IMPORTANT
Par Isabelle Clément et Yvan Bordeleau, conseillers municipaux
Le projet de TES Canada est un projet complexe qui ne peut pas être réduit à : « est-ce que c’est beau une éolienne ou pas ? »
Le projet de TES Canada n’est pas un projet comme les autres.
C’est en effet la première fois au Québec qu’une entreprise privée tente de faire installer des éoliennes en milieu habité sans le faire en partenariat avec sa communauté d’accueil. Un partenariat, comme le mot l’indique, c’est faire des affaires ensemble. C’est connaitre tous les aboutissants et partager les profits.
Ici, ce n’est pas le cas. Nous sommes plutôt devant une entreprise qui veut amadouer des gens et des municipalités avec des redevances tout en se gardant bien de dévoiler les profits prévus. Les redevances offertes ici sont d’ailleurs largement en-dessous des montants qu’Hydro-Québec offre ailleurs.
C’est aussi la première fois que de si grandes éoliennes seraient installées au Québec : on parle d’éoliennes de 200 mètres, soit un peu plus que la hauteur de la place Ville-Marie ou plus de trois fois la hauteur de la Place Royale, le plus grand immeuble de Trois-Rivières. Nous n’avons donc aucune idée de l’impact réel de ces éoliennes, car à ce jour, il n’existe pas d’études sur des éoliennes de cette taille. Nous n’avons que la parole de TES Canada qui nous promet que la technologie a évolué et qu’il faut lui faire confiance.
Mais pourquoi des éoliennes aussi hautes ?
Parce que nous sommes dans une région qui a été reconnue pour son faible potentiel éolien et qu’il faut donc compenser la faiblesse du vent par des éoliennes plus grandes. Quand on consulte la carte du potentiel éolien publiée sur le site du gouvernement, il est clair que nous n’habitons pas dans une région très venteuse.
Pourquoi l’entreprise veut-elle construire un parc éolien dans une région habitée qui se distingue pour son manque de potentiel éolien ?
Changer les lois pour accommoder l’entreprise privée.
L’entreprise a besoin d’énergie pour faire fonctionner un des plus gros électrolyseurs d’hydrogène au monde. Hydro-Québec a apparemment réservé une tranche de 150 mégawattheures à TES Canada, mais ce n’est pas suffisant pour les projets de l’entreprise.
Pour répondre à ses besoins, TES Canada s’est dit, pourquoi ne produirions-nous pas nous-mêmes de l’électricité? Les règles actuelles ne permettent pas cela et pour de très bonnes raisons. Tout le monde sait que la nationalisation de l’électricité et la création d’Hydro-Québec ont représenté un moteur essentiel de toute l’économie québécoise depuis le début des années 1960. Or sous le couvert de produire de l’hydrogène « vert » et d’aider à la soi-disant « décarbonation » du Québec, c’est le très lucratif monopole d’Hydro-Québec qui est en train d’être menacé, avec la complicité du gouvernement Legault qui propose de changer la loi. À qui cela profitera-t-il? Pas aux citoyens. Pas à la société québécoise dans son ensemble, mais encore et toujours à des entreprises privées et à des milliardaires.
Ce projet allume beaucoup de lumières rouges et il est vraiment difficile de les ignorer.
Il y a eu de nombreux articles publiés par des scientifiques qui ne comprennent pas comment ce projet pourrait être rentable aux prix actuels du marché et sans subventions.
De plus, une récente étude de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) a démontré que le récent développement de l’éolien a coûté des milliards de dollars aux contribuables et que ce développement est directement responsable de la hausse sur nos comptes d’électricité.
Il ne faut pas se laisser berner par des mots comme « décarbonation » ou « hydrogène vert ». Ces mots sont destinés à essayer de nous faire avaler ce qui n’est pas acceptable. Ce projet n’est pas « vert ». Il faut savoir qu’en fait la moitié de la production d’hydrogène sera transformé en méthane destiné au réseau d’Énergir et l’autre moitié à une flotte de camions encore inexistante.
Sous le couvert de l’écologie, des industriels essaient de nous faire accepter un projet qui n’est destiné qu’à les enrichir encore plus. Et vous pouvez être assurés que lorsque des grands industriels s’enrichissent, c’est toujours sur le dos des contribuables.
Voici un extrait des impacts décrits à la page 27 de l’avis de projet de TES Canada : risque de contamination des sols et de l’eau associée en cas de déversement accidentel lors de la réalisation des travaux de construction; empiétements temporaires et permanents en milieux humides et hydriques; perte localisée de superficies en territoire agricole protégé dans le cadre de l’aménagement du parc éolien; perturbation de la qualité de vie des utilisateurs du territoire lors des travaux attribuables notamment à la circulation, aux poussières, aux vibrations et au bruit de la machinerie; impacts sur les activités récréotouristiques (chasse, villégiature, VTT, motoneige, etc.) …»
Bonne réflexion et au plaisir de vous rencontrer lors de notre prochain conseil.
Isabelle Clément et Yvan Bordeleau, conseillers municipaux
Si vous souhaitez communiquer avec nous, vous pouvez le faire via la page Facebook de « Isabelle Clément, conseillère municipale Hérouxville ».
*Veuillez noter que cette lettre est le reflet de notre opinion personnelle et n’engage que nous. Nous ne parlons ni au nom du conseil ni au nom de nos collègues.
Cette publication n’a pas non plus été payée par la municipalité.



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