TES Canada : Des impacts collectifs certains

15 septembre 2025

Dernièrement les citoyens de Saint-Adelphe ont reçu un papier signé par le maire Paul Labranche. À première vue, ce papier semble empreint de neutralité. Mais on comprend vite, parce qu’il n’y est question que d’argent, que l’on a affaire à tout autre chose. En réalité il s’agit d’une brochure promotionnelle au service de TES Canada et probablement le premier signe d’une campagne électorale qui ne dit pas encore son nom.


Rappelons que le projet de TES Canada prévoit 44 éoliennes à Saint-Adelphe. Toutefois, sa demande à la Commission de la Protection du Territoire Agricole (CPTAQ) en mentionne 55.

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Les 11 supplémentaires seraient des emplacements optionnels selon le PDG de TES Canada. Mais faut-il vraiment le croire sur parole quand on sait que depuis novembre 2023 nous sommes passés de 10 à 19, éoliennes, puis à 33, puis à 44?

M. Labranche ne parle pas de la baisse de valeur des maisons, inévitable dans les secteurs touchés, de la perte d’attractivité résidentielle, des nuisances sonores, des impacts paysagers, des battements d’ombre générés par les éoliennes, des lumières clignotantes sur chacune d’elle.

Il ne dit rien du manque de connaissance réelle concernant les risques liés aux infrasons causés par les éoliennes, des effets indirects sur la santé – reconnus par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) –  engendrés par un bruit de 40 décibels comme nous l’annonce TES Canada. Il ne dit rien de la fragmentation du tissu sociale

Où sont les études indépendantes, les contre-avis d’experts concernant les nuisances potentielles, probables et celles avérées ? Nous n’avons que la parole de TES Canada qui nous affirme que tout est sous contrôle.

M. Labranche fait fi d’une pétition signée par plus de 50% de la population défavorable au projet de TES Canada. L’avis des citoyens compte-t-elle à ses yeux?

Ce que M. Labranche appelle un « gain » est en réalité du troc : l’échange de notre qualité de vie contre une promesse de financement.

La lettre du maire propose une longue liste de projets : bibliothèque, parc riverain, logements abordables, pistes cyclables, etc. De beaux mots. Mais derrière ces promesses : aucun budget détaillé, aucune priorisation, aucun calendrier, aucun engagement contraignant, aucun plan de réalisation, une confusion volontaire entre des besoins municipaux déjà finançables autrement et des projets rendus possibles grâce aux éoliennes.

Le maire instrumentalise les besoins collectifs pour faire passer un projet privé.

N’oublions pas que les redevances issues des projets éoliens ne mènent pas nécessairement à une amélioration durable de l’Indice de vitalité économique. Il serait donc prudent de ne pas fonder nos décisions sur cette seule promesse.

Artificialiser un milieu agro-forestier à coup de béton, réduire la biodiversité forestière pour faire place à des turbines, déstabiliser la cohésion sociale d’une petite communauté, perturber des écosystèmes, menacer des espèces en voie de disparition, déboiser massivement, risquer une réelle contamination des eaux, tant celle de la municipalité que celle des particuliers, etc.

Est-ce vraiment une opportunité exceptionnelle ou le pari hasardeux d’un joueur inconscient?

M. Labranche nous affirme que « La municipalité analysera avec rigueur l’ensemble des enjeux économiques, sociaux et environnementaux avant de prendre toute décision et ce, selon les lois et règlements en vigueur ». Ce qu’il ne vous dit pas c’est qu’il sera bientôt trop tard pour prendre une décision. En ne prenant aucune mesure depuis l’annonce du projet en novembre 2023, soit depuis plus de 20 mois, en laissant le champ libre à TES Canada sur l’ensemble du territoire, il est facile de comprendre que M. Labranche a déjà pris sa décision.

Orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT)

Contrairement à que le maire insinue dans sa missive, les municipalités conservent leur pouvoir de dire non à un projet nuisible à leur territoire. Les OGAT encouragent la transition énergétique, mais pas au détriment de la cohésion sociale, de la qualité de vie ou de la démocratie municipale. Les OGAT ne créent pas de droit automatique à l’implantation d’un projet éolien, pas plus qu’elles n’annulent les compétences municipales en matière de zonage, de réglementation, de consultation publique ou de protection du territoire agricole.

Contrairement à ce qu’affirme M. Labranche une municipalité peut formuler un avis défavorable à la CPTAQ concernant le dézonage agricole, elle peut protéger des secteurs de son territoire, elle peut limiter le nombre d’éoliennes, elle peut exiger que le bruit audible des décibels soit inférieur à 40 décibels, elle peut accroître les distances séparatrices entre les éoliennes et résidences des citoyens. Une municipalité peut beaucoup, mais M. Labranche ne fait rien parce qu’il est obnubilé par l’argent au point de ne plus écouter ses citoyens.

Le papier envoyé par M. Labranche n’est pas une lettre d’information : c’est un geste politique favorable à TES Canada.

Le devoir associé à sa fonction n’est pas de nous faire miroiter des redevances.

C’est de défendre notre territoire, d’exiger des garanties, de consulter réellement la population, et d’avoir l’humilité de dire : ce projet n’est pas bon pour nous.

La qualité de vie de notre communauté n’est pas à vendre.

Même pour 1,2 million.


Le collectif Vent de démocratie de Saint-Adelphe

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