25 avril 2025
Depuis plus d’un an et demi, le projet Mauricie de TES Canada soulève de nombreuses questions, inquiétudes et résistances dans nos communautés. Plutôt que de répondre à cette mobilisation citoyenne par une réelle consultation démocratique, le conseil des maires de la MRC de Mékinac a choisi de recourir à un sondage pour évaluer l’« acceptabilité sociale » du projet. Un choix qui en dit long.
Soyons clairs : un sondage n’est pas une consultation démocratique. Ce n’est ni un débat public, ni un référendum. C’est un outil statistique, utile dans certaines circonstances, mais qui peut devenir un instrument politique quand il est utilisé pour fabriquer l’illusion d’un consensus.
Le projet de TES Canada, avec ses impacts potentiels sur le territoire, l’environnement, l’économie locale et le tissu social, exige beaucoup plus. Il exige une consultation citoyenne authentique, ouverte, transparente. Ce projet est loin d’être banal : il redessinerait littéralement notre paysage et engagerait nos collectivités pour des décennies.
Or, que voit-on? Un sondage qu’on dit “scientifique” mais qui ne sera sans doute qu’une boîte noire dont sortira une donnée magique censée représenter « l’opinion publique ». C’est une approche minimaliste et opportuniste, dans un dossier qui exige au contraire courage politique, écoute et respect de l’intelligence citoyenne.
Le recours au sondage, dans ce contexte, n’est pas neutre. C’est une manœuvre : une tentative de contrôler le récit, de calmer la grogne, de donner une caution technique à une décision déjà prise. En d’autres mots, on ne mesure pas l’acceptabilité sociale — on tente de la créer artificiellement.
Mais l’acceptabilité sociale, ce n’est pas un chiffre sur une feuille Excel. C’est un processus vivant, qui repose sur la confiance, l’échange, la participation réelle. Et quand on la contourne, on creuse un peu plus le fossé entre les élus et les citoyens.
Ce projet a besoin de lumière, pas de filtres. Il est encore temps de faire les choses autrement. Et si nos élus croient vraiment à la légitimité du projet, qu’ils aient le courage d’aller au bout de la démarche démocratique : qu’ils consultent la population par référendum. Sinon, qu’ils assument clairement leur alignement avec TES Canada — sans se cacher derrière les chiffres.
Isabelle Clément – Conseillère municipale Hérouxville



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