Lettre du collectif Vent de Démocratie dont M. Roman Pokorski, conseiller municipal, fait partie

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 9 avril 2025

RÉPONSE AU COMMUNIQUÉ ÉMANANT DE LA MUNICIPALITÉ*

La municipalité qui avait presque fait vœu de silence concernant le projet de TES Canada depuis plus de 15 mois, semble réaliser tout à coup qu’il serait peut-être temps de briser ce vœu. Coup sur coup depuis 2 ou 3 semaines, nous avons eu droit aux lumières bien timides de la municipalité. Et que nous a-t-elle dit de ce projet qui est tellement insignifiant et sans conséquence qu’elle a cru bon de ne pas en parler à sa population pendant toute cette période? Rien. Sinon que tout se déroule très bien et que son développement suit son cours. Qu’il reste quelques étapes à franchir dont le BAPE et la CPTAQ. En somme, elle brise le silence pour nous dire qu’elle ne fera rien tant que nous n’aurons pas atteint la ligne d’arrivée. Et là, SURPRISE, on ne pourra plus rien faire. Nous avons déjà vu mieux comme gestion de projet!

Certes, elle prétend prendre « très au sérieux nos inquiétudes et souhaite nous fournir des informations claires sur la manière dont se décide et se construit un parc éolien ».

Nous ne savons pas si vous êtes comme nous, mais ce que nous connaissons de ce projet annoncé en novembre 2023, ne vient aucunement de la municipalité. À toutes les questions concernant la position de la municipalité sur les mesures concrètes qu’elle prévoyait mettre en œuvre, soit pour informer la population par des sources indépendantes du promoteur, soit pour règlementer sa présence sur notre territoire, M. Labranche nous a servi sa sempiternelle rengaine : il faut attendre que le RCI (règlement de contrôle intérimaire) de la MRC de Mékinac soit adopté. Il fut adopté en février 2025, presque 15 mois plus tard. Et maintenant que chante le maire? Il faut attendre les prochaines étapes :

  • le BAPE (le bureau des audiences publiques) dont les recommandations sont rarement suivies;
  • la CPTAQ (Commission de la protection du territoire agricole) dont le verdict pour les parcs éoliens, malgré la perte d’un pourcentage de terre cultivable, reçoit un avis favorable.

De fait, quand la municipalité vous a-t-elle informés nous seulement sur l’urgence de la décarbonation, mais surtout sur les meilleurs moyens de la réaliser, manière dont le projet TES Canada, selon plusieurs experts, loin d’être un modèle, est considéré comme une « ABERRATION ÉNERGÉTIQUE »? Quand vous a-t-elle informés sur le danger de la privatisation de l’électricité dont ce projet est le cheval de Troie? Quand vous a-t-elle expliqué qu’encourager la réalisation de ce projet contribue à la dilapidation d’une richesse énergétique publique, la nôtre, celle d’Hydro-Québec au détriment de l’entreprise privée? Il y 60 ans, on nationalisait l’électricité pour la retirer des mains des promoteurs avides qui faisaient la pluie et le beau temps sur la tarification, marchandant la qualité de sa distribution au mépris de toute équité sociale. Nous nous préparons, non pas à faire un pas en avant, à « progresser » comme certaines l’annoncent, mais à effectuer un recul mémorable dont les générations futures paieront le prix fort.

Ce projet, conjugué à la réforme de la loi 69,  est le plus grand danger qui menace Hydro-Québec de perdre le monopole de l’électricité, et pour nous de perdre la manne financière qu’elle réinvestit dans les services publics.

Mais notre conseil municipal, obnubilé par des redevances somme toute ridicule à l’échelle des profits que l’entreprise privée s’accaparera, n’a que faire de ces considérations. Il ne s’occupe que de la petite caisse sans se soucier de qui y dépose l’argent, et surtout sans se préoccuper de ce qu’il perd au change.

Ce projet n’est pas seulement mensonger par sa prétention à décarboner, ce dont il n’a jamais fait la preuve. Il est surtout le vol d’un territoire, le vol d’un paysage, le vol d’un milieu de vie, le vol du bien-être de vivre, le vol du silence, le vol du ciel étoilé, le vol des conditions de vie, et peut-être pour certains le vol de leur santé. Ce projet est un voleur de vie.

On ne fait pas qu’habiter un milieu, le milieu nous habite. Toute perturbation de ce milieu affecte la vie de ceux qui y résident. Le passage d’un milieu rural à un milieu industriel par la présence de 44 méga-éoliennes industrielles de 200 mètres (656 pieds) de haut, est plus qu’une simple perturbation, on parle de massacre. Ces éoliennes sont visibles à des kilomètres. À Saint-Adelphe, si on ajoute celles à ses frontières, il ne sera pas faux de dire que dorénavant Saint-Adelphe vivra au rythme d’un air ambiant brassé par 65 de ces méga-éoliennes industrielles.

Il faut un certain culot au conseil municipal pour affirmer dans sa missive qu’elle « s’engage à offrir une transparence totale tout au long du processus », alors que pendant 15 mois elle n’a jamais véritablement répondu aux questions. Et comme si cela ne suffisait pas, elle a règlementé la période de questions des séances du conseil à 30 minutes, une personne n’ayant droit qu’à une question et une sous-question. Comme « transparence totale » on a déjà vu mieux. Le Conseil est beaucoup plus près du VIDE que de la TRANSPARENCE.

Finalement, il faut croire que le Conseil n’a aucun esprit critique concernant ce projet. Son silence depuis le début du projet pointait du doigt son absence de respect du débat démocratique. Sa prise de parole par son dernier communiqué ajoute à ce manquement de démocratie une faute plus grave, celle de se faire le commanditaire de TES Canada. TES Canada fait sa promotion depuis un an et demi, et il a les moyens matériels et financiers pour la faire très bien sans l’aide de la municipalité. La tâche d’une municipalité est d’interroger le projet en consultant des experts indépendants et d’offrir cette information à la population afin qu’elle ait une vision impartiale des tenants et des aboutissants du projet. Ainsi la population pourrait décider elle-même si elle veut ou non de ce projet. Et l’ultime démarche de ce processus devrait se concrétiser par un référendum décisionnel offert à la population afin qu’elle exprime sa volonté.

Si le Conseil actuel refuse d’emprunter ce chemin, il nous sera toujours possible lors des élections municipales de novembre prochain de lui faire savoir.

Le collectif Vent de Démocratie de Saint-Adelphe


* Il s’agit d’une réponse à l’info-éolien du 1er avril envoyé par la municipalité et disponible sur son site Web. Est-ce un « poisson d’avril »?

Commentaires

2 réponses à “Lettre du collectif Vent de Démocratie dont M. Roman Pokorski, conseiller municipal, fait partie”

  1. Lina De Rossi

    Dès le départ, on nous a clairement dit que rien ne s’enclencherait sans acceptabilité sociale
    Or, comme le prouvent les nombreuses pétitions, il n’y a jamais eu d’assentiment
    Pour quelle raison nous trouvons-nous dans la même situation depuis plus d’un an?
    Nous avons dit non dés le début et nous n’avons pas changé notre position

  2. La population devrais commencer as prévoir les poursuites judiciaires contre la municipalité et le maire avec les conseillers ,, donc poursuite pour dévalorisation de bien immobilier , poursuite contre la municipalité pour non respect de sont peuples résident , et action collective

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