
Quand le marketing remplace la démocratie.
Depuis plusieurs semaines, la présence de TES Canada dans l’espace public est impossible à ignorer.
Campagnes publicitaires soutenues, présence sur les ondes de radios privées, visibilité dans les journaux, sur les abribus, commandites et concours : tout vise à installer le projet dans le paysage.
Cette stratégie ne se limite pas à faire connaître une initiative. Elle façonne un discours.
- « Projet Mauricie ».
- « Notre région ».
- « Nos Lions ».
- « Nos Cataractes ».
Ce choix de mots n’est pas anodin.
Il suggère une appartenance. Une intégration. Une proximité avec le territoire.
Mais TES Canada n’est pas une entreprise mauricienne. Ni même québécoise ou canadienne. Elle est détenue à 60% par des intérêts étrangers et son siège social n’est pas en Mauricie.
Parallèlement à tout cela, un « groupe citoyen » en appui au projet émerge. Mais lorsqu’on observe sa composition, on constate qu’il s’agit surtout d’un noyau restreint, souvent composé de profils liés à des intérêts économiques.
Il ne s’agit pas d’une mobilisation citoyenne large et diversifiée mais plutôt de ce qu’on nomme « astroturfing », c’est-à-dire une stratégie de communication ou de propagande cherchant à simuler artificiellement un mouvement citoyen ou populaire dans le but d’influencer l’opinion publique.
C’est ici que le malaise s’installe. Qui est ce « nous » qui défend le projet de TES Canada?
Il n’est pas question de nier le droit à l’entreprise et à ses employés d’essayer de vendre leur projet. Mais pas à n’importe quel prix.
Lorsque les tactiques utilisées vont jusqu’à attiser les tensions en créant artificiellement des « groupes citoyens » et en refusant systématiquement de prendre acte des résultats des consultations démocratiques, c’est au tissu social lui-même TES Canada s’attaque.
Pendant que TES Canada utilise un « nous » qui se veut rassembleur dans ses publicités, dans les faits, le véritable « nous », c’est-à-dire la volonté populaire exprimée par voie démocratique, est ignorée et classée au rang de « petite minorité bien organisée ».
Le « nous » de TES Canada rappelle les fables où le loup se déguise tantôt en mouton, tantôt en Mère-Grand : il ne faut jamais oublier que derrière le sourire avenant du vendeur se cache la plupart du temps un prédateur sans pitié prêt à tout pour le profit.
En utilisant le « nous », le promoteur montre qu’il n’hésite pas une seconde à essayer de diviser les familles, les voisins, les quartiers et les villages si ça lui permet de faire avancer son projet.
Est-ce qu’on veut vraiment laisser un tel vecteur de décohésion sociale s’enraciner dans nos communautés?
Aucune compensation financière ne justifie une telle chose. À moins qu’on préfère avoir des belles rues plutôt que des bons voisins, et de jolis parcs plutôt qu’un milieu de vie où l’on s’entraide.


