Ces chiffres sont bien trop importants pour être ignorés et
érodent considérablement les prétendus avantages climatiques d’une stratégie
axée sur l’hydrogène.
Whenconverted to short-termclimate impacts using the more appropriate
Global WarmingPotential
over 20 years (GWP20), this
translates to between 726 million and nearly 1.5 billion tons of CO2-equivalent emissionseveryyear. Thesenumbers
are far too large to ignore, and substantiallyerode the supposedclimatebenefits of a hydrogen-focusedstrategy.
Pour le meilleur ou pour le pire, étant
donné l’absence d’avenir de l’hydrogène comme vecteur énergétique, la revue a
un facteur d’impact de 8,1, ce qui est assez élevé. C’est révélateur du degré
de battage médiatique de l’hydrogène. Attendez-vous à ce que le facteur
d’impact du journal étroit chute précipitamment à mesure que la bulle du
battage médiatique de l’hydrogène continue d’imploser. Certes, des études
comme celle-ci mettent un million d’épingles pointues dans la bulle.
For better or worse, given the lack of a future of hydrogen as
an energy carrier, the journal has an impact factor
of 8.1, whichisquite high. That’s indicative
of the degree of hydrogenhype. Expect the narrowjournal’s impact factor
to drop precipitously as the hydrogenhypebubble continues to implode. Certainlystudieslikethis one put a million sharp pins in the bubble.
La raison hydrogène les fuites
sont des mensonges si conséquents dans les effets indirects de l’hydrogène
sur les gaz à effet de serre. Une fois libéré, l’hydrogène interagit avec les
radicaux hydroxyles dans l’atmosphère, ce qui réduit leur disponibilité.
Parce que les radicaux hydroxyles jouent un rôle essentiel dans la
dégradation du méthane, leur épuisement prolonge la durée de vie du méthane
dans l’atmosphère. En outre, l’hydrogène augmente également les
concentrations d’ozone troposphérique et contribue à la vapeur d’eau dans la
stratosphère, qui ont toutes deux des effets de
réchauffement.
The reasonhydrogenleakages are soconsequential lies in hydrogen’s
indirect greenhousegaseffects. Once released, hydrogeninteractswithhydroxylradicals in the atmosphere, whichreducestheiravailability. Becausehydroxylradicalsplay a criticalrole in breaking down methane, theirdepletionextendsmethane’slifetime in the atmosphere. In
addition, hydrogenalsoincreases concentrations of tropospheric
ozone and contributes water vapor
to the stratosphere, both
of which have warmingeffects.
.
L’étude GWP la plus récente estime le GWP20
de l’hydrogène à environ 33, ce qui signifie qu’une tonne d’hydrogène en
fuite a l’effet de
réchauffement à court terme de 33 tonnes de CO2. Considérant que le méthane
lui-même a un PRG20 élevé d’environ 84, prolonger sa durée de vie amplifie
considérablement le risque climatique associé aux fuites d’hydrogène. Le
GWP20 de l’hydrogène est en légère baisse par rapport à l’étude de 2023 qui
en a trouvé 37, avec la nouvelle approche de modélisation incluant davantage
de variables atmosphériques.
The mostrecent GWP studyestimateshydrogen’s GWP20 at around 33, meaning one ton of leakedhydrogen has the short-termwarmingeffect of 33 tons of CO2. Consideringthatmethaneitself has a high GWP20 of around
84, extendingitslifetimesignificantly
amplifies the climateriskassociatedwithhydrogenleaks. The GWP20 of hydrogenis down slightlyfrom the 2023 studythatfound
37, with the new modelingapproachthatincluded more atmospheric
variables
Tableau des taux de fuite de l’étude par
auteur
Table of leakage
rates fromstudy by author
SUPPLY CHAIN STAGE
AVERAGE
LEAKAGE RATE
(%)
LEAKAGE RANGE
(%)
Electrolysis (Production)
4,0
0,03-9.2
SMR (Production)
0,75
0.5-1.0
SMR +ecus
(ProductiOn)
0,73
0.1-1.5
üquefaction(Handhng)
4,4
0.15-10.0
Compressed Storage
4,6
2.8-6.5
üquid Storage
0,3
0.05-1.0
TransmisSIOn P1peltnes
1,09
0.02-5.0
Distrlbutton P1pehnes
0,83
0.0003-S.O
Compressed H,Trudc Transport
1,04
03-2,3
LiquidH,Truck
Transport
5,3
2.5-13.2
lndusuy End-use
0,36
0.2-0.5
Refueling (Compressed H,)
0,6
0.25-3.0
Refueling (Liquld H,)
6,3
2.0-15.0
FuelCellVehlcles
1,6
0.56-2.64
Aviation & Shipplng
1,7
1.0-3.0
Residential
0,65
0.3-0.8
Power Generation(Fuel Celi)
1,3
0.56-2.64
Power Generation(Othermethods)
2,3
0.01-3.0
TotalSupply Chain(Average)
-5,00%
1.3-20 %
Selon l’étude Politecnico
di Torino, menée par Trapani et ses collègues, les taux de fuite d’hydrogène
varient considérablement tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Dès
la production, l’électrolyse, largement présentée comme la future épine
dorsale de l’hydrogène vert, est particulièrement problématique. Les installations
d’électrolyse ont des taux de fuite moyens d’environ 4,0 %, bien que les
valeurs réelles varient globalement d’un taux négligeable de 0,03 % à un taux
inquiétant de 9,2 %.
According to the Politecnico di Torino study, conducted by Trapani and
colleagues, hydrogenleakage rates varywidelyacross the supplychain. Starting at production, electrolysis,
widelytouted as the
future backbone of green hydrogen,
isnotablyproblematic. Electrolysisfacilities have leakage rates averagingaround 4.0%, though real-world values range broadlyfrom a negligible 0.03%
to a troubling 9.2%.
Le reformage conventionnel du méthane à la
vapeur (SMR) présente des taux de fuite moyens d’environ 0,75 %, tandis que
le SMR combiné au captage et au stockage du carbone est similaire à environ
0,73 %. Cette découverte signifie que l’électrolyse, généralement
commercialisée comme la voie de production la plus propre, peut en fait
introduire des risques climatiques plus importants en raison de ses taux de
fuite plus élevés.
Conventionalsteammethane
reforming (SMR) shows averageleakage
rates of about 0.75%, while SMR combinedwithcarbon capture and storageissimilar
at about 0.73%. This findingmeanselectrolysis, usuallymarketed as the cleanest
production route, mayactuallyintroducegreaterclimaterisks due to itshigherleakage
rates.
Il ne s’agit d’ailleurs pas de donner
l’impression que l’hydrogène noir, gris ou bleu est saint. Entre les fuites
de méthane en amont, le glissement du méthane lors de la reformation et la
création de CO2 lors de la reformation, l’hydrogène noir et gris présente
d’énormes problèmes de gaz à effet de serre. L’hydrogène bleu ne permet
généralement de capter que 80 à 90 % des émissions de CO2 lorsque tout fonctionne
bien et est surveillé, ce qui est visiblement absent de la plupart des
efforts de captage du carbone. Et puis il y a le reste de la chaîne de
valeur.
This is not to make black, gray, or bluehydrogenseemsaintly, by the way. Betweenupstreammethaneleakages, methaneslippageduring reformation, and CO2 creationduring reformation, black and gray hydrogen have massive greenhousegasproblems. Blue hydrogentypicallyonlysees the capture of 80% to
90% of CO2 emissionswheneverythingisworkingwell and beingmonitored, somethingconspicuously absent
in mostcarbon capture
efforts. And thenthere’s
the rest of the value chain.
Il ne s’agit d’ailleurs pas de donner
l’impression que l’hydrogène noir, gris ou bleu est saint. Entre les fuites
de méthane en amont, le glissement du méthane lors de la reformation et la
création de CO2 lors de la reformation, l’hydrogène noir et gris présente
d’énormes problèmes de gaz à effet de serre. L’hydrogène bleu ne permet
généralement de capter que 80 à 90 % des émissions de CO2 lorsque tout fonctionne
bien et est surveillé, ce qui est visiblement absent de la plupart des
efforts de captage du carbone. Et puis il y a le reste de la chaîne de
valeur.
This is not to make black, gray, or bluehydrogenseemsaintly, by the way. Betweenupstreammethaneleakages, methaneslippageduring reformation, and CO2 creationduring reformation, black and gray hydrogen have massive greenhousegasproblems. Blue hydrogentypicallyonlysees the capture of 80% to
90% of CO2 emissionswheneverythingisworkingwell and beingmonitored, somethingconspicuously absent
in mostcarbon capture
efforts. And thenthere’s
the rest of the value chain.
Les fuites lors de la manipulation et du
stockage de l’hydrogène méritent également de sérieuses inquiétudes,
notamment dans les processus impliquant de l’hydrogène liquide. La
liquéfaction de l’hydrogène est une étape particulièrement gênante, avec des
taux de fuite moyens d’environ 4,4 %, avec des extrêmes allant jusqu’à 10 %.
En revanche, les systèmes de stockage d’hydrogène comprimé présentent des
taux de fuite les plus défavorables, généralement inférieurs à 6,5 %, en
fonction de la pression et de la durée de stockage. Malgré cela, ces fuites
sont loin d’être négligeables, compte tenu de l’ampleur du stockage de
l’hydrogène prévu dans les chaînes d’approvisionnement à grande échelle.
Leakagesduringhydrogen
handling and storagealsomeritseriousconcern, especially in processesinvolvingliquidhydrogen. Hydrogenliquefactionis a particularlytroublesomestep, averagingleakage rates of around 4.4%, withextremes up to 10%. By contrast,
compressedhydrogenstoragesystemsexhibitlowerworst case leakage rates, typicallybelow 6.5%, depending on pressure and storage
duration. Evenso, theseleakages are far fromnegligible, given the scale of hydrogenstorageanticipated in large-scalesupplychains.
Le transport de l’hydrogène, souvent négligé
comme point de fuite important, apparaît comme un autre sujet de
préoccupation. Les pipelines de transport, épine dorsale proposée pour le
transport de l’hydrogène à grande échelle, connaissent des taux de fuite
moyens d’environ 1,09 %, bien que ceux-ci puissent varier considérablement,
approchant parfois les 5 %. Les pipelines de distribution présentent des
caractéristiques similaires, avec une moyenne d’environ 0,83 %. Le transport
par camion soulève encore plus de signaux d’alarme, en particulier lors de
l’utilisation d’hydrogène liquide, où les fuites sont en moyenne d’environ
5,3 % mais peuvent atteindre 13,2 %. L’hydrogène comprimé transporté par des
remorques à tubes fonctionne légèrement mieux mais souffre toujours de fuites
d’environ 1,04 % en moyenne. Ces défis logistiques compliquent
considérablement les efforts visant à gérer l’hydrogène de manière sûre et
efficace à l’échelle requise par de nombreux scénarios mondiaux sur
l’hydrogène.
Transportation of hydrogen,
oftenoverlooked as a significantleakage point, emerges as another area of concern. Transmission pipelines, the proposedbackbone for transportinghydrogen at scale, experienceaverageleakage rates of around 1.09%, althoughthesecanvarysignificantly,
occasionallyapproaching
5%. Distribution pipelines show similarcharacteristics, averaging
about 0.83%. Transport by truck raiseseven more red flags, especiallywhenusingliquidhydrogen, whereleakagesaveragearound 5.3% but cansurge as high as 13.2%. Compressed hydrogentransported by tube trailersperformsslightlybetter but stillsuffersleakageaveragingaround 1.04%. Theselogistical challenges substantiallycomplicate
efforts to manage hydrogensafely
and effectively at the scalerequired by many global hydrogen scenarios.
Au stade de l’utilisation finale, les fuites
d’hydrogène persistent. Les applications industrielles, qui devraient être
les plus grands utilisateurs d’hydrogène, connaissent généralement des taux
de fuite en moyenne d’environ 0,36 %, avec une fourchette de 0,2 % à 0,5 %.
Bien qu’apparemment petit, le volume d’hydrogène consommé par des industries
telles que la sidérurgie et la chimie amplifie l’impact.
At the end-use stage, hydrogenleakagespersist. Industrial applications, projected
to be the largestusers of hydrogen, typicallyexperienceleakage rates averagingaround 0.36%, with a range of
0.2% to 0.5%. Whileseeminglysmall, the sheer volume
of hydrogenconsumed by
industries such as steelmaking
and chemicals magnifies the impact.
Plus troublantes sont les opérations de
ravitaillement, impliquant notamment des stations d’hydrogène liquide, où les
taux de fuite moyens s’élèvent à 6,3 %, atteignant jusqu’à 15 % lors des
transferts. Les véhicules à pile à combustible, souvent présentés comme
l’avenir du transport routier lourd, ajoutent de nouvelles fuites dues au
stockage à bord et aux pertes opérationnelles, avec des taux de fuite
typiques compris entre 0,56 % et 2,64 %.
More troubling are
refuelingoperations, particularlyinvolvingliquidhydrogen stations, whereaverageleakage rates rise to 6.3%, reaching as high as 15% duringtransfers. Fuel cellvehicles, oftentouted as the future of heavy
road transport, addfurtherleakage due to onboardstorage and operationallosses, withtypicalleakage rates rangingbetween 0.56% and
2.64%.
En examinant les scénarios globaux de fuite
de la chaîne d’approvisionnement en hydrogène issus de l’étude HYDRA, le
tableau devient encore plus clair. Actuellement, en 2023, l’industrie
mondiale de l’hydrogène fuit environ 1,3 million de tonnes par an, ce qui
représente environ 1,3 % de la consommation totale d’hydrogène. D’ici 2030,
ce taux de fuite atteindra environ 2,2 %, soit environ 3,2 millions de
tonnes.
Whenexamining the overallhydrogensupplychainleakage scenarios from the HYDRA study, the picturebecomesevenclearer. Currently, in 2023, the global hydrogenindustryleaksapproximately 1.3 million
tons annually, representingroughly 1.3% of total hydrogenconsumption. By 2030, thisleakage rate increases to
about 2.2%, representingaround
3.2 million tons
Mais d’ici 2050, alors que l’économie
proposée de l’hydrogène évolue considérablement, les chiffres deviennent
alarmants. Selon le scénario 2050 de l’Agence internationale de l’énergie,
les fuites annuelles d’hydrogène pourraient atteindre environ 22 millions de
tonnes, soit environ 5,5 % de l’hydrogène total traité. Les projections du
Conseil de l’hydrogène pour 2050 sont encore pires, estimant les fuites à
45,3 millions de tonnes par an, soit 6,9 %. Même le scénario relativement
conservateur de l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA)
prévoit des fuites de 24,4 millions de tonnes par an, soit environ 4,7 % de
l’hydrogène total traité.
But by 2050, as the proposedhydrogeneconomyscalesdramatically, the numbersbecomealarmingly high. Under the International EnergyAgency’s 2050 scenario, annualhydrogenleakagecouldrise to about 22 million tons, roughly
5.5% of total hydrogenhandled.
The HydrogenCouncil’s
2050 projections are evenworse,
estimatingleakages at
45.3 million tons per year, or 6.9%. Even the relatively
conservative International RenewableEnergy Agency (IRENA) scenario forecastsleakage of 24.4 million tons per year, roughly 4.7% of total hydrogenhandled.
Je ne suis que quelque peu sans surprise par
ces résultats. Les premiers articles sur diverses évaluations I documenté
il y a près d’un an j’ai clairement indiqué que l’hydrogène fuyait
environ 1 % ou plus sur chaque point de contact des chaînes de valeur, pour
une fuite globale de 5 à 10 % selon mon évaluation de l’époque. Ma surprise
est que c’est clairement pire que cela, les chaînes de valeur des transports
étant particulièrement difficiles à ramener à 10 %, et plus probablement dans
la fourchette de 15 à 20 %.
I’monlysomewhatunsurprised by theseresults. The earlypapers on variousassessments I documented
almost a year ago made itclearthathydrogenleaks about 1% or more on everytouch point of value chains,
for 5% to 10% leakageoverall
in myassessment at the
time. My surprise isthatit’sclearlyworsethanthat, with transportation value
chainsespeciallybeing hard to bring down to
10%, and more likely in the 15% to 20% range.
La conversion de ces scénarios de fuite de
2050 en impact climatique à court terme à l’aide du GWP20 révèle à quel point
ces impacts pourraient être graves. Selon le scénario de l’AIE, 22 millions
de tonnes d’hydrogène en fuite équivalent à environ 726 millions de tonnes
d’émissions équivalentes CO2 par an. Le scénario IRENA, avec 24,4 millions de
tonnes de fuite, produit environ 805 millions de tonnes d’équivalent CO2 par
an. Le scénario de l’Hydrogen Council est des plus
troublants, avec des fuites de 45,3 millions de tonnes se traduisant par près
de 1,5 milliard de tonnes d’émissions équivalentes à CO2 chaque année. Ces
chiffres sont suffisamment importants pour représenter des fractions
importantes des émissions mondiales actuelles de CO2, environ 38 milliards de
tonnes par an, ce qui porte gravement atteinte à la logique climatique qui
sous-tend l’utilisation expansive de l’hydrogène.
Convertingthese 2050 leakage
scenarios to short-termclimate
impact using GWP20 revealsjust how severethese impacts couldbe. Under the IEA’s scenario,
22 million tons of leakedhydrogenequates to approximately
726 million tons of CO2-equivalent emissions per year. The IRENA scenario, with
24.4 million tons leaked, yieldsaround 805 million tons of CO2-equivalent annually. The HydrogenCouncil’s scenario ismosttroubling, withleakage of 45.3 million
tons translatingintonearly 1.5 billion tons of CO2-equivalent emissionsevery single year. Thesenumbers
are large enough to representsignificant fractions of current
global CO2 emissions, roughlyaround 38 billion tons per year,
severelyundermining the climaterationalebhind expansive hydrogen use.
Compte tenu de l’ampleur de ces fuites, la
leçon claire est que l’hydrogène doit être évité autant que possible en tant
que vecteur énergétique. Au lieu de cela, l’hydrogène ne devrait être produit
que là où il est absolument nécessaire, utilisé immédiatement au point de
production et traité tout au long de la chaîne de valeur la plus courte
possible. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui, et ce doit être
exactement ce qui se passera à l’avenir.
Given the magnitude of theseleakages, the clearlessonisthathydrogenshouldbeavoidedwherever
possible as an energy carrier. Instead,
hydrogenshouldbeproducedonlywhereitisabsolutelyrequired, usedimmediately at the point of production, and handledthrough the shortest possible value chain.
This isexactlywhathappenstoday, and it must beexactlywhathappens in the future.
Les technologies actuelles de détection de
l’hydrogène ont du mal à détecter de manière fiable des concentrations
inférieures à 30 parties par million, bien moins sensibles que nécessaire
pour détecter les fuites liées au climat. Plutôt que de compter sur des
investissements tels que les récents 20 millions de dollars alloués par les
États-Unis. Ministère de l’Énergie pour améliorer progressivement les
capacités de détection à des niveaux de parties par milliard, la stratégie la
plus intelligente consiste simplement à minimiser le rôle de l’hydrogène dans
les systèmes énergétiques. Les cadres réglementaires devraient renforcer
cette approche en limitant les applications de l’hydrogène strictement aux
utilisations essentielles, en exigeant des chaînes d’approvisionnement
courtes et simples et en garantissant une consommation locale immédiate.
Currenthydrogensensing
technologies struggle to reliablydetect concentrations below 30
parts per million, far less sensitive thannecessary to detectclimate-relevant leaks. Ratherthanrelying on investmentssuch as the recent $20 million allocated by
the U.S. Department of Energy
to incrementallyimprovedetectioncapabilities to
parts-per-billion levels, the smarterstrategyissimply to minimizehydrogen’srole in energysystems. Regulatoryframeworksshouldreinforcethisapproach by limitinghydrogen applications strictly to essential uses, mandating
short and simple supplychains,
and ensuringimmediate
local consumption.
Les preuves fournies par l’étude HYDRA
devraient inciter les décideurs politiques et les leaders de l’industrie à
réévaluer de manière critique le rôle de l’hydrogène dans les transitions
énergétiques. Hydrogène
vert[TRADUCTION] ?, malgré son rôle nécessaire
pour déplacer l’hydrogène noir et gris dans les processus industriels où il
n’y a pas d’alternative, comme l’ammoniac pour les engrais et les explosifs
miniers, n’est pas la solution climatique universelle souvent revendiquée.
The evidenceprovided by the HYDRA studyshould prompt policymakers and industry leaders to reassess
the role of hydrogen in energy transitions critically. Green hydrogen, despiteitsnecessaryrole to displace black and gray
hydrogen in industrialprocesseswherethereis no alternative, such as ammonia for fertilizers and mining
explosives, is not the universalclimate solution oftenclaimed.
La voie vers des solutions énergétiques
durables nécessite une évaluation lucide des risques et une communication
honnête sur leurs implications. Compte tenu des scénarios de fuite projetés,
les décideurs politiques qui envisagent l’hydrogène ont une raison
supplémentaire, au-delà des simples multiplicateurs de coûts qu’il apporte à
la fabrication de l’énergie et de l’acier, de cesser de le poursuivre et
d’orienter leur attention vers l’électrification directe et les processus
biologiques.
The road to sustainableenergy solutions requires
a clear-eyedevaluation
of risks and honest
communication about their implications. Given the leakage scenarios projected, policymakersconsideringhydrogen have yetanotherreason, beyond the sheercostmultipliersitbrings to energy and steelmaking, to stop pursuingit and direct their attention
to direct electrification and biologicalprocesses.