Auteur/autrice : Gaston

  • Et si “suffire” était un acte de résistance?

    Et si “suffire” était un acte de résistance?

    Par Maxime Leclerc-Gingras

    Et si “suffire” était un acte de résistance?

    On nous parle de millions comme on jette de la poudre aux yeux.

    On voudrait nous faire croire que l’avenir s’achète, qu’un chèque vaut plus que les racines d’un lieu.

    Mais ici, ce n’est pas l’argent qui fait tenir les maisons debout.

    C’est la tendresse des liens.

    La mémoire des chemins.

    Le feu qui ne s’éteint pas, même quand la lumière se retire.

    Nous n’avons pas besoin de géants pour exister. Nous avons besoin de temps, de paix, de terres aimées.

    Nous avons besoin d’histoires, pas de profits. De lenteur, pas de conquêtes.

    La vraie richesse n’est pas dans ce qu’on peut vendre, mais dans ce qu’on est prêt à protéger.

    On nous répète que pour « sauver » nos villages, il faut du développement. De l’investissement. De la croissance. Encore. Toujours plus.

    Mais si la vraie solution n’était pas là?

    Et si, au lieu de vendre nos terres au plus offrant, on choisissait de cultiver ce qui nous relie?

    Et si on faisait confiance à la créativité des gens d’ici pour inventer une vie digne, simple, solidaire, belle dans ce qu’elle a de vivant et d’essentiel?

    Et si on cherchait non pas à grandir à tout prix, mais à tenir debout, ensemble, avec ce qui suffit?

    Il y a plus d’intelligence, de courage et d’avenir dans une communauté enracinée que dans n’importe quel projet clé en main.

    Faisons-nous confiance.


  • Synthèse des connaissances citoyennes

    Synthèse des connaissances citoyennes

    Éolienne à Saint-Michel
    Éolienne à Saint-Michel

    Plusieurs collaborateurs ont mis leur expertise et leur temps à profit afin de produire ce document résumant toutes les connaissances recueillies au sujet des éoliennes, dont celles de nouvelle génération d’une puissance de 6 MW ou plus.

    ‼️ Veuillez noter que chacune des sections de ce document pourrait être mise à jour, corrigée et bonifiée au fur et à mesure que le travail avance. La date de la nouvelle version sera toujours indiquée en première page. ‼️

    Voici les différents chapitres de cette synthèse

    Électrification du Québec : Consommation d’énergie actuelle et future par Bruno Detuncq, professeur retraité de l’école Polytechnique de Montréal

    Le cadre politico juridique sur le déploiement des éoliennes par Richard E. Langelier, juriste et sociologue

    Santé et éolienne, recension des connaissances par Martina Bastian, études en biologie médicale et ostéopathe

    Les impacts des parcs éoliens et la faune par Céline Marier biologiste et Yvan Beauchemin ornithologue amateur

    Zone à accès restreint sous une éolienne par Jean-Luc Dion et Richard Langelier

    Éoliennes et espèces menacées et/ou vulnérable par Jocelyn Fournier, vétérinaire retraité

    Les éoliennes et la sécurité juridique et financière des résidents par Yvan Fleurent. évaluateur agréé

    Objections agronomiques à l’implantation d’éoliennes en territoire agricole par Louis Robert, agronome

    Trop grosses, trop nombreuses et trop proches : les effets potentiellement néfastes des éoliennes en agriculture par Hubert Brochard, agronome et biologiste

    La filière éolienne québécoise, 25 ans d’opposition par Claude Charron, citoyen de la MRC de l’Érable

    Les éoliennes et les paysages du Québec par Anthoni Barbe, géographe et consultant en aménagement du territoire 

    La mesure légale du bruit au Québec : inadaptée à l’évaluation du bruit produit par les éoliennes par Jean-Pierre Ducruc, biologiste et écologue, ex-conseiller municipal, membre fondateur de Vent d’élus 


    Visitez le site du RVÉQ pour plus d’information : https://rveq.ca/eoliennes


  • Lancement de la bière Toujours Maîtres chez nous

    Lancement de la bière Toujours Maîtres chez nous


    La bière qui rassemble


    Le 26 juin 2025 la Microbrasserie Le Presbytère, à Saint-Stanislas-de-Champlain, lançait une nouvelle bière.

    Cannette de bière

    Brassée à partir d’ingrédients d’ici,

    pour celles et ceux qui veillent au grain

    Unis par la cause, liés par la terre,

    cette bière célèbre notre attachement

    à ce qui compte vraiment

    Soutenez le mouvement citoyen

    De Mékinac et des Chenaux,

    Mobilisé pour préserver nos milieux de vie Face aux éoliennes industrielles.


    Merci à Monsieur Pellerin, maire de Saint-Stanislas pour son vibrant discours lors du lancement de la bière Toujours Maîtres chez nous à Microbrasserie Le Presbytère. Merci également à Michel Tremblay, maire de Hérouxville pour sa présence et aux nombreuses personnes qui sont venues nous appuyer.



    COMMUNIQUÉ DE PRESSE


    Lancement officiel de la bière engagée « Toujours maître chez nous »

    Une bière qui rassemble, née d’un mouvement citoyen vivant

    Saint-Stanislas, le 24 juin 2025 — Le collectif Toujours Maîtres chez nous Mékinac / Des Chenaux et la Microbrasserie du Presbytère, située à Saint-Stanislas, invitent les médias et la population à une conférence de presse pour le lancement officiel de la bière « Toujours maître chez nous », le jeudi 26 juin à 11 h.

    Créée en plein cœur d’une mobilisation régionale face au projet industriel de TES Canada, cette bière n’est pas seulement un symbole de résistance : elle célèbre les liens humains, la solidarité et l’amour du territoire. Bien que ce projet menaçant provoque colère et inquiétude, il a aussi fait émerger quelque chose de précieux : une communauté vivante et engagée, où des citoyen·ne·s se rencontrent, s’organisent, se soutiennent et réaffirment, ensemble, leur attachement au bien commun.

    « Toujours maître chez nous » est une bière qui rassemble. Elle incarne l’espoir, l’unité, et la détermination paisible d’un peuple enraciné.

    🍺 Une bière engagée, un soutien concret au collectif

    * Prix de vente : 6 $ (en vente à la Microbrasserie du Presbytère)

    * 1 $ par bière vendue sur place est remis directement au collectif citoyen « Toujours maître chez nous »

    (Note : bien que la bière puisse être distribuée ailleurs, cette contribution directe est réservée aux ventes faites à la microbrasserie, puisque ni le collectif ni la microbrasserie ne peuvent l’imposer aux autres points de vente.)

    La Microbrasserie du Presbytère, située au centre des MRC de Mékinac et des Chenaux, devient ainsi un point de ralliement stratégique pour la population, au croisement des deux territoires touchés.

    🛍️ Un appel à toutes et à tous

    À travers ce lancement, le collectif lance aussi un appel aux commerçants et entreprises des deux MRC. Il est temps pour les forces vives du territoire — commerçants, producteurs, artisans — de se tenir aux côtés de leur communauté. Soutenir cette bière, c’est soutenir la population.

    📣 Détails de la conférence de presse

    📍 Lieu : Microbrasserie du Presbytère

    📍 Adresse : Saint-Stanislas (MRC des Chenaux)

    📅 Date : Jeudi 26 juin 2025

    🕚 Heure : 11 h

    Au programme :

    Lancement de la bière et présentation du visuel

    Contexte de création et parole du collectif

    Dégustation sur place


  • TES Canada, une mascarade d’envergure

    TES Canada, une mascarade d’envergure

    Par Dany Janvier, documentariste et citoyen concerné

    On aura rarement vu un tel concentré de greenwashing que dans le résumé de l’étude d’impact du Projet Mauricie présenté par TES Canada, relayé par Le Nouvelliste.


    Il faut le lire pour le croire: dans cette opération de relations publiques déguisée en document scientifique, Éric Gauthier, PDG de TES Canada, ose affirmer que les «seuls deux impacts majeurs» de son projet seraient la réduction de GES et les retombées économiques. Rien que ça.

    Le reste? Bagatelles. Visuel, faune, flore, bruit, eau, déboisement massif… de petits détails sans importance, selon lui.

    Dès le départ, une question essentielle s’impose: comment peut-on se fier à une étude d’impact réalisée par AtkinsRéalis, la firme d’ingénierie qui serait ensuite mandatée pour réaliser le projet? Où est la neutralité dans cette démarche?

    Peut-on vraiment accorder foi à une étude d’impact quand l’arbitre est aussi le joueur?

    Commençons par l’évidente manipulation des images. TES nous montre des «simulations visuelles» grotesques, comme si leur étendue réelle — 133 éoliennes de 200 m de haut — allait se fondre dans le paysage. C’est insulter notre intelligence.

    Je suis photographe professionnel, et je peux vous affirmer que leurs simulations n’ont rien à voir avec la perception réelle de l’œil humain. On utilise ici des images prises au grand angle maximal, une technique bien connue pour minimiser visuellement l’impact d’objets gigantesques. C’est de la manipulation pure et simple.

    J’ai réalisé un documentaire à Saint-Gédéon, au Lac-Saint-Jean, où les habitants vivent à proximité d’éoliennes pourtant bien plus petites que celles de TES. Et déjà, les impacts sont lourds: paysages défigurés, bruit constant, faune perturbée.

    Alors imaginez ce que ça signifie avec 133 monstres industriels, dont 44 pour la seule municipalité de Saint-Adelphe.

    Et que dire de la faune qu’on prétend épargner? Autour du lac Pierre-Paul, un endroit visé par TES Canada, les tortues des bois sont en pleine période de ponte. Mais on n’en parle pas. Comme si l’impact de routes d’accès, de déboisement et de machinerie lourde sur une espèce déjà vulnérable n’existait pas.

    La forêt? 482 hectares seront rasés. Et TES tente de faire passer ce massacre pour anodin parce que ces bois sont «exploités commercialement».

    Depuis quand une coupe massive devient-elle acceptable sous prétexte qu’elle est déjà fragilisée? On promet de relocaliser quelques salamandres comme si c’était un plan environnemental sérieux.

    Les milieux humides? 75,8 hectares seront affectés «de façon permanente». Et pour le CO2, on parle de fuites possibles mais précisément calibrées, et d’employés portant un détecteur en tout temps. Dormez tranquilles.

    Mais le pire réside dans le message global: TES réussit à repeindre un projet industriel destructeur avec les couleurs de l’écologie.

    On parle de «décarbonation du Québec» comme s’il s’agissait d’un cadeau à la planète, alors qu’il s’agit avant tout de produire de l’hydrogène pour les marchés internationaux, au prix de nos forêts, de notre faune, de nos rivières, de nos communautés rurales.

    On impose le projet à des territoires sans leur consentement, on les accuse de s’opposer au «progrès», et on habille le tout avec des chiffres creux et une mise en scène pseudo-scientifique.

    Ce n’est pas un projet vert. C’est une opération financière qui dévore du territoire au nom d’une rentabilité maquettée en vertu.

    Et quand on gratte un peu le vernis, on retrouve ce qu’on dénonce depuis le début: du greenwashing à grande échelle. Du grand n’importe quoi. Il est temps de voir clair.


    Cet article est paru également dans Le Nouvelliste : TES Canada, une mascarade d’envergure

  • Repenser l’éolien au Québec – Colloque du 14 juin 2025 à Trois-Rivières

    Repenser l’éolien au Québec – Colloque du 14 juin 2025 à Trois-Rivières


    Ce colloque visait à « remettre en question la gouvernance énergétique actuelle et à proposer une vision lucide, ancrée dans l’intérêt public.

    Les 10 000 MW prévus, soit environ 1 500 mégaéoliennes imposées aux communautés, n’ont plus aucune justification (1). La stratégie précipitée du gouvernement Legault et de Michael Sabia, fondée sur une pénurie désormais remise en question, est mise à nu. Puisque tout le développement éolien repose sur cette fausse prémisse, il est urgent d’instaurer un moratoire tant que la lumière n’aura pas été faite sur les besoins réels du Québec. » (2)


    NOTES BIOGRAPHIQUES DES PANÉLISTES

    Martina Bastian est diplômée du Collège d ‘études Ostéopothiques de Montréal. Elle o étudié en biologie médicale à I’UQTR. Auparavant productrice agricole pendant plusieurs années, elle exerce sa pratique d’ostéopathie à la compagne ou à sa fermette.

    Jean-François Blain est analyste dons le secteur de l’énergie depuis le milieu des années ‘90.11 a témoigné devant plusieurs instances (Régie de l’énergie. BAPE, COMEX, commissions parlementaires) et o cumulé de très nombreuses interventions et collaborations dons les médias, auprès des associations de consommateurs, groupes environnementaux et syndicats de travailleurs.

    Noémi Bureau-Civil coordonne le groupe de recherche à but non lucratif Polémos-décroissonce et fait partie d’un groupe citoyen visant la démocratie directe dons le Bos-Saint-lourent. Elle s’est présentée dons sa circonscription comme candidate indépendante ou fédéral« pour une décroissance choisie »en 2021 et 2025.

    Bruno Detuncq est professeur à la retraite de l’École Polytechnique de Montréal. Spécialiste en thermodynamique et combustion, il est membre de Mobilisation environnement Ahuntsic-Cortierville (MEAC), coordonnateur ou Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ) et ou Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEË).

    Jean-Pierre Ducruc est producteur agricole retraité, biologiste et écologue, conseiller municipal, oménogiste professionnel et ex-chargé de cours à l’Université laval. fondateur de plusieurs OBNl en loisir, environnement et communautaire.

    Rachel Fahlman est historienne et traductrice de forma tion. conseillère municipale, fondatrice et présidente de Vent d’élus, un OBNl composé d’élu.es et ex-élu.es qui oeuvrent à la promotion de la démocratie municipale participative. Avec son conjoint et ses quatre enfants, Rachel vit sur une petite ferme où elle vise l’autosuffisance alimentaire.

    Jean-Pierre Flnet est analyste en régulation économique de l’énergie. Porte-parole du Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEË), il intervient dons les dossiers soumis à la Régie de l’énergie du Québec. le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), lors de commi- ssions parlementaires et dons les médias ou Québec.

    Richard E. Langeller est docteur en droit (ll.D.) et sociologue spécialiste du droit constitutionnel. Auteur de nombreux articles, chercheur et chargé de cours pour plusieurs universités ou Québec et à l’étranger, il s’est impliqué avec les municipalités pour protéger les sources d ‘eau potable menacées par les puits de gaz de schiste. Depuis plus d’un on. il soutient les comités de citoyens qui agissent pour protéger leur environnement menacé par l’invasion des éoliennes en territoires habités ou agricoles.

    Robert Laplante est sociologue, spécialiste de l’économie politique de l’exploitation forestière et du développement régional, analyste politique, auteur de plusieurs livres et articles scientifiques. Il est directeur général de l’institut de recherche en économie contemporaine (IREC). et directeur de la revue l’Action Nationale.

    Kim Marlneau est biologiste, présidente de l’entreprise biodiversitéconseil, membre fondotriceet présidente d’Ëco-corridors lourentiens, enseignante à la maîtrise en gestion de l’Environnement ou CUFE de l’Université de Sherbrooke. Elle o réalisé plusieurs études d’impacts de projets éoliens dons différentes régions du Québec.

    Martine Ouellet. ingénieurs MBA. ancienne gestionnaire chez Hydro-Québec, elle a été députée et ministre des Ressources naturelles. Militante engagée, ancienne porte-parole et présidente de l’organisation Eau Secours!. elle est maintenant cheffe de Climat Québec.

    Lucie Sauvé est professeurs émérite à la Faculté des sciences de l’éducation et professeurs associée à l’Institut des sciences de l’environnement de I’UQAM. Elle est membre du comité de direction du Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté (Centr’ERE) et membre fondatrice et coordonnatrice du Collectif scientifique sur les enjeux énergétiques ou Québec. Son parcours académique s’est enrichi d’un engagement citoyen soutenu ou cœur de plusieurs mobilisations environnementales.


    HORAIRE DE LA JOURNÉE


    8h30 Accueil

    9h00 Mot de bienvenue

    9h20 Table ronde : Choix énergétiques – Justice – Durabilité

    (Animation : Carole Neil)

    Bruno Detuncq

    Décarboner le Québec, oui, mais comment ?

    Noémi Bureau-Civil

    Pour une société plus juste et soutenable:

    décroissance ou transition énergétique ?

    Robert Laplante : Le leurre éolien

    Jean-Pierre Finet

    L’autoproduction d’électricité au Québec.

    Martine Ouellet

    Comment instrumentaliser la transition énergétique

    pour privatiser l’électricité?

    10h15 Pause

    10h30 Questions-échanges

    11h45 Diner

    12h45 Table ronde :

    Municipalités – Démocratie – Acceptabilité sociale

    (Animation : Janie Vachon-Robillard)

    Jean-François Blain: Mauvaise question

    Richard Langelier: Les municipalités et les parcs

    éoliens : enjeux et perspectives.

    Jean-Pierre Finet

    La transition énergétique, une excuse

    qui a le dos large.

    Lucie Sauvé

    Un souffle citoyen au coeur du

    projet éolien.

    Rachel Fahlman

    Volonté et courage politique.

    13h40 à 14h40 Questions, échanges

    14h45 Pause

    15h Table ronde : Agriculture – Forêt– Santé

    (Animation : Jacques Tétreault)

    Jean-Pierre Ducruc

    Le développement éolien en mi

    lieu agricole : comment contourner

    l’incontournable!

    Kim Marineau

    Les angles morts écologiques

    concernant les études d’impacts

    environnementaux des projets

    d’éoliennes

    Martina Bastian

    Éoliennes : est-ce qu’on nous a tout dit ?

    15 h50 à 16h15 Questions, échanges

    16h15 Mot de la Fin

    16h30 Lancement de la revue

    L’Action Nationale

    (Animation : Louise Morand)

    17h à 19h 5 à 7 festif


  • Comment pouvez-vous encore vous regarder dans le miroir, M. Gauthier ?

    Comment pouvez-vous encore vous regarder dans le miroir, M. Gauthier ?

    Par Dany Janvier, documentariste et citoyen concerné


    Depuis le départ, M. Éric Gauthier, président de TES Canada, affirme que son projet vise à décarboner le Québec grâce à la production d’hydrogène vert. C’est sur cette promesse qu’il tente de bâtir sa légitimité. Or, aujourd’hui, il s’entête à maintenir la construction d’un parc de 133 éoliennes industrielles de plus de 200 mètres de haut, réparties dans deux MRC rurales habitées, alors même qu’il admet que ce volet n’était pas son premier choix.

    Rappelons-le : TES Canada avait d’abord demandé à Hydro-Québec de fournir l’énergie pour son électrolyseur. Devant le refus partiel (150 MW accordés sur les 500 demandés), l’entreprise a été « encouragée » à développer son propre parc énergétique. Et aujourd’hui, même si Québec revenait sur cette décision, M. Gauthier refuse de laisser tomber les éoliennes. Pourquoi cet entêtement, sinon pour maintenir un levier économique déguisé en écologie ?

    Comment pouvez-vous encore vous regarder dans le miroir, M. Gauthier, en vous présentant comme un acteur de la transition écologique, tout en forçant un projet destructeur sur des territoires qui n’en veulent pas ? Le respect du territoire et de ses habitants n’est pas à géométrie variable.

    Et surtout : ne parlez pas d’acceptabilité sociale. Ce n’est pas en signant des ententes individuelles avec quelques propriétaires ni en offrant un petit 1000 $ pour accéder aux terrains nécessaires à votre étude d’impact que vous obtenez un réel consentement collectif. Ce que vous appelez « acceptabilité sociale », c’est une façade. Une mise en scène. Rien d’autre.

    Le Collectif Toujours Maîtres chez nous Mékinac–Des Chenaux, appuyé par les maires des deux MRC concernées, a demandé à la ministre de l’Économie, Christine Fréchette, de réattribuer les blocs d’énergie inutilisés à TES Canada, afin de permettre l’abandon pur et simple du volet éolien. Et pour cause : le parc industriel que vous voulez nous imposer menace notre patrimoine paysager, notre tissu social, notre biodiversité et nos forêts, qui, elles, contribuent déjà à la décarbonation.

    Voici ce qu’écrit le Collectif dans sa lettre à la ministre :

    « Si le promoteur et les gouvernements provincial et fédéral croient qu’il s’agit d’un élément clé pour la “transition énergétique” et que le projet en question peut être réalisé sans l’injection de fonds publics, l’abandon du volet éolien créerait sans conteste une meilleure acceptabilité sociale. »

    « Nous vous demandons donc respectueusement mais fermement […] de mettre fin au développement du parc éolien envisagé dans le cadre du projet Mauricie. Cette réorientation serait la seule décision à même de rallier la population, de préserver la paix sociale, et de garantir une transition énergétique équitable et enracinée dans les volontés locales. »

    Mais vous, M. Gauthier, persistez. Vous parlez de permutations, de redéploiement, comme si tout cela n’était qu’un jeu d’échec. Mais ce ne sont pas des pions que vous déplacez : ce sont des forêts entières, des espèces vulnérables, des communautés humaines et des paysages vivants.

    Et pendant que vous peignez votre projet aux couleurs de la transition, nous voyons surtout une opération financière masquée sous une rhétorique écologique. Vous détruisez sous prétexte de sauver. Vous imposez sous couvert de consultation. Et vous appelez cela du progrès.

    Ce n’est pas un projet vert. C’est une stratégie d’appropriation industrielle du territoire.
    Et c’est une insulte à notre intelligence.

    Nous ne sommes pas des opposants au progrès, mais à la bêtise humaine.
    Cessez d’insulter notre intelligence collective. Nous ne sommes pas dupes.

    Nous sommes les protecteurs de notre territoire, de nos ressources et de nos paysages patrimoniaux.
    Nous sommes des récepteurs sensibles. C’est ainsi que vous nous qualifiez dans vos pseudo-études d’impact.

    Et nous ne vous laisserons pas raser nos racines. Non à votre projet destructeur, maladroitement repeint en vert sale.

  • Lettre à la ministre Christine Fréchette – Réattribution des mégawatts

    Lettre à la ministre Christine Fréchette – Réattribution des mégawatts

    Ministre

    Ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie

    Édifice Marie-Guyart

    1035, rue De La Chevrotière

    Québec (Québec) G1R 5A5

    (Copie conforme aux maires de la MRC des Chenaux et à la municipalité de Hérouxville)

    Objet : Réattribution des mégawatts initialement promis à Northvolt au projet TES Canada dans le cadre du projet Mauricie

    Madame la Ministre,

    En ce moment, en Mauricie, et en particulier dans les MRC Mékinac et Des Chenaux, nous assistons à une véritable fracture sociale autour du projet Mauricie de TES Canada, et en particulier, du volet éolien de ce projet. Vous serez heureuse d’apprendre que, dans un désir de dialogue et de compromis, le Collectif Toujours Maîtres chez nous Mékinac-Des Chenaux rassemblant l’ensemble des groupes citoyens ainsi quedes représentants élus des deux MRC s’unissent aujourd’hui avec le ferme désir de trouver une voie durable, cohérente et socialement acceptable pour le développement énergétique de notre région.

    Depuis l’annonce du projet Mauricie, l’inquiétude ne cesse de croître au sein de nos communautés. L’implantation de 133 éoliennes industrielles de 200 mètres de hauteur sur nos territoires suscite un rejet clair et profond de la population.

    Or, une alternative concrète existe.

    Les signataires de cette lettre ne sont pas unanimement convaincus des mérites du projet Mauricie et de l’avenir de l’hydrogène, mais si le promoteur et les gouvernements provincial et fédéral croient qu’il s’agit d’un élément clé pour la « transition énergétique » et que le projet en question peut être réalisé sans l’injection de fonds publics, l’abandon du volet éolien créerait sans conteste une meilleure acceptabilité sociale, en particulier chez les populations directement affectées, en ne compromettant ni notre patrimoine paysager, ni notre tissu social, ni la biodiversité qui constitue une richesse irremplaçable de la Mauricie, ni laconservation des superficies existantes (couverts forestiers et terres agricoles) contribuant déjà à la décarbonation.

    Nous vous demandons donc respectueusement mais fermement de réattribuer au projet TES Canada les mégawatts initialement promis à Northvolt ou à d’autres, et de mettre fin au développement du parc éolien envisagé dans le cadre du projet Mauricie. Cette réorientation serait la seule décision à même de rallier la population, de préserver la paix sociale, et de garantir une transition énergétique équitable et enracinée dans les volontés locales.

    C’est d’ailleurs la position adoptée par le conseil des maires de la MRC des Chenaux lors d’une conférence de presse tenue le 3 février 2025 à St-Luc-de-Vincennes.  Nous vous invitons à prendre connaissance de l’article intitulé Éoliennes : On a été laissés à nous-mêmes dans un domaine qu’on ne maîtrise pas paru dans le Nouvelliste le 3 février dernier.

    Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à cette demande et restons disponibles pour vous rencontrer à ce sujet dans les plus brefs délais. Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

    Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

    Monsieur René Beaudoin

    Porte-parole, section Des Chenaux, du Collectif Toujours Maitres chez nous Mékinac-Des Chenaux

    Monsieur René Beaudoin

    Porte-parole, section Des Chenaux, du Collectif Toujours Maitres chez nous Mékinac-Des Chenaux

  • TES: un projet hautement risqué

    TES: un projet hautement risqué

    France Laliberté

    31 mai 2025

    Jeudi soir, la MRC Mékinac présentait un webinaire sur l’entente conclue avec TES Canada. Heureusement, il a été dit que cela ne consistait en rien à une acceptation de ce projet sur notre territoire.


    Il y a été clairement indiqué que le projet de TES ne pourrait pas voir le jour si le volet usine d’hydrogène n’y est pas associé, car le potentiel éolien des MRC Mékinac et des Chenaux n’est pas rentable, ce que nous avions questionné à plusieurs reprises lors des séances des MRC et municipales. En effet, le facteur «FU» étant de 20-25 %, il est largement sous la barre de rentabilité qui est de 35-40 %.

    Selon ce qui a été dit jeudi, le potentiel éolien de nos MRC n’aurait pas le seuil de rentabilité pour la vente d’électricité, ce pour quoi HQ n’irait jamais en appel d’offres pour un éventuel projet de partenariat.


    TES construirait ces éoliennes exclusivement comme intrants pour sa production d’hydrogène pour soi-disant décarboner, ce qu’ils n’ont jamais démontré par des chiffres probants. Plutôt décrit comme une aberration énergétique, ce projet obscur‚ mal ficelé, accaparerait deux territoires, les grevant d’un développement futur structurant, en accord avec la population.

    Encore plus un non-sens environnemental, social, économique. Tout ça pour ÇA? 800 MW d’éoliennes non rentables à 20-25 %, 200 MW de solaire et 150 précieux MW provenant de HQ pour une hypothétique décarbonation?

    Nous ne consentons pas à sacrifier nos MRC à une seule multinationale au projet obscur qui bénéficierait de crédits et subventions pour son hypothétique rentabilité.

    Si ce projet venait à être non rentable, par exemple à cause de développements où l’hydrogène serait produit à des coûts moins astronomiques, ou parce que TES repose sur les deniers publics, imaginez que toutes ces éoliennes seraient caduques, car non rentables… Elles devraient être démantelées. Imaginez le gaspillage éhonté!

    Le développement éolien en Gaspésie, via l’Alliance de l’Est, ne peut en aucun cas être comparé avec celui de TES, n’en déplaise à nos élus!

    Avons-nous vraiment les ressources pour alimenter des projets industriels hyperénergivores et incertains dans le contexte actuel?

    Avons-nous les moyens de jouer à la roulette russe?


    Pourquoi n’y a-t-il pas d’acceptabilité sociale pour ce projet dans nos communautés?

    Ceci concerne tous les Québécois et les Québécoises. Ce ne sont pas seulement des enjeux «pas dans ma cour» comme certains voudraient le faire croire, car on pige dans les poches des citoyens pour alimenter des industriels pendant que les services se dégradent inexorablement. Et que l’on s’accapare de nos biens les plus précieux: nos ressources et nos milieux de vie.

    — France Laliberté, Sainte-Thècle

    Cette lettre est paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2025/05/31/tes-un-projet-hautement-risque-KQIJDHW4ZJDJTDVASGRZHKUPQI/#KQIJDHW4ZJDJTDVASGRZHKUPQI

  • Aucune décision par rapport au projet de TES Canada, vraiment?

    Aucune décision par rapport au projet de TES Canada, vraiment?

    Édith Béland

    En avril 2025, la MRC de Mékinac a envoyé un feuillet publicitaire sur lequel on peut lire: « À ce stade, aucune décision n’a été prise concernant la position de la MRC sur le projet de TES Canada. » Ah oui, vraiment?


    Comment expliquer qu’aucune pétition contre le projet n’ait été considérée? Certaines expriment pourtant un désaccord au projet par la majorité des citoyens.

    Comment expliquer que la MRC des Chenaux a résisté aux demandes des ministères tandis qu’à la MRC de Mékinac on a commencé à négocier dans la confidence avec le promoteur avant même l’autorisation finale du projet? Pourquoi s’empresser de signer quoi que ce soit?


    Comment expliquer que le RCI (adopté en mai 2023) de la MRC du Haut-Richelieu a des normes de distances de 2km entre une éolienne de 2MW et une résidence, mais que la MRC de Mékinac a adopté des normes qui favorisent l’implantation d’une éolienne de 5 à 7MW (soit 210m de hauteur) à 800m d’une résidence?

    Comment peut-on affirmer à la MRC de Mékinac qu’«on a dû suivre lesOrientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT)» quand au final on en suit principalement qu’une: l’OGAT no. 9 (implantation d’éolienne)?

    Pourtant, sur le site du gouvernement, il est stipulé à propos des OGATs «qu’aucune n’a préséance sur l’autre».

    L’OGAT no 2 à l’article 2.1 décrit ceci: «conserver les milieux naturels d’intérêt.» Qu’ont fait les maires de la MRC de Mékinac devant la demande d’appui à l’étude par le gouvernement du projet d’aire protégée du Lac des Grands-Bois? Ils l’ont refusé!

    Que dit l’OGAT no 3? «Planifier l’aménagement et le développement du territoire agricole de manière à assurer sa protection…» Que fait la MRC? Elle négocie avec TES qui installerait possiblement une partie de ses éoliennes en milieu agricole ou en milieu agroforestier!

    Que dit l’OGAT no 6? «Favoriser l’attractivité des territoires et le dynamisme des communautés». Est-ce que la MRC de Mékinac pense vraiment qu’un parc d’éoliennes plus hautes que la place Ville-Marie de Montréal va favoriser l’attractivité de son territoire? Vraiment? Qui voudrait s’installer à Saint-Adelphe quand ce village serait entouré par 66 éoliennes (44 sur son territoire plus 22 autour de ses limites)?


    Que dit l’OGAT no 4 ? «Consolider des milieux de vie existants… et assurer la protection des milieux naturels et agricoles. Faudrait penser à la considérer.

    Si le gouvernement affirme «qu’aucune OGAT n’a préséance sur aucune autre», pourquoi la MRC de Mékinac se concentre sur le no 9 (implantation d’éoliennes) et oublie les OGATs nos 2,3, 4 et 6?

    La MRC de Mékinac a prétendu suivre «les Orientations gouvernementales en aménagement du territoire» lors de la présentation du RCI en avril 2025. Vraiment?

    Accepter un montant de 83 000 $ de TES Canada pour ses «frais de négociations et de développement» (voir p.4 entente-cadre 10 février 2025) c’est être neutre? Accepter 75 000 $ par année du promoteur jusqu’au dépôt du décret ministériel c’est «ne pas appuyer le projet de TES»?


    Prendre une partie de cet argent pour produire un mémoire au BAPE n’est pas un appui au projet? Signer une entente sur les retombées économiques avec TES c’est pour s’assurer «de l’autonomie politique» de la MRC? Vraiment?

    Pourquoi s’empresser de signer des ententes avant que le projet ne soit autorisé officiellement? Est-ce pour brandir une carte d’acceptabilité sociale?

    Prétendre «qu’aucune décision par rapport au projet de TES Canada» n’est prise et affirmer aux citoyens qu’ils sont neutres est un affront à l’intelligence des habitants des 10 municipalités.

    Aucune décision? Vraiment?

    Édith Béland, Lac-aux-Sables


    Cet lettre est paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2025/05/23/aucune-decision-par-rapport-au-projet-de-tes-canada-vraiment-W2GXR7UZZJHZ5N4IX7SHPXTHXM/


  • Vivre à 800 mètres d’éoliennes géantes — à quoi ça ressemble vraiment ?

    Vivre à 800 mètres d’éoliennes géantes — à quoi ça ressemble vraiment ?

    22 mai 2025

    Regardez cette vidéo.

    Voilà ce qu’on nous promet.

    Voilà notre avenir.

    Est-ce raisonnable d’être inquiet? Ceux qui se réjouissent du projet de TES Canada vivront-ils dans un environnement entièrement défiguré par des monstres d’acier, des méga-éoliennes de 200 ou 210 mètres? Ce sont les gens qui vivront entourés de ces abominations qu’il faut interroger, non ceux des centres urbains qui n’en subiront aucun des impacts et qui réfléchissent malheureusement trop souvent en priorisant l’aspect financier.

    Il est un peu simpliste de réduire au simple reflexe du « pas dans ma cours » la prise de position des opposants face à ce projet. Ce reflexe est la saine réaction face à toute menace sérieuse; ne pas avoir ce reflexe, voilà ce qui est pathologique.

    Cette vidéo, produite par M. Dany Janvier lors de son passage dans la région d’Alma, illustre clairement le futur que l’on promet à plusieurs centaines de citoyens des MRC de Mékinac et de Des Chenaux. Doit-on les sacrifier parce que TES Canada, dont le projet est présenté comme une « aberration ÉNERGÉTIQUE » par plusieurs experts, nous promet quelques deniers en échange de ce qu’on pourrait qualifier du vol et du saccage de notre territoire?

    Nous ne sommes pas les seuls, nous du collectif « Toujours maîtres chez nous » à nous inquiéter du danger que représente le projet de TES Canada. Deux partis politiques, le Parti Québécois et Québec Solitaire, s’inquiètent fortement du projet de TES Canada. Ils luttent désespérément aux commissions sur le projet de loi 69, car si elle n’est pas amendée, cette loi permettra et fera en sorte que se multiplient de tels projets. Celui de TES Canada est en réalité la première première tentative pour privatiser nos énergies renouvelables : luttons pour éviter cette dégringolade et conserver notre territoire intact.

    Après le visionnement, croyez-vous encore que les 133 méga-éoliennes de TES Canada apporteront vraiment « une touche de modernité »?

    Réf.: https://youtu.be/tLB58-eupfM

  • L’entente entre TES Canada et le MRC de Mékinac est illégitime !

    L’entente entre TES Canada et le MRC de Mékinac est illégitime !

  • TES Canada: où est la vérité?

    TES Canada: où est la vérité?

    Pierre Pouliot

    Nul besoin d’être un grand visionnaire pour comprendre ce qui se trame autour du projet TES Canada.


    Depuis le début, le promoteur multiplie les déclarations floues, les zones grises, et les intentions changeantes. Il est temps que la population se pose les vraies questions et que nos dirigeants exigent des réponses claires.

    Possibilité 1: un projet vidé de sa substance, sans preuve d’efficacité

    La première possibilité, bien réelle, serait que TES Canada abandonne l’idée de produire de l’hydrogène pour le transport lourd, ne conservant que le volet de méthanisation de l’hydrogène pour injection dans le réseau d’Énergir.


    Problème: aucune étude ne confirme les bénéfices de cette approche pour la décarbonation. On parle ici de 80 000 tonnes de gaz naturel renouvelable (GNR) de 3e génération, accompagnées de 220 000 tonnes de CO₂ biogénique injectées dans le réseau — mais sans qu’aucun contrat formel ne lie Énergir à l’achat de ce gaz de synthèse.

    Pire encore, aucune entente ne semble conclue pour l’approvisionnement de ce CO₂, pourtant essentiel au procédé.

    Et même si l’on continue à croire que TES Canada souhaite réellement produire de l’hydrogène vert, on peut se demander comment la ministre de l’Énergie, Christine Fréchette, peut fermer les yeux sur les inefficacités flagrantes du procédé. Des experts et scientifiques de partout dans le monde dénoncent déjà l’aberration énergétique du projet: d’énormes pertes d’énergie pour un rendement minimal.

    La ministre envisagerait même de subventionner ce gaz pour compenser l’écart de prix avec le gaz naturel fossile. Est-ce là le rôle de l’État? De tous les experts, aucun ne croit que ce type de projet puisse devenir viable sans injection massive de fonds publics. Les coûts de conversion sont bien trop élevés.

    Et tout ça pour quoi? Injecter une goutte d’hydrogène dans un océan de gaz naturel polluant. Une illusion de progrès à fort coût collectif.

    Possibilité 2: un projet qui lorgne l’exportation

    Deuxième scénario: TES Canada viserait en réalité l’exportation de son hydrogène. On nous a toujours dit que le projet était destiné au marché québécois. C’est d’ailleurs ce qui est écrit noir sur blanc dans l’Avis de projet. Pourtant, aucun contrat d’achat ne lie le promoteur à des clients québécois. Alors, on produit pour qui? Pourquoi?


    La seule conséquence, selon la ministre, en cas de non-respect des engagements? Retirer le bloc d’énergie octroyé. Une simple tape sur les doigts. Aucune véritable pénalité. Aucune obligation de résultat. Si TES ne réussit pas à trouver d’acheteurs, il pourrait simplement tout abandonner — sans conséquence majeure.

    Possibilité 3: une privatisation déguisée de nos ressources

    Et si le véritable objectif était ailleurs? Sans contrat local, sans projet exportateur viable, TES pourrait très bien se contenter… de produire de l’électricité. Une production assurée, sans appel d’offres, et surtout, extrêmement rentable — grâce à l’énergie publique fournie par Hydro-Québec. Ce serait alors une privatisation déguisée de notre accès à l’énergie. Un précédent grave.

    On permettrait ainsi à un promoteur étranger de s’implanter en territoire québécois, avec toute la latitude pour exploiter nos ressources, occuper nos terres et imposer ses conditions. Le tout avec une opacité jamais vue et un discours marketing bien huilé, promettant espoir et développement durable à l’échelle planétaire… alors que les fondements mêmes du projet sont loin d’être clairs.

    Pendant ce temps, nos élus — municipaux, provinciaux et fédéraux — préfèrent jouer à l’autruche. Ils ferment les yeux sur les contradictions, refusent de poser les vraies questions et laissent le promoteur avancer, sans jamais devoir rendre de comptes à la population.


    Il est temps de demander des réponses. Il est temps de voir clair dans ce projet qui prétend sauver la planète, mais qui pourrait bien, au contraire, devenir un cheval de Troie de la privatisation et du greenwashing énergétique.

    Pierre Pouliot

    Notre-Dame-du-Mont-Carmel

    Cet lettre est paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2025/05/18/tes-canada-ou-est-la-verite-PRYZ2EKFBVBZZEWS4XYLY2MJ4A/


    Voici un extrait de l’intervention d’Haroun Bouazzi questionnant la ministre Christine Fréchette sur le projet de TES Canada aux commissions sur le projet loi 69.

  • Observations sur le dernier texte de M. Claude Baril paru dans le Nouvelliste

    Observations sur le dernier texte de M. Claude Baril paru dans le Nouvelliste

    17 mai 2025

    Citation :
    « L’auteur de cette lettre croit que le Projet Mauricie se présente à un moment charnière pour notre développement, et même pour notre vitalité sociale et économique. »

    Observation :
    Ce genre d’affirmation est un poncif facile et creux. Présenter un projet industriel comme une « opportunité » sans véritable analyse critique des impacts sociaux, environnementaux et économiques à long terme, c’est juste faire de la propagande. « Moment charnière » ? Non, c’est plutôt un moment où on sacrifie des territoires, on fragilise des communautés et on alimente un modèle extractiviste qui ne profite qu’à quelques multinationales, pas à la population locale. Ton « développement » n’est pas viable s’il détruit ce qui fait la richesse réelle du territoire : ses écosystèmes, sa culture, son autonomie.


    Citation :
    « … au début du mois d’avril, j’ai assisté à la séance du conseil municipal… Plusieurs citoyens de la région… »

    Observation :
    Une séance municipale, c’est souvent un théâtre d’affrontements stériles où les décisions sont déjà prises en coulisses. Que des citoyens viennent « s’informer » et « partager leurs commentaires » ne veut rien dire si leurs préoccupations sont ignorées ou minimisées. Le vrai problème, c’est que la démocratie locale est souvent bafouée par des projets imposés d’en haut, avec un discours officiel lisse qui masque des pressions politiques et économiques. Et puis, se contenter de « s’informer » dans ce contexte, c’est participer à un simulacre de consultation.


    Citation :
    « … des gens braqués depuis la première heure contre ce projet… »

    Observation :
    Les opposants ne sont pas « braqués », ils sont alertes. Ce sont eux qui voient clair dans les conséquences désastreuses pour leur territoire. La critique du slogan « Maître chez nous » comme « statu quo » est ridicule : c’est justement un cri pour préserver ce qui reste de la souveraineté locale face à un projet qui la dissout. Ce n’est pas du conservatisme borné, c’est une résistance légitime à la destruction de leur cadre de vie.


    Citation :
    « Depuis 30 ans, la population régresse, l’âge médian augmente, les jeunes partent, le revenu moyen est bas… »

    Observation :
    Voilà le vrai problème. Mais le projet présenté n’offre aucune solution durable à ce déclin. Il prétend créer des emplois, mais pour combien de temps ? Et à quel prix social et environnemental ? Le renouvellement démographique ne se fera pas en sacrifiant la qualité de vie et la nature locale pour des profits éphémères. On ne combat pas la fuite des jeunes avec des projets industriels destructeurs ; on doit au contraire investir dans des alternatives locales, écologiques, qui renforcent le tissu social et économique. Ce n’est pas ce que TES Canada propose.


    Citation :
    « Disparition des commerces, dépendance aux transferts gouvernementaux… »

    Observation :
    Exact, et c’est là qu’on attend un vrai plan, une vision locale forte. Or, le Projet Mauricie est un coup d’épée dans l’eau : il ne soutient pas les commerces de proximité, il ne revitalise pas les entreprises établies, il ne renforce pas le tissu associatif. Il ouvre la porte à une dépendance nouvelle, mais cette fois envers les multinationales et leurs retombées financières au compte-gouttes. La prétendue « vitalité économique » promise est en réalité une façade pour un modèle extractif qui détruit plus qu’il ne crée.


    Citation :
    « Le Projet Mauricie offre 5,6 milliards, 4335 emplois, 1,9 milliard en salaires… »

    Observation :
    Ces chiffres sont impressionnants, mais ils manquent cruellement de contexte et d’analyse. Combien de ces emplois sont temporaires, saisonniers, peu qualifiés, et combien profiteront vraiment à la population locale ? Quelle part de cet argent restera dans la région ? Sans parler des coûts cachés : dégradation environnementale, impact sur la santé, perte de biodiversité, risques pour l’eau potable… Ce n’est pas une solution miracle, mais un transfert massif de richesse vers les promoteurs, avec des bénéfices sociaux très limités.


    Citation :
    « Les redevances sont importantes, elles aideront à boucler les budgets… »

    Observation :
    Les redevances, ce sont des miettes lancées à une population dont on exploite le territoire. Elles ne compensent en rien les dégâts. Ce discours paternaliste qui prétend que « ça va aider à payer les infrastructures » masque surtout l’irresponsabilité de confier à des multinationales le soin de gérer l’avenir des territoires. Ce n’est pas un plan d’investissement durable, c’est un pansement sur une plaie béante.


    Citation :
    « L’énergie éolienne est verte… l’hydrogène contribuera à décarboner… »

    Observation :
    L’énergie éolienne, oui, est renouvelable. Mais elle n’est pas sans impacts : déboisement, bruit, perturbation des habitats, industrialisation du paysage… Quant à l’hydrogène, les « défis techniques » sont immenses et l’efficacité énergétique discutable. Il est dangereux de présenter ça comme une panacée écologique sans un débat honnête sur les alternatives et les vraies conséquences. On ne sauvera pas la planète en bétonnant des forêts et en vendant du rêve technologique.


    Citation :
    « Nos élus font un travail de titan, parlons avec respect, pas de procès d’intention… Le civisme est essentiel. »

    Observation :
    Respect ? Oui, mais le respect ne doit pas être aveugle ni servir à bâillonner la critique. Le civisme ne signifie pas accepter sans broncher un projet qui détruit l’environnement et ignore la volonté populaire. Le travail des élus est parfois honorable, parfois soumis à des intérêts économiques puissants. Il faut garder la capacité de questionner, de contester, de dénoncer les manquements. La démocratie ne se limite pas à des séances formelles et des discours convenus.

    Dany Janvier

    1) Le texte de M. Baril « TES Canada, un projet à ne pas échapper » est paru dans Le Nouvelliste le 16 mai 2025

  • Jean-marc Jancovici – L’Hydrogène

    Jean-marc Jancovici – L’Hydrogène

    21 sept 2020

    Réponse de M Jean-marc Jancovici, sur la question du récent financement européen du développement de l’hydrogène. Genève le 21-09-2020, Hôtel des Bergues, Atlanti

    Réf.: https://youtu.be/LF6bMcjCxU4

  • TES CANADA prend en otage la population de dix municipalités

    TES CANADA prend en otage la population de dix municipalités

  • TES Canada : Quand le progrès est synonyme de recul

    TES Canada : Quand le progrès est synonyme de recul

    4 mai 2025

    Dans une lettre d’opinion parue le 31 mars dernier dans Le Nouvelliste, intitulée On ne doit pas arrêter le progrès, Claude Baril se propose de nous ramener 60 ans en arrière, et même à l’époque de Maurice Duplessis.


    Il importe de reprendre son argumentaire, car c’est malheureusement une série de commentaires assez répandue, caractérisée par l’amalgame de différents concepts, une sorte de fourre-tout idéologique, qui conduit à concevoir le projet de TES Canada en Mauricie comme un progrès.

    «Nos sociétés ont évolué à vitesse grand V depuis les 30 dernières années. Nos usines se sont robotisées, nos entrepôts sont automatisés, nos fermes se sont modernisées et nos PME sont plus efficaces. Les secteurs des technologies et de la science ont assurément contribué de façon positive à notre qualité de vie», affirme monsieur Baril.


    Il semble ainsi croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

    Malheureusement, le secteur des technologies et des sciences n’a pas seulement «contribué de façon positive à notre qualité de vie», il fut également un des principaux responsables de la dégradation environnementale dont l’urgence climatique se veut le cri d’alarme. La croissance économique à n’importe quel prix a fait mourir à petit feu notre planète, elle est à l’origine des changements climatiques. La surconsommation à laquelle nous sommes invités ne milite pas en faveur d’un supposé progrès ou même d’une quelconque évolution. Sinon, pour quelle raison parlerait-on de sobriété énergétique dans le contexte de la transition énergétique?

    Il est vrai que le gouvernement caquiste nous entraîne, sous prétexte de transition énergétique, dans un modèle de développement du Québec axé sur la réindustrialisation du territoire. Et c’est la raison pour laquelle les énergies renouvelables sont devenues de simples opportunités d’affaires au lieu de servir à la décarbonation du Québec, et ce, en toute complicité avec la Fédération québécoise des municipalités qui encourage ses partenaires à profiter de la manne des parcs éoliens.

    Mais continuons notre périple dans les dédales de l’argumentaire de notre apôtre du progrès. «Il faut sortir des sentiers battus, être créatif, mais surtout visionnaire. Qui croyait, en 1971, qu’un jeune premier ministre, alors âgé de 36 ans, réaliserait un projet fou: Hydro-Québec, qui a pour toujours changé le Québec», prétend monsieur Baril.

    Déjà, il semble que les connaissances historiques de ce dernier soient pour le moins confuses. Hydro-Québec existe depuis 1944 et a été créée sous la gouverne du premier ministre Adélard Godbout. René Lévesque avait 41 ans et était ministre du gouvernement libéral de Jean Lesage lorsqu’il a piloté le projet de nationalisation de l’électricité en 1963, qui a beaucoup augmenté l’importance d’Hydro-Québec. En 1971, le premier ministre de 36 ans était Robert Bourassa et sa grande annonce était le projet du complexe hydroélectrique de la Baie James.

    La création de la société d’État Hydro-Québec et la nationalisation de l’électricité ont été un rouage essentiel du développement économique et social du Québec. Cela a permis à la population québécoise de devenir maître de son destin par le contrôle de ses ressources énergétiques. C’est pourquoi il serait important que les générations futures auxquelles M. Baril fait référence puissent en profiter.


    Il est par conséquent étonnant de le voir parler de l’importance d’Hydro-Québec et, dans un même souffle, de l’entendre nous vanter le projet de TES Canada. En réalité, ce projet se veut le cheval de Troie de la privatisation de l’électricité. Comment peut-on prôner les mérites du projet de TES Canada sans se rendre compte qu’il sera à l’origine du démantèlement «du projet fou: Hydro-Québec»?

    Selon les dires de M. Robert Laplante, directeur de l’Institut de recherche en économie contemporaine, le projet de TES Canada est «le navire amiral de la privatisation de l’électricité». Lorsque l’on permet à une compagnie privée de s’approprier les ressources énergétiques d’un immense territoire, on ouvre la voie à la privatisation de l’électricité.

    Le projet TES Canada ce n’est pas miser sur le futur, c’est miser sur le passé. Passé qui fut une période plutôt sombre de notre histoire où la population québécoise se retrouva otage de l’avidité des entreprises étrangères parce que nos élus n’eurent pour seul fait d’armes d’avoir cédé au rabais nos ressources naturelles. La privatisation de l’électricité, c’est le retour des porteurs d’eau, d’une population privée de la maîtrise de son développement. Cette époque que l’on a si souvent qualifiée de Far West énergétique s’appelle aujourd’hui la privatisation de l’électricité, et le projet de TES Canada annonce son retour.

    Pourtant, M. Baril écrit encore: «Le projet TES Canada, c’est prendre à deux mains le progrès et se donner les outils pour éviter une récession majeure. Quelle belle façon de progresser. La décarbonation, il ne faut pas seulement y croire: il faut surtout y voir. Nous, les «boomers», avons une plus grande responsabilité dans cette transition énergétique importante, car nous en sommes les principaux artisans de ce qui se passe actuellement. Il faut plus que jamais prendre position, mais surtout oser, car la génération qui nous succède nous regarde.»


    Confondre ainsi progrès, récession majeure et décarbonation est stupéfiant. La majorité des experts indépendants – vraiment indépendants – réfutent la prétention de TES Canada à la décarbonation. Ils considèrent même comme une aberration énergétique l’utilisation qu’il projette de faire de son hydrogène vert. Mais notre apôtre du progrès n’a visiblement pas pris la peine de les lire. Utiliser la guerre des tarifs douaniers imposée par Trump pour faire peur aux citoyens et les convaincre de la nécessité du projet ressemble étrangement à de la démagogie.

    Nous ne pourrions qu’applaudir aux préoccupations que M. Baril manifeste envers les générations futures s’il n’associait pas l’urgence de décarboner à celle d’abandonner nos ressources au secteur privé dont TES Canada est le représentant type. Il y a de l’inconscience dans cette attitude. À moins que ce ne soit de l’insouciance.

    Par ailleurs, il serait peut-être approprié de s’interroger sur les sources de financement de ce fameux progrès sur lequel notre apôtre ne tarit point d’éloges.

    Le lundi 31 mars, TES Canada rendait publique son étude des retombées économiques régionales et locales. Mais quelle est la source des 4 milliards supposément privés de TES Canada, dont la firme Malette ne s’est pas préoccupée dans son étude sur les retombées économiques?

    Qui assumera le coût des multiples subventions auxquelles la compagnie aura droit? Qui assumera les exemptions d’impôt qu’un habile comptable saura orchestrer?

    Non seulement nous privatiserons nos ressources énergétiques, mais nous paierons pour les privatiser. Aucune indépendance énergétique ne sera assurée par le projet de TES Canada puisque cette énergie appartiendra à une compagnie privée dont les profits seront probablement mis à l’abri de l’impôt grâce aux paradis fiscaux. Et ce n’est pas le fait que la compagnie appartient à 40 % à une Québécoise que les lois du marché ne s’imposeront pas. Power Corporation ne sert allégeance qu’à un seul pays, celui du profit.

    Permettez-nous de citer René Lévesque au moment où il tentait de convaincre la population québécoise de nationaliser l’électricité.

    « Une population dont le territoire est planifié par d’autres, aménagé par d’autres, géré par d’autres, exproprié par d’autres et au profit des autres est réduite à l’insignifiance. »

    C’est à cette insignifiance que nous convie notre apôtre du progrès en misant sur le projet de TES Canada.

    — Carole Neill et René Beaudoin, porte-paroles du Collectif Toujours Maîtres chez nous Mékinac-Des Chenaux

  • Les éoliennes apportent-elles vraiment une touche de modernité au paysage?

    Les éoliennes apportent-elles vraiment une touche de modernité au paysage?

  • Jean-François Blain dans Nicolet-Yamaska: Est-il venu tirer la sonnette d’alarme ou faire de la « propagande syndicale »?

    Jean-François Blain dans Nicolet-Yamaska: Est-il venu tirer la sonnette d’alarme ou faire de la « propagande syndicale »?

     1 mai 2025

    Lorsque le collectif Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska (PCENY) a demandé aux municipalités de la MRC de publier l’annonce de la conférence d’un analyste reconnu des questions énergétiques, certains maires et directions générales nous ont répondu: « On ne diffusera pas cette propagande! »

    Puis, le 16 avril 2025, au lendemain de cette «conférence-propagande» avec Jean-François Blain, Madame Geneviève Dubois, préfète de la MRC a affirmé: « Moi, c’est pour ça que je n’ai pas voulu y assister, parce que votre expert n’est pas vraiment indépendant ».

    Je m’étais fait un devoir, mercredi dernier au conseil des maires, de résumer à nos élus le point le plus important de l’analyse de Jean-François Blain, car ce sont eux qui auront à prendre les meilleures décisions POUR notre MRC et POUR les Québécois.

    C’est bien là que se trouve l’ambiguïté d’un projet de production d’énergie renouvelable dans une MRC: les avantages financiers des MRC se retrouvent en conflit avec les intérêts des Québécois, clients d’Hydro-Québec et bénéficiaires des services sociaux financés par notre société d’État

    Jean-François Blain nous a expliqué, le 15 avril dernier, comment la privatisation de la production énergétique se fait de façon sournoise, s’accroissant continuellement depuis les 25 dernières années, et s’apprêtant à passer à grande vitesse avec le projet de loi 69.

    Après nous avoir rappelé le précieux héritage de la nationalisation de l’électricité au Québec (financement de nos services sociaux, soutien au développement économique provincial, gage de cohésion sociale et d’une distribution plus équitable des richesses), nous en sommes arrivés à la fameuse question:

    Comment les Québécois pourraient-ils laisser faire ça? Car ce n’est certes pas la majorité qui souhaite perdre les bénéfices sociaux de la nationalisation!

    C’est en morcelant l’actif d’Hydro-Québec, un partenariat avec une MRC à la fois, et en offrant des avantages locaux pour les MRC qui accepteront ce marché, que notre société d’État sera graduellement privatisée. Ainsi, on achète, localité par localité, l’acceptabilité sociale d’une nation qui n’est pas foncièrement d’accord avec cette privatisation.

    Ce n’est pas de la propagande que de donner les moyens à nos concitoyens, non seulement d’entendre cette analyse, qui sonne l’alarme, mais également de comprendre sur les faits sur lesquelles elle a été basée.

    Il y a peu, Fitzgibbon nous faisait pleurer, sur toutes les tribunes, à propos de nos lave-vaisselles énergivores, sans se gêner pour dilapider nos précieux Mégawatts à des entreprises étrangères sans aucune valeur ajoutée. Une pénurie créée de toute pièce et sans aucun débat démocratique, tel que nous l’expliquait Martine Ouellet, ancienne cadre d’H-Q et ministre des Ressources naturelles à Saint-Wenceslas en mai 2024. En début de l’an passé, on apprenait même qu’Hydro préparait une vaste campagne publicitaire tel l’article intituler: « 100 millions pour nous endoctriner ». L’article nous exposait la dérive démocratique en cours : « Une compagnie d’État qui tente de nous convaincre d’une option très politique que ses nouveaux dirigeants ont choisie sans débat, avec de surcroît une campagne publicitaire payée par nos propres sous. »

    Où se trouve donc la véritable propagande?

    De son côté, Madame Geneviève Dubois discrédite le messager, Jean-François Blain, parce que sa conférence aurait été financée en partie par le syndicat représentant les travailleurs d’Hydro-Québec.

    Vous avez manqué l’occasion, Mme Dubois de venir questionner directement Jean-François Blain sur sa véritable indépendance. Cette conférence avait été volontairement annoncée comme un espace de débat, comme toutes les soirées tenues par le PCENY, alors que la MRC n’a encore jamais offert d’espace de débat public sur le développement éolien toujours envisagé. C’est plus facile de s’extraire du débat en décrédibilisant la démarche sur la seule base de vos propres préjugés.

    Une simple recherche internet vous aurait permis de saisir que l’analyse que M. Blain a offerte à Nicolet, lors d’une conférence en partie financée par le SCFP-Québec, n’est pas influencée par les négociations des travailleurs d’Hydro-Québec pour leurs conditions, puisqu’il l’a entre autres exposée à de nombreuses occasions, particulièrement dans un mémoire rédigé en collaboration avec l’Institut de recherche en information socioéconomique (IRIS).

    Pour terminer, je suis fière de pouvoir dire que, grâce au travail du PCENY, aucun maire de la MRC Nicolet-Yamaska ne pourra dire qu’il ne savait pas qu’en ouvrant la porte à un projet énergétique en partenariat public-privé, il sabrait du même coup notre société d’État et le pacte social qu’elle incarne. D’autant plus que M. Blain a proposé des solutions et un autre modèle de développement pour la production d’énergie renouvelable et le développement des MRC.

    Les élections municipales de novembre 2025 approchent. C’est le temps de questionner les candidats sur leur compréhension et leur position sur l’enjeu de la privatisation énergétique au Québec.

    Janie Vachon-Robillard

    Porte-parole du collectif Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska

    Réf.:  publiée dans Le Courrier Sud.

  • L’environnement, ce n’est pas seulement les arbres et le climat

    L’environnement, ce n’est pas seulement les arbres et le climat

     16 avril 2025

    Maxime Leclerc-Gingras

    L’environnement, ce n’est pas seulement les arbres et le climat.

    C’est aussi le climat social..

    Le tissu humain.

    Le vivre-ensemble.

    Qu’en est-il de ceux qui acceptent les éoliennes sur leur terre?

    C’était un des sujets de discussion hier, à la manif.

    Quand une personne accepte une éolienne sur son terrain, elle exerce un droit, certes. Mais ce droit a des répercussions très concrètes sur ses voisins. Son choix personnel devient une réalité imposée aux autres.

    Et ça soulève une question de fond :

    Quelles responsabilités avons-nous les uns envers les autres, dans une communauté?

    Au-delà du bruit, du paysage, de la réciprocité, des impacts sur la santé ou les valeurs foncières… il y a une autre conséquence, plus insidieuse : la fracture sociale.

    Accepter une éolienne, c’est peut-être faire un pari – un pari sur le dos de ses voisins, de sa communauté. Un pari que les effets seront minimes, que l’argent compensera, qu’on pourra continuer à vivre ensemble comme avant.

    Mais pourra-t-on?

    Ces personnes-là, on peut supposer qu’elles savent déjà qu’une partie de leurs concitoyens désapprouvent.

    Ce n’est pas ça la vraie question.

    La vraie question, c’est :

    Comment allons-nous vivre ensemble après?

    Et c’est là que je vois la stratégie bien rodée de TES Canada :

    diviser pour mieux régner.

    Miser sur l’appât du gain pour quelques-uns. Offrir des miettes aux municipalités en guise de solution miracle à des problèmes structurels profonds.

    Et pendant qu’on se divise, eux avancent leurs pions.

    On parle de protéger l’environnement.

    Mais l’environnement, ce n’est pas seulement les arbres et le climat.

    C’est aussi le climat social. Le tissu humain. Le vivre-ensemble.

    Et c’est, à mes yeux, le plus grand échec des élus dans ce dossier :

    ne pas avoir pris soin des gens.

    Je ne les accuse pas d’être malveillants.

    Ce projet leur est tombé dessus comme à nous tous. Mais après plus d’un an :

    • Aucun geste pour préserver le lien social
    • Aucun mot pour anticiper les tensions
    • Aucun plan pour penser l’après

    Et pourtant, il est encore temps d’agir.

    Ce que les élus pourraient faire, dès maintenant :

    • Créer des espaces de dialogue où toutes les voix peuvent s’exprimer sans jugement
    • Reconnaître publiquement les divisions sociales causées par le projet
    • Nommer un médiateur ou comité citoyen pour suivre l’évolution du climat social
    • S’engager à organiser une consultation citoyenne formelle (référendum ou autre)
    • Protéger le tissu social avec autant de sérieux que le territoire lui-même

    Et après? Quand la poussière retombera…

    Peu importe l’issue — adoption, rejet ou moratoire — il y aura des gagnants et des perdants. Et si on ne fait rien, il y aura des rancunes.

    Mais on peut choisir de guérir collectivement :

    Des pistes concrètes pour recoller les morceaux :

    • Cercle de réconciliation citoyenne : parler, écouter, comprendre
    • Projets communs non-politisés : jardins, fêtes, corvées
    • Déclaration de respect mutuel : un petit texte, un grand symbole
    • Formations gratuites : écoute active, communication non violente
    • Un rituel rassembleur : « La fête des voisins de la transition »

    Rien ne changera si on attend que “ça passe tout seul”.

    Guérir un village, c’est un travail lent, humble… mais nécessaire.

    Et c’est une responsabilité partagée.

  • Sondage versus Référendum: le manque de courage de la MRC Mékinac

    Sondage versus Référendum: le manque de courage de la MRC Mékinac

     25 avril 2025

    Depuis plus d’un an et demi, le projet Mauricie de TES Canada soulève de nombreuses questions, inquiétudes et résistances dans nos communautés. Plutôt que de répondre à cette mobilisation citoyenne par une réelle consultation démocratique, le conseil des maires de la MRC de Mékinac a choisi de recourir à un sondage pour évaluer l’« acceptabilité sociale » du projet. Un choix qui en dit long.

    Soyons clairs : un sondage n’est pas une consultation démocratique. Ce n’est ni un débat public, ni un référendum. C’est un outil statistique, utile dans certaines circonstances, mais qui peut devenir un instrument politique quand il est utilisé pour fabriquer l’illusion d’un consensus.

    Le projet de TES Canada, avec ses impacts potentiels sur le territoire, l’environnement, l’économie locale et le tissu social, exige beaucoup plus. Il exige une consultation citoyenne authentique, ouverte, transparente. Ce projet est loin d’être banal : il redessinerait littéralement notre paysage et engagerait nos collectivités pour des décennies.

    Or, que voit-on? Un sondage qu’on dit « scientifique » mais qui ne sera sans doute qu’une boîte noire dont sortira une donnée magique censée représenter « l’opinion publique ». C’est une approche minimaliste et opportuniste, dans un dossier qui exige au contraire courage politique, écoute et respect de l’intelligence citoyenne.

    Le recours au sondage, dans ce contexte, n’est pas neutre. C’est une manœuvre : une tentative de contrôler le récit, de calmer la grogne, de donner une caution technique à une décision déjà prise. En d’autres mots, on ne mesure pas l’acceptabilité sociale — on tente de la créer artificiellement.

    Mais l’acceptabilité sociale, ce n’est pas un chiffre sur une feuille Excel. C’est un processus vivant, qui repose sur la confiance, l’échange, la participation réelle. Et quand on la contourne, on creuse un peu plus le fossé entre les élus et les citoyens.

    Ce projet a besoin de lumière, pas de filtres. Il est encore temps de faire les choses autrement. Et si nos élus croient vraiment à la légitimité du projet, qu’ils aient le courage d’aller au bout de la démarche démocratique : qu’ils consultent la population par référendum. Sinon, qu’ils assument clairement leur alignement avec TES Canada — sans se cacher derrière les chiffres.

    Isabelle Clément – Conseillère municipale Hérouxville