16 avril 2025
Maxime Leclerc-Gingras
L’environnement, ce n’est pas seulement les arbres et le climat.
C’est aussi le climat social..
Le tissu humain.
Le vivre-ensemble.
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Qu’en est-il de ceux qui acceptent les éoliennes sur leur terre?
C’était un des sujets de discussion hier, à la manif.
Quand une personne accepte une éolienne sur son terrain, elle exerce un droit, certes. Mais ce droit a des répercussions très concrètes sur ses voisins. Son choix personnel devient une réalité imposée aux autres.
Et ça soulève une question de fond :
Quelles responsabilités avons-nous les uns envers les autres, dans une communauté?
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Au-delà du bruit, du paysage, de la réciprocité, des impacts sur la santé ou les valeurs foncières… il y a une autre conséquence, plus insidieuse : la fracture sociale.
Accepter une éolienne, c’est peut-être faire un pari – un pari sur le dos de ses voisins, de sa communauté. Un pari que les effets seront minimes, que l’argent compensera, qu’on pourra continuer à vivre ensemble comme avant.
Mais pourra-t-on?
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Ces personnes-là, on peut supposer qu’elles savent déjà qu’une partie de leurs concitoyens désapprouvent.
Ce n’est pas ça la vraie question.
La vraie question, c’est :
Comment allons-nous vivre ensemble après?
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Et c’est là que je vois la stratégie bien rodée de TES Canada :
diviser pour mieux régner.
Miser sur l’appât du gain pour quelques-uns. Offrir des miettes aux municipalités en guise de solution miracle à des problèmes structurels profonds.
Et pendant qu’on se divise, eux avancent leurs pions.
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On parle de protéger l’environnement.
Mais l’environnement, ce n’est pas seulement les arbres et le climat.
C’est aussi le climat social. Le tissu humain. Le vivre-ensemble.
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Et c’est, à mes yeux, le plus grand échec des élus dans ce dossier :
ne pas avoir pris soin des gens.
Je ne les accuse pas d’être malveillants.
Ce projet leur est tombé dessus comme à nous tous. Mais après plus d’un an :
- Aucun geste pour préserver le lien social
- Aucun mot pour anticiper les tensions
- Aucun plan pour penser l’après
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Et pourtant, il est encore temps d’agir.
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Ce que les élus pourraient faire, dès maintenant :
- Créer des espaces de dialogue où toutes les voix peuvent s’exprimer sans jugement
- Reconnaître publiquement les divisions sociales causées par le projet
- Nommer un médiateur ou comité citoyen pour suivre l’évolution du climat social
- S’engager à organiser une consultation citoyenne formelle (référendum ou autre)
- Protéger le tissu social avec autant de sérieux que le territoire lui-même
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Et après? Quand la poussière retombera…
Peu importe l’issue — adoption, rejet ou moratoire — il y aura des gagnants et des perdants. Et si on ne fait rien, il y aura des rancunes.
Mais on peut choisir de guérir collectivement :
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Des pistes concrètes pour recoller les morceaux :
- Cercle de réconciliation citoyenne : parler, écouter, comprendre
- Projets communs non-politisés : jardins, fêtes, corvées
- Déclaration de respect mutuel : un petit texte, un grand symbole
- Formations gratuites : écoute active, communication non violente
- Un rituel rassembleur : « La fête des voisins de la transition »
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Rien ne changera si on attend que “ça passe tout seul”.
Guérir un village, c’est un travail lent, humble… mais nécessaire.
Et c’est une responsabilité partagée.



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