Par Dany Janvier
17 juin 2026
Dany Janvier, est un citoyen de Mékinac opposé à la privatisation du vent et du soleil dans cette MRC.
Regardez cette carte. La petite maison au centre, c’est chez moi. Autour? Deux mégaéoliennes à même pas 1 km. Huit à moins de 2 km. 16 à moins de 4 km. 18 à moins de 5 km. 59 à moins de 10 km.

La maison de Dany Janvier est situé au centre et sera entourée d’éoliennes. (Dany Janvier)
Et après, certains osent parler du syndrome du «pas dans ma cour».
Bien sûr que c’est dans ma cour. C’est littéralement autour de ma maison.
Alors la vraie question est simple: combien de mégaéoliennes de 200 à 210 mètres accepteriez-vous autour de chez vous? 2 à moins d’un kilomètre? Huit à moins de 2 km? 59 à moins de 10 km?
Parce qu’ici, ce n’est pas une théorie. C’est notre vie. Notre paysage. Nos terres. Nos forêts. Nos milieux humides. Notre paix. Notre maison.
Et il y a quelque chose qui me préoccupe particulièrement.
On nous parle de compensations d’environ 3000 $ par année pour les résidences situées à moins de 1,5 km d’une éolienne.
Mais ces compensations sont censées servir à quoi? À compenser un préjudice. À compenser un impact. À compenser un dommage.
Alors comment peut-on prétendre qu’une résidence entourée d’une seule éolienne subit le même impact qu’une résidence entourée de plusieurs?
Comment peut-on justifier qu’une personne qui voit une seule éolienne à proximité reçoive le même montant qu’une autre qui en voit deux à moins d’un kilomètre, huit à moins de deux kilomètres et des dizaines dans toutes les directions?
Si la compensation est la même, peu importe le nombre d’éoliennes, cela revient à affirmer que l’ampleur des impacts n’a aucune importance.
Pourtant, tout le monde comprend qu’il y a une différence entre vivre près d’une seule éolienne et vivre au cœur d’un complexe industriel composé de dizaines de machines de plus de 200 mètres de hauteur.
Une compensation qui ne tient pas compte de l’ampleur réelle des impacts n’est plus une compensation. C’est simplement un montant arbitraire fixé pour acheter l’acceptabilité sociale au plus bas coût possible.
Et ce qui est encore plus troublant, c’est que depuis le début du projet, ni moi ni ma conjointe n’avons été rencontrés par TES Canada pour discuter des impacts que nous subirions directement.
Nous ne parlons pas ici d’un petit projet. Nous parlons d’un complexe industriel de 133 mégaéoliennes, l’un des plus importants projets jamais proposés dans notre région.
Sur ces 133 éoliennes, 59 se retrouveraient dans un rayon de 10 kilomètres autour de ma résidence. Pourtant, personne n’a jugé bon de venir cogner à ma porte. Personne n’est venu nous expliquer les modalités de ces fameuses compensations. Personne n’est venu répondre à nos questions. Personne n’est venu nous démontrer concrètement comment ces promesses seront appliquées.
Mais on nous demande aujourd’hui de faire confiance au promoteur. La confiance ne se décrète pas. Elle se mérite. Et jusqu’à maintenant, TES Canada a surtout accumulé les zones grises, les changements de discours et les improvisations.
La Mauricie n’est pas un terrain vague industriel.
La Mauricie n’est pas une colonie énergétique.
La Mauricie n’est pas un projet.
La Mauricie, c’est un milieu de vie.
Et nous avons parfaitement le droit de refuser qu’on transforme nos paysages, nos terres agricoles, nos forêts et nos milieux humides pour un projet privé dont la viabilité repose sur une multitude de mesures publiques, de crédits d’impôt, de programmes gouvernementaux et d’interventions de l’État.
On nous répète que ce n’est pas de l’argent public.
Pourtant, si l’ensemble de ces mesures disparaissait demain matin, combien de ces projets resteraient rentables?
C’est une question que les citoyens sont en droit de poser.
Car pendant que les bénéfices seront privatisés, ce sont nos communautés qui devront vivre avec les conséquences du projet pendant des décennies.
Cette lettre est parue également dans Le Nouvelliste : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2026/06/17/59-eoliennes-autour-de-chez-moi-et-3000-pour-me-faire-avaler-ca-NJF4OC32EFEHXJNYHBKC4HLULQ/



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