Nous avons eu droit, mercredi le 13 novembre à la Cité de l’énergie, à la première célébration de la dernière idole des GENS D’AFFAIRES. En plus des officiants, quelques fidèles étaient présents. Tous participaient au culte du jour, tous communiaient avec la même ferveur à la table des redevances de TES Canada, l’hostie ostentatoire capable d’apaiser les pires tourments de l’âme et de faire taire les pires remords engendrés par la culpabilité de céder à l’intérêt personnel.
Certes, le prochain n’est pas totalement oublié par ces gens d’affaires malgré la ferveur qui les transporte. Seuls les citoyens égarés, qui tournent le dos à leur idole, ne trouvent pas place dans leur cœur. Mais ils sont peu nombreux selon leurs dires. Un groupuscule d’opposants! Malheureusement, ils menaceraient la majorité des fidèles, pacifiques, silencieux et invisibles qui aimeraient manifester leur foi ouvertement.
Ils seraient dangereux ces opposants. Vindicatifs, aux dires des fidèles interrogés, ils seraient prompts à lancer des pierres aux apôtres du nouveau culte. Voilà la raison pour laquelle ces derniers ont tant attendu avant d’affirmer leur foi vacillante. Mais voilà, c’est chose du passé. Leur courage a cru parce que les débordements des opposants seraient aujourd’hui moindres.
Mais qui sommes-nous, nous qui nous opposons au projet de TES Canada?
Nous ne sommes pas contre les éoliennes, mais nous sommes contre les éoliennes en milieu habité.
Nous ne sommes pas contre la transition énergétique, mais contre le fait que l’urgence climatique puisse servir à excuser toutes manœuvres, plus intéressées par le profit que par des solutions réelles capables d’en enrayer la progression.
La politique actuelle du gouvernement, qui agit dans la précipitation, qui progresse «de risques calculés» en «risques calculés», abusant de son pouvoir pour contourner les mesures élémentaires de prudence, telle l’abolition du BAPE dans le cas de Northvolt, non seulement n’agit pas contre le dérèglement climatique, mais provoque celui du climat social.
D’autres solutions existent et sont proposées par plusieurs experts, mais le gouvernement semble vouloir poursuivre une mission pour laquelle il n’a pas obtenu le mandat lors de son élection. À qui obéit notre gouvernement et qui sert-il?
La panique, à laquelle il semble obéir, le conduit à proposer un remède qui risque d’engendrer des maux pires que le mal qu’il veut guérir. Ces parcs éoliens ont des impacts et même TES Canada le reconnaît puisqu’il consent à indemniser les résidents demeurant à moins de 1000 mètres de ses éoliennes. Mais TES Canada ne reconnaît pas tous les impacts. Il a même le culot, si ce n’est le ridicule, d’en présenter certains comme des mythes et d’autres comme enjolivement. Selon ses dires, les éoliennes «ajoutent une touche de modernité au paysage». TES Canada pense-t-il qu’en ridiculisant les faits et maquillant la réalité, il abolira le réel? Un parc éolien n’améliore pas un paysage, il le dénature. La nuisance sonore et les risques indirects susceptibles d’affecter la santé sont bien réels, la dévaluation foncière est bien réelle, les impacts sur la faune et la biodiversité sont bien réels, sinon pourquoi TES Canada entend-il «minimiser» les impacts?
Ces parcs éoliens en milieu habité, construits sous le prétexte de sauver la planète, de nous sauver, font de nous de nouvelles victimes de ce dérèglement climatique. Ils ajoutent des victimes aux victimes.
Il faut cesser de nous présenter les GENS D’AFFAIRES et les PROMOTEURS comme des philanthropes magnanimes et généreux. Il s’en trouve sûrement, mais c’est l’exception, non la règle. Leurs intérêts premiers sont avant tout leur intérêt: il est de «faire des AFFAIRES». S’ils sont utiles à la bonne marche de l’économie, ils ne sont qu’un rouage d’une politique qui doit trouver ailleurs ses lumières. On oublie trop facilement qu’une politique dominée par l’argent accouche toujours d’un monstre.
M. Angers, maire de Shawinigan, par un grossier subterfuge, substitue la «pertinence sociale» à l’ «acceptabilité sociale». Il biffe ainsi cette notion capitale sur laquelle insistent tous les documents officiels du gouvernement. Cette condition préalable et indispensable à tout projet de société, supprimée par M. Angers, est un bel exemple de l’humanisme de certains GENS D’AFFAIRES.
Il n’y a pas que les gens d’affaires qui font passer leur intérêt avant le bien-être de leur voisinage et de leur environnement.
Le témoignage poignant d’une propriétaire terrienne, qui accepta de signer une entente pour accueillir une éolienne, est apporté pour illustrer la mansuétude dont peut faire preuve TES Canada. Et oui, TES accepta de modifier l’emplacement choisi pour son éolienne parce que la dame ne le voulait pas à cet endroit sur sa terre. Probablement parce qu’elle était trop près de sa résidence, parce qu’elle craignait pour le bruit, que la beauté du paysage soit amoindrie, ou pour tout autre caprice légitime. Légitime en effet, mais tous les voisins, de tous ces propriétaires ayant signé des ententes avec TES Canada, n’auront pas cette chance.
Gaston Rivard
Citoyen de Saint-Adelphe
Cette lettre est paru dans le Nouvelliste : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/11/23/tes-canada-la-nouvelle-idole-D7POPURPTBDYXC5OEKIQMWF7XM/
Elle est une réponse à l’article du Nouvelliste ; Démonstration de soutien envers TES Canada à Shawinigan



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