France Laliberté
Je suis assise dans mon milieu de vie, dans ma ruralité. J’ai besoin d’espace, d’horizon, car je suis déconcertée. Réunion du conseil municipal de Sainte-Thècle ce lundi: la question de l’implantation éventuelle du projet TES Canada est, bien sûr, le gros dossier, du moins pour les citoyens. Pourtant il est apparu dans le varia pour la première fois. Auparavant, il apparaissait seulement lors de la période de questions. Cela en dit long.
Pourtant, la majorité des citoyens sont contre ce projet. C’est connu de tous et nous l’avons mentionné à maintes reprises. Je peux l’affirmer, car je fais partie des citoyens qui font du porte-à-porte à Sainte-Thècle pour présenter une pétition contre l’implantation de TES et une majorité écrasante signe le document.
Pourtant, je ne sens pas d’écoute franche, je n’ai pas de réponses claires. Nous ne connaissons pas l’orientation de notre conseil à ce sujet.
N’est-ce pas une représentation de notre refus sans équivoque que le conseil devrait adopter? N’est-ce pas ça la démocratie?
Je comprends très bien la pression qu’ils ou elles doivent subir, mais si nous travaillons ensemble sous les principes de la démocratie, cela pourrait être allégé.
Du côté des déclarations de Pierre Fitzgibbon, à la suite d’une demande de soutien faite par les élus, disons qu’elles n’aident en rien puisqu’il n’y a eu en fait aucun soutien.
Je me sens flouée par un projet démesuré qui m’agresse, qui agresse la ruralité dans son ensemble, et cela au-delà de TES Canada, par des projets qui se multiplient et que l’on nous enfonce dans la gorge à la grandeur du Québec, sans acceptabilité sociale…
La fameuse acceptabilité sociale que TES avait promise sans quoi le projet ne verrait pas le jour.
Je ne reviendrai pas sur tous les enjeux économiques, environnementaux, scientifiques‚ de porte ouverte à la privatisation, qui ont été maintes fois abordés et qui invalident majoritairement ce projet d’industrialisation de nos MRC par TES.
Pourquoi pillerions-nous ce qui reste de beauté, de paysages magnifiques? Sainte-Thècle est un joyau de nature à potentiel hautement récréotouristique. N’avons-nous pas besoin de refuge pour connecter avec la beauté, en ces temps difficiles planétaires?
Nous ne voulons pas d’éoliennes industrielles plus hautes que le stade olympique près des résidences, il me semble que le message est clair!
Allons-nous vendre nos territoires, qui contribuent eux-mêmes très peu à la pollution, et renoncer au bien-être de la population? Sans oublier la faune qui encore une fois sera molestée et bafouée, tout ça pour les intérêts de multimilliardaires?
Les impacts (santé, faune, nuisances sonores, environnement, paysages) sont mal documentés, mais très bien décrits par les gens qui les subissent à travers le monde.
Nous nous devons d’appliquer le principe de précaution!
Oui à la transition énergétique mais une transition faite avec cœur et discernement, en respect de notre environnement, et des humains qui y habitent.
Ces gros projets devraient être faits en milieu non habité, par Hydro-Québec. Il me semble que ce n’est pas difficile à comprendre. Si cela coûte trop cher, alors c’est peut-être tout simplement trop…
Il existe des solutions alternatives à échelle humaine pour la décarbonation, ce que TES n’a pas démontré jusqu’à présent. Les experts en ont une foule à proposer. Les gouvernements et la population doivent suivre.
Des éoliennes industrielles ne pourront jamais remplacer la beauté intacte d’une région. Un paquet de dollars pour quelques individus n’apportera pas la paix, mais plutôt la division à jamais.
En attendant, je regarde le ciel et les nuages. J’entends le silence et les oiseaux.
N’oublions pas que la devise de la municipalité de Sainte-Thècle est: «Passe en semant le bien».
France Laliberté, Sainte-Thècle
Cette lettre est paru également ici : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2024/05/09/reflexion-citoyenne-sur-le-megaprojet-de-tes-canada-R4JSVACLINAOZBC34UZS7R54JM/



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