Claude Rochon
Compte tenu que, dans l’esprit des citoyens, les maires et les conseillers municipaux ont d’abord été élus pour gérer les responsabilités habituelles de leur municipalité locale et régionale et que selon la FQM «Le rôle premier de l’élu·e est de représenter la volonté des citoyens au sein du conseil municipal tout en agissant dans l’intérêt de la municipalité.»;(1)
compte tenu qu’en rapport avec l’implantation de gigantesques éoliennes, plusieurs citoyens estiment que la décision des élus dépasserait considérablement le rôle pour lequel ils ont été élus surtout que cette décision pourrait transformer pour plusieurs générations la qualité de vie et constituer des risques importants pour la santé et l’environnement;
compte tenu que les MRC n’ont confié à aucun expert indépendant la tâche d’informer adéquatement la population sur les enjeux reliés à ce projet et ont délégué ce devoir au seul promoteur;
compte tenu qu’une grande partie des conseillers et des maires n’ont pas daigné assister aux rencontres organisées par les citoyens pour avoir l’avis d’experts indépendants;
compte tenu que ce projet compromettrait de façon sérieuse la gestion de notre territoire, tout en dévalorisant nos propriétés et notre immense potentiel récréotouristique;
compte tenu que la création d’Hydro-Québec a permis d’électrifier les régions éloignées et les rangs peu peuplés à un coût équitable pour tous les citoyens, qu’elle a fait reconnaître notre expertise internationalement et que ce fleuron a nourri notre fierté en plus de nous enrichir;
compte tenu que, selon plusieurs experts, l’électricité produite par les entreprises privées nous coûte plus cher et que nous, les contribuables, leur payons en plus de généreuses subventions qui, par le biais des profits en découlant, sont souvent exportées à l’étranger alors que ces capitaux pourraient servir à aider directement les municipalités et les agriculteurs; (2)
compte tenu que ce projet privatiserait nos ressources énergétiques et grignoterait l’infime 2% de notre territoire agricole québécois;
compte tenu que de confier des projets aux entreprises privées, dans les zones les plus faciles d’accès pour celles-ci, dévaste la minuscule zone habitée du Québec;
compte tenu que cette façon de procéder nécessiterait la multiplication de lignes de transport dans les zones les plus habitées avec tout ce que ça entraînerait comme inconvénients et mécontentements au niveau des présences de champs électromagnétiques et de la destruction du paysage;
compte tenu que le Québec possède un immense territoire nordique où il serait possible d’aménager un plan mieux structuré qui éviterait la multiplication de lignes de transport de l’énergie;
compte tenu que deux éminents spécialistes, Réal Reid et Bernard Saulnier, établissent à plus de 900 TW l’énergie éolienne qu’on peut présentement produire autour et dans les réservoirs actuels d’Hydro-Québec, soit neuf fois plus que les 100 TW dont Québec prétend avoir besoin dans la prochaine décennie; (3)
compte tenu que durant les périodes de l’année où nous sommes en surplus d’électricité, nous devons continuer à payer l’électricité inutile à des entreprises privées alors que, si nous étions les propriétaires des éoliennes, nous pourrions les arrêter au besoin tout en prolongeant leur durée de vie;
compte tenu qu’à chaque fois que notre gouvernement attire de nouvelles compagnies en leur fournissant d’immenses blocs énergétiques à un prix beaucoup moindre que le coût de production de la nouvelle électricité requise, il transfère la facture aux citoyens;
compte tenu qu’une grande partie de l’hydrogène produite par TES (avec d’immenses pertes d’énergie électrique) servirait à reconstituer, à un prix beaucoup moins compétitif, un gaz qui pollue d’une façon comparable aux énergies fossiles
compte tenu que ce projet ne tient pas compte du principe de précaution face aux études de plus en plus nombreuses répertoriant de sérieux problèmes de santé humaine et animale reliés en particulier aux infrasons présents jusqu’à plus de 15 kilomètres des éoliennes;
compte tenu que nos MRC refusent de consulter adéquatement la population en s’appuyant sur une loi disant qu’ils n’ont pas l’obligation de le faire lors de l’adoption d’un RCI (Règlement de contrôle intérimaire);
compte tenu que ce RCI outrepasse considérablement un changement peu complexe d’un schéma d’aménagement et implique une transformation majeure de la qualité de vie et un risque important de dégradation de la santé de plusieurs générations de citoyens;
compte tenu que de rassembler environ 300 personnes (2,36 % de la population) pour leur présenter leur projet de RCI et écouter leurs commentaires représente selon notre MRC une consultation publique qui semble suffire à remplir leurs critères d’acceptabilité sociale;
compte tenu que nos élus préfèrent coopérer avec un gouvernement qui souhaite nous imposer à toute vitesse un projet dénoncé ou peu appuyé par plusieurs experts scientifiques plutôt que d’écouter ceux qu’ils sont censé représenter;
compte tenu qu’en affirmant que les citoyens pourront s’exprimer lors du BAPE, qui est non décisionnel, nos MRC oublient tous ceux qui ne pourront pas se faire entendre devant le BAPE et que, par ailleurs, une conclusion d’un BAPE antérieur suggérant à une MRC de faire un référendum n’a pas été entendue;
compte tenu que les citoyens devraient avoir le droit de se prononcer par le biais d’un référendum pour savoir s’ils souhaitent ou refusent l’implantation d’un projet aussi compromettant pour leur environnement et leur santé;
nous affirmons que nos MRC n’ont pas respecté un principe minimal d’acceptabilité sociale, qu’elles agissent de façon possiblement légale mais non légitime, ce que nous pouvons qualifier d’abus de pouvoir.
Cosignataires par ordre alphabétique :
René Beaudoin, citoyen de Sainte-Geneviève-de-Batiscan
Bruce Cauchon, citoyen de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ
Denis Champoux, citoyen de Saint-Adelphe
Manon Charlebois, citoyenne de Saint-Tite
Claude Charron, citoyen de Saint-Ferdinand-d’Halifax, Comité des riverains du projet éolien de L’Érable
Cynthia Cliche, citoyenne de Saint-Maurice
Jean-Claude Cyr, citoyen de Sainte-Thècle
Chantal Desaulniers, citoyenne de Saint-Tite
Robert Desfonds, citoyen d’Hérouxville
Lina De Rossi, citoyenne de Saint-Stanislas
Marie Dessureault, citoyenne de Sainte-Thècle
Bruno Detuncq, professeur retraité de Polytechnique Montréal
Jean Guilbert, citoyen de Sainte-Maurice, RVÉQ
Dany Janvier, citoyen de Saint-Adelphe, CPVSMDC, RVÉQ
Frédéric Krebs, citoyen de Saint-Prosper-de-Champlain
Jean-Pierre Labbé, citoyen de Saint-Adelphe
France Laliberté, citoyenne de Sainte-Thècle
Richard E. Langelier, juriste et sociologue
Nathalie Lefebvre, citoyenne de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ
Yves Maurais, citoyen de Saint-Tite
Louise Morand, membre du RVÉQ
Lucie Morissette, citoyenne de Saint-Adelphe
Martine Ouellet, pour Climat Québec
Mylène Perron, citoyenne de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ
Claudette Piché, citoyenne de Sainte-Thècle
Olivier Pouliot, citoyen de Saint-Maurice
Pierre Pouliot, citoyen de Notre-Dame-de-Mont-Carmel
Gaston Rivard, citoyen de Saint-Adelphe, Vent de démocratie, RVÉQ
Claude Rochon, citoyen de Lac-aux-Sables
Manon Soulard, citoyenne de Saint-Adelphe
Alexandre Vaillancourt, citoyen de Saint-Maurice, membre du comité éoliennes St-Luc
Michèle Verheyden, citoyenne de Lac-aux-Sables
Références :



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