7 octobre 2025
«La division réelle vient du sentiment de dépossession démocratique. Plusieurs ont eu l’impression que les élus ont traité un projet d’une telle ampleur comme une simple affaire courante.» (Stéphane Lessard/Archives Le Nouvelliste)
À la lecture de l’article de Paule Vermot-Desroches paru dans Le Nouvelliste le 4 octobre, une méprise persiste: on parle d’une région divisée entre citoyens favorables ou défavorables au projet de TES Canada.
Or, la fracture la plus profonde ne se situe pas entre les citoyens, mais entre les citoyens et leurs élus.
Les gens ne s’affrontent pas pour défendre TES. On n’a vu ni rassemblements pro-éoliennes, ni pétitions, ni citoyens mobilisés pour promouvoir le projet. Ce silence en dit long.
La division réelle vient du sentiment de dépossession démocratique. Plusieurs ont eu l’impression que les élus ont traité un projet d’une telle ampleur comme une simple affaire courante.
Personne n’interdit pourtant à un conseil municipal de consulter sa population avant de se prononcer. Rien n’empêche de poser clairement la question suivante: «Souhaitez-vous refuser, accepter ou négocier le projet?»
Même si les municipalités n’ont pas toujours, techniquement, tous les leviers pour refuser un projet, un tel geste aurait eu le mérite d’envoyer un message clair aux autorités et aux promoteurs: celui d’une population et d’un conseil unis sur la position à défendre.
Un geste symbolique, mais lourd de sens et porteur.
Les municipalités et la MRC ont échappé la gestion de crise
Nos élus ne sont pas des spécialistes de communication publique ni de gouvernance de projet. Ils exercent une fonction souvent mal soutenue, avec une rémunération modeste, presque symbolique, alors même que la rémunération sociale, soit la reconnaissance, la confiance, le respect public est essentielle à leur équilibre.
Mais il existait tout de même des gestes simples pour garder le dialogue ouvert:
- Créer des espaces d’expression publique;
- Accuser réception des inquiétudes ;
- Répondre point par point avec des données neutres ;
- Mettre les experts face à face ;
- Reconnaître ce qu’on ne sait pas ;
- Maintenir un ton calme et respectueux.
Gouverner en temps de crise, c’est accueillir, clarifier, arbitrer et communiquer. Pas se fermer, minimiser et polariser.
Le projet TES agit aujourd’hui comme un révélateur. Ce n’est plus seulement une question d’éoliennes, mais une remise en question du modèle de gouvernance municipale.
Les citoyens ne veulent plus signer un chèque en blanc pour quatre ans. Ils veulent être impliqués, informés et consultés dans les décisions structurantes.
Et c’est, d’après moi, de ça, bien plus que de TES et des éoliennes, dont il est question pour cette élection.
Il s’agit de redéfinir la manière dont nos communautés débattent, décident et se gouvernent collectivement.
Maxime Leclerc-Gingras
Sainte-Thècle
Cet article est paru également dans le Nouvelliste : https://www.lenouvelliste.ca/opinions/parole-aux-lecteurs/2025/10/07/la-veritable-fracture-dans-mekinac-4BNQMOIHXVDIVFKEHHU7UODINQ



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