Observations sur le dernier texte de M. Claude Baril paru dans le Nouvelliste

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17 mai 2025

Citation :
« L’auteur de cette lettre croit que le Projet Mauricie se présente à un moment charnière pour notre développement, et même pour notre vitalité sociale et économique. »

Observation :
Ce genre d’affirmation est un poncif facile et creux. Présenter un projet industriel comme une « opportunité » sans véritable analyse critique des impacts sociaux, environnementaux et économiques à long terme, c’est juste faire de la propagande. « Moment charnière » ? Non, c’est plutôt un moment où on sacrifie des territoires, on fragilise des communautés et on alimente un modèle extractiviste qui ne profite qu’à quelques multinationales, pas à la population locale. Ton « développement » n’est pas viable s’il détruit ce qui fait la richesse réelle du territoire : ses écosystèmes, sa culture, son autonomie.


Citation :
« … au début du mois d’avril, j’ai assisté à la séance du conseil municipal… Plusieurs citoyens de la région… »

Observation :
Une séance municipale, c’est souvent un théâtre d’affrontements stériles où les décisions sont déjà prises en coulisses. Que des citoyens viennent « s’informer » et « partager leurs commentaires » ne veut rien dire si leurs préoccupations sont ignorées ou minimisées. Le vrai problème, c’est que la démocratie locale est souvent bafouée par des projets imposés d’en haut, avec un discours officiel lisse qui masque des pressions politiques et économiques. Et puis, se contenter de « s’informer » dans ce contexte, c’est participer à un simulacre de consultation.


Citation :
« … des gens braqués depuis la première heure contre ce projet… »

Observation :
Les opposants ne sont pas « braqués », ils sont alertes. Ce sont eux qui voient clair dans les conséquences désastreuses pour leur territoire. La critique du slogan « Maître chez nous » comme « statu quo » est ridicule : c’est justement un cri pour préserver ce qui reste de la souveraineté locale face à un projet qui la dissout. Ce n’est pas du conservatisme borné, c’est une résistance légitime à la destruction de leur cadre de vie.


Citation :
« Depuis 30 ans, la population régresse, l’âge médian augmente, les jeunes partent, le revenu moyen est bas… »

Observation :
Voilà le vrai problème. Mais le projet présenté n’offre aucune solution durable à ce déclin. Il prétend créer des emplois, mais pour combien de temps ? Et à quel prix social et environnemental ? Le renouvellement démographique ne se fera pas en sacrifiant la qualité de vie et la nature locale pour des profits éphémères. On ne combat pas la fuite des jeunes avec des projets industriels destructeurs ; on doit au contraire investir dans des alternatives locales, écologiques, qui renforcent le tissu social et économique. Ce n’est pas ce que TES Canada propose.


Citation :
« Disparition des commerces, dépendance aux transferts gouvernementaux… »

Observation :
Exact, et c’est là qu’on attend un vrai plan, une vision locale forte. Or, le Projet Mauricie est un coup d’épée dans l’eau : il ne soutient pas les commerces de proximité, il ne revitalise pas les entreprises établies, il ne renforce pas le tissu associatif. Il ouvre la porte à une dépendance nouvelle, mais cette fois envers les multinationales et leurs retombées financières au compte-gouttes. La prétendue « vitalité économique » promise est en réalité une façade pour un modèle extractif qui détruit plus qu’il ne crée.


Citation :
« Le Projet Mauricie offre 5,6 milliards, 4335 emplois, 1,9 milliard en salaires… »

Observation :
Ces chiffres sont impressionnants, mais ils manquent cruellement de contexte et d’analyse. Combien de ces emplois sont temporaires, saisonniers, peu qualifiés, et combien profiteront vraiment à la population locale ? Quelle part de cet argent restera dans la région ? Sans parler des coûts cachés : dégradation environnementale, impact sur la santé, perte de biodiversité, risques pour l’eau potable… Ce n’est pas une solution miracle, mais un transfert massif de richesse vers les promoteurs, avec des bénéfices sociaux très limités.


Citation :
« Les redevances sont importantes, elles aideront à boucler les budgets… »

Observation :
Les redevances, ce sont des miettes lancées à une population dont on exploite le territoire. Elles ne compensent en rien les dégâts. Ce discours paternaliste qui prétend que « ça va aider à payer les infrastructures » masque surtout l’irresponsabilité de confier à des multinationales le soin de gérer l’avenir des territoires. Ce n’est pas un plan d’investissement durable, c’est un pansement sur une plaie béante.


Citation :
« L’énergie éolienne est verte… l’hydrogène contribuera à décarboner… »

Observation :
L’énergie éolienne, oui, est renouvelable. Mais elle n’est pas sans impacts : déboisement, bruit, perturbation des habitats, industrialisation du paysage… Quant à l’hydrogène, les « défis techniques » sont immenses et l’efficacité énergétique discutable. Il est dangereux de présenter ça comme une panacée écologique sans un débat honnête sur les alternatives et les vraies conséquences. On ne sauvera pas la planète en bétonnant des forêts et en vendant du rêve technologique.


Citation :
« Nos élus font un travail de titan, parlons avec respect, pas de procès d’intention… Le civisme est essentiel. »

Observation :
Respect ? Oui, mais le respect ne doit pas être aveugle ni servir à bâillonner la critique. Le civisme ne signifie pas accepter sans broncher un projet qui détruit l’environnement et ignore la volonté populaire. Le travail des élus est parfois honorable, parfois soumis à des intérêts économiques puissants. Il faut garder la capacité de questionner, de contester, de dénoncer les manquements. La démocratie ne se limite pas à des séances formelles et des discours convenus.

Dany Janvier

1) Le texte de M. Baril « TES Canada, un projet à ne pas échapper » est paru dans Le Nouvelliste le 16 mai 2025

Commentaires

Une réponse à “Observations sur le dernier texte de M. Claude Baril paru dans le Nouvelliste”

  1. Martine Cloutier

    Il y a toujours plus de questions que de réponses à ce projet de TES Mauricie. Les opposants ne sont pas tous réfractaires aux éoliennes mais le projet actuel empiète dangereusement sur notre milieu de vie et la population refuse d’abandonner son territoire à une entreprise privée comme TES Mauricie.
    Il est aussi insensé de continuer de balancer des chiffres qui ne sont fondés sur rien d’autres que des hypothèses non validées. Il ne faut pas se leurrer. Les retombées que mentionne M. Baril ne viendront pas seulement en cédant notre territoire à l’entreprise mais aussi avec un apport financier considérable de la MRC. Déjà, l’entente négociée entre la MRC de Mékinac et TES Mauricie, dont les grandes lignes ont été présentées dans un feuillet remis lors de la séance extraordinaire du 20 mai dernier, mentionne la possibilité d’exercer une option de participation financière pouvant atteindre jusqu’à 60M$. D’où vient cette idée? Nos élus sont-ils mandatés pour traiter de ces questions? La MRC a-t-elle déjà discuté clairement et ouvertement avec la population d’investir des millions de dollars dans une seule entreprise privée? Et d’où viendra l’argent investi? Est-ce que par hasard, ce sont les redevances régionales annuelles qui serviront à payer les actions privilégiées?
    Je trouve personnellement irresponsable de voir les élus se donner le droit de présenter des conditions de réalisation du projet de TES de la manière dont ils le font. La population doit demeurer vigilante. Et au cas où ce n’est pas encore clair pour certains, NOUS NE CONSENTONS PAS À CE PROJET!

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